Dévotion du vénérable curé d'Ars
Dès son enfance, M. Viannay, curé d'Ars, se fit remarquer par ses dispositions à la vertu et à la sainteté. On peut dire que l'amour de Jésus et de Marie était inné en lui. Sa première communion faite avec les sentiments de la piété la plus tendre, sei parents l'employèrent aux pénibles travaux de l'agriculture. Loin de se plaindre de sa dure conduite, le jeune Viannay regardait les peines de son état comme très-agréables à Dieu, et il cherchait à se sanctifier même dans les actions les plus ordinaires de la vie. Pour prendre patience et s'animer dans son dur labeur, il plaçait, à dix pas devant lui, une petite statue de la sainte Vierge tenant en ses mains l'Enfant- Jésus. Son ardeur dans le travail s'enflammait à la vue delà Reine du Ciel, que Tertullien appelle Y Ouvrière de Nazareth, à la vue du divin Enfant, le Fils de l'Artisan. De temps en temps, il les fixait avec tendresse, avec une amoureuse confiance, avec un regard de prédestiné, et on l'entendait soupirer en essuyant ses sueurs : « Tout pour Jésus et Marie ! » Quand il était arrivé près de sa petite statue, il se prosternait devant elle, adressait au Sauveur et à la Vierge une prière fervente, et, après un léger repos pris sous leurs yeux, il transportait plus loin sa chère image, reprenait son travail avec une nouvelle ardeur, cl le continuait jusqu'à la fin de la journée, toujours sous les auspices, sous les regards et sous
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les ordres de Jésus et de Marie. Oh ! comme ce travail devait être agréable à Dieu ! Quelles journées pleines pour le Ciel! Comme ce pieux agriculteur des Dombes nous rappelle bien saint Joseph travaillant à Nazareth avec Jésus et Marie 1 Faut-il s'étonner si M. Viannay est devenu le modèle des prêtres et le Thaumaturge du xix" siècle?