‹ Annibal en GauleChapitre 10 sur 32 · II. . PRÉPARATIFS. PRISE DE SAGONTE · texte numérisé non relu

II. . PRÉPARATIFS. PRISE DE SAGONTE

ques, et que les Romains aussi bien que leurs alliés étaient tenus de porter secours selofi que les circonstances du moment l^ exigeraient; dès lors donc, on doit reconnaître que les Romains ont perfidement failli à leurs obligations, en laissant détruire Sagonte sans lui porter aucun secours : d'autant plus que leurs ambassadeurs avaient solennellement a recommandé à Annibal de ne pas toucher à Sagonte j qui était sous leur protection ».

Tandis que dans les traités d'alliance faits par Annibal, traités loyaux et honnêtes, la réciprocité des engagements était absolument complète, comme on a pu en juger. Et cependant, ce sont ces Romains eux-mêmes qui ont osé appeler Annibal le perfide par excellence. Et cette calomnie persiste encore de nos jours I Et de même, nous verrons que Thistoire de la race gauloise conserve la Irace des calomnies romaines. Quelle terrible chose que la calomnie en matière d'histoire I Mais rentrons dans la question présente.

Il est vrai qu'ensuite, lorsque les Romains apprirent qu'Anfiibal s'était élancé de l'Espagne par-dessus les Pyrénées, le Rhône et les Alpes; quand ils virent arriv^er à Rome courriers sur courriers, non plus de Sagonte, mais des colonies récentes, de Plaisance, de Crémone, de Modène, annonçant que le redoutable Africain était en Italie avec une armée ; oh ! alors, au milieu de leurs propres alarmes, ils regrettèrent sans doute amèrement de ne pas être accourus contre lui à Sagonte, et de ne pas l'avoir retenu en Espagne avec toutes leurs forces. Mais il

était trop tard. £t ainsi, cette fois-là, ils furent aussi bien que Sagonte dupes de leurs traités, ils furent victimes de leur propre politique. Ce ne fut que justice.

« Dès que l'on sut à Rome l'attentat d'Annibal contre Sagonte, on envoya sur-le«champ deux ambassadeurs à Carthage, avec ordre, ou de demander qu'on leur livrât Ânnibal et ceux qui avaient pris part à ses desseins, ou de dénoncer la guerre. La demande de livrer Annibal fut repoussée avec horreur par le sénat de Garthage. A l'appui de cette demande, les ambassadeurs invoquèrent le traité fait à la suite de la première guerre punique, où il était dit : que de part ni d'autre on ne fera aucune peine auœ alliés. Les Carthaginois répondirent que dans le temps de ce traité les Sagontins n'étaient point encore alliés du peuple romain. Les Romains refusèrent absolument de répondre à cette apologie... » (III, v.) Il était effectivement assez difficile d'y répondre.

Le débat s'arrêta donc sur cette question finale : — Oui ou non, dans le silence du traité, les alliés futurs y étaientils implicitement compris d'avance ? — Question qu'on peut encore se proposer aujourd'hui comme jadis. Naturellement Polybe est avec les Romains pour l'affirmative. « Car, dit-il, si par ces alliés on avait voulu entendre seulement les alliés qui l'étaient alors, comme le prétendent les Carthaginois, on aurait ajouté : que Ton ne ferait point d'autres alliés que ceux que l'on avait déjà ; ou bien : que les alliés que l'on ferait après le traité n'y seraient pas com*^ pris. » (111, VI.) Mais il est clair que l'absence d'une stipu-

Page 1