J. M. NOURY
Le but de mon travail, dit M. Noury, est de venir
apporter quelques faits de plus en faveur du perchlorure de fer, employé à l'intérieur, a haute dose, dans l'angine diphthérique, concurremment aux toniques et à une alimentation réparatrice. J'insiste sur ce dernier point, en raison de son caractère infectieux, de la nature essentiellement adynamique des maladies diphthériques, de l'atteinte profonde qu'elles portent aux forces radicales de l'organisme, atteinte surabondamment prouvée par les cas de mort survenant, alors que l'affection simplement locale et d'une bénignité apparente est impuissante, et par son étendue et par son siège, à expliquer cette funeste terminaison.
Les observations que je possède sont toutes relatives à des cas dediphlhérie pharyngée, sans extension bien marquée vers les voies aériennes, et par conséquent moins dangereuses que le croup.
M. Koury a employé la solution de percblorure de lerd'Adrian adopté par le Codex.
La meilleure manière, dit-il, d'administrer la solution de percblorure de fer est la plus simple. C'est d'en verser, au fur et à mesure du besoin, le nombre de gouttes voulu par l'état et l'âge du malade, dans un verre d'eau sucrée qu'il boit instantanément; ou bien, comme le fait M. Aubrun dans la diphthérie, d'en verser 20 à UO gouttes dans un verre d'eau simple ou acidulée avec quelques gouttes de jus de citron, que le malade boit par gorgées dans les vingt-quatre heures. Un peu de lait froid, bu ensuite, efface trèsbien le goût du médicament. Il faut avoir toin de ne
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se servir, à cet effet, que de vases de verre ou de porcelaine, afin d'éviter la décomposition qui ne manquerait pas d'avoir lieu au contact d'un métal,
Ell général, pendant les trois ou quatre premiers jours, M. Aubrun ne donne rien autre que leperchlorurc et du lait froid. Nous y joindrions les toniques et une alimentation aussi large que possible. Pendant chaque vingt-quatre heures, le malade peut prendre jusqu'à dix verres et quelquefois le double, ce qui nous représente un poids de G à 18 grammes.
La médication ne réussit bien qu'à la condition d'être ainsi appliquée hardiment et d'une f içon continue ; il est également très-important de la commencer le plus près possible du début de l'affection.
Ce traitement est très-facile à suivre, à part la répugance que cause souvent la septicité du médicament, répugnance qu'il faut vaincre à tout prix, surtout chez les enfants. Le perchlorure de fer, employé à l'intérieur, ne cause généralement ni épigastralgie, ni diarrhée, ni vomissement ; quelquefois un peu de constipation: le plus souvent la couleur noire desselles est le seul fait qu'on observe.
Formules îles pilules île Klauu de MM. Van de Veldc et Edui. Van Melckenekc.
Le procédé Denique est de tous celui qui, d'après nous, doit être préféré. Au point de vue pratique, il est le plus facile, et au point de vue chimique, c'est celui qui s'écarte le moins des conditions qu'on est en
TONIQUES. — ASTRINGENTS. 167 droit d'exiger d'une bonne préparation. Cependant nous avons cru devoir y faire quelques modifications, et nous avons l'honneur de vous proposer la formulesuivante :
Sulfate ferreux 180 grammes.
Bicarbonate de soude. . . 110 —
Eau 15 —
Glycérine 5 —
Miel 35 —
Gomme adragant 2
Gomme arabique 25 —
Faites des pilules de 25 centigrammes.
Pulvérisez les sels, mêlez l'eau et la glycérine dans une marmite de fonte, chauffez au bain-marie, jetez le mélange salin par cuillerées dans l'eau en remuant. Quand tout le sel aura été introduit, et qu'il ne se dégage plus d'acide carbonique, ôtez le tout du feu et ajoutez le miel, puis incorporez les poudres de gommes mêlées.
(Journal de pharmacie d'Anvers, mars 1872.)
Phosphate de chaux neutre hydraté. (TlSV.)
Si les ferrugineux sont d'efficaces reconstituants, le phosphate de chaux n'est pas moins efficace dans certaines conditions. Je prescris habituellement les granules de phosphate de chaux hydraté de Mentel à la dose de U grammes à chaque repas. M. Tisy donne la
108 ANNUAIRE DE THÉRAPEUTIQUE, préférence au phosphate de chaux hydraté neutre ; mais aux doses modérées auxquelles j'emploie les granules, il n'y a nul inconvénient à se servir du phosphate de chaux iribasique du Codex.
viande crue) nouvelle forme d'administration;
(<;. Dannect.)
J'eus l'idée, dit M. Dannccy, de mettre à profit l'extrême facilité avec laquelle la viande convenablement divisée perd, dans un courant d'air sec, toute son humidité. Je mis à sécher, en la plaçant dans un courant d'air, de la pulpe de viande étendue sur une mousse- Une et j'obtins, au bout de peu de temps, une masse très-friable qui, réduite en poudre, est d'une couleur brune, d'une saveur presque nulle, et représente environ quatre à cinq fois son poids de viande fraîche. Sous cette l'orme, elle peut se prendre entre deux soupes, dans du pain azyme ; elle peut même être délayée dans du bouillon ou un potage gras sans en modifier sensiblement la saveur.
{Bulletin de thérapeutique, 15 janvier 1872.)
IVpsUuv, EM'é|>u ration. (SCIIEFFER.)
M. Sehefler, tenant compte de l'action des solutions sursaturées de quelques sels alcalins neutres sur diverses substances protéiques, a essayé leur action sur la pepsine. Il a mélangé le liquide filtré obtenu par l'action de l'eau acidulée d'acide chlorhydrique
TONIQUES. — ASTRINGENTS. 169 sur la muqueuse d'estomacs frais de porcs, avec une solution saturée de sulfate de soude, et a obtenu, par ce moyen, un précipité qu'il a recueilli sur un filtre, exprimé et séché. Une petite quantité de ce produit, dissoute dans l'eau à la faveur de quelques gouttes d'acide chlorhydrique, avait la propriété de dissoudre l'albumine coagulée. Cette méthode pour obtenir la pepsine est des plus simples.
M. Schefler appelle pepsine sucrée un mélange de pepsine et de sucre de lait trituré ensemble dans une proportion telle que 50 centigrammes dissolvent ier,20 d'albumine coagulée. 11 reproche, avec juste raison, à l'amidon qu'on emploie en France de s'altérer facilement en s'humectant.
La pepsine peut être débarrassée du phosphate de chaux et du mucus qu'elle retient en la dissolvant dans l'eau acidulée et en la précipitant de nouveau avec une dissolution de chlorure de sodium. Mais pour priver complètement la pepsine de sel marin, il faut la plonger, desséchée, dans l'eau pure. Cette opération demande à être faite rapidement, car la pepsine se gonfle et perd de sa ténacité ; on obtient alors une pepsine qui se dissout dans l'eau acidulée et donne un liquide clair incolore que L'auteur appelle pepsine purifiée. L'alcool, il est vrai, pourrait être employé pour séparer le chlorure de sodium, mais la pepsine purifiée de la sorte possède moins de propriétés digestives que celle légèrement souillée de sel marin.
M. Schefler a déterminé le pouvoir digestif Hz la pepsine en déterminant la quantité d'albumine dissoute