‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 209 sur 315 · Conversion d'un Prodigue · texte numérisé non relu

Conversion d'un Prodigue

J. P., de ma paroisse, avait eu dans sa jeunesse à lutter contre des passions vives, entraînantes; sa foi l'en fit ordinairement triompher.

Dans l'âge mûr, il eut quelque répit; mais plus tard, ces passions assoupies se réveillèrent plus tyranniques qu'autrefois. Fidèle à recourir aux Sacrements, dévot ardent à la très-sainte Vierge et à saint Joseph, il eut enfin le dessus.

La vie avançait, les forces diminuaient, la maladie le saisit, et sur le lit de douleurs il resta plusieurs mois.

Difficile de dire le soin qu'il donna à se préparer à la mort, mais impossible de rendre l'effroi dont il était pénétré à la pensée du jugement. Nuit et jour, il était tourmenté, et sans cesse il me faisait appeler pour le rassurer. « N'ayez pas peur, lui dis-je, le bon Dieu est si miséricordieux ! Il vous a pardonné. Ecoutez : Vous aimez tant la sainte Vierge et saint Joseph, priez-les de se trouver à votre jugement, et de vous couvrir de leur bonne protection. » Mon cher malade le fit, et je me retirai le laissant tranquille.

Quelques jours après je le revis si calme, si joyeux malgré ses souffrances, que j'en fus étonné. « Eh! me dit-il, que je suis heureux 1 Depuis que j'ai prié la sainte Vierge et saint Joseph de se trouver l'un à ma droite. Van*

Ire à ma gauche, au tribunal du bon Dieu, je n'ai pllfs peur de ses jugements; je mourrai content. »

Il continua de souffrir quelques semaines encore, et mourut plein des consolations les plus douces, comptait bien trouver Marie et Joseph au rendez-vous si désiré.

Le Curk C. A.

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