LES ABIMES DE MYANS
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mis en pleine lumière par les travaux de l'abbé Trépier (1). Ce prêtre a trouvé dans les archives de révêché de Grenoble toute une série de documents qu'il a publiés, classés et discutés ; il a pu écrire avec vérité que « la catastrophe a été racontée par des » chroniqueurs ou historiens de tous les siècles, depuis le » xme inclusivement jusqu'au xix" ».
M. Ferrand a publié un récit abrégé de la catastrophe dans le 9e volume de Y Annuaire du Club Alpin français, en 1882.
C'est dans la nuit du 24 au 25 novembre 1248 que se produisit l'éboulement ; il engloutit six villages et seize hameaux, et fit périr cinq mille personnes. M. l'abbé Trépier regarde comme démontrée l'existence d'un tremblement de terre dont les secousses se sont fait sentir jusqu'en Angleterre, et qui aurait déterminé en Savoie l'effondrement du Granier depuis longtemps disloqué.
État actuel du Granier. — En ce moment môme (1900), le plateau du Granier est une figure irrégulière de près de 3 kilomètres carrés, présentant des crevasses dont la traversée est difficile, même dangereuse, car elles « sont souvent cachées par » un épais tapis de rhododendrons. Le Mont Granier n'est plus
» qu'une ruine que le temps fera sans doute disparaître
» L'observation indique qu'actuellement plusieurs crevasses » s'élargissent; ainsi se préparent sans doute de nouveaux ébou- » lements (2). »
Autres éboulements. — En dehors des ôboulements dont l'histoire a gardé la date, il en est d'autres dont on retrouve
(1) Recherches historiques sur le Dêcanat de Saint-André, par l'abbé Trépier (1878-1886). Publiées aussi dans les Mémoires de l'Académie de Savoie, année 1879, tome VI de la 3e série.
(2) M. Hollande. Etude sur les dislocations des montagnes calcaires de la Savoie. Chambéry, Imp. Nouvelle, 1889.
Cette dernière phrase vise principalement
une fissure qui se voit directement de la vallée,
^y et qui coupe le rocher de haut en bas à l.'iO
^^ mètres de l'angle nord du Granier ; une source
. jaillit sur l'autre face. Depuis le village même
Source des Marches, oh peut distinguer à l'œil nu la
crevasse et la source.
150 mètres
les traces sur le terrain, et qui n'ont été signalés par aucun chroniqueur.
C'est ainsi que .M. Hollande nous signalait, « au nord de Saint- » Offenge, les débris d'un écoulement assez considérable, de date » inconnue, mais qui n'a pu avoir aucune influence sur l'hydro- )) logie générale de la région. » 11 faut bien admettre néanmoins qu'il a contribué à en modifier la topographie.
Nous trouvons d'autre pari, dans Menestrier (1). la description assez vague d'un autre éboulemenl qui se produisit au xvn" siècle:
« J'ai vu arriver en ce pais là quelque chose de semblable en la » montagne de Pied-Gros, presque vis-à-vis du Mont Granier, » quoique non pas d'une masse à beaucoup près de cette énorme » grandeur. »