Inquiétudes dissipées
a Belgique, 4 juillet.
» Depuis plusieurs années je souffrais toutes sortes de peines intérieures dans la réception du sacrement de pénitence ;'à la seule idée de la confession, mou cœur se serrait, mon esprit se troublait; il me semblait que chaque confession diminuait mes forces physiques et morales.
» Que de fois je résolus de l'abandonner, et, cependant, malgré moi, et comme poussé par une main invi-
sible, j'y retournais au jour fixé, pour y éprouver les mêmes tortures. En vain, j'appelai la foi à mon secours, en me disant que c'était à Jésus lui-môme que je m'adressais, et que, connaissant mes souffrances, il ne me repousserait pas: peine inutile ! Entrée dans le confessionnal, toutes ces belles idées s'évanouissaient et j'éprouvais une espèce de purgatoire, si je puis m'exprimer ainsi. Pourriez-vous croire, révérend Pure, que je n'étais pas au bout encore? Il en fut cependant ainsi, car, depuis ce temps assez considérable, j'étais de plus en plus en butte aux calomnies. Mon confesseur, quoique prudent, sage et éclairé, n'examina point les choses, y ajouta foi, et augmenta considérablement mes peines. Dieu le permit ainsi, je n'en doute point, afin de m'éprouver davantage, et faire éclater d'autant mieux sa gloire. Car tout ce que j'avais souffert jusqu'alors me parut un jeu. Les choses en vinrent à un tel point que, repoussée par mon Père spirituel et n'osant ni ne voulant parler de mes peines à qui que ce fût, je résolus d'abandonner la confession. Cette résolution je la pris malgré moi, car Dieu m'est témoin que jamais je n'eusse conçu cette idée, si j'avais pu croire que ces souffrances, loin de rendre mes confessions criminelles, comme je me l'imaginais , les rendaient au contraire méritoires. Dans cette extrémité, je redoublai meprières, je m'adressai au cœur de Jésus, qui connaissait la droiture de mon cœur, et je le priai avec confiance de ne pas m'abandonner, maintenant que j'étais Bans soutien sur la terre. Je pris pour protecteurs Marie, mère des douleurs, et mon bon saint Joseph À qui je promis de propager son oui te. Plusieurs fois jt* renouvelai ce même vieu, et lorsque ma cause parai le plus désespéré, de la manière la plus inattendue tout change I
304 AODT.
de face. Mon confesseur fut éclairé et comprit qu'il fallait agir autrement envers moi; ma confiance, qui était brisée, anéantie, revint plus profonde que jamais, et quoique j'éprouve encore quelques combats en allant à confesse, tout cela s'évanouit promptement, car je me crois aux pieds de Jésus (tant la bonté que mon père a pour moi est grande), et cette pensée de foi me console et me fortifie. Oh! grâces en soient rendues à jamais au cœur adorable de Jésus! Gloire à Marie, mère des douleurs, et gloire surtout au bon et compatissant saint Joseph, qui a si bien plaidé ma cause ! Veuillez, révérend Père, faire dire une messe d'actions de grâces, en l'honneur de chacune de ces adorables personnes, et insérer les faveurs reçues dans votre prochain numéro. »