Protection pendant la guerre
« Au commencement de la dernière guerre avec les Prussiens, je me suis mise, ainsi que tous les miens, sous la protection de saint Joseph. Mes fils se sont engagés dans les zouaves ; jugez de mes inquiétudes ! Confiés à Marie et à saint Joseph, ils sont partis portant sur leur poitrine 1 1 chemisette de Notre-Dame de Chartres et le Sacré- (lœur que je regardais avec raison comme une bonne siuvegarde, car ma confiance n'a pas été trompée. Après avoir assisté aux batailles les plus meurtrières, il m'ont été rendus sans la moindre blessure.
» Au moment où les Prussiens me sont arrivés à la
campagne, en novembre 1870, j'ai encore supplié mes saints protecteurs d'avoir pitié de moi ; j'ai mis tout ce que je possédais sons leur garde, et j'aime à reconnaître qu'ils ont opéré un vrai miracle chez moi.
» Pendant cinq mois d'angoisses, ces tristes hôtes ne m'ont pris aucun de mes nombreux animaux et après leur départ, quoique j'aie eu à leur fournir énormément de fourrage pour leurs chevaux, il m'en est resté assez pour nourrir les miens jusqu'à la nouvelle récolte, quoique, avant leur arrivée, mes domestiques m'eussent engagée à acheter du foin, dans la crainte que ma provision de 1870 ne pût sullire pour mes bestiaux. Saint Joseph a donc dans sa bonté multiplié mon foin dans mes greniers ; tous mes gens l'ont constaté sans pouvoir l'expliquer. Moi, j'y ai reconnu la main miséricordieuse de Marie et de saint Joseph qui n'abandonnent jamais ceux qui se confient en eux.
» De plus, par suite de différentes circonstances péni. blés, je me trouvais au même moment accablée d'affaires très-difficiles à terminer ; confiées à mes saints protecteurs, elles sont en grande partie achevées, et mieux que je ne pouvais l'espérer. Sous peu j'aimerai à leur mettre les ex-voto, que j'ai promis, lorsque tout sera fini.
» En attendant cette heureuse fin, veuillez, mon révéreud Père, m'aider à remercier Jésus, Marie et Joseph de leur bienveillant concours dont je ne puis douter, j'aime à redire avec saint Bernard et sainte Thérèse : Jamais en vain on ne les invoque avec confiance.
» L. li. C. »
ANNÉE S. J. -Il»
1 3. — Plaie guérie.
Langres, le 19 mars.
J'ai voulu attendre jusqu'à ce jour pour vous écrire, afin de rendre la guérison plus évidente. Voici de quoi il s'agit :
Depuis plusieurs années, j'avais une plaie à la jambe droite, je n'y faisais pas grande attention ; mais au mois de novembre la plaie devint plus hideuse que jamais ; je fus condamnée par le médecin à garder la chambre, à ne pas bouger, car, dès que je marchais, la plaie s'envenimait. J'employais bien des remèdes, on me donna même des coups de lancette ; mais tout cela ne servit qu'à agrandir la plaie. ,
Mes parents, mes connaissances désespéraient de ma guérison; moi seule, je ne perdais pas confiance.
Je fis des neuvaines à saint Joseph et demandai plusieurs messes à cette intention. J'entrai moi-même dans une de ses confréries, afin de l'intéresser en ma faveur. Enfin, au mois de juillet de l'année suivante, lorsque je commençais à me décourager, saint Joseph m'inspira l'idée de faire les Sept-Dimanches.
Oh ! heureuse idée qui devait hâter ma guérison, soyez bénie !
Je les fis régulièrement, malgré les ordonnances du médecin, qui me défendit de marcher; et le samedi de la septième semaine, j'éprouvais du mieux; la plaie devint moins livide, et, à l'aide de quelques remèdes, elle fut bientôt cicatrisée, et depuis le mois de septembre je n'ai éprouvé aucune douleur.
Gloire, amour, reconnaissance envers saint Joseph! je voudrais me faire entendre de tous.
Dans une chute de dix pieds de haut, je risquais de perdre la vie ; ce jour était le dernier de la dévotion des Sept-Dimanches en l'honneur de saint Joseph, que je venais de faire, et j'ai tout lieu de croire que c'est par la protection de ce grand Saint que je ne ressentis de cette chute qu'une douleur insignifiante.
Dodtx.