DUQUESNEL
Huile de foie demorueblanche ou ambrée. 100 grammes. Essence d'Eucalyptus 1 —
L'huile de foie de morue aromatisée avec cette proportion d'essence, ne possède ni la saveur, ni l'odeur de l'huile de foie de morue. Elle est ingérée avec facilité, ne laisse dans l'arrière-bonclie et sur la langue que le goût de l'essence qu'elle contient, et, de plus, les éructations odoriférantes, si désagréables lorsqu'elles se produisent avec l'huile de foie de morue, sont complètement modifiées.
Liiiiincnt oléo-calcaire contre le pcniphlgus.
(Hillairet et Picot.)
M. Hillairet, se fondant sur l'analogie que présentent les lésions du pemphigus avec celles des brûlures au second degré, a pensé qu'une même méthode de traitement pouvait leur être appliquée. On sait tous les services que rend, dans les brûlures, le pansement par la ouate et l'oléo-calcaire. C'est ce mole de pansement que M. Hillairet applique au pempbigus bulleux.
{Bulletin thérapeutique, juillet 1872.)
Sulfate €le cinelionine ; effets physiologiques et thérapeutiques. (Bocchardat.)
M. Briquet a In à l'Académie de médecine, au mois d'octobre, pendant que j'étaisabsent, un long mémoire sur les propriétés thérapeuliquesdu sulfate de cinclio.nine. Ce travail ne renferme que la reproduction des faits contenus dans la belle monographie de M. Briquet, sur l'emploi du sulfate de quinine, et des exemples empruntés au mémoire qui m'est commun avec MM. Girault et A. Delondre ; je n'aurais pas fait mention ici de ce travail si mon collègue n'avait avancé que si le sulfate de cinelionine n'était pas plus employé et apprécié à sa jusle valeur, cela tenait aux assertions de M. Bouchardat. Je tiens à bien établir que le mot assertion n'est pas exact.
Dans notre travail, on ne trouve que l'exposé aussi complet que possible des observations sur l'usage thérapeutique de la cinelionine et des expériences sur les effets physiologiques de ce médicament.
Adoptant les résultats annoncés par nos prédécesseurs et particulièrement par M. Briquet, de l'identité d'action physiologique et thérapeutique des selsde cinelionine et de quinine, qui d'après les idées reçues ne différaient que par l'intensité, nous avons cherché à déterminer rigoureusement combien il fallait de cinelionine pour équivaloir à nue quantité déterminée de quinine.
L'expérience sur les animaux, l'observation chez
17/| ANNUAIll E DE THÉRAPEUTIQUE.
l'homme, nous ont démontré que si la cinchonine se rapprochait de la quinine par ses propriétés physiologiques cl thérapeutiques, il existait cependant des propriétés différentes qui ont une grande importance. Ce ne sont point des assertions, mais des résultats d'expériences et d'observations que nous avons résumées dans le Supplément à notre Annuaire de thérapeutique pour 185G dans les termes suivants : -
« Sous le rapport de son action physiologique et thérapeutique, la cinchonine n'est pas, comme on l'a cru jusqu'ici, complètement comparable à la quinine. L'opinion qui voulait que la cinchonine fût un diminutif de la quinine ne s'appuie pas sur l'interprétation rigoureuse de tous les faits.
» A dose égale, le sulfate de cinchonine lue plus promptcmenl et plus sûrement les grenouilles que les chiens.
» L'action dusulfate de cinchonine sur l'homme sain présente incontestablement des ressemblances considérables avec Faction dusulfate de quinine, mais l'interprétation rigoureuse des phénomènes montre qu'il existe des différences qui ne se rapportent pas à l'intensité.
»Le sulfate de cinchonine ne cause pas aussitôt que le sulfate de quinine à dose égale des bourdonnements d'oreille, des troubles de la vue, mais à doses moindres et plus constamment que le sulfate de quinine, il détermine une céphalalgie spéciale assez intense ayant principalement pour siège les parties antérieures de la tête accompagnée d'un sentiment de compression trèsremarquable. Ces phénomènes apparaissent à la dose
de 60 centigrammes à 1 gramme. A cette même dose beaucoup plus fréquemment et plus énergiquement qu'avec le sulfate de quinine, on observe des douleurs précordiales, des soubresauts, un affaiblissement trèsprononcé qui peut aller jusqu'à la syncope.
» Si le sulfate de quinine doit être préféré au sulfate de cinclionine pour combattre les fièvres intermittentes pernicieuses ; pouiics fièvres non pernicieuses, le sulfate de cinebonine marche l'égal du sulfate de quinine.
» 50 centigrammes pris en une fois, voilà la dose qui convient pour un jour. En Algérie, la dose peut être portée à 1 gramme.
» Observons cependant, et cela a une grande importance, que le sulfate de quinine à dose égale supprime plus sûrement, plus rapidement l'accès que le sulfate de cinchonine, mais que ce dernier sel guérit au moins aussi sûrement lorsqu'on peut disposer de l'élément temps et qu'on n'a pas à redouter un accès pernicieux.»
Voilà l'expression rigoureuse des faits, et nous sommes heureux d'êlre complètement d'accord au point de vue clinique avec un observateur des plus distingués, M. Laveran, qui a expérimenté le sulfate de cinchonine dans les circonstances les plus favorables pour juger de son efficacité dans les localités marématiques de l'Algérie (Gaz. méd. 1856, Nos 1 et 2).
En voulant trop prouver, comme M. Briquet a voulu le faire, on nuit à la meilleure cause. Je suis convaincu comme lui de l'efficacité du sulfate de cinchonine, mais dans les limites que nous avons posées. Je crois que son association au sulfate de quinine serait des plus
heureuses. Les grands quinquinas fournis par le C. succirubru contiennent un tiers de cinchonine et deux tiers de quinine ou de quinidine. C'est aussi la proportion que M. Delondre a adoptée dans la préparation de son extrait alcoolique à la chaux désigné sous le nom de quinium, dontreflicacilé est si bien établie. C'est la préparation quinique qui est presque exclusivement, comme on la nouvellement annoncé, employée à Java; elle est obtenue avec les écorcesdes cinchonas nouvellement acclimatés dans celle île.
Quinquinas à Java. (VAN GORKOM.)
M. Léon Soubeiran a reçu de M. Van Goikomla noie suivante sur la culture des quinquinas à Java :
« Notre culture de Cincliona prospère à merveille, el noire corps de sa nié emploie avec avantage nos écorces, leurs extraits, et en particulier le quinium. Le gouvernement a nommé dans ces derniers temps M. D. Moens directeur de la fabrique que j'ai fondée au milieu de nos plantations, et nous pensons pouvoir bientôt nous procurer nous-mêmes les alcaloï les nécessaires pour la consommation de nos hôpitaux.
» En mars dernier, on a fait à Amsterdam une vente publique d'environ 6000 kilogrammes d'écorce au prix moyen de 2 ou 3 florins le kilogramme. Ces écorces ont été trouvées en bonélatde conservation et remarquables de couleur et d'odeur. Les frais annuels de la culture sont aujourd'hui balancés par la production, et, avant 1876, tous les frais seront remboursés. Les plantations particulières se multiplient toujours, el les
écorces de Java feront bientôt sur le marché européen concurrence aux écorces américaines.» Américains de la Bolivie, de l'Équateur, de la Colombie, cultivez vos bons cinchona !
Quinquina* : nouvel alcaloïde. (HOWARD.)
Les eaux-mères obtenues dans la préparation des sels de quinine renferment quelquefois un nouvel alcaloïde isomère de la quinine. L'auteur ne sait pas encore si celui-ci existe dans toutes les variétés de quinquina. On redissout dans de l'éther le mélange d'alcaloïdes précipité de ces eaux-mères, on évapore l'éther et on traite le résidu par l'acide oxalique. On fait cristalliser les oxolates dans une petite quantité d'eau, on les décolore par du charbon et on les fait cristalliser de nouveau. L'oxalate de la nouvelle base cristallise facilement, mais il est difficile à purifier et très-altérable à l'air et à la lumière. Il est extrêmement soluble dans l'eau et encore plus dans l'alcool, mais il ne se dissout pas dans l'éther. Il perd son eau de cristallisation en partie dans le vide et totalement à 100 degrés, température à laquelle il commence à fondre. Son altérabilité rend son analyse difficile : on a trouvé (C-°ir2iAz202), G2H204 + 9 aq. Il renferme donc 3 molécules d'eau de plus que l'oxalate de quinine. Le sel qui se prête le mieux à l'analyse est le cliloroplatinate C20H24Az2O2, SHCl.PlCl*. La base libre est une huile jaune, assez soluble dans l'alcool et dans l'éther; elle se décompose par la dessiccation. C'est une base énergique, qui ne peut être déplacée entièrement par l'ammoniaque. Se3
sols sont neutres an papier réactif. L'acide azotique les
colore en jaune verdâtre, même dans des solutions
étendues.
Alcaloïdes doH quinquinas : détermination quautltlve. [DE \ R v.
M. de Vry utilise : 1° le peu de solubilité du bitartratre de quinidinc dans l'eau et la grande solubilité des bi-tartratës des autres alcaloïdes ; 2° le peu de solubilité du tarlrate neutre de cinchonidine dans l'eau et la solubilité un peu plus grande des lartrates neulres des autres alcaloïdes ; 3° la grande tendance del'iodosulfatede quinine à se former par l'addition d'une solution alcoolique d'iode au sein d'une dissolution de quinine dans l'alcool à 50 pour 100 contenant 1/20 d'acide sulfurique, ei le peu desolubililé de celte combinaison dans l'alcool, à 95 pour 100 ; Zi° la très-grande solubilité de l'iodosulfate de l'alcaloïde amorphe dans l'alcool à 95 pour 100; 5° l'existence d'au moins trois alcaloïdes dans tous les quinquinas examinés par lui.
M. de Vry insiste occasionnellement sur le fait général de l'existence d'un alcaloïde amorphe, soluble dans l'élher, dans tous les quinquinas des Indes tant britanniques que néerlandaises. Les anciennes expériences de Sertuerner sur la chiniodine se trouvent ainsi confirmées.
L'auteur s'appesantit, d'autre part, sur la nécessité de tenir compte de l'existence de cet alcaloïde amorphe
lorsqu'on emploie l'éther pour apprécier la quantité de quinine. Prenant en considération le pouvoir rotatoiredes alcaloïdes des quinquinas et notamment leur séparation en alcaloïdes lévogyres et en alcaloïdes dextrogyres et, d'autre part, la solubilité de la quinine dans l'éther, il est ax-rivé à baser sur ces propriétés un nouveau procédé d'évaluation des quinquinas qui ne peut manquer d'être utilisé dans la pratique commerciale.
M. de Vry croit devoir remarquer ici toutefois que l'alcaloïde amorphe, dont il a été question plus haut, possède une rotation à droite qu'il n'a cependant pas encore pu déterminer d'une manière rigoureuse à cause de la grande difficulté que présente la préparation de cet alcaloïde à l'état parfaitement pur.
En appliquant ce procédé à l'analyse des quinquinas, on constate ce fait que les quinquinas, suivant la prédominance de l'un ou l'autre des alcaloïdes, peuvent être divisés en quinquinas lévogyres et en quinquinas dextrogyres. Les quinquinas lévogyres sont évidemment ceux qui se prêtent le mieux à la préparation du sulfate de quinine, et leur richesse est en proportion de l'élévation de leur pouvoir rolatoire.
Action de la «juîutiie sur les globules blancs
«lu sang. (KERNEK.)
Afin de vérifier l'asserLion de Binz sur la propriété de la quinine, d'arrêter les mouvements des
1K0 ANNUAIRE DE THÉRAPEUTIQUE, leucocytes ou globules blancs du sang, et la valeur de cette objection du professeur Slrieker que l'acide contenu dans la solution jouait le principal rôle dans cet arrêt, de nouvelles expériences viennent d'être tentées. Incité par les observations de M osier sur la guérison de certains cas de leucémie par l'administration de la quinine, Kcrner a employé un sel neutre de quinine comme le chlorure et le carbonate. Dans une petite quantité de sang de chat et de chien, il introduisit à la température du sang une solution de ce sel à un dixième, 1 partie pour ZiOOO de sang. Sous le champ d'un microscope, le résultat fut frappant. Les globules blancs s'arrondirent et devinrent obscurément granuleux ; leurs mouvements s'arrêtèrent complètement aussitôt.
Comparant ces effets avec d'autres sels neutres, et en poursuivant ses investigations, Kerner trouva que la salicine, la caféine, l'atropine et l'arséniate de potasse étaient totalement indifférentes ou n'avaient qu'une très-légère action à cet égard. La quinine reste donc le toxique leucocytique par excellence, sans compter ses propriétés] antiseptiques. Aux thérapeutes d'en découvrir les applications et les effets intimes. {Pfluger Archiv. — P. G.)
ejuininc dans les olfactions oculaires. (AlGEL.)
M. le professeur Nigel a fait connaître les heureux effets obtenus par l'emploi du chlorhydrate de quinine dans le traitement des diverses affections de
la conjonctive et de la cornée, telles que : la conjonctivite catarrhale chronique, la conjonctivite phlycténulahe et pustuleuse et spécialement les cas de suppuration diffuse de la cornée.
Il a cité surtout un cas remarquable : celui d'un opéré de la cataracte, âgé de 69 ans et dont la cornée était infiltrée de pus depuis le troisième jour de l'opération . Le collyre au chlorhydrate de quinine fut appliqué et tenu pendant un certain temps en contact avec l'œil. On put au bout de quelques heures déj'i constater une amélioration sensible, et au bout de peu de jours l'infiltration ne laissait plus de trace. A sa sortie, le malade pouvait lire les manuscrits les plus fins.
Les effets du médicament proviennent surtout de l'action directe delà quinine sur les corpuscules blancs du sang extra vasés.
Le docteur Flarer (de Pavie) a employé la quinine non-seulement dans les cas indiqués par Nigel, mais il l'a essayée dans les kératites parenchymateuses. 11 a obtenu dans un cas très-ancien une guérison complète au bout d'un mois. « Quelques jours suffisent déjà, dit l'auteur, pour voir apparaître à la périphérie de la cornée, des ramifications vascnlaires partant du centre, sur un fond grisâtre qui est la conséquence de l'inflammation diffuse de la cornée. Les vaisseaux sanguins diminuent insensiblement de volume et finissent par disparaître insensiblement ainsi que l'opacité. »
Quant aux affections non inflammatoires, l'auteur