Saint Joseph n'abandonne jamais ses enfants
Une enfant de Marie, attirée dès l'âge le plus tendre vois la vie de communauté, dans un ordre hospitalier, étant entrée à dix-sept ans pour commencer son postulat et son noviciat, avec une ferveur remarquable, fournit une carrière de douze années de vocation dans lesquelles elle remplit avec beaucoup de zèle et de succès toutes les œuvres qui lui furent confiées; trompée, au bout de ce temps, comme elle l'avoue elle-même, par
OCTOBM M)S
mie illusion de l'ange du ténèbre* transformé en ange de
lumière, elle s'imagina que Dieu demandait' d'elle le sacrilice de la vocation pour entrer dans un ordre cloîtré, quitta d'elle-même la voie où Dieu l'avait l'ail entrer, pour suivre celle dans laquelle elle se croyait appelée. Le pas une fois franchi, en vain elle essaya de persévérer dans sa nouvelle vocation et de braver les remords qui la poursuivaient, ayant agi en ceci contre l'avis de ses supérieurs; elle perdit toutes ses forces physiques et morales, et fut obligée de rentrer dans sa famille qui lui prodigua toutes sortes d'affections, afin de la fixer dans le inonde ; mais son cœur ne pouvait goûter aucune consolation et la portait sans cesse vers cette première vocation qu'elle avait quittée.
Ciuq mois se passèrent sans qu'aucune des sollicitations qu'elle fit près de ses anciens supérieurs, pût obtenir sa réintégration, la faute étant considérée comme grave. Prières, neuvaines, jeûnes, mortifications, elle employa tout pour essayer de fléchir le bon Dieu, qui semblait rester inflexible. Toute rentrée dans le premier état paraissait impossible; déjà on lui avait facilité son admission ailleurs, mais son àme ne pouvait goûter de repos au souvenir du passé. « Ma vocation, disait-elle, sera toujours devant moi comme un bourreau pour me reprocher mon infidélité. » Une amie, confidente de son désespoir, lui conseilla de recourir à saint Joseph, ce qu'elle fit de tout son cœur; elle l'invoqua, lui représenta les droits qu'elle avait à sa protection puisqu'elle portait son nom et qu'elle était l'enfant de la Vierge immaculée, lui remit l'affaire do sa vocation entre les mains, et, dans l'élan d'une confiance tout enfantine, lui fixa le mois de mais comme devant être le terme de sis tourments. Pendant plus de six semaines, elle pria
ainsi saint Joseph et, le 17 mars, par un trait de Providence maYiifeste, elle se trouva en présence de son supérieur qui, touché de son repentir, lui accorda et le pardon du passé, et sa rentrée, à la condition de recommencer son noviciat.
Le 19 mars, fête de saint Joseph, elle reprenait le saint habit.
30 — Saint Joseph protecteur des maisons religieuses.
Le 6 janvier, nous avons reçu, dit le directeur de la Famille chrétienne, la lettre suivante qui encouragera dans leurs épreuves les communautés religieuses.
« Ce sont des cœurs simples, mais remplis d'amour pour saint Joseph, qui viennent vous prier de déposer aux pieds de ce grand saint, dans votre sanctuaire de Valence, l'hommage de leur gratitude.
» Une maison religieuse, vouée au soin de la jeunesse, était sous le poids d'épreuves douloureuses; elle luttait contre des embarras de toute nature, et chaque jour lui apportait quelque nouveau chagrin. Déjà le découragement s'était emparé du personnel de la maison; la Mère supérieure et ses filles ne savaient plus où trouver une espérance, lorsque la pensée du bon saint Joseph leur est venue.
» Elles ont mis à ses pieds toutes leurs peines, et elles étaient nombreuses; car la misère, le dénûment, l'abandon, la maladie, tout semblait s'être réuni pour désoler leur patience. Mais saint Joseph vient d'être invoqué, le courage renaît dans les cœurs. Des secours inattendus sont envoyés; des réparations sont entrepriet exécutées par ordre même de ceux qui les disaient
impossibles; le travail, devenu plus facile par le concours d'heureuses circonstances, apporte le strict nécessaire à la petite famille religieuse, qui. est heureuse de vivre, comme son saint protecteur, des labeurs de la journée.
» Après tant de grâces reçues, serions-nous indiscrètes de former encore un dernier vœu qui semble n'avoir été exaucé qu'à demi? Pourrions-nous demander à saint Joseph, avec le secours des prières de vos chers associés, plus de santé pour l'une d'entre nous? Dans le but d'obtenir cette grâce, nous saurons nous imposer quelques privations, afin d'envoyer à son sanctuaire de Valence une offrande qui, comme le denier de la veuve de l'Évangile, lui dira notre pauvreté et notre amour. »