XIV AVANT-PROPOS
longueurs mesurées sur les diverses routes qui traversent le Rhône et les Alpes.
S^il ne s'en trouvait pas une seule, dans le nombre, qui répondît à peu près aux chiffres de Polybe, il faudrait supposer une erreur grossière, abandonner tout espoir de résoudre la question sans y introduire d'hypothèses. Mais ce n'est pas ce qui se produit : les 1600 stades comptés a partir d'Ampurias nous amènent sur le Rhône non loin d'Arles, et il y a trois chemins qui, partant de là pour traverser les Alpes, répondent exactement aux données numériques de l'historien grec. L'un d'entre eux passe au col de Cabré, le second au Lautaret, le troisième remonte le Rhône, puis l'Isère et l'Arc pour passer au col Clapier*, non loin du mont Cenis. Les deux premiers ne satisfont pas aux diverses conditions qui résultent du récit de Polybe ; le troisième satisfait à toutes.
Parmi ces conditions, il en est une sur laquelle nous insisterons, parce qu'elle fixe le col franchi par Annibal avec une précision absolue, et que c'est précisément ce col Clapier auquel nous ont conduit les chiffres : parvenu
* Si Ton voulait passer par le mont Cenis, on trouverait environ 35 kilomètres de trop.