‹ Annibal en GauleChapitre 6 sur 32 · IMPORTANCE DES DÉTAILS PRÉCIS · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DES DÉTAILS PRÉCIS

lène n'eut que des renseignements insuffisants au sujet des actes de son héros : et c'est pourquoi il n'a pu en faire un éloge digne de l'un et de l'autre.

Rien n'est donc plus important au sujet de cette guerre d'Annibal , que de constater et la mise à exécution de son plan politique indiqué plus haut, et l'itinéraire qu'il a suivi, et la stratégie par laquelle il a dérouté les Romains, et sa tactique habituelle dans les batailles. Et si nous parvenons à bien démontrer tout cela , dès lors chacun pourra, selon la portée de son propre jugement^ apprécier cette étonnante expédition et se former une idée nette du génie prodigieux de cet homme.

Pour constater la mise à exécution de son plan poli^ tique conformément à la grande pensée de son père, Amilcar Barcas , il nous suffira le plus souvent de souligner divers traits du récit de Polybe^ qui paraissent en être des indices manifestes , et nous nous arrêterons seulement à quelques passages, qui lèveront tous les doutes. Quant à ce qui concerne la marche et les actes militaires^ du célèbre ^errier, plus d'une fois nous serons obligé d'entrer dans des détails un peu arides ; mais l'intérêt de la question nous fait espérer que le lecteur voudra bien les suivre patiemment avec nous. Du reste il se convaincra lui-même que ces détails sont indispensables à connaître^ et que nous n'avons pu lui en épargner la discussion.

Reprenons donc maintenant la suite du récit de notre auteur.

8é ANNIBAL EN GAULE.

§ II. — Préparatifs en Espagne. Prise de Sagonte. Arrivée des courriers

envoyés par les Gaulois cisalpins.

c Les Carthaginois étaient fort sensibles à la perte qu'ils avaient faite de la Sicile; mais ils avaient encore plus de peine à supporter celle de la Sardaigne et Taugmentation du tribut qu'on leur avait imposé* C'est pour cela qu'après s'être soumis la plus grande partie de l'Espagne, tout ce qui leur était rapporté contre les Romains était toujours bien reçu. Lorsqu'ils eurent appris la mort d'Asdrubal, qu'ils avaient fait gouverneur d'Espagne après la mort d'Amilcar, d'abord ils attendirent à lui nommer un successeur, qu'ils sussent de quel côté pencheraient les troupes ; et dès que la nouvelle fut venue qu'elles s'étaient choisi pour chef Annibal d'un consentement unanime, aussitôt le peuple s'étant assemblé, on confirma l'élection, et l'on donna à Annibal le commandement des armées...

a Fidèle aux avis d'Amilcar son père, il ne voulait pas se brouiller ouvertement avec les Romains, qu'il ne fût auparavant paisible possesseur du reste de l'Espagne. Pendant ce temps-là les Sagontins, craignant pour eux et prévoyant le malheur qui devait leur arriver, envoyaient à Rome courriers sur courriers, pour informer exactement les Romains des progrès que faisaient les Carthaginois. On fut longtemps à Rome sans faire grande attention à ces progrès : mais alors on fit partir des ambassadeurs pour s'éclaircir de la vérité des choses.

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