Vin multiplié par saint Joseph
Ce n'est pas seulement de nos jours que saint Joseph obtient par ses prières des faveurs miraculeuses de son divin Fils adoptif. Dans une époque plus reculée, il n'existait pas, comme de nos jours, de nombreuses feuilles religieuses, fidèles à rapporter les faits surnaturels obtenus par la toute-puissante médiation des trois augustes personnes de la Sainte Famille. Les traits restaient ensevelis dans les chroniques des monastères. Ces chroniques nous les avons lues la plume à la main, et nous serons heureux de communiquer à nos lecteurs les trésors que nous y avons découverts.
Nous trouvons le miracle suivant dans la Vie de la vénérable sœur Marie-Isabelle Ville, religieuse de la Visitation de Verceil* :
« Cette bonne sœur, après sa profession religieuse, se considéra comme obligée à vivre de cette vie de mort qui permet de dire avec l'Apôtre : Je vis, mais non plus moi, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. Les emplois de réfectorière, d'infirmière et de robière, les seuls que la religion lui ait confiés, secondèrent parfaitement son attrait intérieur pour la vie cachée, et lui firent trouver un aliment à son esprit de mortification ; se réservant toujours le plus pénible, elle portait presque seule le fardeau de sa charge. Son assiduité au travail ne lui laissait jamais de repos, et l'ouvrage qu'elle n'avait pu faire le jour, elle le faisait la nuit, afin que les sœurs fussent servies à point nommé.
(1, Extrait de l'Année-Sainte delà Visitation, approuvée par plusieurs Evêques, t. iv. — 1868.
i Cette application nuisit souvent à sa santé et lui attira sur II s yeux une fluxion dont ollo a beaucoup souffert, et qui enfin la priva entièrement de la vue. Quoique robière, elle était aussi chargée du soin de la cave, el ce fut souvent un exercice à son inaltérable patience et à son généreux courage. On l'a vue quand il y avait des manœuvres dans la maison, descendre et monter les escaliers trente et quarante fois par jour, sans laisser échapper un mot de plainte. La sœur économe trouvait son compte à remettre les celliers en de si saintes mains, car on y a vu le vin se multiplier comme l'huile de la veuve de Sarepta. Une fois, entre bien d'autres, dans un temps où la Communauté manquait des choses les plus nécessaires, notre chère sœur s'aperçut qu'il ny avait plus que fort peu de vin daus le tonneau. EUe en avertit l'économe qui, ne sachant comment y pourvoir, recourut à la Supérieure. Celle-ci en parla à son confesseur, qui lui dit d'ordonner à notre sœur Marie-Isabelle de bénir sa petite provision, de la recommander à la divine Providence, et d'être sans inquiétude. Notre chère sœur, animée d'une vive foi, lit ce qui lui était commandé, et son obéissance eut tant de succès, que le vin se multiplia journellement. En donnant à chacune la mesure habituelle, on en eut pendant trois mois entiers pour une nombreuse Maison. Peut-être même aurait-il duré longtemps encore, si la sœur économe n'avait eu la curiosité de le mesurer. Comme on sondait la pièce, elle devint sèche, à la grande surprise de la communauté. Une, autre fois, notre vertueuse sœur perdit un robinet, et, se trouvant toute seule, elle ne put empêcher Le vin de couler ; infailliblement il allait être répandu, lorsque son recours au grand saint Joseph lui attira de l'aide; le liquide s'arrêta jusqu'à ce qu'elle eût trouvé l*' mojen de rermer
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l'ouverture du tonneau. On pourrait citer bien d'autres faveurs extraordinaires dont le Seigneur la gratifia; il suffit de dire que tous les besoins de la Maison lui étaient recommandés avec assurance par ses supérieures. »