‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 304 sur 315 · Mort d'une jeune Irlardaise, dévote à saint Joseph · texte numérisé non relu

Mort d'une jeune Irlardaise, dévote à saint Joseph

Deux jeunes filles jumelles, appartenant à une famille irlandaise catholique, avaient été reçues comme pensionnaires dans la maison d'éducation dirigée par les religieuses Ursulinesà B..., pour y terminer leur éducation. Toutes deux montraient les plus heureuses dispositions et surtout une tendre piété pour la très-sainte Vierge ; aussi ne tardèrent-elles pas à être admises au nombre des Congréganistes. L'une des deux sœurs surtout exprimait sa joie naïve et le bonheur qu'elle ressentait après avoir fait sa confession : J'ai tout dit, je suis si contente, /ai dit tout ce que je savais !

Le 29, cette chère enfant fut prise d'un crachement de sang; elle s'alita bientôt, mais les médecins n'annoncèrent aucun danger immédiat. Le mal s'aggrava tout à coup; une phthisie rapide se déclara. Le jeudi 21 au matin, la petite Marguerite ne se croyait même pas malade. On la vit baisser sensiblement, et l'on courut chez M. l'aumônier; il était absent. Ce fut presque providentiel en un sens, car le soir voyant qu'il ne rentrait

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pas, l'on amena un Père Kédcmptoristc qui parlait fort l»ion l'anglais. En attendant, la Mère zélatrice, anglaise, avait prévenu la petite malade du danger où elle se trouvait en lui demandant si elle avait peur.

Oh I non, répondit-elle, je n'ai pas peur du bon Dieu, je l'aime. Puis elle ajouta : h regrette de n'avoir pas aime davantage la très-sainte Vierge, mais elle m'aime, n'estee pas ? Puis, appelant la Maîtresse générale, elle lui donna avec le plus grand calme ses commissions pour sa famille.

Le Père Rédemptoriste étant arrivé, elle se confessa parfaitement en anglais, reçut l'Extrômc-Onction, mais ne put, hélas! avaler la sainte Hostie; on lui donna le scapulaire avec les indulgences, et elle répéta avec le prêtre, nombre de fois, les invocations de Jésus, de Marie et de Joseph. Je l'avais recommandée, quelque temps auparavant, aux prières des associés de l'Archiconfrérie de saint Joseph d'Angers.

J'aime à penser que ce bon Patriarche l'a aidée spécialement en cette dernière heure, car elle est décédée doucement, heureusement, vers les sept heures et demie du soir. Nous avons été frappées de son air angélique après son trépas. Son pauvre père est arrivé d'Irlande pour ne trouver que les restes de son enfant. Je vous laisse à penser quelle fut sa douleur.

Il était étranger, sans aucune connaissance dans notre ville, et il ne sait pas un mot de français. C'était une position navrante.

Heureusement c'est un excellent catholique, comme ta femme; ils sauront mettre à profit Leur afflictiont

16- — Une mère de famille dans un état désespéré, guérie par saint Joseph.

Une jeune femme de ma connaissance, mère de deux enfants en bas âge, tomba, par suite d'imprudences diverses, dans un état de dépérissement complet, et tel, que depuis plus de trois mois, elle ne pouvait garder aucun des aliments qu'on lui donnait; état, qu'aggravaient les soins malentendus du docteur qui la visitait. Son époux et avec lui toute sa famille prévoyaient avec raison, la malheureuse et inévitable issue de cette maladie, dont les progrès devenaient chaque jour plus effrayants. Un autre médecin qui fut appelé n'hésita pas à déclarer qu'elle était perdue sans ressource. On la fit aussitôt administrer. Ne pouvant prendre aucune espèce de nourriture, ne supportant pas même un léger bouillon, sa faiblesse était extrême ; elle n'avait presque plus de voix, ses yeux étaient vitreux, elle délirait à chaque instant; tout eu elle attestait une fin prochaine, sa famille en pleurs, n'attendait que son dernier soupirs. La nouvelle de son triste état m'était parvenue, j'allais la voir, et la trouvais si mal, que je ne pus m'empêcher de croire (comme toutes les personnes qui l'entouraient) qu'elle ne verrait pas le lendemain. Mais tout à coup, une idée, une inspiration me fut donnée. Pourquoi saint Joseph ne ferait-il pas pour cette jeune mère ce qu'il avait déjà fait si souvent pour d'autres? Pourquoi ne lui rendrait-il pas la santé? Pleine de cette espérance, je courus chercher un cordon bénit et je promis au glorieux Patriarche de faire agréger la malade à la sainte association de saint Joseph et de publier la merveilleuse

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guérison de cette Dame, s'il voulait bien m'accorder cette grâce.

Je portai le cordon bénit à la mourante le soir môme, elle le reçut avec confiance et ne voulut pas s'en dessaisir: je lui dis que j'allais commencer, de concert avec d'autres personnes, une neuvaine en l'honneur de saint Joseph, lui recommandant de s'unir d'intention aux prières, elle me fit un signe d'assentiment. La nuit suivante fut une nuit d'angoisses pour sa famille ; il semblait que la mort redoublait d'efforts pour garder la victime qu'on cherchait à lui ravir par l'intercession de saint Joseph.

Mais, ô prodige 1 à mesure que le jour répandait ses premières lueurs, on remarqua qu'un grand calme succédait à sa fiévreuse agitation qui ne lui avait pas laissé un instant de repos pendant Ja nuit ; bien plus, elle demanda quelque nourriture qu'elle digéra sans aucune diiliculté ; surpris et étonnés , ses parents ne savaient s'ils devaient se réjouir, quand la suite vint leur prouver qu'ils ne seraient point trompés dans leur espoir, car Le môme jour, et à plusieurs reprises, elle demanda des aliments qu'elle digéra parfaitement bien ; son teint, de cadavéreux qu'il était, reprit une couleur naturelle, sa voix retrouva sa sonorité, et tous ses membres, une vigueur qu'ils avaient perdu depuis longtemps. Le deuxième jour, le mieux augmenta si sensiblement, que l'ecclésiastique qui la visitait, fut au comble de l'étonnement de la voir en aussi bon état; mais plus grand encore fut celui du médecin, qui avoue que rien au monde n'eut pu la tirer de sa triste position, qu'il y avait évidemment quelque chose île surnaturel dans un

changement si subit et. si inattendu.

Toutes les personnes qui vinrent la voir ce jour-là et

les suivants convinrent également que sa guérison tenait du prodige.

E. de M.

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