‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 91 sur 315 · Une douleur bien chrétienne · texte numérisé non relu

Une douleur bien chrétienne

La religion ne défend pas les larmes versées sur la mort d'un être bien-aimé. Le divin Sauveur a pleuré sur le tombeau de Lazare, son ami. Toutefois, il ne faut pas pleurer, dit l'Apôtre, comme ceux qui n'ont pas d'espérance, surtout quand on est absolument certain que la personne dont on déplore la perte jouit dans le ciel d'un bonheur parfait dont elle ne verra jamais la lin. Peut-on imaginer une consolation plus grande pour une mère chrétienne privée de son premier-né, que de pouvoir se dire : <• J'ai donné à Dieu un ange de plus; il y a autour de son trône une partie de moi-même ? » Comment ce cher enfant qui n'a connu que les soins, les sourires et les larmes de sa mère, pourrait-il l'oublier dans le séjour de la charité par excellence ? La touchante lettre qui suit prouve la vérité de ces consolantes pensées.

Je dois à la gloire de saint Joseph de publier le fait suivant :

« L'année dernière, au moment d'être mère, j'éprouvai un accident assez grave, de nature à me l'aire craindre de voir mes espérances trompées. Néanmoins, avec des soins et du repos, je me remis, et, de l'avis du médecin, je repris ma vie habituelle. La veille de Saint- Joseph, en me rendant à l'église pour me confesser, j'éprouvai le même accident, et cette fois on craignit

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que tout ne fdt fini. Il me vint à la pensée de consacrer à saint Joseph l'enfant que je portais et de lui promettre que, s'il arrivait viable, je lui donnerais, si c'était un garçon, le nom de Joseph, et que je publierais dans le Propagateur ce trait de protection. En effet, depuis ce moment je ne ressentis aucune atteinte, et je vis mes vœux réalisés.

» Hélas ! trois mois après, le bon Dieu faisait de mou petit Joseph un de ses anges. J'ai été longtemps à me faire à l'idée de remercier saint Joseph, qui semblait ne m'avoir exaucée que pour me séparer de ce cher enfant. Mais le calme s'est fait, et je remercie saint Joseph, qui a donné le ciel à cet ange et trois mois de bonheur à sa mère.

« Je peux dire que, depuis la perte de cet enfant, ma dévotion à saint Joseph s'est accrue très-sensiblement, et que j'ai obtenu, par son intercession, des grâces de paix et de résignation qu'il me semblait tout d'abord impossible d'acquérir.

« Aujourd'hui, jour de sa fête, j'ai pu écrire cette lettre, qui m'a tant coûté... « Agréez, etc.

» G., Enfant de Marie. »

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