‹ Annibal en GauleChapitre 25 sur 44 · XI · texte numérisé non relu

XI

* Xlï, 25, 17. Polybe tient cette idée de son précurseur Éphore,

(Xll, 270

vie réelle qu'on ne saurait trouver que chez les historiens ayant réellement manié les affaires. Ces derniers seuls peuvent produire sur le lecteur des effets utiles et durables * » .

Nous aurons plusieurs fois à constater, dans l'histoire d'Annibal, la grande supériorité que Polybe tire de ses connaissances professionnelles et géographiques. Dans la traduction ou le résumé des documents, un mot juste peut avoir une influence décisive sur le sens d'une phrase ; il établit une différence radicale entre le texte de Polybe et celui de Tite-Live.

Mais la connaissance du pays, telle que Polybe Ten* tend, ne doit pas avoir pour objet de fournir une foule de noms propres à l'historien : elle lui sert à placer exactement le tableau dans son cadre, à tenir compte de la situation réciproque et de la distance des diverses localités où se déroulent les événements. Polybe élague les détails qui ne pourraient que satisfaire la curiosité ; tout ce qu'il rapporte doit concourir à l'objet Gnal de son œuvre, c'est-à-dire à l'instruction politique et militaire du lecteur. De là une grande clarté dans le récit, mais de là aussi les difficultés que nous rencontrons quand nous voulons, par simple curiosité historique, reconstituer l'itinéraire d'Annibal d'après les écrivains anciens. Quelle que soit la route suivie, il faut bien admettre qu'elle traversait des peuples et des villes, qu'elle franchissait des cours d'eau ; Polybe lui-même nous fera savoir * que les passages de rivières ont

Page 1