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15 — La onzième heure d'une sœur de charité.
Nous avons reçu de Laval de.s détails bien touchants sur la guérison merveilleuse d'une sœur de Saint- Vincentde-Paul, quoique déjà âgée, toujours Supérieure dans un hospice considérable du centre de la France. Voici un extrait de cette relation :
Laval, 31 mai.
C'est avec bonheur que je viens accomplir la promesse que j'ai faite à saint Joseph de publier une guérison obtenue par la toute-puissante médiation du glorieux saint Joseph.
Dans les premiers jours du mois de mars, je reçus une ligne de suprême adieu d'une sœur de Charité qui, par suite de son dévouement sans bornes, se trouvait dans un état des plus alarmants. Une de ses compagnes m'écrivait qu'on allait commencer à son intention une neuvaine de messes en l'honneur de saint Joseph et pour le soulagement des âmes du purgatoire les plus fidèles à l'honorer. Comme j'avais pu apprécier par moi-même les qualités de cette fille de Saint-Vincent-dc-Paul et les services qu'elle pouvait encore rendre à sa congrégation et aux pauvres, jo me suis unie de très-grand cœur à la neuvaine faite pour demander sa guérison. Or, saint Joseph a daigné récompenser notre confiance. La sœur a été complètement guérie Le I I mars, ('.(«jourlà môme, une personne faisait le pèlerinage de Saint- Joseph-des-Champs, à l'intention de la chère malade. Voici des détails qui me son! communiqués par une
compagne de la pieuse malade : « La veille du jour à jamais mémorable où s'opéra un changement si merveilleux dans l'état de notre bonne supérieure, des crises terribles se succédèrent sans interruption ; rien de plus navrant que de voir cette bonne sœur en proie à de si cruelles souffrances sans pouvoir lui procurer aucun soulagement. La nuit du samedi 14 mars se présentait sous l'aspect le plus désespérant, et cette chère âme l'avait déjà offerte à notre bon Sauveur, unissant ses angoisses à son agonie. 0 vertu de l'abandon à Dieu ! quelle ne fut pas sa surprise et la nôtre lorsque, vers les dix heures, toutes les crises cessèrent! les marques des brûlures à la main gauche disparurent, et la nuit fut des meilleures. Les personnes témoins de ses horribles souffrances, qui désespéraient de la revoir, furent ravies d'admiration, le lendemain matin, en la voyant parfaitement guérie. Cette bonne Mère a repris possession de son cabinet et se livre comme avant à tous les travaux que nécessite sa charge. »
La vénérée supérieure écrivait elle-même à la personne dont nous citons plus haut la lettre, ces lignes touchantes : « Ma vieille amie, me revoilà vivante; demandez au bon Jésus que je sache profiter de ma onzième heure. Ce n'est pas tout de revivre ; il faut que la vie rachetée soit un véritable holocauste. Il paraît que j'ai été bien mal, mais les forces reviennent chaque jour. Merci de vos bonnes prières, de votre souvenir, de votre affection !