PAT
E. Eblers. Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 1897, Hamburg, L. Friederichsen und C°, p. 55, Taf. II, fig. 71, 72.
Je rapporte avec quelque doute à cette espèce décrite par Ehlers un Autolytus entier, dont l’état de conservation est assez médiocre, car il a perdu ses antennes et une grande partie de ses cirres dorsaux. Cet exemplaire a été recueilli à une profondeur de 20 mètres dans le Port Charcot; il mesure 6 millimètres de longueur, 0"",65 dans sa plus grande largeur, vers le milieu du corps, et compte quarante-deux segments sétigères.
L'ensemble des caractères de l'espèce magellanique, notamment les bandes pigmentaires transversales de la face dorsale des segments, les lignes de ponctuation des cirres (PI. IE, fig. 11), se retrouvent exactement chez la forme antarctique ; mais je ne distingue pas nettement le prolongement antérieur du premier sétigère, qui, ainsi que le mentionne Ehlers, rappelle celui qu’on observe chez les Odontosyllis, à un moindre degré chez les £usyllis, et que j'ai signalé également chez les genres Fauvelia (1) et Alluaudella (2).
L'Autolytus gibber a été recueilli antérieurement au sud de la Terre de Feu (Beagle Channel, Lapateia nueva, Ushuaia) et à la Géorgie du Sud.
Genre ÆXOGONE Œrsted.
Exogone Turqueti nov. sp.
(PL. I, fig. 3-8.)
Une trentaine d'exemplaires entiers ou incomplets de cette espèce ont été dragués à divers époques dans le Port Charcot, à des profondeurs comprises entre 20 et 40 mètres. L’un des exemplaires, intact, chargé de chaque côté d'un chapelet d'œufs ou de jeunes embryons, a 9 milli-
(1) Cu. Gravier, Sur un lype nouveau de Syllidien, Fauvelia (nov. gen.) martinensis (nov. sp.) (Bull. Mus. Hist. Nat., 4900, p. 371-374, 1 fig.).
(2) Cu. GRAVIER, Sur un genre nouveau de Syllidien, Alluaudella (nov. gen.) madagascariensis (nov. sp.) (C. R. du VI° Congrès intern. de Zool., Berne, 1904, p. 372-376, 5 fig.).
Expédition Charcot. — Gnavier. — Annélides Polychètes. 9
mètres de longueur; la largeur, presque uniforme, quoique diminuant un peu dans la région postérieure, est de 0"",2 pour le corps seul, de 0"",3 les parapodes y compris.
Le prostomium (PI. 1, fig. 3), deux fois au moins aussi large que long, a un bord antérieur convexe et un bord postérieur échancré en son milieu. Il présente trois antennes et deux paires d’yeux. Les antennes sont très courtes et épaisses ; celle du milieu, un peu plus grande que les latérales, est insérée en peu en arrière de celles-ci. Les yeux antérieurs, les plus grands, en forme de cupule, ont un cristallin tourné en avant et en dehors ; les yeux postérieurs, un peu en dedans des précédents, de forme plus allongée, ont un cristallinorienté vers l'extérieur etla région terminale du corps. Les palpes très larges, débordant un peu de chaque côté du prostomium, sont soudés à la base, mais séparés en avant par une échancrure assez profonde ; sur la face ventrale, ils sont creusés d’une dépression où se loge en partie la trompe, lorsqu'elle se dévagine.
Le prostomium n’est pas séparé nettement du premier segment; en revanche, celui-ci l’est très nettement du second, qui est le premier sétigère. Le premier segment porte de chaque côté un seul cirre tentaculaire très réduit, plus petit que les cirres dorsaux des segments suivants. Un peu en avant de cet appendice, est une fossette allongée transversalement, couverte de longs cils vibratiles ; c’est la fossette vibratile ou organe nucal.
A partir du deuxième sétigère, tous les segments sont pourvus de parapodes normaux ; celui du deuxième séligère, toutefois, est dépourvu de cirre dorsal. Viguier (1) a fait la même remarque chez l'£xogone gemmifera Pagenstecher et aussi chez les Sphærosyllis hystriæ et pirifera Claparède, de même que chez Syllides pulliger et Grubea limbata Claparède.
Les cirres sont épais et courts; le ventral est un peu pluslong et un peu moins large que le dorsal.
Le mamelon sétigère (PI. I, fig. 7) est soutenu par un acicule droit qui se termine dans la petite languette formant la pointe extrême du ma-
(4) C. Vicurer, Sur l'Exogone gemmifera (Pagenstecher) et quelques autres Syllidiens à gestation. Études sur les animaux inférieurs de la baie d'Alger (Arch: de Zool. expérüun. et gén. 2° sér., t. Il, 1884, p. 79).
melon. Les soies, au nombre 6 à 8, sont presque toutes composées, avec une hampe arquée fortement renflée au sommet, hétérogomphe, et une serpe courte (fig. 3, p. 11). Dans les segments antérieurs, on trouve presque à chaque segment une soie plus rectiligne, renflée au sommet, avec une pointe terminale oblique par rapport à la base élargie au sommet et soudée à celle-ci (fig. 4,
même type, avec un article terminal FA
p. 11); on observe aussi des soies du
plus séparé de la partie basilaire à laquelle il est soudé (fig. 5, p. 11).
Dans les segments de la région postérieure, il existe des crochets terminés par une pointe légèrement arquée au sommet (fig. 6, p. 11).
Le pygidium se termine par deux cirres anaux assez courts et un peu effilés dans leur partie terminale (Pl Ge16).
La trompe dévaginée présente un
3 4 orifice garni d’une couronne de dix UNE 5 6 ig. 3à 6.
festons à contour arrondi (PL. I, fig. 4).
Au niveau de celle-ci affleure la dent qui, vue à un fort grossissement (PI. I, fig. 5), se montre un peu ineurvée au sommet et à trois pans. Lorsque l'organe n’est pas extroversé, le proventricule s'étend sur les quatrième et cinquième sétigères.
L'individu femelle décrit ci-dessus porte de chaque côté une rangée d'œufs très volumineux, non encore évolués, à raison d’un œuf par parapode dans la seconde moitié du corps (PI. [, fig. 8). Les parapodes correspondants ne présentent pas trace des grandes soies locomotrices caractéristiques de la phase épitoque.
Par la brièveté des antennes, cette espèce se rapproche de l'£xogone (Pædophylax) veruger Claparède (1); mais elle s’en distingue nettement
(4) En. Crapantne, Les Annélides Chétopodes du golfe de Naples. Supplément (Mém. de la Soc. de phys. et d'hist. nat. de Genève, t. XIX, 1868, p. 523, PI. XII, fig. 3.)
par les caractères des palpes plus courts, plus larges, plus profondément échancrés en avant; les soies telles que les dessine Claparède, à un trop faible grossissement, ne paraissent pas être identiques à celles qui sont figurées ici. Il y a également des différences à signaler dans le prostomium et surtout dans la disposition des yeux. A ce point de vue, le Syllidien antarctique ressemble beaucoup plus à l£rogone gemmifera Pagenstecher (1), tel que le représente Viguier; mais les antennes de ce Polyehète sont beaucoup plus longues que chez celui dont il est question ici, qui est également différent de l’£xogone heterosetosa Mac Intosh (2), trouvé d’abord par le « Challenger » aux îles Marion et plus tard en difré-
rents points de l'Amérique du Sud: Puerto Bueno, Smyth Channel, Ushuaia (3).
Genre SPHÆROS YLLIS Claparède.
Sphærosyllis antarctica nov. sp.
(PL I, fig. 9-10.)
Deux exemplaires de cette espèce proviennent d'un dragage pratiqué à 40 mètres de profondeur dans le Port Charcot le 8 avril 1904. L'un d’eux, entier, a des dimensions suivantes : longueur, 5°",6 ; largeur (maxima), sans les parapodes, 0"",4, — avec les parapodes, 0"",6. Le nombre des sétigères est de 33. L'autre exemplaire, qui était à peu près de même taille que le précédent, ne compte que 24 sétigères. Aucun d'eux ne présente de trace de pigmentation.
Le prostomium (PI. I, fig. 9), dont le bord antérieur est convexe, n’est pas séparé nettement du segment tentaculaire. Les deux paires d'yeux qu'il porte sont disposées presque sur une ligne droite et transversale. Les deux latéraux sont cependant situés un peu en avant des autres et sont un peu plus grands que ceux-ci. La lentille de ces organes est à peine discernable. L'antenne médiane, assez courte, renflée à la base,
(4) À PacexsrecuER, Untersuchungen über die niedere Seethiere aus Cette, 1. Abth. I. Exogone, gemmifera und einige verwandte Syllideen (Zeitsehr. für wissenschaft. Zool., 1862, Bd. XII, p. 267, Taf. XXV et XXVI).
(2) W.-C. Mac Ixrosu, The Voyage of «H. M. S. Challenger », Report on the Annelida Polychæta, 1885, p. 205, PI. XXXIIL fig. 45-46; PI. XXXIVA, fig. 11.
(3) E. Euvers, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 4897, p. 54, Taf. IT, fig. 61-65.
étirée à l'extrémité distale, est seule restée en place. Les deux palpes sont, en arrière, presque aussi larges que le prostomium ; ils sont séparés en avant par une échancrure bien marquée et suivie d’un sillon médian qui s’atténue peu à peu. Quelques papilles en pointe mousse s'observent sur les parties latérales du corps.
De chaque côté et en arrière des yeux, s'insèrent les cirres tentaculaires; ces appendices, dont il n'existe qu’une paire, sont de même forme et sensiblement de mêmes dimensions que l'antenne médiane.
Le second segment, séparé nettement du segment précédent, est muni d’un parapode complet; c'est le premier sétigère. Le troisième segment, qui est le second sétigère, est dépourvu de cirre dorsal.
Le cirre dorsal, plus développé dans la région postérieure que dans la région antérieure du corps, est renflé à sa base et prend la forme d’une massue (PI. I, fig. 10); sur la partie distale effilée, il existe quel-
ques petites papilles ou de simples aspérités; le som-
met est souvent élargi en une sorte de bouton terminal.
Le mamelon sétigère, assez saillant, a son bord libre découpé en lobes digités ; il est soutenu par un acicule droit axial. Les soies, assez peu nombreuses, sont
toutes composées dans la première moitié du corps. ll 8
La hampe fine, un peu arquée, graduellement renflée - , Mig. 7 et 8.
à son extrémité distale, est fortement hétérogomphe (fig. 7, page 13). L’arête, presque rectiligne, recourbée en pointe fine au sommet, a l’un de ses bords garni de cils ténus et serrés ; la longueur de cet article terminal diminue régulièrement et assez fortement des soies les plus dorsales aux plus ventrales. Dans la seconde moitié du corps, il existe, à la partie dorsale du faisceau, une soie simple, arquée au sommet et terminée par une pointe fine légèrement incurvée (fig. 8, page 13).
Les cirres anaux étaient détachés. La trompe est courte. Le proventricule commence un peu en avant du sillon séparant le second et le
troisième sétigère et finit presque à la limite postérieure du cinquième. Cette espèce nouvelle de Sphærosyllis (S. antarctica nov. sp.) se distingue nettement des trois autres espèces du même genre trouvées dans les ports du Sud de l'Amérique (1) : 1° de Sphærosyllis Mac Intoshi Ehlers, que Mac Intosh (2) a décrite comme un Hésionien, Salvadoria kerquelensis, et qu'Ehlers rapporte au genre Sphærosylhis; 2° de Sphærosyllis retrodens Ehlers, qui n’a aucune verrue, ce qui la fait ressembler à une Grubea; 3° de Sphærosyllis hirsuta Ehlers, qui en a, au contraire, le corps couvert ainsi que les palpes, et dont les soies sont très différentes de celles de la forme antarctique. Celle-ci se rapproche de la Sphærosyllis pirifera Claparède (3), que Viguier (4) a décrite à nouveau et figurée très exactement ; elle s’en sépare par ses papilles plus rares, par la brièveté plus marquée des antennes et des cirres tentaculaires, par la position des yeux et par les caractères de ses soies.
Genre GRUBEA de Quatrefages.
Grubea rhopalophora Ehlers.
E. Ehblers, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 1897, Hamburg, L. Friederichsen und C°, p. 53, Taf. II, fig. 66-70
Trois exemplaires de cette espèce ont été recueillis dans le port Charcot, à une profondeur de 40 mètres, le 4 avril 1904. La Grubea rhopalophora Ehlers, qui ressemble à la Grubea clavata Claparède, ainsi qu'Eblers le fait remarquer, a été trouvée en premier lieu à Ushuaia, dans la Terre de Feu méridionale.
Ehlers a fait observer que les cirres dorsaux se présentent sous deux facies. Chez cerlains individus, la base est très forte et l'extrémité distale très ténue. Chez d’autres, la base est fusiforme et s’effile graduellement jusqu’à l'extrémité libre; c’est sous ce dernier aspect que
(1) E. Euvers, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 1897, Hamburg, L. Friederichsen and Ce, p. 46-50, Taf. IL, fig. 53-57; Taf. I, fig. 58-60.
(2) W.-C. Mac Inrosn, The Voyage of « H. M. S. Challenger », Report on the Annelida Polychæta, 1885, p. 18X, PI. XXX, fig. 4; PL XXXIL, fig. 1; PI. XV, fig. 14-12.
(3) En. Craparëne, Beobachtungen über Anatomie und Entwicklungsgeschichte wirbelloser
Thiere an der Küste von Normandie angestellt, Leipzig, 1863, p. 45. (4) G. Vicuier, loc. cit., p. 96, PI. V, fig. 39-43.
se montrent les cirres dorsaux des individus provenant de la région antarctique.
Genre PIONOSYLLIS Malmgren (Langerhans emend.).
Pionosyllis comosa nov. sp.
(PI. IL, fig. 42-13.)
Un individu, en bon état, presque complet, a été dragué dans le Port Charcot, à 25 mètres de profondeur, le 14 mars 1904. Il mesure 14°°,3 de longueur, 1"°,3 dans sa plus grande largeur, pour le corps seul, 1,8 y compris les mamelons sétigères ; le nombre des sétigères est de 55.
La forme du corps est plutôt trapue; la face dorsale est très fortement bombée ; la face ventrale est presque plane, avec une légère gouttière médiane. Les mamelons sétigères sont insérés très bas, de sorte que les cirres ventraux sont presque au niveau de la face ventrale. Il n’y a aucune trace de pigmentation.
Le prostomium très saillant (PI. II, fig. 12), plus large que long, à bord antérieur convexe, est rétréci en arrière, avec une profonde échancrure qui pénètre presque jusqu'au centre. Les quatre yeux sont disposés en trapèze; les antérieurs sont les plus grands et les plus éloignés du plan de symétrie ; la lentille est à peine discernable dans chacun de ces quatre organes visuels.
Des trois antennes, la médiane, dont la longueur dépasse largement le double de celle des latérales, s’insère dans la partie centrale du prostonium, immédiatement en avant du sommet de l’échancrure postérieure. Les deux autres sont fixées de chaque côté, presque sur le bord antérieur du prostomium. Aucun de ces appendices offre le moindre indice de segmentation ni régulière, ni irrégulière ; ces antennes s’effilent très légèrement dans leur région distale. Il en est de même pour tous les cirres tentaculaires et dorsaux.
Les deux palpes ne sont réunis que dans leur partie basilaire. Le premier segment porte une paire de cirres tentaculaires de chaque côté. Le dorsal est plus de deux fois aussi long que le ventral. Au second
segment, qui est le premier sétigère, le cirre dorsal est plus de deux fois aussi long que le cirre tentaculaire dorsal; c’est de beaucoup le plus développé de tous les appendices. Au troisième segment, le cirre dorsal est court relalivement aux précédents; il est plus long au quatrième et au cinquième; au sixième, il a à peu près le même développement qu'au troisième. De semblables inégalités s'observent dans les autres parties du corps. Le cirre dorsal s’insère à une certaine distance audessus du mamelon situé relativement très bas, comme il a été dit plus haut.
Le mamelon sétigère (PI. I, fig. 13), terminé en
pointe mousse, est soutenu par trois acicules droits
accolés, situés à la partie supérieure et profonde du faisceau de soies. Les deux ou trois soies insérées le plus haut ont une hampe légèrement arquée, fortement hétérogomphe, à rostre saillant s’effilant en
une pointe aiguë (fig. 9, p. 16). L’arête, de longueur moyenne, droite, s'incurve un peu à son sommet,
au-dessous duquel est une dent triangulaire assez
forte. Le bord correspondant à ces deux dents est
Fig. 9 et 10.
convexe et porte des cils rigides serrés et courts. Toutes les autres soies ont une hampe beaucoup plus forte, renflée au sommet, très hétérogomphe également (fig. 10, p. 16); la serpe terminale est: beaucoup plus courte et plus large que dans les précédentes ; des cils rigides plus longs et plus espacés que dans les soies de la partie supérieure du faisceau garnissent le bord qui porte les deux dents de la partie distale de la serpe.
Le cirre ventral, en forme de languette courte et large, a un développement comparable à celui du mamelon sétigère.
La trompe est droite. La trompe pharyngienne présente en avant une couronne de papilles et, immédiatement au-dessous, une forte dent chitineuse, de teinte un peu ambrée et qu'on ne voit que par transparence. Le proventricule, long et étroit, s’étend du huitième au dix-septième segment. Ces dimensions sont inusitées chez les Eusyllidés; cependant
Ehlers a signalé la même particularité chez le Syllides articulosus Ehlers (1). Les cæcums ventriculaires sont également fort développés. Le même auteur (2) mentionne, sous le nom de Syllides sp. ? un Syllidien (dont il n’a eu entre les mains que la partie antérieure) à cirres extrèmement longs et non segmentés, avec deux yeux frontaux, en dehors des quatre autres et une trompe inerme. Aucune espèce du genre Pronosyllis, tel que l’a défini Malmgren et que
l’admet Ehlers, n’a été signalée jusqu'ici sur les côtes sud-américaines.
Genre EUS YLLIS Malmgren.
Eusyllis kerguelensis Mac Intosh.
(PI. IL, fig. 14-16.) W.-C. Mac Intosh, The Voyage of « H. M. S. Challenge» », Report on the Annelida Polychæta, 1885, p. 191, PI. XXIX, fig. 4, XX XII, fig. 3, XVA, fig. 13. E. Ehlers, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise (Nachr. der k. Gesellsch. der Wissensch. zu Gôltingen, math.-phys. Klasse, 1900, p. 212.
Un dragage à 110 mètres de profondeur dans la baie Biscoe a ramené à la surface un exemplaire incomplet de cette espèce, de 9 millimètres de longueur, de 3 millimètres dans sa plus grande largeur ; le nombre. des sétigères est de 31 ; à en juger par le développementdela partie antérieure du tube digestif, le nombre des segments estau moins égal au double —et probablement plus — de celui indiqué ci-dessus ; un autre fragment de la mème provenance, qui appartient vraisemblablement au même individu, a » millimètres de longueur avec une trentaine de segments.
Le prostomium (PI. I, fig. 14) est plus de deux fois aussi large que long; le bord antérieur est convexe; au bord postérieur, on remarque une échancrure médiane qui s'étend jusqu’à la base de l’antenne correspondante. Les yeux sont petits; les deux antérieurs sont un peu plus rapprochés du plan de symétrie que les deux autres. Le région circonscrite par les organes visuels est fortement pigmentée en brun.
Les trois antennes sont tout d’une venue et non divisées en articles. La médiane, la plus longue, pigmentée dans sa région basilaire, s’insère un
(4) E. Encens, loc. cit., 1897, p. 43, Taf. IL, fig. 48-52.
(2) E. Encens, loc. cit., p. 46.
Expédilion Charcot. — Gravier. — Annélides Polychètes. 3
peu en arrière du centre de figure du prostomium et s'eflile graduellement vers son extrémité libre. Les deux latérales s’attachent tout en avant et assez près l’une de l’autre. Les organes nucaux ne sont pas apparents.
Les deux palpes, larges et courts, légèrement pigmentés, sont soudés seulement dans leur région basilaire.
Le premier segment sur lequel le prostomium est un peu en saillie est réduit en longueur et porte de chaque côté deux cirres tentaculaires ; le dorsal a une longueur comparable à celle de l’antenne médiane ; le ventral est beaucoup plus court.
Les autres segments sont pourvus chacun d’une paire de parapodes. Très serrés, ils sont fort bombés sur la face dorsaleet, à partles premiers, divisés chacun en deux anneaux par un sillon médian. La face ventrale est presque plane et présente une large bande médiane brun rouge, qui, en avant, se bifurque pour se continuer de chaque côté jusqu’au niveau de l'insertion des premiers parapodes. Cette pigmentation se continue en arrière, où la face dorsale est colorée d’une façon plus intense sur les côtés que dans la région médiane. Mac Intosh ne mentionne pas cette pigmentation.
À cause du bombement de la face dorsale, les parapodes paraissent insérés très bas. Les cirres dorsaux s’attachent très haut sur un article basilaire relativement fort long (PI. IE, fig. 15); ils sont particulièrement développés dans les segments antérieurs, notamment au premier sétigère et au quatrième; la moitié inférieure de ces appendices est pigmentée en brun d’une manière intense.
Le mamelon sétigère est soutenu par trois acicules contigus qui viennent se terminer à son sommet. Il est prolongé en avant par une languette. Il est pourvu d’un faisceau de soies composées toutes du même type. La hampe, renflée au sommet, est fortement hétérogomphe (fig. 11, p. 19); la serpe à pointe terminale mousse et recourbée présente une grosse dent au-dessous de celle-ci et, sur le même bord convexe, des cils rigides assez longs. Certaines soies (fig. 12, p. 19) ont une serpe plus large etune hampe plus forte. On trouve même, en arrière, des soies plus trapues, à serpe plus courte, dont le bord cilié est presque rectiligne (fig. 13, p. 19).
Le cirre ventral, épais et large, est intimement soudé au mamelon sétigère et aussi saillant que ce dernier.
La trompe dévaginée (PI. Il, fig. 16) est recouverte à son sommet par une couronne de chitine dont les bords externe et interne, sans doute plus épais, sont plus colorés que le reste; cette couronne est armée d’une dent dorsale à pointe mousse et d’une dent ventrale de même forme, mais plus petite. Il y a bien une légère saillie de chaque côté, mais pas de trépan proprement dit. Au-dessous de cette armature, on compte dix papilles molles régulièrement espacées, et, en arrière de celles-ci, une membrane dont le bord libre antérieur se termine également par dix festons. La seconde région de la trompe (trompe pharyngienne) est peu développée. Le proventricule, au contraire, l’est beaucoup; très large, il s'étend sur une
quinzaine de segments. ” Si on compare la description qui Fig. 11 à 43. précède à celle de W.-C. Mac Intosh, on remarque quelques différences dans la forme du prostomiun, dans celle des palpes, dans les dimensions de la languette du parapode et de la serpe des soies ; mais, en revanche, le facies si spécial du prostomium, avec son échancrure médiane et ses sillons latéraux, les caractères spéciaux de la trompe se retrouvent si exactement dans la forme antarctique qu'on ne peut songer à la séparer de celle des Kerguelen. Cette espèce a été trouvée en premier lieu aux Kerguelen et, plus tard, recueillie en divers points de la Terre de Feu [{archipel de la Terre de Feu, île Picton (Michaelser), île Lennox (Nordenksjüld)|.
Genre SYZLIS Savigny.
Syllis brachycola Ehlers.
(PI. IL, fig. 17.) E. Eblers, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 1897, Hamburg, L. Friederichsen and C°, p. 38, Taf. Il, fig. 46-47.
Un exemplaire unique de cette espèce provient de l’île Booth Wandel; les individus étudiés par Ehlers provenaient du détroit de Magellan (Punta-Arenas) et de la Géorgie du Sud.
Dans le parapode (PI. IT, fig. 17), je trouve aux cirres dorsaux un nombre d’arlieles moindre que celui qu’'indique Ehlers. Ces appendices sont plus grèles dans la seconde moitié du corps que dans la première.
A propos des caractères de la soie, le même auteur dit : « Ihr Endglied ist zweizähnig mit behaarter Schneide », ce que je constate de mon côté (fig. 14, page 20); mais
la figure 17 (PI. II) du mémoire d'Ehlers représente ces soies sans aucun cil; il y a sans doute là une erreur du 14 dessinateur.
ai La trompe pharyngienne est armée d’une grosse dent : le proventricule très long, étroit, s'étend du 8° au 18° sétigère. Le ven-
tricule est également bien développé et replié sur lui-même; les deux
cæcums ventriculaires eux-mêmes, relativement grands, sont recourbés
de chaque côté en forme de croissant à concavité tournée vers l'extérieur.
Forme épigame de Syllidé.
(PL. IL, fig. 19-21.)
Cinq fragments d'un Syllidé à la phase épigame ont été pris au filet, à la surface de la mer, au voisinage de l’île Booth Wandel. Ils sont tous en assez mauvais état; ils ont été probablement gelés après avoir été recueillis, ou bien ils sont restés desséchés dans un tube pendant un certain temps.
Le prostomium (PI. If, fig. 19), très large, à bord antérieur et posté-
rieur très légèrement échancrés, porte deux paires d’yeux très développés. Les antérieurs, placés latéralement, ont une lentille très visible ; les postérieurs sont nettement dorsaux. On n’aperçoit pas les palpes sur la face dorsale. Les trois antennes moniliformes sont extrèmement longues,
la médiane, plus encore que les deux autres. Le prostomium, assez sail-
lant, est nettement délimité en arrière. Les cirres tentaculaires sont aussi fort développés, le dorsal surtout; il | en est de même du cirre dorsal du premier sétigère.
Vus par la face ventrale (PI. HT, fig. 20), les deux palpes,
nu
séparés jusqu'à la base, sont larges et courts; deux gros bourrelets situés en arrière de ceux-ci délimitent latéralement l’orifice buccal.
à] À une certaine distance — variable avec les exemplaires =
— du prostomium, commencent les parapodes transformés, caractéristiques de la phase épitoque (PI. HT, fig. 21). Audessous du cirre dorsal relativement de grandes dimensions,
est un puissant faisceau de soies natatoires fines, très longues, à extrémité un peu effilée; ce faisceau est sou-
tenu par un acicule à pointe recourbée vers le haut et 15 se terminant dans une saillie du tégument. ie
Le faisceau normal est porté par un mamelon beaucoup plus saillant, traversé par un double acicule qui aboutit au sommet d’une encoche, à l'extrémité distale du mamelon. Les sotes sont toutes du même type avec des variantes dans la longueur de la serpe (fig. 15, p. 21). La hampe, plus ou moins incurvée, un peu dilatée à son sommet, a un rostre saillant étiré en une longue pointe fine et fortemeut striée sur son bord externe; la serpe, au-dessous de la pointe recourbée, présente une dent très saillante ; de grands cils rigides garnissent le bord correspondant. La longueur de la serpe diminue assez régulièrement de la partie supérieure du faisceau à la partie inférieure.
L'état de conservation de ces fragments de Syllidien à l’état de maturité sexuelle n’a pas permis de pousser plus loin les recherches; les données qui précèdent montrent, du reste, qu'il s’agit ici d'une forme
épigame de Syllidé.
FAMILLE DES ZÉSIONIENS Grube.
On ne connaît aujourd’hui aucun représentant de la famille des Hésioniens vivant sur les côtes sud-américaines. La seule espèce qui ait été signalée dans cette partie du globe est le ZLeocrates chinensis Grube, largement répandu dans tout le Pacifique, car il a été trouvé en Chine, aux Philippines, Zamboanga, Bohol, aux îles Samoa et, en dernier lieu, à l’île Juan Fernandez, où il a été recueilli par Plate. Cette absence d'Hésioniens dans la région magellanique donne un intérêt spécial à la récolte de l’Orseis Mathaï nov. sp., dans le Port Charcot, car cette trouvaille laisse supposer que la partie sud de l'Amérique n’est pas aussi dépourvue de ces Polychètes qu’on l’a cru jusqu'ici.
Genre ORSEIS Ehlers.
Orseis Mathai n. sp. (1).
(PI. I, fig. 22-23.)
Trois exemplaires de cette espèce ont été dragués à 40 mètres de profondeur dans le Port Charcot, le 4 avril 1904; deux d’entre eux sont tout entiers ; le troisième ne possède que les douze premiers sétigères. L'état de conservation de ces animaux laisse un peu à désirer.
L'un des deux individus intacts a les dimensions suivantes : longueur, 3"",6; largeur (maxima dans la région moyenne du corps), 0°°,5, sans les parapodes, — 0°",95, avec ces appendices ; le nombre des segments séligères est de 18.
Le corps est déprimé ; d'avant en arrière, les parapodes se séparent de plus en plus largement les uns des autres; la saillie qu'ils forment de chaque côté du corps s’accentue dans le même sens. Les sillons intersegmentaires sont légèrement indiqués. On ne discerne aucune trace de pigmentation sur la face dorsale ; de petites taches sombres ponctuent seulement la ligne médiane ventrale.
(4) Espèce dédiée à M. le lieutenant de vaisseau Matha, membre de l'Expédition antarctique française.
Le prostomium (PL. I, fig. 22), pluslarge que long, rétréci en arrière, a un bord antérieur convexe et un bord postérieur sensiblement rectiligne. Des quatre yeux, les antérieurs sont plus grands et un peu éloignés du plan de symétrie que les deux autres; tous sont munis d’une lentille orientée latéralement et en avant pour les yeux antérieurs, latéralement et en arrière pour les yeux postérieurs.
Les antennes sont sensiblement cylindriques et plutôt grêles; les deux latérales s'insèrent sur le bord antérieur du prostomium ; la base de la médiane est située au centre de figure de ce dernier. Les palpes, assez épais, peu saillants, à contour arrondi, se voient de chaque côté des antennes latérales.
Le premier segmeñt, plus court que les suivants, est pourvu de chaque côté de deux cirres tentaculaires, dont le plus grand est le dorsal ; ces appendices, fixés chacun sur un article basilaire, sont assez régulièrement cylindriques et non segmentés. Le second segment est le premier sétigère; il présente, en effet, ‘de chaque côté, au-dessous du cirre dorsal, qui est plus long que le cirre tentaculaire correspondant, un mamelon sétigère et un cirre ventral réduits par rapport à
ceux des segments suivants.
Aux autressegments, jusqu’à l'extrémité postérieure du corps, le cirre dorsal, porté sur un article basi-
ig. 16 et
laire, conserve sensiblement le même calibre dans toute son étendue. Le mamelon sétigère (PI. II,
fig. 23), soutenu par un assez fort acicule axial, se termine en pointe mousse. Le cirre ventral a la forme d’une languette cylindrique grêle.
Les soies, disposées en éventail et au nombre d’une vingtaine à chaque mamelon, sont toutes du même type. La hampe, arquée, fortement hétérogomphe, présente un rostre triangulaire très saillant, couvert de stries longitudinales convergeant à son sommet et de stries transversales assez serrées, normales aux précédentes. L'arête, droite ou légèrement
incurvée, a une largeur uniforme, sauf dans sa partie basilaire, qui est
rétrécie; son sommet est recourbé en une pointe fine, sous laquelle on observe une dent très ténue. La longueur de cette arête varie du simple au double, au moins dans un mème mamelon (fig. 16 et 17, p. 23).
Je n'ai pu observer les cirres anaux qui étaient détachés. La trompe pharyngienne, à paroi lrès épaisse, s'étend du premier au septième sétigère.
Le genre Orseis a été créé par Ehlers pour une forme jeune d’un type nouveau d’Hésionien recueilli à Quarnero (Adriatique). La longueur du seul exemplaire vu par Ehlers était de 1,2; le nombre des sétisères, de 11.
L'espèce antarctique diffère de celle de l’Adriatique par le point d’insertion de l’antenne impaire, par la forme et les dimensions relatives des palpes, par les caractères des cirres, qui sont cylindriques, tandis qu'ils sont plutôt fusiformes dans le type d’Ehlers. Les différences concernant la taille et le nombre des segments tiennent vraisemblablement à ce qu'il s’agit ici d'un exemplaire adulte.
Il est intéressant de trouver un représentant de ce genre rarissime dans les régions antarctiques, d'autant que les Hésioniens paraissent être rares dans l'Amérique du Sud, et qu'ils semblent même manquer complètement à la côte ouest de ce continent, ainsi que le fait remarquer Ehlers (1).
FAMILLE DES PHFLLODOCIENS Grube, char. emend.
Les Phyllodociens recueillis par lExpédition antarctique française se rapportent à trois espèces, dont deux du genre £uwlalia, déjà connues dans la région magellanique, et une nouvelle du genre £feone. Toutes les trois proviennent des dragages pratiqués à des profondeurs variant de 20 à 110 mètres. Il est probable que des recherches sur le littoral fourniraient d’autres représentants de cette famille, riche en formes côtières.
Le genre type de la famille Phyllodoce fait ici défaut ; il en est de même
(4) E. Eurers, Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, Berlin, Weidmannsche Buchhandlung, 1901, p. 83).
Re 2 es. ne. I
ANNÉLIDES POLYCHÈTES. 25 dans l'extrême pointe de l'Amérique du Sud. Ainsi que le fait observer Eblers, les Phyllodoce paraissent prospérer dans les mers chaudes, tandis que les Æteone sont plutôt des habitants des eaux froides, car la plupart
des espèces de ce genre vivent dans les mers arctiques.
Genre EULALIA (ήrsted.
Eulalia (Pterocirrus) magalhaensis Kinberg.
J.-G.-H. Kinberg, Annulata nova (Ofv. af Kongl. Vetensk.-Akad. Fôrhandl., 1865, p.241).
Eblers, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 1897, p. 28.
Ehlers, Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, 1901, p. 73, Taf. VIIL, fig. 1-8).
Un dragage à 110 mètres de profondeur, pratiqué dans la baie Biscoe (île Anvers), à ramené un seul exemplaire de cette espèce.
La longueur de cet exemplaire unique est de 80 millimètres; la largeur (maxima), de 5 millimètres pour le corps seul, de 7 millimètres, les parapodes y compris. Le nombre des sétigères est de 104. La coloration de l'animal conservé est brun jaunâtre, plus foncé en arrière qu’en avant. La pigmentation, particulièrement intense sur les cirres dorsaux et ventraux, est surtout marquée à la pointe de ces appendices.
L'espèce nommée par Kinberg a été décrite à nouveau d’une manière plus approfondie et figurée par Eblers. Mes observations, sauf sur quelques points sans importance, concordent complètement avec celles du savant zoologiste de Gôttingen.
Je n'ai à signaler ici que quelques différences dans les dimensions relatives des appendices des premiers segments. Je ne constate aucune trace d'annulation dans le cirre dorsal du deuxième segment.
Ehlers ne figure pas les papilles de la trompe ; celles-ci, de forme plus ou moins allongée, ont le même aspect dans toute l’étendue de la gaine pharyngienne ; elles sont seulement de taille plus considérable à la partie postérieure qu’à la partie antérieure de l’organe invaginé.
L'Eulalia magalhaensis à été, antérieurement à l’Expédition antarc-
tique française, recueillie aux points suivants : Smyth Channel, Long- ,
Expédition Charcot. — Gravien. — Annélides Polychètes. #
Island ; Punta-Arenas, détroit de Magellan; île Picton, Banner Cove; Valparaiso.
Eulalia subulifera Ehlers.
(PME SMS NPA E RS 2270)
E. Ehlers, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammetreise, 1897, p. 29, Taf. IL, fig. 34-39.
Deux exemplaires, dont un seul entier, de l'£wlalia subulifera Ehlers, proviennent d’un dragage effectué près de l’île Booth Wandel, par 40 mètres de fond. L’exemplaire intact mesure 7 millimètres de longueur, 0"",9 dans sa plus grande largeur, et possède quarante-sept segments sétigères. Les antennes (PI. IT, fig. 18) sont ici plus grêles, les cirres ventraux plus arrondis (PI. III, fig. 27), et surtout la pigmenlation est beaucoup plus généralisée que ne l’indique Ehlers, dont les matériaux d'étude ont été récoltés à Punta-Arenas (détroit de Magellan),
à Ushuaia, à l'ile Picton (Terre de Feu), et à la Géorgie du Sud.
Genre ETEONE Savigny, Œrsted rev.
Êl Eteone Reyi (1).
(PL JM, fig. 24-26.) Des dragages pratiqués dans le Port Charcot à des profondeurs comprises entre 20 et 40 mètres ont fourni quatre spécimens de cette espèce. L'un des exemplaires les mieux conservés a 17 millimètres de longueur, { millimètre de largeur (maxima dans la région moyenne du corps) pour le corps seul, 1"°,7 avec les parapodes, et compte soixantesix segments sétigères. La couleur est d’un rouge violacé uniforme; le prostomium a une teinte plus pâle que le reste du corps, surtout en avant. Les parapodes ont également une coloration moins intense un peu Jaunâtre. La séparation des segments est très marquée; les parapodes s’insèrent assez bas, de chaque côté de la face dorsale, qui est fortement bombée ; la face ventrale est plus faiblement convexe. Dans les régions moyenne et postérieure, sauf à l'extrémité, chaque segment présente dorsalement une sorte de tore médian élargi de chaque côté et séparé
(1) Espèce dédiée à M. le lieutenant de vaisseau Rey, membre de l’Expédition antarctique française.
de ceux des segments contigus par une petite plage déprimée. C’est un trait de morphologie que l’on retrouve chez beaucoup de Phyllodociens.
Le prostomium (PI. HI, fig. 24), un peu plus large que long, peut être recouvert en partie, sur son bord postérieur, par le premier segment. Il porte en avant deux paires d’antennes courtes et épaisses, sensiblement égales entre elles. À la partie postérieure du prostomium, on distingue deux taches oculaires qui peuvent être presque entièrement recouvertes par le premier segment.
Celui-ci, plus long que les suivants, un peu échancré en avant sur la face dorsale, est pourvu, de chaque côté, de cirres tentaculaires courts, égaux entre eux et aussi saillants que les parapodes. Sur la face ventrale, s'ouvre la bouche, en avant de ce premier segment, dont le bord antérieur est plissé, pour faciliter le passage de la trompe.
Le second segment, un peu plus court que les suivants, porte, de chaque côté, un parapode incomplet dépourvu de cirre dorsal; la même particularité se re-
trouve chez plusieurs espèces d’'Efeone, notamment :
sou
Eteone armata Claparède, Eteone lactea Claparède,
Eteone incisa de Saint-Joseph, etc. Les autres segments
sont munis de parapodes complets.
Fig. 18.
Le cirre dorsal (PI. III, fig. 25), épais, de forme arrondie, est porté sur un large article basilaire fort développé. Le mamelon sétigère, traversé suivant son axe par un acicule droit, présente deux appendices foliacés séparés par une légère échancrure au niveau de la pointe de l'acicule. Il possède un éventail de soies composées au nombre d’une vingtaine dans la région moyenne du corps. La hampe, légèrement incurvée, un peu élargie au sommet, se termine par deux dents inégalement saillantes (fig. 18, page 27); l’échancrure se continue en arrière dans une dépression qui s’atténue peu à peu. L'arète, assez étroite, recourbée, s’étire en une longue pointe grêle. Le cirre ventral est assez large ; sa pointe distale ne dépasse pas celle du mamelon. Les
deux cirres anaux (PI. II, fig. 26) ont la forme de lames épaisses, de {aille bien plus considérable que celle des cirres dorsaux des derniers segments du corps et plus grande même que celle des cirres dorsaux de la partie moyenne du corps.
La trompe dévaginée se montre lisse dans toute son étendue.
Cette espèce antarctique offre une ressemblance étroite avec l'£teone Lilljeborgi Malmgren (1), dont elle ne diffère guère que par des détails sans importance concernant la forme du prostomium, celle des soies
ainsi que celle des sillons intersegmentaires.
FAMILLE DES NÉRÉIDIENS de Quatrefages (Lycoridiens Grube).
Des 13 espèces connues sur les côtes de Patagonie, de la Terre de Feu et du Chili, deux seulement ont été rapportées par l'Expédition antarctique française. Toutes deux paraissent être caractéristiques de la région antarctique au sens large du mot. La MVereis kerquelensis Mac Intosh, comme son nom l'indique, existe non seulement dans l'Amérique du Sud, mais aussi aux îles Kerguelen. La Platynereis magalhaensis Kinberg semble avoir une aire de distribution encore plus vaste, car elle a été
signalée aux îles Marion, sur toute la côte du Chili, et à Fernando Noronha.
Genre PLATYNEREIS Kinberg (char. emend.).
Platynereis magalhaensis Kinberg.
J.-G.-H. Kinberg, Annulata nova (Üfv. af Kongl. Vetensk.-Akad. Fôrhandl., 1865, p. 177, Freg. Eugenies Resa, Tab. XX, fig. G).
Une vingtaine d'exemplaires de cette espèce ont été rapportés par l’Expédition antarctique française de Puerto-Madryn. Trois d’entre eux étaient renfermés dans un tube membraneux, assez consistant, avec de petits grains de sable agglutinés.
(4) A.-J. MazmGrex, Annulata Polychæta Spetsbergiæ, Grünlandiæ, Islandiæ et Scandinaviæ hactenus cognita (Ofv. af Kongl. Vetensk.-Akad. Fürhandl., 1867, p. 148, Tab. IV, fig. 22).
PE
Ehlers (1) a donné la synonymie de cette espèce, qui a été décrite sous les noms de Platynereis antarctica Kinberg, Platynereis patagonica Kinberg, Nereis antarctica Verrill, Vereis Eatoni Mac Intosh. Son aire de distribution dans l’Amérique du Sud est extrêmement vaste, sur la côte orientale, comme sur la côte occidentale (Puerto-Bueno, Long Island, Punta-Arenas, etc.; îles Kerguelen, îles Marion, Fernando Noronha, côtes du Brésil). Elle a été recueillie à Puerto-Madryn, antérieurement au passage de la Mission antarctique française dans ce port.
Genre NEREIS Cuvier, char. emend.
Nereis Kerguelensis Mac Intosh.
W.-C. Mac Intosh, The Voyage of « IH. M. S. Challenger ». Report on the Polychæta, 1885, p. 225, PI. XXXV, fig. 10-12; PI. XVIA, fig. 17-18.
Des recherches à marée basse à l’île Booth Wandel et des dragages effectués au voisinage des îles Anvers, Booth Wandel et dans la baie Biscoe, ont fourni une trentaine d'exemplaires de cette espèce, trouvée tout d’abord aux Kerguelen, et qui existe aussi dans l'Amérique méridionale, aux iles Falkland et également à la Géorgie du Sud (2). Les exemplaires de la région antarctique sont colorés en rouge-orange sur la face dorsale de la partie antérieure du corps. L'un des plus grands exemplaires mesure 48 millimètres de longueur et possède 63 segments sétigères.
Les cirres tentaculaires sont, chez la plupart des exemplaires, divisés en segments irréguliers par des contractions; ce caractère est plus marqué sur les cirres dorsaux que sur les ventraux. Il est probable que cette segmentation est factice; chez certains individus, elle est indiscernable. En outre, les cirres sont plus longs en général que ne l'indique Ehlers, qui a sans doute eu affaire, comme il le présumait, à des exemplaires fortement contractés. L’armature de la trompe présente quelques variations.
(4) E. Eucers, loc. cit., 1901, p. 104.
(2) E. Encens, loc. cit., id., p. 105.
FAMILLE DES £ UNICIENS Grube.
L'Expédition antarctique française n’a rapporté qu’un Eunicien des parages qu’elle a explorés. Il est extrêmement vraisemblable que des recherches futures dans la région antarctique y feront découvrir d’autres formes de cette famille, si remarquablement riche en type des plus variés. On en connaît 17 espèces dans l'Amérique du Sud, ce qui paraît pauvre à Ehlers, en comparaison des 31 espèces de la Floride et des 26 espèces des Philippines. Le Lumbriconereis magalhaensis, recueilli par le D'Turquet, est d’ailleurs une espèce caractéristique de la région magellanique.
Genre LUMBRICONEREIS Blainville, Grube rev.
Lumbriconereis magalhaensis Kinberg.
J.-G.-H. Kinberg, Annulata nova (Üfv. af Kongl. Vetensk.-Akad. Fôrhandl., 1864, p. 268).
Ed. Grube, Annelidenausbeute von «S. M. S. Gaselle » (Monatsber. Akad.d. Wissensch., 1877, p. 531).
E. Ehlers, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 1897, p. 574. Die Anneliden der Sammlung Plate (Zool. Jahrb., Supp. Fauna chilensis, II, 1901, p. 263).
— Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, 1901, p. 136).
Quatre exemplaires incomplets de cette espèce ont été recueillis à l'ile Booth Wandel et un cinquième au Port Charcot, en dragage, à 40 mètres de profondeur. Le plus grand d’entre eux, auquel manque une partie de la région postérieure du corps, mesure 35 millimètres de longueur et compte 73 sétigères. Le Lumbriconereis magalhaensis avait déjà été trouvé dans le détroit de Magellan, à la Terre de Feu, aux iles Falkland et à la Géorgie du Sud.
Les soies, et particulièrement les soies composées des premiers segments, rappellent fort celles du Zumbriconereis floridana Ehlers (1).
(4) E. Eucers, Florida Anneliden (Mem. of the Mus. of comparat. Zool. at Harvard College, vol. XV, 1887, p. 103, Taf. XXX, fig. 10-15).
FAMILLE DES A PHRODITIENS Savigny sensu str.
On connait actuellement 11 espèces d’Aphroditiens dans la région magellanique. Trois d’entre elles ont été rapportées par la Mission dirigée par M. le D° Charcot. Toutes trois appartiennent à la tribu des Polynoïniens, qui est aussi la plus largement représentée dans la pointe extrème de l'Amérique du Sud. Le Polynoe antarctica Kinberg est une forme australe typique rappelant fort, comme Ehlers l’a fait remarquer, le Polynoe Kinbergi Malmgren des mers boréales. L’'Æarmothoe spinosa Kinberg n'est pas rare sur les côtes magellaniques. Quant à l'//armothoe hirsuta Johnson, elle a été trouvée en premier lieu dans l'Amérique du Nord, sur les côtes de Californie.
Genre POLYNOEËE s. st. Œrst., Kinb., Malmg., Lev.
Folynoe (Enipo antarctica) Kinberg.
J.-G.-H. Kinberg, Fregatten « Eugenies » Resa. Zool. Annulata, p. 23, €. X, p. 58. E. Ehlers, Die Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 1897, p. 19 — Die Anneliden der Sammtlung Plate (Zool. Jahrb., Suppl. Fauna chilensis, Il, 1901, p. 256).
-— Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, 1901, p. 47, Taf. IV, fig. 6-13).
Deux exemplaires de cetle espèce ont été recueillis à l’île Booth Wandel; le tube dans lequel ils avaient été placés portait la mention : « trouvés dans une touffe d’Antipathes transportés par les Cormorans (?) pour construire leurs nids ». Ces deux exemplaires sont tous deux incomplets ; l’un d'eux a 65 millimètres de longueur, 9 millimètres de largeur, y compris les parapodes, avec 49 sétigères; l’autre, de taille plus considérable, ne compte que 19 sétigères. Trois autres exemplaires, plus petits et également incomplets, ont été dragués dans la baie Biscoe (île Anvers), à 110 mètres de profondeur.
Il me semble, comme à Ehlers, que le Polyeunoa lwvis Mac Intosh (1)
(4) W.-C. Mac Inrosn, The Voyage of « H. M. S. Challenger », Report on the Polychæta, 1885, p. 76, PI. XII, fig. 2; PI. XX, fig. 8; PI. VILA, fig. 12 et 13.
est à identifier au Polynoe antarctica Kinberg. Comme le fait observer le premier de ces auteurs, Mac Intosh indique 19 paires d’élytres, mais n’en figure que 16. Je n’en trouve moi-même que 15 sur l'exemplaire le moins incomplet, qui mesure 65 millimètres de longueur; ces appendices sont disposés, comme d'ordinaire, sur les segments dont les numéros d'ordre sont les suivants: 2, 4, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 26, 29 et 32, le premier segment portant les cirres tentaculaires.
Les soies que j'ai étudiées sont plus conformes aux figures données par Mac Intosh qu'à celles d'Ehlers. Les soies dorsales présentent des stries parallèles légèrement marquées, comme le représente Mac Intosh; dans la très grande majorité des soies ventrales à cornets emboîtés, ceux-ci commencent à une distance du sommet plus grande que ne l'indique Ehlers.
Cet auteur mentionne fort justement la similitude que présente ce Polynoïdien antarctique avec le Polynoe Kinbergi Malmgren (1) des mers boréales.
Le Polynoe antarctica Kinberg a été signalé en divers points de la Terre de Feu et sur la côte du Chili (Calbucco).
Genre HAARMOTHOE Kinberg Mgrn. s. ext.
Harmothoe hirsuta Johnson.
H.-P. Johnson, À preliminary Account of the marine Annelids of the pacific Coast. (Proceed. of the Calif. Acad. of Sciences, sér. III, Zool., vol. I, n° 5, San Francisco, 1897, p. 182). j
E. Ehlers, Anneliden der Sammlung Plate (Zool. Jahrb., Suppl. Fauna chilensis, I, 1901, p. 253).
— Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, 1901, p. 42).
Je rapporte avec doute à cette espèce californienne décrite par Johnson, trouvée sur les côtes du Chili (Tumbes) par Plate, une Æarmothoe en mauvais état récoltée à l’île Booth Wandel, par 40 mètres de fond.
L'article basilaire des cirres tentaculaires porte une soie, ce qu'Ehlers
(4) A.-J. MazmcreN, Nordiska Hafs Annulater (0fv. af Kongl. Vetensk.-Akad. Fürhandl., p. 83, Tab. X, fig. 12).
ANNÉLIDES POLYCHÈTES-. 33 considère comme un des traits caractéristiques de l’espèce; mais j'observe la même particularité chez l'Aarmothoe spinosa Kinberg. Le premier sétigère présente une petite languette médiane, qui déborde sur le prostomium.
La place des yeux antérieurs situés tout à fait en avant rappelle la disposition des mêmes organes chez l’Aarmothoe areolata Grube et chez l’'Harmothoe imbricata. Les élytres sont longuement frangés sur les bords ; leur face supérieure offre à considérer de nombreuses ponctuations.
Harmothoe spinosa Kinberg.
J.-G.-H. Kinberg, Annulata nova (Ofv. af Kongl. Vetensk.-Akad. Fôrhandl., 1865, p. 386. Fregatien Eugenies Resa, Zoo!. Annulata, t. VI, 51). E. Ehlers, Polychxten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 1897, p. 12. — — Magellanische Anneliden(Nachr. der k. Gesellsch. d. Wissensch., Güttingen, math.-phys. Klasse, 1900, p. 208).
— Anneliden der Sammlung Plate (Zool. Jahrb., Suppl. Fauna chilensis, I, 1901;-p. 253):
— Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, 1901, p. 41).
Une vingtaine d'exemplaires de cette espèce ont été recueillis, soit à marée basse, sous les pierres, soit en dragage, jusqu'à 40 mètres de profondeur, à l’île Booth Wandel, au Port Charcot, à l'ile Wincke, à la baie des Flandres et à l'ile Moureau.
Eblers a identifié à cette espèce le Polynoe fullo Grube (!) et la Lagisca magellanica Mac Intosh (2) avec ses deux variétés Murrayi et Gruber. Plusieurs des exemplaires provenant de l’Expédition antarctique ont une taille supérieure à celle des spécimens étudiés par Mac Intosh ; certains des premiers ont plus de 49 millimètres de longueur et 15 de largeur, tandis que le plus grand de ceux qui furent recueillis par le « Challenger » mesurait 32 millimètres de longueur et 10 millimètres de largeur. L'article basilaire des cirres tentaculaires porte une soie. Les
soies des parapodes des exemplaires de l'Antarctique ressemblent
(41) En. Grure, Anneliden-Ausbeute « Gazelle » (Monatsber. der k. Akad. der Wissenseh., Berlin,1877,
(2) W.-C. Mac Ixrosu, The Voyage of « IH. M.S. Challenger », Zool., vol. XII, p. 82, PL. XUL, fig. 5; PI XANIIE Gp, 4; PNA Mig 1220. (var. Murrayi), id., p. 83; PL XIX, fig. 1; PI: IXA,
fig. 13-14; (var. Grubei), id., p. 8%, PI. If; fig. 5, PL XVIL, fig. 2; PI. VILA, fig. 14-16.
Expédilion Charcot. — Gravier. — Annélides Polychètes. 9
surtout à celles que Mac Intosh a figurées pour la variété Grubei. La pigmentation des élytres paraît présenter quelques variations.
Ehlers à fait remarquer que l’/Æarmothoe spinosa Kinberg est une des formes littorales les plus caractéristiques et les plus fréquentes de la Terre de Feu ; elle a été trouvée jusqu’à 150 brasses de profondeur. Elle est connue également aux îles Falkland et à la Géorgie du Sud.
FAMILLE DES AMPHINOMIENS Savigny.
Les Amphinomiens vivent surtout dans les contrées chaudes du globe; ils paraissent se complaire dans les récifs coralliens, où on les trouve en abondance. Le genre Æuphrosyne Savigny ne fait cependant pas défaut dans les régions froides. Sur les côtes de Magellan, Ehlers en mentionne quatre espèces, dont une n’est qu'une variété d’une espèce des mers du nord de l’Europe; deux autres ont des affinités marquées pour des formes septentrionales ; c'est l’une de celles-ci, l£wphrosyne notialis Ehiers,
qu'a rapportée l’Expédition antarctique française.
Genre EUPHROSYNE Savigny.
Euphrosyne notialis Ehlers.
E. Ehlers, Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, 1901, p. 38, Taf. I, fig. 12-15). -- Magellanische Anneliden (Nachr. der k. Gesellsch. der Wissensch., Güttingen, math.-phys. Klasse, 1900, p. 207).
Un exemplaire en bon état mesurant 11 millimètres de longueur et 5 de largeur a été recueilli dans la baie Biscoe. La forme des soies, celle des branchies, leurs dimensions relatives sont bien conformes à la description et aux figures données par Ehlers, dont les exemplaires provenaient du cap Valentyn, où ils ont été trouvés à 150 brasses de profondeur. Cet auteur a fait remarquer que celte espèce antarctique correspond à l'£wphrosyne borealis Sars, à laquelle elle est étroitement
apparentée.
FAMILLE DES LA BELLIGÉRIENS de Saint-Joseph.
(Pherusea Grube, CAlorémiens de Quatrefages, Siphonostomacezæ Johnston.)
Aucune des trois espèces de Flabelligériens connues actuellement dans la région magellanique n'a été recueillie au cours de la Mission du D° Charcot dans l’Antarctique. En revanche, le D° Turquet a eu la bonne fortune de rapporter deux espèces nouvelles du genre type de la famille, Flabelligera Sars.
Genre FLABE LLIGERA Sars (Siphostomum Otto, Siphonostoma Rathke, Chloræma Dujardin).
Flabelligera Gourdoni nov. sp. (1).
(PI. IL, fig. 28; PL. IV, fig. 29-30.)
Un exemplaire entier et en bon état de cette espèce nouvelle a été dragué dans le Port Charcot, à 40 mètres de profondeur; il mesure 21 millimètres de longueur, 3°°,5 dans sa plus grande largeur et compte 19 sétigères. Le corps, dont les extrémités ne sont pas faciles à distinguer l’une de l’autre à première vue, est de teinte gris jaunâtre à cause des particules de vase fine et des grains de sable très ténus qui l’enveloppent complètement. Les parapodes se trouvent indiqués sur les deux faces latérales par de petits buissons constitués par les papilles recouvertes par les mèmes éléments vaseux que le reste du corps. La couche de mucus interposée entre cet étui minéral et le corps est mince et translucide.
La partie antérieure du corps est entourée par une sorte de cage à paroi semi-transparente, soutenue par de longues soies courbes cloisonnées, couvertes de papilles, à base envasée, ouverte sur les deux faces dorsale et ventrale. Sur celle-ci, l'ouverture de la cage laisse voir les deux palpes épais, allongés, avec un sillon médian ventral, entre lesquels ont aperçoit les branchies beaucoup plus courtes (PI. IT, fig. 28). Les soies de la face ventrale sont plus longues que celles de la face
(4) Espèce dédiée à M, Gourdon, naturaliste attaché à la Mission antarctique française.
opposée; elles recouvrent complètement les palpes de chaque côté.
Le faisceau dorsal se compose de cinq ou six soies simples masquées par la gaine des papilles, dont les parties basilaires sont recouvertes de dépôts confluents de vase et de sable fin, et dont il faut les débarrasser pour les mettre à nu et les étudier. Ces soies (fig. 19, page 36), un peu arquées au voisinage de leur sommet, terminé en pointe grêle, présentent un petit nombre d’anneaux dans leur partie terminale (fig. 20, page 36); au delà, ces anneaux s’espacent beaucoup plus. Les soies formant la charpente de la cage antérieure ont des anneaux beaucoup plus nombreux, répartis sur une plus grande longueur. Toutes ces soies sont striées longitudinalement.
Dans la rame ventrale, la disposition est la même; il n’y a généralement qu'une seule soie ; quelques rames en ont deux. Ces soies
ankylosées ont une partie terminale en faux
assez fortement recourbée (fig. 21, page 36);
la hampe comme la pseudo-serpe sont striées
Fig. 49 à 21.
obliquement ; on remarque d’assez nombreux anneaux incomplets dans la partie la plus voisine de l'articulation. La base de ces soies très saillantes est empâtée dans une masse vaseuse hérissée de prolongements qui correspondent à autant de papilles (PL. IV, fig. 29). Celles-ci, longuement pédiculées, un peu renflées dans leur région moyenne, ont leur extrémité libre sphérique: la surface de celle-ci parait être couverte d’une toison de cils trapus (PI. IV, fig. 30).
L'extrémité postérieure ne présente aucun appendice. Par sa taille et son aspect extérieur, ce Flabelligérien antaretique rappelle le Æ/abelligera induta Ehlers (1) de l'Amérique du Sud et de la Géorgie du Sud. Il en diffère par ses palpes relativement beaucoup plus développés, par
(4) E. Euvers, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 4897, p. 105, Taf. VII, fig. 168-173.
la forme des soies ankylosées et par celle des papilles, enfin par le
nombre beaucoup moindre de segments séligères.
Flabelligera mundata nov. sp.
(PI. IV, fig. 31-32.)
Cette seconde espèce de Flabelligera a été recueillie au même endroit que la précédente, au Port Charcot, à 40 mètres de profondeur. Le plus grand des deux exemplaires récoltés a 62 millimètres de longueur, 14 millimètres de largeur (dont 9 pour le corps proprement dit), dans la région moyenne du corps, et compte 26 sétigères. L'autre a 45 millimètres de longueur et 13 de largeur, dont 8 pour le corps seul. Celui-ci n’est pas revêtu de sable ni de vase, de sorte que l’animal se laisse parfaitement voir par transparence à travers l’épaisse couche extérieure de mucus.
La partie antérieure est, comme d'ordinaire, enfermée dans une sorte de cage qui s'ouvre suivant une fente située dans le plan de symétrie et qui est formée par des soies simples, arquées dans leur partie médiane et qui ne diffèrent pas essentiellement de celles qui sont situées dans les faisceaux dorsaux.
En écartant les parois de cette cage et en examinant lanimal sur la face ventrale (PI. IV, fig. 31), on voit les deux gros palpes épais, avec un sillon médian et terminés par une large pointe mousse arrondie et tangents dans leur région basilaire.
En arrière de ces palpes, sur la même face, on aperçoit les branchies, qui sont fort nombreuses et qui sont creusées d’un sillon pigmenté en brun violet.
La cavité circonscrite par les palpes et les branchies est remplie, chez le plus petit exemplaire, par des œufs de couleur jaunâtre, sphériques et plus ou moins adhérents les uns aux autres. Cette cavité serait-elle incubatrice ? Il ya là, en tout cas, une disposition très favorable à la protection des jeunes.
La segmentation est indiquée extérieurement par les faisceaux de soies tant dorsaux que ventraux. Ces faisceaux sont longs et grêles, ce qui donne à l’animal une physionomie spéciale ; les dorsaux ont jusqu'à 18 millimètres de longueur à partir de la surface externe du mucus,
qui a plus de 2 millimètres d'épaisseur ; les ventraux ont jusqu’à 7 millimètres. Les points d’'émergence de ces faisceaux à la surface du mucus ne sont pas alignés de chaque côté et paraissent disposés d’une manière irrégulière ; mais on peut voir par transparence les points d'insertion vrais qui correspondent chacun à une éminence conique bien marquée et qui sont, eux, parfaitement alignés.
Les faisceaux dorsaux de soies sont formés de quatre à six soies, dont les extrémités seules sont visibles; ils sont enveloppés, jusqu'auprès du sommet, d’une gaine vaseuse couverte de papilles; il en est de même pour les parois de la cage antérieure. Les soies, striées longitudinalement, ont un certain nombre d’anneaux assez régulièrement espacés, sauf au voisinage de la pointe terminale, où ils sont plus rap-
prochés (fig. 22, page 38).
Les faisceaux ventraux, insérés sur une saillie beaucoup moins forte que les dor-
saux, aussi grèles et moins longs, sont, en
Fig. 22 et 23.
général, composés de quatre soies ankylosées à pseudo-serpe assez fortement recourbée au sommet, avec des stries courbes (fig. 23, page 38). La hampe, légèrement quadrangulaire, striée obliquement en long, à des anneaux uniformément espacés. Les faisceaux de la partie postérieure du corps n'ont que deux soies ou même une seule. La gaine qui recouvre les faisceaux de soies est tapissée de papilles renflées dans leur partie moyenne et légèrement dilatées en une tête sphérique, à contenu granuleux à l’extrémité libre (PI. IV, fig. 32).
Le corps se termine à l'extrémité postérieure en pointe mousse ; l'anus s'ouvre un peu au-dessus du niveau de la dernière paire de faisceaux dorsaux ; les derniers faisceaux ventraux sont situés
immédiatement au-dessous de ceux-ci et tout près d'eux.
Par ses dimensions et son aspect général, cette espèce se rapproche du #labelligera (Siphonostomum) diplochaitos Otto (1); il en diffère complètement par les caractères des soies ankylosées, par le nombre moindre des segments et par sa forme plus trapue ; un exemplaire de Ælabelligera diplochaitos de 70 à 80 millimètres de longueur a 7 millimètres de largeur et une quarantaine de segments.
FAMILLE DES AA LDANIENS Savigny.
Jusqu'ici, on n’a décrit que trois Maldaniens du genre C/ymene Savigny provenant des côtes de Magellan. Encore faut-il noter qu'actuellement une seule d’entre elles, Clymene grossa Baird, peut leur être attribuée en propre, car les deux autres espèces, Clymene kerquelensis Mac Intosh et Clymene assimilis Mac Intosh ont été antérieurement trouvées aux îles Kerguelen, au cours de l'exploration du « Challenger ». Il est intéressant de remarquer ici que les trois espèces nouvelles rapportées par l'Expédition antarctique française se rangent dans autant de genres différents qui n’ont encore aucun représentant dans les mers
australes.
Genre RHODINE Malmgren, Ehlers, char. emend.
Rhodine antarctica n. sp.
(PI. IV, fig. 33-37.)
Ce Maldanien est représenté dans la collection rapportée par lExpédition antarctique française par un seul individu entier, en assez bon état de conservation, dragué à 40 mètres de profondeur dans le Port Charcot. La longueur est de 17 millimètres, la plus grande largeur de 0"",9. Aux quatrième, cinquième, sixième, septième, huitième
et neuvième sétigères, on observe des anneaux blancs en avant des
(4) Orro, De Sternaspide thalassemoideo et Siphostomate diplochaito; Animalium maritimorum nondum editorum genera duo descripsit Otto (Nova acta nat. cur., t. X, 1821, p. 628, PI. LI).
plaques onciales. La coloration du corps, certainement affaiblie dans l'alcool, est pâle. Le tube fait défaut.
Le prostomium est soudé intimement au premier sétigère ; il forme en avant une languette à contour arrondi sur laquelle on ne distingue pas de trace de carène frontale (PI. IV, fig. 34). Sur la face ventrale, la bouche s'ouvre largement et laisse voir trois bourrelets, un médian supérieur et deux latéraux, sur lesquels on n’aperçoit aucune papille (PI. IV, fig. 35). Il n'y a pas le moindre indice de séparation d'un premier segment achète dit buccal. Le prostomium et le premier sétigère sont tout d’une venue, et leur longueur dépasse celle des trois sétigères suivants (PI. IV, fig. 33).
Les quatre premiers sétigères ne portent que des soies dorsales semblables à celles des autres segments. Le second et le troisième sétigère s'évasent en avant de façon à former une collerette qui entoure la base des segments précédents. Le quatrième sétigère est un peu moins long que le second et le troisième. Les segments restent courts jusqu’au onzième sétigère, puis s’allongent progressivement jusqu’au dix-huitième. Ce dernier présente à son bord postérieur une collerette semblable à celle des bords antérieurs du second et du troisième sétigères. Les quatre segments qui suivent sont très courts, mais complets. Le vingt-deuxième et dernier est complètement soudé au pygidium et à la cloche qui enveloppe celui-ci.
Les soies dorsales reculent de plus en plus vers la limite postérieure des segments, d'avant en arrière ; elles sont fines et très étroitement limbées sur l’un des bords (fig. 24, page 41); quelques-unes ont un limbe très réduit sur chacun des bords. Il n'existe pas de soies d’un autre type aux faisceaux dorsaux.
Les crochets ventraux situés un peu en avant du sillon postérieur de chaque segment ne commencent qu’au cinquième sétigère. Jusqu'au douzième inelusivement, ils sont disposés sur deux rangées, alternant de l’une à l’autre ; ceux de la première rangée ont leurs pointes tournées en avant; celles de la seconde ont une disposition inverse. Du treizième au vingt-deuxième, il n°y a plus qu'une rangée unique à pointe orientée vers
la partie antérieure. Sauf dans les cinq ou six derniers segments, où il
existe de chaque côté une sorte de tore, ces rangées de crochets ne formant pas de saillie à la surface du tégument. Ces soies, vues de profil (PI. IV, fig. 36), montrent, au-dessus de la dent principale, deux autres dents, dont la seconde est à peine distincte; au-dessous est une forte pointe médiane conique et, sur le bord opposé, une saillie correspondant à un épaississement sur la partie profonde de la dent; le manubrium est court. Vues de face (PI. IV, fig. 37), ces soies présentent, au-dessus de la dent principale inférieure, une rangée transversale de trois dents plus petites, puis un nombre assez grand, difficile à fixer, de denticules plus réduits.
Le pygidium (PI. IV, fig. 35), à l'extrémité duquel s'ouvre l’anus au pourtour festonné, est entouré par une sorte de cloche tronquée obliquement et s’évasant sur la face ventrale.
La Rhodine Loveni Malmgren (1) des côtes danoises et suédoises ressemble à l'espèce décrite ci-dessus par les caractères généraux de la partie antérieure du corps.
Mais le Maldanien antarctique s’en sépare nettement
par la forme du prostomium, qui est dépourvu de ca-
Fig. 24.
rène ; par l'absence de papilles sur les bourrelets latéraux dela cavité buccale ; par les dimensions relatives des segments dans toute l'étendue du corps; par l’unique collerette postérieure au cinquième avant-dernier segment et enfin par la forme des crochets ventraux, si différente ici de celle qu’on observe chez les autres Maldaniens.
Chez la Rhodine sima KEhlers (2), de la pointe sud de la Floride, le premier segment est beaucoup plus court que dans les deux espèces précédentes ; le sixième et le septième sétigères semblent fusionnés, car ils ne sont séparés par aucun sillon ; les plaques onciales existent au quatrième sétigère et, de plus, le premier sétigère est nettement séparé
(4) A.-J. MaLmMGREN, Annulata Polychæta (Ofo. uf Kongl. Vetensk.-Akad. Fürhandl., 1867, p. 209, Tab. XI, fig. 64).
(2) E. Eucers, Florida Anneliden (Mem. of the Mus. of comp. Zool. at Harvard College, vol. XV, 1887, p. 189, Taf. XLVII, fig. 6-10).
Expédition Charcot. — Graver. — Annélides Polychètes. 6
du prostomium soudé au segment dit buccal. L'auteur n’a pu donner aucun renseignement sur la partie postérieure du corps mal conservée chez l'exemplaire unique qu’il a eu à sa disposition.
Genre LEIOCHONE Grube.
Leiochone singularis n. sp.
(PI. V, fig. 38-42.)
Un seul exemplaire, en deux fragments, de ce Maldanien a été récolté à l’île Booth Wandel, à marée basse. La longueur est de 14 millimètres ; le maximum de largeur de 0,6; le nombre des sétigères, de 19.
Le corps, très grêle, ne présente pas de pigmentation. La largeur des segments croît très lentement du premier au sixième sétigère (PI. V, fig. 38); le septième et le huitième ne sont pas séparés l’un de l'autre et assez courts ; les segments du neuvième au dix-septième sont les plus longs ; les trois derniers sont encore assez développés ; le pénultième est plus court que l’antépénultième et que le dernier.
Le prostomium est soudé intimement au premier segment achète; il se prolonge en avant de la bouche en une sorte de mufle ; vu dorsalement (PI. V, fig. 39), il paraît dépourvu de carène médiane, mais on observe de chaque côté une dépression longitudinale. Tout en avant, il existe également, de part et d'autre du prostomium, d'assez nombreuses taches pigmentaires, qui sont peut-être oculaires. Sur la face ventrale (PI. X, fig. 40), l’orifice buccal paraît limité sur les côtés et en arrière par un bourrelet assez épais, qui est peut-être la partie antérieure de la trompe dévaginée.
Le premier sétigère est séparé du segment précédent par un sillon bien marqué et possède de chaque côté un faisceau dorsal de même composition que ceux des segments suivants, avec deux sortes de soies. Les unes, très saillantes, au nombre de deux, sans limbe apparent, sont élargies en spatule dans leur portion terminale étirée en une pointe acérée et couvertes de stries obliques, qui se rejoignent sur la ligne médiane (fig. 25, p. 43 ). Les autres soies, au nombre de trois, beaucoup moins saillantes, plus fines, coudées assez fortement à leur point d'émer-
gence, se terminent par une lame très mince, souvent volubile, dont un
bord est garni de longs cils très serrés les uns contre les autres (fig. 26,
p. 43). Ce nombre de soies varie peu dans toute Il n’y a plus qu'une soie en spatule dans les segments postérieurs; le nombre des soies coudées à bord cilié ne dépasse pas quatre ou cinq. Aux deux premiers sétigères, la rame ventrale n’est représentée que par une soie aciculaire unique; au troisième, il y en a deux. Je n'ai pu étudier ces soies, n'ayant à ma disposition qu'un seul exemplaire que je ne voulais pas sacrifier. Aux autres fragments, cette rame est formée par un petit nombre (qui ne dépasse pas dix) de crochets. Iln’y en a que cinq au quatrième sétigère, six au cinquième ; ce nombre est également très réduit dans les derniers segments. Ces crochets, aui ne s’insèrent pas sur des bourrelets saillants, sont tout spéciaux (PI. V, fig. 42). La grosse dent basilaire est surmontée par cinq autres de taille décroissant vers le vertex. La barbule sous-rostrale est étroite. Au-dessous du point d’émergence est un très gros renflement ; la partie profonde est courte, étroite et très
la longueur du corps.
Fig. 25 et 26.
fortement recourbée.
Les derniers segments du corps sont bien développés et pourvus de
soies. Le corps se termine par une collerette courte à bord non festonné (PI. V, fig. 41); l'anus débouche au fond et au centre de celle-ci, qui ne
montre aucune saillie conique.
Le Maldanien décrit-ci-dessus diffère nettement de Lerochone clypeata
de Saint-Joseph (1) : 1° par la forme du prostomium ; 2° par la partie pos-
térieure du corps, qui, chez la Leiochone clpeata, ne possède que des segments très réduits; 3°et surtout par la forme totalement différente des soies; les soies en spatule et les soies volubiles s’éloignent complè-
(4) Baron pe Sanxr-Josern, Les Annélides Polychètes des côtes de Dinard, 3° partie (Ann. des Sc.
nat., Zool., 7° série, t. XVII, 1894, p. 139, PI. IL, fig. 467-175).
tement des soies limbées et des soies pennées de l’espèce de la Manche; il n'y a pas davantage de rapprochement à faire entre les crochets ventraux des deux types en question; peut-être y aurait-il lieu de faire ici une coupe générique fondée essentiellement sur les caractères des soies ; 4° enfin parle nombre des segments, dix-neufiei, vingt-cinq dans l’espèce décrite par Saint-Joseph. Comme le fait remarquer cet auteur, il est difficile de tenir compte de la Leiochone leiopygos Grube (1), qui possède trente segments, car Grube (2) déclare qu'il n’est pas certain que la partie antérieure et la partie postérieure, qui ont servi à créer cette espèce,appartiennent bien au même animal.
Genre PETALOPROCTUS de Quatrefages.
Petaloproctus sp. ?
(PL. V, fig. 43-44.)
Le tube qui contenait ce Maldanien portait l'indication suivante : Vers trouvés dans l'estomac de Poissons secs, île Wincke, 7 février 1904. Ces Vers n'étaient autres que trois fragments en médiocre état de conservation d’un Maldanien, qui appartient très vraisemblablement au genre Petaloproctus de Quatrefages. Le plus grand et le moins mutilé de ces fragments mesure 25 millimètres de longueur, 3*°,2 dans sa plus grande largeur et correspond aux cinq premiers sétigères, dont le dernier n’est pas entier.
Le prostomium est soudé au premier segment achète; sur sa face dorsale, deux sillons délimitent une carène large et peu saillante ; la face ventrale montre l’orifice transversal correspondant à la bouche. La longueur des segments croît du premier au troisième sétigère ; le quatrième est un peu plus court que ce dernier (PI. V, fig. 43).
Les soies dorsales sont de deux sortes : les unes, assez fortes, un peu coudées, colorées en jaune, étroitement limbées, d’un côté seulement
(1) En. Gnuse, Beschreïbung neuer oder wenig bekannten Anneliden (Arch. für Naturgesch., 1860, t. [, p. 91, PI. IV, fig. 3).
(2) E. Grusr, Die Familie der Maldaniden (Jahresber. der schles. Gesellsch. für 1867, Breslau, 1868, S. A., p. 5).
fig. 27, p. 45); les autres, beaucoup plus fines, incolores, presque droites (fig. 28, p. 45). Dans la partie terminale, de petites écailles disposées presque parallèlement au bord de la soie, de chaque côté, y dessinent des saillies peu marquées, sauf au voisinage de l'extrémité, où elles sont plus visibles. Les rames ventrales comprennent, de chaque côté, une soie aciculaire au premier sétigère, deux et parfois et trois, aux trois suivants; ces soies presque droites, robustes, sont terminées en pointe mousse (PI. V, fig. 44). Au cinquième sétigère, il existe de chaque côté une rangée de onze crochets de forme différente de celle des précédents. La partie externe presque droite, montre, au-dessus de la grosse dent terminale, deux autres dents en pointe mousse un peu recourbées et une quatrième à peine visible; audessous, on voit trois barbules sous-rostrales. La partie profonde est légèrement arquée, renflée au-dessous du point d'émergence (fig. 29, p. 4).
Avec son prostomium sans plaque limbée, sa rangée unique de crochets avec barbules sousrostrales aux segments uncinigères, ses soies