‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 221 sur 315 · Une lettre édifiante · texte numérisé non relu

Une lettre édifiante

La lettre suivante nous a été adressée, il y a déjà pluseurs années, par un de nos cliers confrères, le bon Père Lafay, directeur spirituel au collège Sainte-Marie, à la Seyne-sur-Mer. Ses anciens élèves conservent encore le souvenir de ses bons exemples et de ses instructions si pleines d'onction sur Marie et son virginal Époux.

« Mon bien cher ami et frère en Jésus, Marie et Joseph !

» Votre dernière lettre m'a comblé de joie. J'admire votre patience pour vouloir mener à bonne lin votre Œuvre de Saint Joseph, et je vous envie presque le cadeau que saint Joseph vous réserve en récompense de tout ce que vous faites pour lui. Vous ne prendrez pas tout, j'espère, vous destinerez une bonne part au meilleur de vos amis : saint Joseph ne s'y refuse pas. Ce sera la récompense de la bien douce peine que je vais prendre à satisfaire votre pieuse curiosité. Vous voulez donc que je vous raconte en toute simplicité de cœur l'histoire de ma dévotion envers le bon saint Joseph ? Que votre demande me fait plaisir ! car tout l'honneur de ce que je vais vous dire revient évidemment à mon glorieux bienfaiteur.

i Je ne saurais me souvenir des premières impressions que durent faire sur mon cœur d'enfant les trois noms de Jc'sns, Marie, Joseph, déposés sur mes lèvres par ma vertueuse mère; mais une chose dont je me souviens parfaitement, c'est que, tout jeune encore, je trouvais dans mon livre d'heures une prière à saint annb s. j, *9

Joseph qui me semblait avoir été faite pour moi. J'y avais tellement pris goût que je la disais toutes les fois que j'allais à la messe, et cela pendant sept ou huit ans de suite. Je me souviens très-bien aussi que j'aimais à voir dans les églises la statue de saint Joseph ; j'avais un respect tout spécial pour les religieuses de Saint- Joseph; je voyais avec un plaisir particulier les personnes qui portaient le nom de Joseph; j'aurais voulu moimême m'appeler Joseph ; j'étais bien content lorsqu'au sermon le prédicateur parlait de saint Joseph. Le nom de saint Joseph avait donc pour mou jeune cœur un attrait mystérieux, un charme indicible. Enfin, il me semblait que je n'aurais pas aimé Jésus et Marie, si je n'avais pas aimé avec eux saint Joseph.

» J'arrive à l'âge où le jeune homme commence à rêver un heureux avenir. Mille sentiers bordés de fleurs s'ouvrent à ses yeux. Son cœur lui est disputé par mille attraits divers. Auquel donner la préférence? C'est de cette question, bien ou mal résolue, que dépend le bonheur ou le malheur de la vie. J'avais ouï dire que Saint- Joseph se faisait le directeur fidèle des jeunes gens qui lui recommandaient leur vocation: je fus heureux de pouvoir me confier à un guide qui avait déjà toute ma confiance. Une faveur insigne que je reçus de mon glorieux patron (saint Joseph), le jour même de sa fête, produisit dans mon cœur un nouvel élan d'amour. La reconnaissance m'inspira alors une neuvaine de prières à saint Joseph à l'effet de connaître ma vocation. Cette première neuvaine était à peine achevée, que j'étais déjà sûr et bien sûr d'être appelé à la vie religieuse. Il me restait encore à savoir dans quel ordre Dieu m'appelait, quelle société m'ouvrirait son sein. A la fin d'une seconde neuvaine, je me vis clairement appelé et je me sentis

irrésistiblemont entraîné vers la Société à jamais bénie où, grâce au bon saint Joseph, j'ai déjà coulé do si beaux jours. Bien loin de jeter un regard de regret sur le monde que j'ai quitté, je baise, au contraire, amoureusement tous les jours la douce chaîne qui me lie, et c'est à saint Joseph que je dois ce bonheur; aussi je l'aime, et tout mon désir est de le faire connaître et aimer. Oui, je l'ai promis, je m'efforcerai d'établir le mois de Joseph, à l'égal du mois de Marie, partout où l'obéissance m'appellera. La reconnaissance m'en fait un devoir; car si Dieu a béni mon ministère sacerdotal, je le dois à l'intercession de saint Joseph. Il faut que je le publie hautement, je ne me souviens pas d'avoir demandé quelque faveur avec confiance à ce bon saint Joseph sans l'obtenir, et à peine avais-je fait quelque chose à la gloire de ce bien-aimé Père, que j'en ai aussitôt reçu la récompense... »

Page 1