‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 73 sur 315 · Faveurs signalées obtenues par saint Joseph · texte numérisé non relu

Faveurs signalées obtenues par saint Joseph

M..., le 12 décembre 1874.

La petite ville de la haute Alsace que j'habitais était, depuis la mi-septembre 1870 jusqu'au mois de mai suivant, incessamment remplie de troupes allemandes, qui y passaient soit leurs journées de halte, soit la nuit seulement. Vers la mi-novembre, la ville, déjà occupée depuis quelques jours par un régiment badois, fut envahie un dimanche, à dix heures du soir, par un ou deux régiments de la landwehr, qui venaient s'y abriter jusqu'au leudemain. Un détachement de quatre-vingtdix-huit soldats l'ait irruption dans la cour de mon propriétaire. Les uns s'emparent des granges et des écuries ; les autres se jettent dans l'intérieur de la maison, se répandant dans les différents corridors pour trouver

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des chambres garnies de lits et de fourneaux. La partie de la maison où se trouvait mon logement fut sillonnée par des bandes compactes qui, quoique éclairées par une lampe, ne surent trouver, dans leurs mouvements précipités et désordonnée, la porte d'aucune de mes chambres, exposées à une dévastation complète. Saint Joseph avait exaucé les ferventes supplications que nous lui adressions, ma femme et moi, durant l'invasion et les courses vagabondes de ces garnisaires nocturnes.

Dans les premiers mois de l'année 1871, les fonctionnaires et employés de l'Alsace-Lorraine furent impitoyablement condamnés à prendre le chemin de l'exil, à la suite du refus de continuer leur service sous les autorités allemandes. Je m'attendais à subir le môme sort, après avoir signé, le 9 février, la protestation d'un inviolable attachement à la nation française. Pour me soustraire aux rigueurs de l'ostracisme , ma femme fit successivement plusieurs neuvaines en l'honneur de saint Joseph. 0 bonté ineffable du puissant protecteur de ceux qui l'invoquent avec confiance! le 17 mars, l'avantveille de la fôte du Consolateur des affligés, je pus m'assurer que je n'étais pas compris dans l'arrêté de proscription qui frappait tous les employés de l'établissement auquel j'étais attaché, quoique j'eusse signé avec eux l'acte de répudiation du service allemand. Grâce à cette exemption privilégiée, due évidemment et uniquement au bienveillant patronage du glorieux Patriarche (je n'avais cherché aide et protection nulle part ailleurs), je pus attendre dans ma province natale ma nomination à un autre poste en France.

Un kyste fort volumineux (espèce de loupe), qui s'était implanté en janvier dernier sur une partie «le mon corps et qui présentait des caractères graves, m'inspira

ANNÉK S .) S

de vives inquiétudes. Voyant que le mal résistait opiniâtrement à l'application des médicaments prescrits par le médecin, je commençai le 1er mars a faire les exercices de ce mois en l'honneur de saint Joseph, dans l'intention sinon de prévenir une opération chirurgicale, au moins d'obtenir qu'elle eût un heureux résultat. Le jour de la fête de saint Joseph n'amena ni guérison ni amélioration. Je concluais à tort de ce prétendu refus de secours surnaturel, qui n'était, en réalité, que différé à la fin du mois, que je devais demander ma guérison à l'art humain. L'opération que je subis le 23 mars suivant, loin de produire un bon résultat, fut suivie de symptômes plus graves et plus alarmants, ce qui, d'après l'avis du médecin, devait nécessiter, au bout de quelque temps, une nouvelle opération. Ce surcroît de souffrances ne diminua pas ma confiance en l'auguste époux de la sainte Vierge ; je continuais avec une nouvelle ferveur à faire sur mon lit de douleur les exercices du mois de saint Joseph. A partir du 1er avril, je pus quitter le lit pour prendre l'air au jardin, et cinq jours après, j'assistai sans gêne, dans l'église paroissiale, aux offices religieux du matin et du soir de la fête de Pâques. Bientôt après, ma guérison fut parfaite. Le kyste devenu plus gros, plus dangereux à la suite de l'opération, avait disparu spontanément, sans opération ni traitement ultérieur. Amour, gloire et reconnaissance à saint Joseph, à qui je suis redevable de cette guérison, ainsi que des autres faveurs relatées plus haut!

W. Sébastien C***.

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