‹ Annélides polychètesChapitre 59 sur 81 · XVII. — FAMILLE DES T£RÉBELLIENS · texte numérisé non relu

XVII. — FAMILLE DES T£RÉBELLIENS

Genre AMPHITRITE O.-F. Müller (char. emend.).

Amphitrite kerguelensis Mac Intosh.

Mac Intosh, Annales and Magaz. of Nalur. History, ser. 4, vol. XVII, 1876, p. 321. Grube, Anneliden-Ausbeute von $S. M.S. « Gazelle », Monalsber. der künigl. Akad. der Wissensch. Berlin, 1877, p. 546.

Mac Intosh, Zool. Kerguelen, Trans. Venus Exped., Philosoph. Trans., vol. CLVTITI, 1879, DARCO MP ions:

— Annelida Polychæta, The Voyage of H. M. S. « Challenger », vol. XII, 1885, p. 483, PI. XLVIIT, fig. 7 ; PI. XLIX, fig. 1. Ehlers, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 1897, p. 130. — Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes, Ein faunistischer Versuch, Berlin, 1901, p. 208.

— Die bodensässigen Anneliden aus den Sammlungen der deutschen Tiefsee-Expedition, Jena, 1908, p. 145.

Dans la vase du dragage du 27 décembre 1909, effectué à l'anse ouest de la baie de lAmirauté (île du Roi George, Shetlands du Sud), à »7 mètres de profondeur, M. le D°J. Liouville a trouvé 7 exemplaires de ce Térébellien. La température de l’eau au fond était + 0°,2 C.

Suivant les notes de M. le D° Liouville, ces Vers, à l’élat vivant, ont un aspect livide; les mamelons sétigères des parapodes sont rouge carminé ; le bouquet des tentacules est rouge violacé.

Aucun des exemplaires n’est complet; quelques-uns, ayant 15 centimètres de longueur, devaient en avoir au moins 20, étant entiers, à l’état vivant.

Ce Térébellien est bien reconnaissable aux lobes si développés et si caractéristiques de la région céphalique, aux grandes papilles situées en arrière de la seconde paire de branchies et près des mamelons sétigères dans les premiers segments du corps, à la forme des soies dorsales et à celle des plaques onciales. Il est connu à Kerguelen, dans la région de Magellan (Ushuaia, Puerto-Bridges); la « Valdivia » l’a dragué de nouveau à Kerguelen et aussi dans le voisinage de l’île Bouvet ; et entin

la deuxième expédition antarctique française l’a rapporté de Petermann.

2e Expédition Charcot. — Gnavien. — Annélides Polychètes- 17

Genre Z'£REBELLA L. de Saint-Joseph char. emend.

Terebella Ehlersi Gravier.

Gravier, Annélides Polychètes, Erpédilion anlarclique française (1903-1905), 1906, p. 47, PI. V, fig. 45-46 ; fig. 30 et 31 dans le texte.

Un exemplaire en bon état de cette espèce, dont le tube, construit avec des grains de sable et des débris de roche, était fixé sur un Spongiaire, à été recueilli dans le dragage fait le 26 novembre 1909, devant Port Lockroy, chenal de Roosen (latitude : 644933" sud; longitude : 65°49"18" ouest de Paris), à 70 mètres de profondeur, sur un fond de vase et de cailloux. Il mesure 11,5 de longueur, possède 49 sétigères et environ 90 segments en tout; les derniers segments sont presque indistincets. Les plaques unciales sont bien conformes au type décrit et figuré dans mon mémoire sur les Annélides Polychèles de la première expédition anlarctique française. Il en est de même des soies volubiles; mais celles-ci, en général, au lieu de se couder au-dessous de la région enroulée, conservent leur direction rectiligne dans presque toute leur étendue.

Deux autres exemplaires, de taille plus réduite, proviennent d’un dragage pratiqué entre Krogmann (Howgaard) et Petermann, sur des fonds de 50 à 80 mètres.

Enfin je rapporte à la mème espèce, avec doute, un fragment d’un grand spécimen, sans extrémités ni antérieure ni postérieure, en médiocre état de conservation, dragué le 9 décembre 1909, au milieu de Port Foster (île Déception), à 150 mètres de profondeur, sur un fond vaseux ;

la température de l’eau au fond était de + 19,3 C.

Terebella (Phyzelia) Vayssierei Gravier.

(PI. X, fig. 121-123: PI. XI, fig. 134-135.)

Ch. Gravier, Sur les espèces nouvelles de Polychètes provenant de la seconde expédition antarctique française, Bull. du Mus. d'Hist. Nal., &. XVII, 1911, p. 314.

Près de la Terre Alexandre (latitude : 680 34" sud ; longitude :72°5'ouest de Paris), le dragage du 16 janvier 1909, à 250 mètres de profondeur, a

ramené à la surface deux Térébelliens, dont l'un est complet et est décrit

ci-dessous ; la température de l’eau au fond était de + 1°,6. Un troisième spécimen jeune à été dragué le 10 octobre 1909, dans des Algues, par 6 mètres de fond, à Port Circoncision.

L'exemplaire complet du premier dragage est enroulé sur lui-même ; il mesure un peu plus de 50 millimètres de longueur ; sa largeur maxima, dans la partie antérieure du corps, est de 3°°,5. Les dimensions de l’autre exemplaire, qui est incomplet, étaient plus considérables, La coloration, particulièrement intense sur la face dorsale et sur les côtés, est d'un rouge violacé encore assez vif dans la partie antérieure du corps. La largeur diminue graduellement de l'extrémité antérieure à l'extrémité postérieure, qui a moins de 1 millimètre de diamètre.

Une haute collerette, largement ouverte sur la face ventrale, entoure la partie antérieure du corps ; elle porte, sur un bourrelet basilaire périphérique, de très nombreux tentacules, fort longs, qui forment comme une abondante chevelure à l'animal. On ne distingue aucune tache oculaire.

L® premier segment présente sur la face ventrale une sorte de lèvre inférieure très échancrée en son milieu ; il est muni de deux lobes ventraux peu développés, qui se rejoignent presque sur la ligne médiane et qui couvrent la base de la lèvre inférieure. Sur sa face dorsale est fixée la première paire de branchies; les troncs principaux de ces organes se divisent par dichotomie assez régulièrement ; les ramifications ullimes sont épaisses ; l’ensemble des ramifications d'une même branche rappelle la ramure des Cervidés (PI. X, fig. 121). Le deuxième segment porte, de chaque côté, une branchie et un lobe foliacé, qui s'étend jusqu'au plastron ; ce lobe est séparé par un intervalle étroit de la branchie correspondante de la deuxième paire ; en avant, il recouvre une partie du premier segment. Les branchies de la deuxième paire ont les mêmes caractères que celles de la première, mais elles sont de dimensions plus restreintes. Les boucliers ventraux diminuent progressivement de largeur d'avant en arrière; 1ls deviennent indiscernables à partir du dix-septième sétigère. Sur le troisième segment est inséré le premier faisceau de soies dorsales ; au quatrième, apparaît la première rangée de plaques onciales. Le premier faisceau dorsal est plus petit que les sui-

vants. 17 segments sont pourvus de faisceaux dorsaux. Le mamelon séti-

sère est conique, un peu comprimé. Les soies dorsales sont toutes plus ou moins coudées et munies d’un limbe étroit de chaque côté ; le limbe parait être couvert de fines stries, obliques par rapport au bord (PL. XI, fig. 134). Il n'existe pas de papilles à côté des faisceaux dorsaux des premiers séligères.

On voit les tores uncinigères diminuer de largeur d'avant en arrière, et leur saillie au-dessus du tégument augmenter dans le même sens. Il n'y à qu'une seule rangée de plaques onciales. Ces soies (PI. XF, fig. 135) ont une dent principale fort allongée, arrondie à son extrémité libre et surmontée d'une crête peu élevée. La saillie correspondant au Schützpolster de E. von Marenzeller est forte. La base, très large, de la dent se prolonge en arrière en une longue tige.

L'abdomen compte une soixantaine de segments ; les derniers, très serrés, sont difficiles à dénombrer. Les tores abdominaux sont plus étroits que les tores thoraciques. Les plaques onciales de l'abdomen sont différentes de celles du thorax; elles n'ont pas de prolongement postérieur. Leur grosse dent, vue de profil, est recouverte d'une crête dans laquelle il est impossible de reconnaître le nombre des rangées (PL. X, fig. 122). Mais, quand on l’examine de face ou de trois quarts (PI. X, fig. 123), on constate que la grosse dent est surmontée d'une rangée d’autres dents, dont la longueur croît de la périphérie au milieu de la dent unique de la base, et en outre d'une foule d’autres petites dents dont on ne peut dire exactement le nombre et qui constituent le sommet de la plaque onciale. La saillie qui sert de base au Schitzpolster est très accentuée, de même que celle sur laquelle s'insère l’une des soies-tendons, à la partie profonde de la plaque onciale ; l'autre soie-tendon s'attache à l'extrémité opposée au vertex.

Dans la partie postérieure du corps, deux lignes sombres parallèles jalonnent la chaine nerveuse sur la face ventrale. L’anus est terminal.

Ce Térébellien appartient au même genre que celui qui a été décrit par Grube sous le nom de Terebella (Phyzelia) fasciata (À) de la mer Rouge, que E. von Marenzeller à étudié à nouveau et dont il a figuré les soies, en lui

1) En. Grue, Beschreibungen neuer oder weniger bekannter von Herrn Ehrenberggesammelter

Anneliden des rothen Meeres (Monatsber. der künigl. preuss. Akad. der Wissensch., lahrg. 1869, Juni, p. 33).

ANNÉLIDES POLYCHÈTES. 133 donnant le nom de Pis/a fascrata (1). La même espèce a été retrouvée en deux stations (101 et 145) de la « Valdiviä ». Ehlers (2) fait remarquer avec raison à ce sujét qu'il est préférable de ne conserver dans le genre Pista que les formes pourvues de ces houppes branchiales à disposition spiralée, si caractéristiques et si immédiatement reconnaissables. Il faudrait, comme il l’a indiqué, créer un genre nouveau pour les espèces du type du Terebella fasciata Grube et de celui dont il est question ici. Ces espèces, comme le dit Ehlers, peuvent être rangées dans le genre Polymnia Malmgren, si on ne tient pas compte du nombre de paires de branchies, et dans le genre Wicolea, si l’on ne considère pas les lobes foliacés des premiers segments du corps. D'autre part, les branchies ont beaucoup d'analogies avec celles des genres Scione et Axionice, qui n’en possèdent qu'une paire ; de Saint-Joseph (3) a d’ailleurs réuni ces deux genres en un seul : Scione char. emend. Par les caractères des soies, tant de celles des faisceaux dorsaux que de celles des tores uncinigères, c’est peut-être encore du genre Vicolea que les Térébelliens en question se rapprochent le plus. Les soies dorsales sont à pointe unie; elles ne présentent pas les cils rigides ou la dentelure que de Saint-Joseph considère comme caractéristiques des genres Amphitrite et Terebell.

A l'exemple d'Ehlers, et avec toutes les réserves formulées ci-dessus, nous rangerons le Térébellien de l'Antarctique dans le genre 7'erebella (Phyzelia), en attendant une délimitation plus rationnelle de ce genre et de ceux qui lui ressemblent le plus.

Nous l’appellerons T'erebella (Phyzelia) Vayssierei en l'honneur de M. le P'A. Vayssière, le savant et actif zoologiste de Marseille.

Genre PISTA Malmgren.

Pista cristata O.-F. Müller.

O.-F. Müller, Zoolog. Dan. Prodr., 1776, p. 216 ; Zool. Dan. fase. II, p. 40, Tab. LXX.

(1) E. vox MarewzELLER, Südjapanische Anneliden, Il (Denkschrift der k. Akad. der Wissensch., Math.-Natur. Klasse, Bd. XLIX, 1884, p. 202).

(2) E. Euvers, Die bodensässigen Anneliden aus den Sammlungen der deutschen Tiefsee- Expedition, Jena, 1908, p. 148.

(3) Banox DE Sainr-Josepu, Annélides Polychètes des côtes de Dinard (Ann. des Sc. nat., Zool., Te série, t. XVIT, 1894, p. 182).

A.-J. Malmgren, Nordiska Hafs Annulater, Œÿe. af Kongl. Velensk.-Akad. Fürhandl., 1865, p. 382, tab. XXII, fig. 59.

E. Ehlers, Magellanische Anneliden, Nachr. der K. Gesellsch. der Wissensch. Güllingen, Maih.-Phys. Klasse, 1900, p. 221. , — Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes. Ein faunistischer Versuch, 1901, p. 215.

Ch. Gravier, Annélides Polychètes, Expédilion anlarclique française (1903-1905), 1906, p. 93.

La première expédition antarctique française à rapporté un grand nombre d'exemplaires de ce Térébellien (baie des Flandres, baie Biscoe, Port Charcot); le « Pourquoi Pas? » en a recuéilli trois autres dans les matériaux d’un dragage effectué le 9 décembre 1909, à Port Foster (île Déception), à 150 mètres de profondeur sur un fond de vase ; Ta température de Peau au fond était de + 19,3 C. On constate chez cette espèce de nombreuses inégalités dans le développement des branchies. Chez l’un des exemplaires, la branchie droite de la première paire est atrophiée ; dans la deuxième paire, c'est l'inverse qui s'est produit. Chez un autre, 11 n'y a qu'une branchie de la deuxième paire qui s'est bien développée, et les trois autres sont restées rudimentaires. Malmgren a signalé la fréquence de ces anomalies dans les dimensions des branchies chez le Pista cristata.

Cette espèce a une aire de répartition fort étendue : dans les océans Arctique et Atlantique, sur les côtes de l'Europe et de l'Amérique, sur les côtes anglaises, dans la Méditerranée, peut-être même au Congo (d’après Grube), dans la région de Magellan, et enfin dans l'Antarctique sud-

américaine.

Genre SC/ONE Malmgren.

Scione spinifera Ehlers.

(PL. XII, fig. 156.) E. Ehlers, Die bodensässigen Anneliden aus den Sammlungen der deutschen Tiefsee Expedition, Jena, 1908, p. 152, Taf. XX, fig. 10-14. Ge Térébellien est représenté dans les collections du « Pourquoi Pas? » par trois exemplaires provenant du dragage fait le 21 janvier 1909, au

sud de l’île Jenny (latitude : 68° sud; longitude : 70° 20! ouest de Paris),

à 250 mètres de profondeur, sur un fond de sable vert et de roche; la température de l'eau au fond était de +-0°,5 C. Ces exemplaires sont incomplets et en médiocre état de conservation. Le plus grand à environ 7,9 de longueur et compte en tout 91 sétigères; il lui manque la partie postérieure. Tous les trois ont 17 segments pourvus de soies dorsales capillaires. L'unique paire de branchies du deuxième segment, les lobes latéraux du troisième, les plaques onciales sont bien conformes à la descriplion et aux figures données par Ehlers. M. le D°J. Liouville à, en même temps, recueilli trois des tubes si particuliers de cette espèce (PL. XIE, fig. 156). La « Valdivia » a dragué le Scione spinifera Khlers dans les parages de l’île Bouvet et plus au sud, par 63° 16" de latitude sud et 58° 40" de longitude ouest, à 4636 mètres de profondeur.

Scione Godfroyi Gravier.

(PL X, fig. 124-126.) Ch. Gravier, Sur les espèces nouvelles de Polychètes provenant de la seconde expédition antarctique française (1908-1910), Bull. du Mus. d’Hisl. Nal.,t. XVII, 1911, p. 314.

Une espèce nouvelle du genre Scione a élé recueillie dans les matériaux du dragage fait le 27 décembre 1909, dans l’anse ouest de la baie de l'Amirauté (île du Roi George), à 75 mètres de profondeur, dans la vase grise et les cailloux ; la température de l’eau au fond était de +-0°,2 C. Il n’a malheureusement élé pris qu'un seul exemplaire dans son tube ; Pétat de conservation laisse à désirer; la partie moyenne du corps a macéré et ne peut guère être étudiée. Le tube est revêtu de grains de sable, de dimensions variées, agglutinés par la vase ; quelques-uns, beaucoup plus gros que les autres, font fortement saillie à la surface. Mais ce tube ne porte aucun de ces prolongements spiniformes, si caractéristiques des tubes du Scione sphuifera Ehlers.

La longueur du corps est d'environ 5 centimètres; la largeur dans la partie antérieure, de 2°",7. Le corps s’eflile graduellement d'avant en arrière et ne mesure guère à l’extrémité postérieure que 1"”,2. Les tentacules, longs et épais, canaliculés, sont entourés à la base par un bourrelet épais, continu sur la face dorsale, interrompu sur la face ventrale. Le premier segment présente en avant un bourrelet saillant, beaucoup

plus développé sur la face ventrale que sur les côtés ; c'est lui qui constitue le bord antérieur du corps sur la face ventrale. En arrière de ce rebord saillant, une incision médiane assez profonde divise en deux le reste du premier segment. Il n'y a pas ici de lèvre ventrale aussi développée que chez le Scione lobata Malmgren, ni même que chez le Scione spinifera Ehlers.

Sur le second segment est insérée l’unique paire de branchies ; elles ont une base d’une longueur tout à fait inusitée (PI. X, fig. 124). Lorsque l'animal est retiré dans son tube, les deux supports branchiaux sont repliés le long du corps en avant, et les ramifications branchiales pénètrent fort loin dans le domaine des tentacules. De chaque côté et extérieurement aux branchies, s'étend, sur le second segment, un gros bourrelet de teinte plus claire que la surface avoisinante, probablement de nature glandulaire, et qui est interrompu sur l'emplacement du premier plastron ventral. Le troisième segment est assez réduit sur les côtés, à cause du développement du bourrelet du segment branchifère ; il est dépourvu de lobes latéraux et porte seulement une petite papille dorsale.

Au quatrième segment, se montre le premier faisceau de soies dorsales; au cinquième, le premier tore uncinigère. Les soies dorsales forment un faisceau compact et bien saillant; elles sont longues, bilimbées et longuement étirées en pointe à leur extrémité libre. Les plaques onciales sont disposées sur une seule rangée, en tous les points où Je peux les observer. Vues de profil (PI. X, fig. 125), elles présentent, au-dessus de la grande dent terminale, une seconde dent de même forme que la première, et bien détachée de celle-ci; au-dessus, une troisième dent plus réduite, étroitement accolée à la précédente. Sous la grande dent, est la saillie correspondant au Schützpolster. Une grosse soie-tendon s'insère à l’extrémité voisine; une seconde soie-tendon se fixe au côté opposé à celui qui porte les dents. Ces plaques onciales diffèrent nettement de celles du Scione lobata Malmgren et plus encore de celles du Scione spinifera Eblers. L'état de macération de toute la partie moyenne du corps m'empêche de compter le nombre des segments pourvus de soies capillaires et le nombre total des segments.

À la partie postérieure du corps, qui est dépourvue de soies capillaires, les plaques onciales, portées par des pinnules assez saillantes, ont les mêmes caractères généraux que celles du thorax ; néanmoins, on distingue nettement de profilquatre dents superposées et une cinquième au sommet, presque complètement soudée à la précédente (PI X, fig. 126). En outre, la base du Schützpolster estabsolument et relativement plus développée, et la taille de ces plaques abdominales est aussi plus réduite.

Cette espèce nouvelle de Scione se distingue nettement, par les caractères de la partie antérieure du corps et par ses plaques onciales, des autres espèces du même genre. Elle aune physionomie toute spéciale, à cause de la longueur exceptionnelle des supports branchiaux, du développement du bourrelet au segment correspondant et de l'absence de lobe latéral au troisième segment.

€ Le

Genre LE ÆNA Malmgren (char. emend.).

Leæna wandelensis Gravier.

Ch. Gravier, Annélides Polychètes, Expédilion anlarclique française (1903-1905), 1906, p. 90 ; PI. V, fig. 47-48, fig. 32-34 dans le texte.

Les cinq exemplaires du Leæna wandelensis provenant de la seconde expédition antarctique française avaient un habitat tout particulier. Je les ai détachés de la tunique qui enveloppe le corps du Ælabelligera mrundata Gravier, dont un spécimen portait deux Leæna. L'un de ces derniers est une forme toute Jeune. Les Ælabelligera munidlata avaient été dragués, comme il a été dit plus haut, à Port Foster, le long de la côte ouest de l’île Déception, à 32 mètres de profondeur. Le tube, assez peu consistant, de couleur foncée, est fabriqué avec le sable vaseux du fond, sur lequel vivaient les Ælabelligera. Examiné au microscope, le tube se montre essentiellement constitué de petits grains de sable, parmi lesquels on trouve quelques rares Diatomées.

Des cinq exemplaires, le plus grand a, sans les tentacules, 28 millimètres de longueur; il possède 46 sétigères. Le corps de cet individu est rempli d'ovules parvenus à un degré assez avancé de développement. Aucun de ces exemplaires n'était donc comparable comme taille à celui qui a été

2e Expédilion Charcot. — Gravier. — Annélides Polychètes, 18

dragué par le « Français» à Port Charcot et qui avait 0 millimètres de

longueur, avec une soixantaine de segments.

Genre ZHELEPIDES Gravier.

Thelepides Kæhleri Gravier.

(PL X, fig. 127-132.) Ch. Gravier, Sur les espèces nouvelles de Polychètes provenant de la seconde expédition antarctique française (1908-1910), Bull. du Mus. d'Hist. Nal.,t. XVIT, 1911, p. 315.

Sur l’un des Ælabelligera mundata Gravier où vivaient les Leæna wandelensis mentionnés ci-dessus, j'ai trouvé un tout autre type de Térébellien. Ces Ælabelligera ont été dragués à Port Foster, près de la côte ouest de l'ile Déception, à 32 mètres de profondeur, sur un fond vaseux. Le tube du Térébellien en question, peu consistant, de couleur foncée, ressemble beaucoup à ceux des Leæna wandelensis ; il est construit avec les éléments du sable vaseux dans lequel vivaient les Ælabelligera. Je n'ai malheureusement pu avoir qu'un seul exemplaire, en assez bon état.

Ce Térébellien est de couleur très pale et uniforme. A la partie postérieure, le tégument estmince etlaisse voir par transparence le tube digestif rempli de sable vaseux. La longueur du corps est de 21 millimètres; la largeur maxima, à la fin du premier tiers de l'animal, est un peu inférieure à 2 millimètres ; le nombre des sétigères est de 31. Les derniers anneaux encore très courts, tout récemment formés, ne portent pas leur armature de soies. 17 segments sont pourvus de soies dorsales.

Les tentacules (PE X, fig. 127) sontrelativement courts et épais, profondément canaliculés; les plus courts sont ceux de la face ventrale ; ils S'insérentsur le pourtour d'un disque qui présente, dans sa région médiane, un gros bourrelet en forme de fer à cheval ouvert sur la face ventrale el qui entoure lorilice buccal. Immédiatement au-dessous du bourrelet, on voit de chaque côté, et extérieurement aux branchies, une série de taches oculiformes. Le premier segment, soudé intimement au prostomium, présente : sur la face dorsale, la première paire de branchies:; sur la face ventrale, un lobe médian qui forme comme une sorte de lèvre infé-

rieure à l’orifice buceal (PI. X, fig. 128), et deux grands lobes foliacés

ANNÉLIDES POLYCHÈTES. 139 latéraux, séparés par une large et profonde échancrure. Les branchies de la première paire sont filiformes; les filaments branchiaux, au nombre de quatre de chaque côté, sont soudés à leur base; le plus externe est de taille très restreinte par rapport aux autres.

Au second segment sont fixés également deux lobes latéraux semblables aux précédents, mais plus petits, et la seconde paire de branchies; celles-ci ressemblent à celles de la première paire, mais sont plus rapprochées l’une de l’autre et un peu moins grandes. Sur le troisième segment s'attache un grand lobe foliacé, qui s'avance de chaque côté sur la face dorsale, de facon à se souder avec son congénère ; c'est dans une échanecrure médiane de ce lobe que s'insère la troisième paire de branchies. Celles-ci, réduites chacune à trois filaments, dont le plus externe est rudimentaire, ne sont séparées l’une de l’autre que par un très léger intervalle sur la face dorsale.

Sur le segment porteur de la troisième paire de branchies, apparait la première paire de faisceaux de soies dorsales. Le mamelon sétigère dorsal est peu saillant; les soies qu'il porte (PI X, fig. 129) sont toutes plus ou moins coudées, avec un limbe latéral, un peu plus développé en général sur le côté convexe que sur l'autre ; elles sont longuement étirées en une pointe très fine. Dans les derniers sétigères dorsaux, le mamelon se réduit et ne forme plus qu'une petite éminence, située immédiatement au-dessus du tore uncinigère el soudée à lui.

Ce n'est qu'au second séligère, au quatrième segment, par conséquent, que se montrent les premières plaques onctales. Aux six premiers segments

pourvus de ces plaques, celles-ci sont rétrogressives et disposées sur

une seule rangée. Au septième, —et ilen estainsi dans les dix segments suivants (soit 11 segments en tout), —ces plaques sont rangées sur deux

lignes, alternant assezrégulièrement d'une ligne à l'autre; les postérieures sont rétrogressives ; les antérieures, progressives:; et les deux rangées sont, dans les 11 segments, bien distinctes Pune de l'autre. Les plaques onciales (PI. X, fig. 130), vues de profil, sont à base assez courte. La srosse dent inférieure est surmontée par une haute crête, dans laquelle on ne peut discerner, même à un fort grossissement, le nombre des rangées de denticules. Vue de trois quarts (PI. X, fig. 131) ou de face (PI. X,

fig. 132), la grosse dent unique se montre couronnée par une série de

denticules, dontles pointes distales sont de moins en moins saillantes vers la pointe de la dent principale, à mesure qu'on s'éloigne du plan de symétrie. Il y a là une apparence qui rappelle celle qu'Ehlers a figurée pour le Seione spinifera (1). Sous la grosse dent et un peu au-dessous de la pointe terminale, on voit une saillie qui sert de support à une petite tige, surmontée par une partie évasée en forme de disque: celui-ci affleure à la pointe de la grosse dent principale; c'est le Schützpolster de E. von Marenzeller.

Dans les premiers segments à une seule rangée de plaques onciales, les toresuncinigèressont peu proéminents: dansles segments à deux rangées de plaques de chaque côté, ils deviennent plus saillants et sont plus nettement séparés les uns des autres : ils se réduisent en largeur dans la partie postérieure du corps, forment là des languettes situées en arrière dans chaque segmentet portant sur leur bord libre la rangée unique de plaques onciales.

>ar la forme spéciale de ses branchies, le Térébellien décrit ci-dessus se rapproche du genre Z'helepus Leuckart (char. emend.) et des genres voisins Grymeæa Malmgren et £uthelepns Mac Intosh. Ilen diffère par la forme des soies dorsales et surtout par celle des plaques onciales. Chez les trois genres en question, les plaques onciales ont une longue base, en forme de sabotterminé par un bouton très caractéristique, qui manque ici. D'autre part, ces plaques onciales sont disposées sur une seule rangée à tous les segments. De plus, chezles 7Aelepus en général, etmêème peut-être chez tous, les filaments branchiaux sont indépendants les uns des autres etnon soudés à leur base, sauf peut-être chez le Phenacia (Thelepus) parca Grube (2). Les plaques onciales, comme il a été dit plus haut, offrent une assez grande similitude avec celles du Sconespinifera Ehlers, dont le système branchial est complètement différent de celui du Térébellien de Antarctique. Elles ne sont pas sans ressemblance, de profil du moins, avec celles de certains Térébelliens abranches du genre Lecna, notamment du Lecæna Langerhansi Mac Intosh (3).

(4) E. Eurers, Die bodensässigen Anneliden aus den Sammlungen der deutschen Tiefsee-Expedition, Jena, 1908, PI. XX, fig. 12.

(2) En. Gruge, Annulata semperiana (Mémoires de l'Acad impér. des sciences de Saint-Pétersboury, ïe série, t. XXV, n°8, 1878, p. 237, Taf. NI, fig. 7).

3) W.-C. Mac Ixrosu, Annelida Polychæta (The Voyage of I. M. S. « Challenger », vol. XI, 1885, p. 463, PI. XXVII IA, fig. 12).

Le nouveau genre Z'helepides, créé pour le Térébellien en question ici,

est essentiellement caractérisé : 1° par ses branchies filiformes à filaments peu nombreux soudés à leur base ; 2° par ses plaques onciales.

L'espèce nouvelle sera appelée Thelepides Kæœhleri, en l'honneur du

savant zoologiste de l'Université de Lyon, M. le P°R. Kœbhler.

Genre POLYCIRRUS Grube (de Saint-Joseph) (char. emend.).

Polycirrus kerguelensis (Mac Intosh).

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