‹ Annibal en GauleChapitre 32 sur 44 · VIII. — Comparaison des textes · texte numérisé non relu

VIII. — Comparaison des textes

Polybe commence son livre III par un aperçu général du sujet qu'il va traiter ; il n'aborde l'histoire de la deuxième guerre punique que dans le paragraphe III, 6. L'exposé des causes et prétextes de cette guerre est assez développé (III, 6 à III, 12) et il est évident que cette discussion est l'œuvre personnelle de l'auteur. Il a consulté Fabius, Sosilos f4 Chœreas, qu'il cite et dont il combat l'opinion ; il u disposé, en outre, d'un auteur carthaginois ou grécucarthaginois que ses successeurs ont ignoré ou néglige, puisqu'il expose les préliminaires de la guerre d'aprrune version toute différente de celle que nous trouvons chez les autres historiens.

Remarquons en passant que Polybe, dès qu il trouve l'occasion de s'appuyer sur des textes officiel et authentiques, s'empresse d'en profiter : il a copi^

dans les archives romaines les traités passés entre Rome et Carthage. Tite-Live, tout romaia qu'il est, n'en a cure. .

C'est avec le paragraphe 13 de Polybe, et le XXI, 5 de Tile-Lîve, que commence le récit des événements.

Annihal combat les peuples riverains du Tage et de TÈbre. Celte guerre est rapportée en termes analogues par les deux historiens, mais, par une singularité que nous retrouverons plusieurs fois, quelques-uns des noms propres sont différents.

Polybe.

xVnnibal, ayant pris le commandement, s'empressa de conquérir le peuple des Olcades; il se porta devant Althée, la ])Ius forte de leurs villes, l'assiégea^ et par des attaques vigoureuses, terribles, il s'en em[Wira iri^s vite. Là-dessus les aulnes villes, épouvantées, se rendirent aux Carthaginois. Il leur imposa des contributions, et ayant réuni une somme considéra hle, il revint hiverner près de la Viile-Neuve. Ayant paye généreusement ses subordonnés, régir la solde et promis plus encore, il excita l'ardeur el les espérances de la troupe. L*été revenu, il repartit en toute liAte chez les Vaccéens, el enleva Uelmantika par une attaque de vi ve force. Arbucala, par sa grandeur, le nombre et le courage de ses habitants, rénisla longtemps à un siège,

TiTE-LiVB.

Il conduisit d*abord son armée sur le territoire des Olcades (ce peuple, situé au delà de TEbre, était plutôt dans la zone d*influence de Carthage, que sous son autorité), pour ne pas attaquer les Sagontins, mais être conduit par la suite naturelle des choses, ayant soumis tous les peuples voisins, et limitrophes de ceux-ci, à leur faire la guerre. Il emporte et pille Carteïa, ville riche, capitale des Olcades. Les villes plus faibles, frappées de terreur, payent une contribution, et acceptent le joug des Carthaginois. L'armée victorieuse, et riche de butin, revient à Carthagène pour hiverner. Là. par une large distribution du butin, et un règlement exact de la solde, Annibal se concilie les sentiments de tous ses concitoyens et alliés. Au printemps,

POLYBB.

et fut prise d'assaut. En revenant, Annibal courut un danger immense et imprévu : Les Carpésiens, qui étaient le peuple le plus puissant de cette région, prirent les armes contre lui; les peuples voisins s'étaient joints à eux, excités surtout par les réfugiés olcades et par les habitants échappés d'Helmantika. Si les Carthaginois avaient été forcés do recevoir leur choc en bataille rangée, ils auraient infailliblement succombé; mais Annibal eutTidée pratique et sage de se dérober en batlant en retraite, et s'étant fait un rempart du fleuve appelé Tage, il réduisit le danger au passage du fleuve. Il se donnait le fleuve comme auxiliaire, ainsi que les éléphants qu'il avait au nombre de quarante, et ce projet réussit tout à fait d'une manière extraordinaire et conforme à son calcul. Les barbares s'efforcèrent de franchir le fleuve de vive force en plusieurs endroits, mais le plus grand nombre fut écrasé en débarquant, car les éléphants se promenaient le long du rivage et prévenaient toujours les assaillants; beaucoup de ceux-ci furent massacrés dans le fleuve môme par la cavalerie, qui surmontait plus facilement le courant, et combattait les fantassins de haut en bas. Enfin les troupes dWnnibal passèrent le fleuve à leur tour, et tombant

TiTt-LïYE*

il porte la guerre cîieï les Vaccéens. Hermandica et Af bocala sont eolevèes d'assaul ; Arbocala, par 1^ courage et le nombre de seià babiiauts, prolonge longtemps sa défend.

Le;^ fuyaniâ d'HermandJca, et dos exilés olcades dont la nation avait été soumise l'année [>rètédonlc, se réunissent et excitent les Carpelani, Us attaquent Annibal à son retour de chez les VactiL-ens, et inqtik^lenl son armée, encombrée do buiin, non loin du Tage.

Annihal refusa la bataille, établit mn camp ^iir la rive* Dès <|Li*il y eut un peu de tranquillité et de silence chez les ennemis, il passa le fleuve à gué; il construisit son retran* chemeot de faron que les ennemis eussent Tes pace nécessaire pour passer ; il décide de les attaquer au ]Kissage. H ordonne à ses r3\aliers de charger lesî Espagnols quand ils les vcTraîenL entrer dans l'eau.

Il dispose la coionne dlnfanterie sur la rive, avec les éléphants (il y en avait quarante). Les Carp*^limi, avec leurs ren loris de Va en-en s et d'Olcutfes, étaient au uond>re de lOOjÛQO; i:\Hait une arm^ invincible, si l'on avait combattu en plaine. Naturellement braves, contianis dan?^ leur nombre^ et croyant qut,* Ten-

Page 1