‹ Annibal en GauleChapitre 23 sur 44 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Mil, 4 ; VI, 6. Voir Valeton, De Pohjhii Fontibus et Auctoritaic. Ulrccht, 1879.

p'.'n'ii^.mi.pjismi,,

divinités ont été établis pour réprimer les caprices de la foule ; et il est d'avis que, pour cette seule raison, il y a lieu d'entretenir la piété, qui se lie étroitement à la probité et aux bonnes mœurs ; personnellement, il croit pouvoir s'en passer*. II déclare n'avoir foi en aucune tradition, car elles portent toutes la marque du mensonge et de l'erreur. Où la superstition n'est pas à dédaigner, c'est comme moyen de gouvernement, et elle a rendu de grands services aux Romains : tous les citoyens ne pouvant pas être également intelligents, il vaut mieux que les esprits de la multitude soient sous le coup de quelques vaines terreurs *.

Avec de telles opinions, on peut penser que Polybe n'acceptera pas comme explications historiques celles qui consistent à dire qu' « un Dieu a fait telle ou telle chose » ; il n'admet pas même le hasard, lequel dissimule toujours une cause cachée qu'un bon historien doit découvrir '.

Non seulement Polybe échappe aux vaines superstitions, mais il se tient en garde, dans son sacerdoce d'historien, contre les sentiments les plus honorables : ce II est d'un honnête homme, dit-il, d'aimer ses amis et sa patrie, de haïr ceux que ses amis haïssent, et d'aimer ceux qu'ils aiment ; mais ces sentiments sont incompatibles avec le rôle de l'historien. Il faut louer ses amis quand leurs actions le méritent, et blâmer sans ménagement les plus chers d'entre eux quand ils

« IV, 67; V, 9, 10, 106; Vl, 20; VII, 13, 14; XI, 7. « IV, 21; VI, 56; X, 2, 9; XI, 24; XVI, 12; XXXI, H; XXXU, 25.

Page 1