‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 219 sur 315 · Guérison suivie do conversion · texte numérisé non relu

Guérison suivie do conversion

Dans le mois de janvier, un jeune homme de ma connaissance tombait sérieusement malade. Le pauvre enfant, hélas! n'avait pas toujours fait la joie de sa famille ni la consolation de son pasteur. Sa foi, qui n'était pins nourrie par la prière, avait singulièrement baissé. Les vérités les plus terribles avaient perdu tout empire mr son cœur; et, comme tous ceux qui préfèrent le chemin

du cabaret à celui de l'église, il en était venu à négliger complètement l'assistance à la messe et aux divins offices. Le pasteur le savait, et plus d'une fois il avait gémi devant Dieu sur le nouveau prodigue ; plus d'une fois, à l'exemple du divin Maître, il était allé à la recherche de la brebis égarée. Aussi, à peine connut-il l'état de souffrance de ce pauvre jeune homme, qu'il prit aussitôt le sentier de sa demeure. Le mal était sérieux. Il s'agissait pour le curé de disposer le malade à recevoir les sacrements. Celui-ci, soit parce qu'il ne connût pas son état, soit par antipathie, faisait la sourde oreille et ne se déridait pas. Après quelques visites inutiles, le pasteur crut ne pas pouvoir mieux faire que de recourir à saint Joseph dont il venait d'ériger dans son église la pieuse confrérie. C'était un samedi. 11 chanta le soir, et le lendemain encore, le salut en l'honneur de ce grand saint, le conjurant de préparer lui-même le cœur du malade à la grâce de la réconciliation. Il sollicita aussi les prières et la communion des religieuses et des âmes pieuses de la paroisse. Après cela, il revoit son malade, et, ô bonté vraiment admirable de saint Joseph ! il trouve son jeune homme tout changé, entend sa confession , et le lendemain, il était heureux de pouvoir lui porter le Dieu de toute consolation et lui donner le sacrement de l'extrême-onction. Le pauvre enfant était heureux! La paix était rentrée dans son âme. Le curé lui raconte en peu de mots ce qu'il avait fait pour lui, lui vante la toute-puissance et la bonté sans bornes de saint Joseph, et finit en lui disant : « Mon ami, je vous donnerai volontiers un conseil. Vous êtes jeune, et vous pourriez, si vous vouliez devenir sage, être trèsutile à vos parents qui deviennent vieux et n'ont aucune ressource. Vous êtes fort malade, il est vrai; mais enfin,

SEPTEMBHE.

vous pouvez encore guérir. Prenez la ferme résolution de mener à l'avenir une conduite vraiment chrétienne, et puis, demandez la guérison à saint Joseph, il vous la donnera; faites une neuvaine en son honneur. Je sais bien que l'état de faiblesse et de souiïrance où vous ôtes ne vous permettra pas de prier beaucoup. Votre mère viendra prier près de vous, vous joindrez votre intention à la sienne, et saint Joseph vous guérira. »

La neuvaine commença. Les douleurs se maintinrent très-vives deux jours encore, puis diminuèrent. Mais l'état de faiblesse subsistait toujours. Le curé revit plusieurs fois son malade, l'engageant à une entière confiance. Enfin le huitième jour, il se rendit de nouveau près de lui. Sur son chemin, il rencontra le médecin et lui dit : a Avez-vous vu X... aujourd'hui? — J'en viens, dit le médecin, il est guéri ! i Guéri !se dit en lui-môme le pasteur. C'est saint Joseph certainement qui l'a guéri. Il continua sa route, il arrive, se figurant le malade encore au lit, quoique éprouvant un mieux considérable. Il entre; mais, ô surprise! ô merveille! il le trouve assis tranquillement près du feu ; il était levé depuis huit heures du matin (il était trois heures du soir), il ne pouvait en croire ses yeux! Ce jeune homme, la veille encore, pouvait à peine se remuer dans son lit. Depuis quatre semaines, il n'avait pu prendre que de l'eau; et voilà qu'il s'était mis à table à midi, avait mangé avec grand appétit, et il n'éprouvait plus le moindre mal! « Ah! mousieur le curé, lui dit-il, je suis guéri. Je lo comprends maintenant, il est bon de prier! » Puis, parlant de son passé, il le déplorait, faisait do lui-même, pour L'avenir, les meilleures promesses, remerciait saint Joseph el se faisait enrôler dans sa confrérie. Depuis lors, le mieux a continué, et peu de temps après il reprenait son travail.

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