PRÉPARATIFS. PRISE DE SAGONTE
étaient les dispositions et rattente des Gaulois^ la hauteur extraordinaire des Alpes, la peine qu'il devait s'attendre à essuyer dans ce passage, quoique absolument il ne fût pas impossible. x> (III, vu.)
Il est donc déjà manifeste, malgré toute la réserve qu'y met Polybe, qu'Annibal avait médité et préparé longtemps d'avance son expédition en Italie; qu'il s'était entendu pour cela avec les Gaulois, surtout avec les Gaulois cisalpins ; et que ceux-ci lui ont fourni tous les renseignements dont il avait besoin pour déterminer son itinéraire, avec des guides sûrs pour exécuter sa marche suivant l'itinéraire adopté : itinéraire où il devait s'attendre à rencontrer dans la traversée des Alpes des difficultés extrêmes, mais non pas insurmontables.
a Le printemps venu, Annibal fit sortir ses troupes des quartiers d'hiver. Lea nouvelles qu'il reçut de Carthage sur ce qui s'était fait en sa faveur lui enflèrent le courage, et, sûr de la bonne volonté des citoyens, il commença pour lors d'exhorter ouvertement les soldats à faire la guerre aux Romains. II leur représenta de quelle manière les Romains avaient demandé qu'on le leur livrât, lui et tous les officiers de l'aiinée. Il leur parla avec avantage de la fertilité du pays où ils allaient entrer, de la bonne volonté des Gaulois et de V alliance qu'ils devaient faire ensemble. Les troupes lui ayant marqué qu'elles étaient prêtes à le suivre partout, il loua leur courage, leur annonça le jour du départ et congédia l'assemblée. » (III, va.)
d8 ANNIBAL EN GÂULE.
§ m. •» Guerre déclarée. Passage de l'Èbre. Digression géographique.
« Tout cela s'étant fait pendant le quartier d'hiver, et (out étant réglé pour la sûreté de TAfrique et de l'Espagne, au jour marqué il se met en marche à la tète de quatre-vingt-dix mille hommes de pied et d'environ douze mille chevaux. Ayant passé l'Èbre, il fait passer sous le joug les Ibergètes, les Bargusiens, les Érénésiens, les AndosienSy c'est-à-dire les peuples qui habitent depuis l'Èbre jusqu'aux monts Pyrénées. Après s'être soumis tous ces peuples, et avoir pris quelques villes d'assaut avec beaucoup de rapidité, quoiqu'après bien de sanglants combats et avec perte, il laissa Annon en-deçà de TÈbre pour y commander et pour y retenir aussi dans leur de* voir les Bargusiens, dont il se défiait, principalement à cause de l'amitié qu'ils avaient pour les Romains.
ce 11 détacha de son armée dix mille hommes de pied et mille chevaux qu'il laissa à Annon, avec les bagages de ceux qui devaient marcher avec lui. Il renvoya un pareil nombre de soldats chacun dans sa patrie, premièrement pour se ménager l'amitié des peuples, et en second lieu pour faire espérer et aux soldats qu'il gardait, et à ceux qui restaient en Espagne, qu'il leur serait aisé d'obtenir leur congé : motif puissant pour les porter à prendre les armes dans la suite, s'il arrivait qu'il eût bes oin de eor secours. Son armée se trouvant alors déchargée de ses bù^ gages , et composée de cinqiuinte mille hommes de pied et