‹ Annibal dans les AlpesChapitre 5 sur 89 · LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

LA MÉTHODE

Citations. — Non seulement nous avons tenu à reproduire intégralement la pensée de ces deux auteurs, mais nous n'avons pas craint de répéter plusieurs fois certains passages qui reviennent comme des réminiscences ou des leilmotil's; les points essentiels prennent ainsi du relief.

Omissions. — Nous avons passé sous silence nombre d'auteurs anciens ou modernes parce que leurs témoignages sont des apports de seconde ou de troisième main. Leurs redites ou leurs amplifications n'ajouteraient rien, ne retrancheraient rien à nos preuves. De longues et inutiles énumérations sont ainsi évitées. Si on les abrège, si on les réduit à des noms propres, elles n'offrent plus à l'œil qu'une succession de symboles trop rapide pour éveiller une idée précise ; c'est la foule qui passe donnant des impressions, mais ne laissant aucune sensation définie ; on est distrait, non renseigné. L'esprit veut-il au contraire s'appliquer lentement sur chaque mot, il ne tarde pas à s'irriter d'une pâture monotone dans laquelle il ne trouve rien à s'assimiler.

Enfin, pour d'autres raisons, nous n'avons même pas mentionné divers documents tels que les Itinéraires d'Antonin, les Vases Apollinaires (I), la Géographie de Pfoléinée, etc. Ce n'est pas que nous en méconnaissions l'importance ou l'autorité, c'est que nous n'y avons rien trouvé qui ne nous semblât une confirmation de vérités suffisamment démontrées.

(1) Voir dos détails sur les Vases Apollinaires et l'Itinéraire d'Antonin, dans Ernest Desjardins, La Gaule romaine. Paris, Hachette, 1893, tome IV.

Les Vases Apollinaires, découverts en 18.'i2 à Vicarello, étaient à la fois des gobelets et des livrets-postes, et avaient dû être ollerts connue stipes à Apollon ; ils portaient, gravés en dehors, les noms et tes distances exprimées en milles de tontes les stations postales, depuis (Jades (Cadix) en Espagne, jusqu'à Home. On en découvrit trois, puis un quatrième qui avait été dérobé fut retrouvé.

Nos limites. — Voici d'après quelles considéra lions nous avons limité l'étendue des extraits de Polybe et de Tite-Live.

Notre but est d'étudier l'itinéraire d'Annibal dans les Alpes elles-mêmes ; mais il faut savoir comment il les a abordées et comment il en est sorti. Nous le prendrons donc au moment où, après avoir traversé le Rhône à quatre journées au-dessus de son embouchure, il en a remonté le cours, et nous le quitterons seulement à son arrivée dans les plaines du Pô.

Les deux récits de Polybe et de Tite-Live ont été reproduits sans lacune ni addition; toutefois, la division par alinéas et les indications marginales n'existent pas dans le texte. Nous avons adopté celles qui nous ont paru le mieux convenir au présent travail.

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