P IONIENNES
Si absolue que soit cette cause d'impuissance, n'y a-t-il rien à y substituer lorsque Ses testicules sont intacts? Les castrés ont bien encore des désirs vénériens? Un mari avec sa femme ne pourrait-il remplacer le pénis absent par un phallus artificiel s'adaptant par une ceinture à son lieu et place? Cette idée m'est suggérée par la demande authentique qui suit :
11. Monsieur le docteur, une femme mariée, donl la conduite a toujours été bonne, vient vous demander un conseil. Elle est encore jeune et son mari nul pour longtemps. Par sa position dans le monde, elle ne peut ni ne veul prendre un amant!
Voulez-vous lui faire savoir où elle peut trouver un phallus dont vous parlez dans 1' « Onanisme ? » Comme médecin, vous savez que la nature a ses droits et comme homme du monde, vous devez savoir aussi qu'une femme doit tout faire plutôt que de se livrer.
Veuillez bien, Monsieur, adresser votre réponse poste restante, aux initiales X..., Paris.
N'ayant pu découvrir, après enquête, où se trouvent ces instruments, il m'a été impossible de satisfaire à des motifs aussi louables. Un mari pourrait donc, à bien plus forte raison, y recourir à la demande de sa femme. Avis aux fabricants de se faire connaître.
L'absence du vagin, dix fois plus commune que celle du pénis, est la difformité correspondante chez la femme. Mais dès que la matrice existe, une ouverture supplémentaire anormale le remplace ordinairement. Elle s'est rencontrée dans l'anus et la vessie par l'expulsion du sang des règles. Quoique
ces ouvertures aieut été employées pour les rapports sexuels, dont la fécondation et l'accouchement sont résultés parfois, la chirurgie moderne s'est ingéniée à créer artificiellement un vagin. Elle a même réussi quelquefois à établir des rapports normaux dont, plusieurs exemples sont relatés h Y Impuissance féminine, page 409.
L'avantage est donc pour la femme à cet égard. Quelle que soit la cause qui a privé l'homme de la portion caverneuse du pénis, il est absolument impossible de la remplacer par un corps vivant, érectile, si minuscule qu'on l'imagine; ce sera toujours un instrument insensible, un tuteur, comme on le verra page 33o. Au contraire, un vagin artificiel, quand il manque ou qu'il s'est oblitéré à la suite de l'accouchement, par accident ou maladie, peut toujours être créé. Mais il faut savoir au prix de quels dangers.
Cette opération, dont il existe maintenant un certain nombre de succès authentiques, est toujours délicate et loin de réussir constamment. En voici les chances, d'après le professeur Courty :
Sur 28 cas d'imperforation de naissance, 2 opérations sont restées incomplètes et 2 ont été répétées pour récidive. Il y a eu 6 morts.
33 opérations pour oblitération accidentelle ont donné 6 morts, S sont restées incomplètes et 2 ont été répétées pour récidive. Ces résultats en indiquent les dangers.
Dès que les organes réciproques de la copulation existent, si variés soient-ils dans leur développe-
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ment, en plus comme en moins, il n'y a guère à s'en inquiéter de part ni d'autre. L'usage supplée ordinairement à ces disproportions; il s'agit seulement de les agencer convenablement, comme la chaussure à son pied. Les limites extrêmes forment seules des anomalies dignes d'attention. L'homme s'en préoccupe, surtout dès que le volume du pénis ne rentre pas dans la moyenne. Il s'en étonne, s'en intimide, s'en afflige, au point de se croire impropre à remplir son rôle, et reste ainsi dans le célibat. D'où la nécessité d'entrer dans quelques détails à ce sujet.
Exiguïté de volume. Cette difformité, si préjudiciable à l'homme, résulte de l'arrêt de développement des corps caverneux qui constituent la partie saillante du pénis. Elle est beaucoup plus commune que l'excès contraire. Le diamètre surtout fait le plus souvent défaut. C'est un signe d'infantilisme dont les Observations 7 et 8 forment le type. Mais l'adulte n'a pas à s'en affliger; il augmente par l'exercice, comme tout autre organe. L'afflux répété du sang dans les aréoles du tissu caverneux, qui produit l'érection, suffit à cet effet. La longueur peut également s'en accroître.
Ce défaut de longueur préoccupe surtout ceux qui en sont atteints, par crainte de ne pouvoir pratiquer le coït et surtout d'en procurer les voluptés à leur compagne. Ils restent ainsi célibataires en se livrant à la masturbation à deux. Trois exemples s'en sont offerts à mon observation pour en connaître la cause et le remède,.
12. Un homme d'une quarantaine d'années, bien constitué, mais de petite taille, offrait celte difformité au plus haut degré. La portion saillante du pénis en érection n'avait pas plus de deux à trois centimètres avec un gland mince, effilé, imparfaitement découvert ! Il se livrait à la manuélisation mutuelle comme le seul moyen de s'exonérer.
13. C'était le contraire chez un garçon de vingt-six ans, gros et trapu. Le pénis très volumineux, avec le gland en massue, présentait une masse informe se dessinant à peine dans la flaccidité et n'ayant que cinq centimètres, en érection. Il se livrait aussi à l'onanisme à deux, ne pouvant faire autre chose.
14. De même d'un employé aux ganls dans un grand magasin, beau jeune homme de vingt-quatre ans, grand effort. Dans le relâchement, le pénis formait une masse informe, à peine saillanle, aussi large à la racine que peu développée à l'extrémité par un gland minuscule. Il se développait à peine en longueur dans l'érection. Honteux de cette conformation pour se montrer aux femmes, il s'élait livré à la masturbation solitaire ; puis s'étanl senti chatouiller par la main, lorsqu'il était pressé et poussé dans les foules, il s'était plu et habitué graduellement à l'onanisme à deux... hommes, sans avoir jamais essayé le coït, s'en croyant incapable.
A cette question, il était difficile de répondre. Pourtant l'érection s'étant manifestée parfois spontanément en gantant ses clientes, l'épreuve était au moins indiquée, sauf à adapter un phallus rigide au besoin. Son irrésolution apparente, avec ses habitudes pédérastiques à son âge, font craindre qu'il ne l'ait jamais tentée.
Avec un pénis normal dans l'érection, cet organe se rétracte, se relire tellement dans la flaccidité qu'il n'en parait plus à Fextcrieur, surtout dans çer-
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taines conditions spéciales de crainte, de froid et de souffrance. L'urètre antérieur est si fort aspiré ou rétracté dans le bassin que le fourreau plissé se montre seul. Des anomalies de l'érection et le célibat prolongé sont déterminés par cette cause, d'après les Exemples 119 et 120.
Dans ces conditions, l'homme est encore plus impuissant par la timidité, la peur du ridicule, la crainte d'exhiber ses organes que par leur exiguïté. Avec du courage et une compagne complaisante, il pourrait réaliser du moins une union incomplète qu'il n'ose jamais essayer. Pourquoi doutant d'eux, ces malformés n'adaptent-ils pas au pénis court l'un de ces phallus ou tubes en caoutchouc durci qui, en simulant une copulation ordinaire, auraient au moins l'avantage de conduire le sperme à sa destination, comme le font certains vieillards insuffisants? (Observation 155.) La masturbation les rend graduellement anaphrodites — des faits le démontrent. k Anaphrodisie — leur naïveté et leur noviciat les tenant encore plus éloignés des femmes que l'exiguïté ou la malformation du pénis.
L'extrême étroitesse du vagin, correspondant à l'exiguïté précédente, existe aussi chez la femme. C'était le cas de Jeanne d'Arc; la Vierge d'Orléans. Ce serait pour le mieux, si ces deux anomalies se rencontraient; le contraire est surtout redoutable. De là, un obstacle insurmontable... pour les novices, les simples, timides, hésitants ou maladroits. Le sujet de Y Observa lion 101 a pu rester quatorze années devant celte élroitesse, soiVdisanl jnfranchis-
sable ! De tous ceux venus demander avis sur ce sujet, aucun n'affirmait aussi énergiquement que ce fût là l'obstacle. Il existe, en effet, bien plus sou vent dans le défaut d'une érection soutenue, une malformation du pénis ou du gland pour le lever.
Entre ces deux anomalies analogues, il n'existe pas d'autre ressemblance. Celle-ci se corrige aussi facilement que l'autre est réfractaire et persistante. A moins de douleur, par irritation, névralgie ou névrose, l'étroitesse vaginale résiste bien rarement à la dilatation par des moyens artificiels d'abord. Dans un cas où ce canal n'avait que le calibre d'une plume d'oie, la dilatation progressive permit bientôt la copulation et jusqu'à l'accouchement. D'aulres exemples analogues sont cités dans le Mariage, page 272. Il n'y a donc à s'en inquiéter que pour les maris monstrueusement conformés.
Excès de développement. Les faits où cette anomalie forme un obstacle absolu à l'union des sexes sont excessivement rares ; la plupart de ceux rapportés autrefois tenaient plus à la superstition et à la maladie qu'à la nature. Les cas d'éléphantiasis de cet organe se rencontrent ainsi dans certains pays, notamment en Océanie. Les anciennes provinces danubiennes, érigées aujourd'hui en royaumes, paraissent contenir des monstruosités héréditaires à cet égard, à en juger du moins par l'exemple récent d'un grand Roumain, atteint d'un phimosis vénérien, soumis à mes soins. Les faits les plus authentiques dans l'Europe occidenlale étant connus et publiés par les accidents produits, ils paraissent plus fré-
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quents que ceux d'exiguïté, dont la majorité restent inconnus, secrets, ignorés. Cet excès est ordinairement relatif à l'étroitesse de la femme et le défaut de dilatabilité du vagin. Il est donc à redouter dans les premières approches, quand le diamètre et surtout la longueur sont au-dessus de la moyenne. Les garçons ainsi conformés doivent toujours s'essayer avant leur mariage, sous peine de rester à la porte ou de produire de graves accidents par une défloration brutale. Il est aussi prudent de choisir pour se marier une femme grande et bien développée extérieurement, sans aucun vice apparent de conformation.
15, Un orphelin de vingt ans me demandait avis à ce sujet, le 5 février 1883. C'était un beau garçon dont le développement physique était au-dessus de son âge. Resté seul à la campagne et jouissant d'une grande aisance, il avait formé le projet de se marier, étant assailli de violents besoins génitaux qu'il n'avait pas encore essayé de satisfaire. Ayant lu le Mariage, il demandait si le développement énorme de la verge ne s'y opposait pas. Une première exhibition en semi-érection laissait voir en effet des proportions très exagérées, au-dessus de la moyenne, sans aucune trace de masturbation habituelle. En apprenant que sa fiancée, âgée de dix-huit ans, était grande et forte comme lui, je le rassurai en lui recommandant les précautions nécessaires, indiquées dans l'Impuissance, et surtout de n'entreprendre son voyage de noce qu'après avoir réussi, à cause des accidents à craindre de ia prise de possession.
Préoccupé de rester en écbec et craignant que j'eusse mal apprécié sa conformation réelle, il réclama une nouvelle inspection : « Je suis en érection complète, dit-il, et j'en suis gêné », et se levant soudainement, il se découvrit. Quoique régulières, les proportions étaient en effet formidables et je lui indiquai par prudence de
s'essayer auparavant. Il était complètement vierge et ne savait trop comment s'y prendre, n'ayant jamais reçu aucune instruction pour sa nouvelle fonction.
« l\on. dit-il, les femmes publiques me font horreur. J'aime ma future et je veux lui réserver toutes mes faveurs. Donnez-moi en détail les instructions nécessaires pour éviter les accidents et je les suivrai. Kn cas d'insuccès, je reviendrai. » Je ne l'ai jamais revu.
Tout est relatif en pareil cas, ai-je dit, entre la femme et l'homme. Que de maris conformés normalement, et même au-dessus de la moyenne, sont restés des semaines, des mois et jusqu'à des années, après un célibat prolongé, sans pouvoir déflorer leurs femmes, pour peu qu'elles fussent étroites ou irrégulièrement conformées! Que la fourchette soit très élevée, comme chez les petites filles, et que le gland soit en massue, l'érection hésitante et mal soutenue par les difficultés, la douleur, et en voilà assez pour que le coït reste fruste ou que la stérilité persiste. Ce fait est établi plus loin à Célibat prolongé.
Les hommes présentant ces proportions phénoménales du pénis se distinguent extérieurement par une taille élevée, leur corpulence et une forte membrure. Mais il est loin d'en être ainsi dans tous les cas. C'est souvent le contraire, et l'on ne peut guère se baser sur cette distinction; d'autant que la masturbation précoce et persistante favorise certainement ce développement. La plupart des masturbaleurs exclusifs, depuis l'âge de 24 à VO ans et au delà, avaient ainsi un développement très exagéré de cet organe dans l'érection et même \t\ flaccidité,
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avec le gland en massue et la dilatation variqueuse de la veine dorsale de la verge, comme signes particuliers de leur habitude. L'hyperdilalation des vacuoles du tissu caverneux, ne revenant qu'imparfaitement sur elles-mêmes, donne au toucher une sensation de mollesse charnue spéciale qui sert à les distinguer.
16. Un artiste distingué, âgé de vingt-six ans, blond, grand, pâle et maigre, sans barbe, adonné dès l'enfance à la masturbation, n'a pas cessé, absorbé par ses études, de s'y livrer depuis, même avec excès. Ayant eu l'occasion de pratiquer récemment le coït dans des conditions très favorables, il a été surpris de n'y trouver aucune volupté et vient, le 6 juin 1885, m'en demander la cause.
L'examen était nécessaire. Sur ma demande, il se récuse: « Je suis en érection ».
— Tant, mieux, nous en jugerons plus complètement. Et il exhibe un pénis des plus volumineux dans
toules ses dimensions. Aucune altération appréciable dans cet état de tension priapique et, dès le début de cet examen, une éjaculation abondanle a lieu, sans la moindre convulsion apparente, comme dans les pollutions involontaires.
— L'éjaculation est-elle toujours précoce, hâtive?
— Oui.
— N'êtes-vqus pas exposé aux pertes séminales involontaires?
— Très rarement.
— 11 doit y avoir eu difficulté, douleur dans l'intromission?
— Nullement de ma part. Il s'agissait delà maîtresse d'un de mes amis qui voulait la 1... aissîr. J'étais chargé de la prévenir en alléguant, une maladie et de le... remplacer. Elle se plaignit seulement de l'excès de pénétration.
— Elle ne vous plaisait donc pas?
— Je la connais depuis longtemps. C'est une belle
fille qui ne m'a jamais inspiré de désir. J'ai saisi loccasion pour en essayer, et, me trouvant en érection comme ici, j'en ai profité. En restant aussi insensible que je suis, j'y ai renoncé après une seconde épreuve.
— Vous n'aimez donc pas les femmes?
— Je n'en ai jamais fréquenté aucune et, quoique vivant dans leur société par mon âge et ma profession, aucune ne m'a jamais attiré ni impressionné.
— Cette anaphrodisie sexuelle ne vous a pas fait réfléchir ?
— Non, j'ai attribué cet effet à mon habitude.
— Elle peut en être la cause physique, sans doute, mais, à défaut de la domination du sens génital, l'amour, le cœur, l'âme, l'imagination n'exercent-ils aucune influence? Comment expliquez-vous leur silence, si vous n'éprouvez aucun sentiment pour elles à votre âge? Votre indifférence, votre insensibilité sont évidemment toutes morales. En est-il de même pour les hommes .'
Il m'avoua alors, un peu confusément, qu'en rencontrant des hommes dans les urinoirs publics, il s'était attaché à savoir pourquoi ils y restaient si longtemps ensemble, en le regardant. Il avait même remarqué les lieux où ils se trouvaient de préférence et il lui était arrivé d'être ainsi suivi.
— Dites provoqué et peut-être séduit?
— Non vraiment; mais je reconnais être plus entraîné vers l'homme que vers la femme, ajouta-t-il doucement.
— Effet de votre détestable habitude, monsieur, et qui vous menace de succomber si, pour la combattre efficacement, vous ne réagissez pas contre cette fatale inclination en vous attachant résolument à la femme.
Cette observation serait beaucoup mieux à sa place à Masturbation , car de là vient probablement le volume démesuré du pénis, bien que le gland n'en portât pas le stigmate. La friction parfois très rude exercée habituellement sur l'organe et surtout la prolongation de l'érection h volonté, en maintenant le
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sang dans les corps caverneux, en favorise évidemment l'expansion, la dilatation. La verge des boulangers est ainsi très volumineuse par les frottements qu'elle subit pendant le travail sur les bords du pétrin. ^Mauriac.) De là aussi la congestion habituelle de cet organe chez les jeunes masturbateurs. Un idiot de seize ans, masturbateur frénétique, enfermé à l'hospice d'aliénés de Maréville après de nombreux attentats à la pudeur, avait ainsi un pénis énorme comme signe et conséquence de sa passion. 11 suffit de relever le prépuce pour les convaincre de cette habitude, si l'on rencontre une vive rougeur bleuâtre, une sorte de balanite latente. Beaucoup sont ainsi dans une sub-érection permanente les provoquant sans cesse à y porter la main, comme dans le phimosis. Les entretenir ou les examiner à ce sujet suffit pour que l'érection se produise spontanément, comme dans le cas précédent.
Ce fait singulier s'explique d'autant mieux que l'on a affaire, sans s'en douter, à des pédérastes latents et même des sodomistes avoués. Après avoir soupçonné cette perversion à ce signe de l'érection spontanée, j'en ai obtenu la preuve chez un homme de cinquante-huit ans, atteint d'un écoulement bizarre qu'il qualifiait de spermatorrhée et qui n'était probablement qu'une affection de la prostate. L'examen étant indispensable, il découvrit un pénis formidable, turgescent et en demi-érection. La rigidité se compléta par la pression de l'urètre au périnée, quoique sans douleur. Le volume de la verge était alors exorbitant dans toutes ses dimensions, sans que les
testicules y participassent. Il avoua ses préférences sodomiques et sa découverte de l'onanisme en faisant de la gymnastique dans son enfance, comme dans Y Observation 134. Les détails circonstanciés de ce fait curieux, sous tant de rapports figurent à Inversion sexuelle sous le numéro 229.
L'influence de la masturbation n'est-elle pas évid. nte ici? Cette interprétation est confirmée par l'effet analogue résultant des maladies chroniques de la vessie et de la prostate. « Chez les individus dont le pénis prend un développement extraordinaire, dit Giviale — l'inventeur du broiement de la pierre dans la vessie, — il y a presque toujours des lésions profondes de la prostate ou de la vessie. La présence de la pierre, en provoquant le chatouillement du méat, porte les malades à se tirailler la verge et à l'allonger démesurément.. Le pénis prend aussi un grand développement et son caractère distinctif est d'être empâté, dur et rigide. Par leur contiguïté avec le pénis, ces maladies déterminent l'afflux du sang, une turgescence permanente qui, en se prolongeant, lui communique un volume croissant. Il coïncide avec une augmentation des désirs vénériens allant parfois jusqu'au priapisme. »
17. Nous l'avons constaté personnellement chez un employé du chemin de fer de l'Ouest, en décembre 187:2. Très calme et placide étant jeune, il était devenu si amoureux vers cinquante-cinq ans que sa femme, beaucoup plus vigoureuse que lui, s'en plaignit à moi en sa présence comme en étant fatiguée. 11 était atteint d'une rétention d'urine par hypertrophie de la prostate qui l'obligea d'entrer à l'hôpital Beau j on.
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Origiuel, ce développement excessif, en attirant l'attention, porte hâtivement à la masturbation et sans l'exagérer toujours en se prolongeant — ['Observation 15 le prouve — les faits précédents montrent péremptoirement qu'elle y contribue souvent. La turgescence et l'accroissement du clitoris résultant du manuélisme, le saphisme ou la succion, en sont des preuves surérogatoircs. Sa persistance, après la puberté et la nubilité, n'est certainement pas en faveur d'un parfait équilibre du sens génésique ei il est ainsi d'autant moins étonnant qu'elle prédispose à l'anapbrodisie et à l'inversion sexuelle. La gêne, l'embarras, la douleur même, résultant souvent de cet excès de volume, y portent autant que les anomalies si fréquentes de l'érection et l'éjaculation succédant à cette action mécanique de la main. Des individus, sans inversion uative, peuvent donc être atteints de ces anomalies fonctionnelles, sans aucune lésion du cerveau. Leurs abus, leurs excès onanistiques antérieurs suffisent bien à les déterminer. La démonstration en est dans les essais de rapports naturels tentés par le plus grand nombre, avant, durant et après toutes leurs aberrations, comme de nombreuses observations en seront relatées à Inversion sexuelle.
Ces anomalies péniennes déterminent divers accidents dans le coït; entre autres des hémorragies redoutables en sont la conséquence. Le docteur Zeiss fut ainsi appelé durant une nuit de noces. Le sang s'écoulait par un vaisseau ayant plus d'un millimètre de diamètre. Le volume exorbitant du
pénis, en déchirant profondément l'hymen jusqu'à sa racine, avait produit cet accident qui nécessita la suture du vaisseau.
Une grande disproportion des organes entre les deux sexes est ainsi, comme la différence d'innervation, une cause de stérilité relative, de même que la copulation violente, anormale ou vicieuse.
Une erreur très répandue est de confondre la gêne, le malaise, la douleur résultant des premières approches avec la frigidité. Des jeunes gens inexpérimentés ou mal enseignés l'admettent surtout dès que la litillation du clitoris ne réveille pas l'indifférence et l'immobilité. Koubaud a fait ainsi de l'atrophie de cet organe minuscule le siège de la frigidité idiopathique « quoiqu'il ait vu, dit-il, des femmes avec un clitoris excessivement petit ne pas rester entièrement froides aux caresses de l'homme. Mais, dans quatre cas bien authentiques d'absence originelle de cet organe, les femmes sont restées stériles. » Ce serait évidemment là une cause d'impuissance physique et non de frigidité morale ; mais il s'agit de montrer qu'elle ne la produit pas d'après notre observation.
18. Dès l'apparition du Mariage, eu 1880, un jeune paysan vint avec sa femme, mariés depuis six semaines, me demander comment elle n'éprouvait aucun plaisir dans leurs relations. Tout se passait normalement : mais il croyait qu'elle n'était pas conformée comme les aulivs. Il l'avait découvert en portant la main sur le mont dè
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Venus et n'avait pas rencontré le clitoris, ni rien qui pût exciter sa femme en cet endroit.
L'examen extérieur montra en effet que le mont de Vénus descendait plus bas que d'habitude avec absence du clitoris. Son siège ordinaire était couvert de poils. La vulve s'ouvrait au-dessus de l'urètre et le clitoris manquait absolument. De là le défaut de chatouillement au toucher. Au contraire, les seins étaient très sensibles et les mamelons érectiles, mais le mari l'ignorait et n'y touchait pas. C'était évidemment pour ne pas avoir su découvrir, loucher, exciter les autres foyers érogènes de sa compagne, ni en faire vibrer la fibre amoureuse, que ce jeune novice l'accusait de frigidité.
19. Partageant l'erreur commune, un jeune magistrat distingué, marié depuis sept mois, dont L'abord froid et réservé convenait mieux à sa fonclion qu'à son âge, me demandait aussi la cause de la frigidité de sa jeune femme. Il en avait été frappé dès le début de son mariage, d'après son expérience antérieure, très limitée, dit-il, sur ce sujet, et désirait savoir si le défaut de développement ou l'absence du clitoris n'en était pas la cause. Très préoccupé et affligé de ce défaut absolu de sensation dans le coït et de la froideur marquée dans ses préludes, qu'il croyait incurable, il s'était assuré par la vue et le toucher que cet organe était à peine marqué par un bouton rudimentaire dont la titillation était absolument insensible.
Convaincu des conditions satisfaisantes de son mariage, et ne trouvant rien dans l'éducation, le caractère ni la constitution de sa femme pour expliquer sa frigidité, je lui dis de s'en prendre à lui-même pour ne pas savoir l'exciter convenablement, car il paraissait un peu chagrin et morose.
Il m'opposa alors victorieusement que sa femme était
A.NOMALIES SEX1 ELLES
enceinte de quatre mois ! C'est la cause probable de sa froideur actuelle, répondis-je ; respectez-la en ce moment et, à l'avenir, étudiez bien les conditions où elle reçoit le plus volontiers vos caresses, quand elle y répond, et dans cet état suivez ses impulsions, soutenez et développez-en l'accroissement dans le sens le plus conforme à ses goûts, sans vous presser ni rien brusquer et vous lui communiquerez ainsi la chaleur et la volupté qui vous animent . S'adressant à un homme intelligent, le conseil a dû être suivi (reflet, car le consultant n'est pas mémo venu me remercier.
Il n'y a pas d'autre conduite à suivre, lorsque l'engourdissement, l'insensibilité, l'absence même du clitoris en paraissent la cause ostensible. Le rôle normal de la femme est beaucoup plus moral que physique, celui-ci ne convient qu'aux Messalines et aux. hommes efféminés ou épuisés. De là, l'étendue de sa frigidité plutôt que de son impuissance.
Ces anomalies de volume se rencontrent également sur le clitoris par son absence et un développement exagéré au point de simuler la verge. Cette exubérance est parfois originelle et coïncide alors avec d'autres difformités génitales. Les jeunes femmes à barbe, à l'aspect masculin, y sont prédisposées comme on l'a vu au Masculisme- féminin. 11 peut même être héréditaire, d'après l'exemple des négresses d'Arada ; mais il est plus souvent provoqué directement par la manuélisalion ou la succion. C'est la distinction à établir.
Il était développé et déformé spécialement sur
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des vénériennes convaincues de saphisnie et observées dans les hôpitaux (Onanisme seul et à deux, page 458.) C'est un caractère particulier de la tri— badie. Au contraire, les excès de coït sont sans influence, d'après Parent Duchâtelet. Une fille de dix-huit ans, déflorée depuis six mois et qui depuis s était livrée trois ou quatre fois par jour au coït, au point qu'une inflammation aiguë de la matrice l'obligea à entrer à l'hôpital de Lourcine, n'avait pas un clitoris trop développé, tandis que les grandes lèvres étaient énormes, flasques, ridées, très pendantes, bleuâtres et béantes. (Impuissance, page 381) .
Pas plus chez la femme que chez l'homme, ces difformités ne sont des causes réelles d'impuissance absolue ni de stérilité, lorsqu'elles sont uniques. On fait à tort une cause de frigidité de son absence, comme on le verra aux Anomalies de la copulation, et son développement si exagéré soit-il n'a jamais été une cause d'empêchement absolu de celle-ci; il est une gêne et voilà tout, comme la citation précédente en fait foi. La froideur, en pareil cas, tient bien plutôt à des habitudes solitaires ou au saphisme qu'à l'anomalie même. C'est pour mettre fin à ces pratiques secrètes qu'il a été excisé chez des hystériques et non contre son exubérance.
L'amplitude du vagin, résultant de l'absence ou du défaut de développement des bulbes caverneux chez la femme vierge, correspond encore plus directement, par un effet opp'osé, au volume exa-
us
géré du pénis. C'est une auornalie très rare dont trois exemples, observés personnellement, sont consignées anx Anomalies de la copulation.
Une longueur excessive du pénis est surtout préjudiciable en produisant des chocs ou heurts du gland avec le col de l'utérus, en passant au-dessus ou à côté et déterminant ainsi des fausses routes. 11 en résulte de la douleur, des déplacements de l'organe et des métrorragies qui deviennent ensuite des causes de stérilité.
20. L'histoire des époux X..., mariés depuis quatre ans, sans enfanLs, en offre l'exemple. Le mariage n'est consommé qu'après huit jours de tentatives infructueuses et une déchirure considérable de l'hymen, accusée à l'examen par des caroncules frangées très saillantes. Des métrorragies surviennent ensuite entre les époques, une endométrite est diagnostiquée, qui rend l'isolement des jeunes époux absolument nécessaire. Un long traitement topique, des cautérisations répétées et une saison dans les Pyrénées, amènent enfin Ja guérisôn; mais la stérilité persiste, malgré la jeunesse et la bonne santé apparente des époux.
A l'examen, le périnée est si étendu que la fourchette s'élève très haut. Le col utérin se trouve ainsi placé au-dessous de l'ouverture vaginale. Le mari, pourvu d'un pénis très long, avec gland en massue résultant d'anciennes habitudes, s'est ainsi frayé une fausse route très manifeste au-dessus de l'utérus. L'éjaculation a donc lieu dans la direction opposée du col, dont l'orifice externe est d'ailleurs encore rouge et un pou gonflé, toutes conditions défavorables à la fécondation. La palpation découvre en outre un cordon douloureux sur le trajet de la trompe gauche. Règles régulières, seins bien développés.
On constate cette conformation particulière de la vulve à l'accouchement de certaines primipares,
PÉNÏENNES. 99 quand là tête fœtale vient bomber, en avant et en haut plutôt qu'en bas, par la résistance de la fourchette. Elle n'est donc pas une cause de stérilité avec un pénis ordinaire, quoique le col se rencontre rarement alors dans Taxe du vagin.
Tous les accidents précités s'expliquaient ainsi. L'usage d'un anneau en caoutchouc fut prescrit au mari pour diminuer l'excès de longueur et celui d'un pessaire Gariel à la femme pour relever le col abaissé, conjointement avec le port d'une ceinture hypogastrique. En favorisant de la sorte le rapport des deux extrémités, la rencontre des germes fécondants sera au moins facilitée.
Les anomalies les plus graves siègent à l'extrémité libre du pénis, sur le cône tronqué qui le termine: le gland. Siège du seul foyer érogène de l'homme, son intégrité dans sa forme, son volume et son ouverture, est presque indispensable à une copulation normale et une éjacuîation efficace pour la fécondation.
Sa déformation en massue ou battant de cloche, ainsi dénommée par Tardieu, est un signe de masturbation habituelle, prolongée et excessive. Sans être constante, cette anomalie artificielle, en formant obstacle à l'intromission, est parfois l'unique cause de la difficulté à la défloration, comme nous l'avons constaté dans l'observation précédente et- celle du numéro 101 . Elle est d'autant plus dangereuse que les individus atteints sont souvent no-
vices, simples, timides et n'ont pas une érection ferme et soutenue. Chancelante, elle recule et tombe à la moindre difficulté. Qu'un certain degré d'anaphrodisie s'y mêle et ces novices se déclarent aussitôt impuissants et restent ainsi pendant des mois, et jusqu'à des années, d'après des exemples relatés à Anaphrodisie. Au lieu de l'onanisme seul, ces mariés continuent parfois un véritable onanisme a deux.
Le gland effilé, comme la verge du chien, est au contraire, d'après cet auteur, un stigmate distinctif de sodomie active. En admettant que la résistance du sphincter anal produise cet effet à la longue sur le gland des jeunes pédérastes soumis à ce laminoir, cette déformation ne peut atteindre ceux qui servent les vieux, l'anus se dilatant amplement par cet ignoble exercice. Ce signe n'est donc ni constant ni absolu. La dilatation de l'orifice anal, sa direction en fente plutôt qu'arrondie, avec des rebords saillants et la paralysie du sphincter sont bien plus caractéristiques de ce vice honteux, comme on le verra à Inversion sexuelle.
Aucun exemple ne s'en est présenté à mon observation, mais j'ai constaté celte disposition chez des garçons atteints de phimosis incomplet ou d'un prépuce exubérant, sinon clans l'aplatissement ou biliclité de la verge. (Observation 22.) Il est plutôt un signe d'infantilisme et ne pourrait être considéré comme artificiel que si le corps du pénis avait un volume normal et très supérieur au gland. Autrement, c'est plutôt un arrêt de développement
PÉNIENNÈ'S; 101 naturel, une atrophie compensatrice du gland en massue, quand son ouverture est bien placée. Mais la diminution de sa surface érogèno a toujours le danger d'affaiblir la volupté du coït. h'JflfcMiMsnte constitue donc une grave atténuation aux plaisirs de l'amour. Cette difformité peut ainsi conduire aux rapports contre nature, comme un exemple en est signalé à Inversion sexuel le.
Le col en loit/iic dp la matrice est l'anomalie correspondante chez la femme. En coïncidant chez deux conjoiuts, ces difformités sont des obstacles sérieux à la génération. Il suffît même qu'elle existe chez l'homme pour êlre une cause de stérilité de la femme avant un vagin court, très étroit, ou un
'i • i'j 'ili - lui» fclvirillMlv .. \\\ n( ivibu titt;nbn? ■■ \
déplacement de la matrice.
Bi/idilé. Le pénis constitué par deux corps caverneux, distincts et latéraux, peut se diviser en deux moitiés égales. La portion membraneuse du canal de l'urètre ou urinaire qui, à l'état normal, se trouve dessous pour les réunir, n'ayant plus de raison d'être, fait issue au bas ventre, au niveau du pubis, au-dess'us de ce pénis informe, bifide, rudimen taire, privé de ses usages ordinaires. De là deux infirmités redoutables : l'impuissance et l'incontinence d'urine. Elles se compliquent même ordinairement de l'OUVèrture du bas ventre donnant issue à la vessie.
21. ,)';ii observé pendant plus de vingt-cinq ans un piofesseUr de l'Université de Paris, frappé de cette double inlirmité. 11 véOftt constamment au milieu des jeunes gens des deux sexes sans désirs nj. érections,
Toute sa personne, son haleine et jusqu'à ses vêlements exhalaient une odeur urineuse infecte, repoussante, surtout en avançant en âge, par le défaut de soins. Il portait un urinai le long de son pantalon. L'habitude de le dissimuler lui fit pencher sensiblement le corps de ce côté. Il est mort à Neuilly d'une infection urineuse à un âge avancé. Ce fait a été signalé dans l'Impuissance, en 1882, avec trois autres analogues : d'où son extrême rareté. Tout ce qu'il est possible de tenter, en pareil cas, c'est de faire cesser l'incontinence par des restaurations autoplastiques, comme deux succès en sont relatés chez des garçons de quinze à dix-huit ans.
22. Sans être complète, cette bifidité s'accuse très manifestement chez certains individus. Au lieu de sa forme ordinairement arrondie, le pénis est aplati, creusé au milieu et renflé sur les côtés. Je l'ai rencontré ainsi chez un jeune ouvrier serrurier, livré passionnément à la sodomie active sur des vieillards obèses de préférence. Le gland, effilé par cette habitude, donnait un singulier aspect à la verge. Cette forme aplatie, quoique atténuée, s'observe aussi chez certains masturbateurs comme résultat de leur procédé particulier, d'étreindre le pénis au milieu avec le pouce, les autres doigts formant contrepoids dessous.
23. Un fait plus rare et curieux de bifidité réelle est celui d'un Portugais de dix-huit ans, ayant un double pénis figuré ci-contre, d'après la photographie envoyée de Lisbonne.
Ils étaient situés latéralement et normalement développés, le gauche un peu plus que le droit. L'explication en est dans l'insertion d'un. troisième membre inférieur rudimentaire sous la fesse gauche, le moignon du pied recourbé en avant du même côté.
Engagé dans une troupe de saltimbanques comme exhibitionniste de sa difformité, ce jeune garçon, grand et bien développé, jouissait d'une prolixité réelle en se servant tour à tour de ces deux organes avec la même femme. Le ptfnis gauche entrait cependant en érection plus rapidement que le droit, et il s'en servait de pré-
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férence, quoique pourvu également d'un seul teslicule. Mais l'un de ses tours de force était de s'en servir alternativement, sans éjaculation simultanée. Un double appareil séminifère, distinct et séparé, était donc probable.
nindi w.
Le cloisonnement du vagin, divisant ce canal en deux parties, par l'insertion vicieuse de l'hymen, est l'anomalie similaire chez la femme; plusieurs,
exemples en ont été constatés. Il n'est pas davantage une cause d'impuissance, et l'obstacle qu'il apporte à l'accouchement — eu le faisant souvent reconnaître pour la première fois — montre qu'il n'empêche pas non plus la fécondation.
Direction vicieuse. La verge courbée en bas, en haut ou sur les côtés, est une rare anomalie originelle; elle résulte le plus souvent de blessures ou de lésions, sinon de maladies spéciales de cet organe dont il n'y a pas à s'occuper ici.
La courbure en bas est la plus fréquente à la naissance. Elle était extrême chez un jeune enfant, présenté à J.-L. Petit pour l'opérer, et aussi marquée chez un autre qui voulait se marier. Il refusa dans les deux cas et s'assura à l'autopsie du premier, mort d'une lluxion de poitrine à onze ans, que le défaut de développement des corps caverneux, en raccourcissant le canal de l'urètre, rendait le redressement impossible. C'est donc un cas d'impuissance absolue.
24. Il n'en est pas toujours de même, si la courbure est latérale et peu prononcée. Elle existait ainsi du côté droit, derrière le gland, sans cicatrice ni induration, chez un employé bibliothécaire de trente à trente-cinq ans, marié et remplissant ses devoirs conjugaux, tout en éprouvant un peu de gène de cette malformation. Sans enfants, il en attribuait la cause à ce que l'émission était ainsi dirigée latéralement et demandait si une opération sans danger ne pouvait pas corriger celte difformité. En raison de son siège, je proposai des cautérisations en traînées horizontales sur la muqueuse, du cùté opposé, espérant obtenir un retrait compensateur par la cicatrisation. L'épouse sopposa énergiquemenf à cette tentative.
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25. Un second exemple s'en est offert le 28 avril dernier, chez un riche propriétaire des Hautes-Pyrénées, venant demander conseil sur la stérilité absolue de son mariage contracté depuis deux ans avec une demoiselle de vingt-six ans environ. Quoique ventru pour son âge, il est très bien portant ainsi que sa femme, et tout se passe normalement entre eux. L'interrogatoire ne révèle aucune cause appréciable; mais à l'examen, le pénis, en demi-érection, est dévié à droite assez sensiblement, sans qu'il s'en soit jamais aperçu. Ce peut donc être la cause d'une fausse roule à gauche et c'en est assez pour déterminer la stérilité. En lui enseignant les précautions à prendre pour éviter cette route, je lui prescrivis d'accompagner sa femme aux eaux de... qui lui étaient ordonnées contre sa stérilité et, en cas d'insuccès, de faire examiner son sperme.
En intéressant l'un des corps caverneux par défaut de développement ou atrophie de ses vacuoles, sinon leur sclérose, celte asymétrie originelle est donc à peu près incurable. Ceux qui en sont atteints ne doivent chercher qu'à la corriger, s'il est possible. Mais il n'en est pas de même des tumeurs ou nodus, des varicosités se formant accidentellement et qui nuisent également à l'érection. Elles constituent les Anomalies de l'érection décrites plus loin.
Phimosis. C'est l'emprisonnement du gland sous son enveloppe mobile : le prépuce, destiné à le protéger contre les frottements des vêtements cl les injures de l'air, comme les paupières protègent l'œil. Lorsque l'ouverture rétrécie de cette enveloppe ne permet pas de découvrir le gland vers douze à quinze ans, époque de la puberté , et de le mettre entièrement à nu jusque derrière sa couronne, il y a phimosis.
Cette difformité est ainsi complète ou incomplète, suivant que le gland reste plus ou moins caché.
Assez fréquente et très facile à reconnaître cette anomalie est une source d'inconvénients et de dangers en ne permettant pas d'entretenir la propreté de cette partie. Le prurit ou démangeaison en résultant incite les enfants à y porter la main pour se frotter et le chatouillement produit leur fait contracter l'habitude de la masturbation.
Phimosis complot. Phimosis incomplet.
La circoncision dos Juifs — consistant dans l'excision ou retranchement d'une légère portion antérieure de l'orifice du prépuce en agrandissant l'ouverture — fut ainsi pratiquée par Abraham, le premier, sur Ismaël, son fils, et tous les maies parmi les
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gens de sa maison . Le patriarche les circoncisait le même jour, selon l'ordre que Dieu lui avait donné. Il était alors âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans et Ismaël de treize ans. (Genèse, XVII, 23 et 24.) Cet usage fut ensuite érigé en loi religieuse par Moïse, commandant de pratiquer cette excision à la naissance de tout enfant mâle, non seulement comme un signe distinctif de la race, mais comme moyen hygiénique. À ce titre, le baptême des chrétiens par l'eau ne saurait le remplacer.
Ces pratiques simples et primitives se sont bien compliquées depuis. A l'emploi du sel dans la bouche, l'huile dans les oreilles, etc., du baptême catholique, les Juifs ont répondu par l'excision totale, complète du prépuce dans certaines contrées. Un Russe de trente-quatre ans, se plaignant tout récemment d'impuissance, exhiba à l'examen un gland nu et froid par absence du prépuce. A mon étonnement, il répondit: Je suis circoncis. En déterminant la faiblesse génitale, sinon l'impuissance réelle, comme dans l'Observation 84, cette anomalie indique l'urgence de se conformer rigoureusement au précepte de Moïse pour cette opération.
Les parents doivent donc y suppléer en surveillant si l'urination s'exécute bien chez les garçons, pour s'assurer qu'il n'y a pas phimosis. L'incontinence nocturne d'urine, infirmité de pisser au lit, en est parfois la conséquence, de même que les hernies, les convulsions et diverses autres affections nerveuses que la pratique de cette petite opération a souvent fait disparaître. Les pères qui en ont
été atteints ont surtout à y faire attention chez leurs garçons, en en connaissant les inconvénients et les dangers, car ce vice de conformation est souvent héréditaire. Il coïncide aussi fréquemment avec d'autres anomalies apparentes ou cachées.
Il se rencontre néanmoins chez des garçons de vingt ans et au delà, instruits ou ignorants, qui, par indifférence coupable ou pudeur stupide, négligent d'en parler, tout en se livrant à uue masturbation effrénée. S'il est incomplet et que la miction comme l'éjaculation se fassent librement au dehors, les plus peureux et pusillanimes essaient même le coït dans cet état ; ce n'est que par les troubles de fonctionnement, sinon les maladies en résultant, qu'ils sont forcés de s'adresser au médecin. Mais tous ces accidents ne peuvent triompher de leur pusillanimité pour un petit coup de bistouri, ordinairement sans danger. En voici trois exemples remarquables :
26. Le 25 juillet 18S-2, un employé de vingt-quatre ans. de très bonne apparence, quoique petit, me demandait conseil pour se prémunir des iiccidents d'un phimosis incomplot. 11 découvrait le gland flasque au niveau du méat, sur une surface d'une pièce de 50 centimes ;l peine. Des injections journalières de propreté étaient nécessaires, et encore lui arrivait-il de constater fréquemment des boutons d'Iicrpès sur le prépuce.. Deux écoulements blennorrhéïques, dont le dernier était ;ï peine terminé, s'étaient déjà manifestés depuis qu'il se livrait au coït. Le débndement était donc indispensable; mais il ne voulait pas en entendre parler. 11 prétendait essayer de la dilatation mécanique et dès qu'on le touchait avec le stylet, pour vérifier l'absence d'adhérences, il se retirait avec frayeur. Il ne consentit à
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essayer que l'emploi d'une pommade belladonée, sans se laisser convaincre de l'exigence absolue d'une petite incision. Elle est rendue d'autant plus facile actuellement que l'anesthésie locale avec la cocaïne prévient la douleur.
27. « J'ai vingt ans, écrit un Corse, le 16 octobre •1886, et cependant mon pénis n'a cessé d'être presque complètement recouvert par l'enveloppe du prépuce qui se débride pourtant de si bonne heure chez la plupart. Ce fourreau, qui n'adhère d'ailleurs au gland en aucune façon, si ce n'est au filet inférieur auquel il est rattaché, se trouve tellement rétréci à l'ouverture, que ni à l'état de llaccidité, ni à l'état d'érection, je n'ai pu arriver à faire sortir plus d'un centimètre de l'extrémité du gland, c'est-à-dire là où il est le plus aminci. Un coït régulier et facile ne peut ainsi avoir lieu dans ces conditions. Le procédé que j'emploie presque toujours est celui des capotes anglaises. D'autre part, si je n'avais pas soin de laver de temps en temps l'intérieur du fourreau, des maladies pourraient bien survenir. En effet, si je reste cinq ou six jours sans y toucher, une démangeaison insupportable survient, m'excitant à la masturbation. Je m'empresse alors de laver le gland, en introduisant de l'eau par l'ouverture, et, après quelques frictions, elle sort toute blanche, en répandant une odeur détestable. »
En confirmant les inconvénients du rétrécissement, quoiqu'il y en ait encore de plus serrés, cette relation, dans son style vulgaire, pourra servir à en éclairer de plus simples. Les efforts faits pour découvrir le gland montrent le mécanisme de son effilement et combien sa sensibilité érogène peut s'altérer dans ce milieu malpropre et fétide, alors qu'il doit être découvert et baigné tous les jours pour conserver sa sensibilité normale. Ce garçon écrit cependant pour savoir si « des bains ou des injections locales
émollientes » suffiraient à amener le débridement ou si une opération nécessaire ne pourrait être faite par lui...? Cette simplicité d'un garçon instruit et éclairé permet de juger jusqu'où peut aller celle des ignorants en pareil cas.
28. La réponse est donnée, le 7 juin 18.88. par un Savoyard du même âge, atteint de cette infirmité : « Le pénis n'a pris, depuis ma naissance, aucun développement, l'enveloppe recouvre entièrement le gland. Néanmoins, il peut entrer en érection et l'éjaculation est normale. Prière de dire s'il serait possible de faire une opération qui puisse découvrir le gland et développer le pénis.»
Voilà l'intelligence des jeunes gens sur ce sujet, après avoir lu Y Impuissance où il en est traité amplement. C'est à désespérer de les mettre en garde contre tous les inconvénients et les dangers de cette anomalie. Dans ces deux cas, comme dans le premier, il est évident, manifeste, que le débridement par une légère incision, au bord supérieur du prépuce, est indispensable pour en agrandir l'ouverture. Les victimes le comprennent et n'osent s'y soumettre. Il semblerait, en répandant un peu de sang de l'alliance, comme les Juifs appellent celui de la circoncision, qu'ils craignent par là de s'inféoder à cette secte et préfèrent compromettre ainsi leur virilité, s'exposer à la stérilité et à l'impuissance précoce, au lieu de s'en libérer immédiatement. L'expérience des siècles, depuis Abraham, sur l'innocuité de cette petite opération ne leur suffit pas; la crainte folle de laisser loucher à cet organe difforme, le lait conserver tel à grand nombre d'individus. On ignore
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trop qu'au danger de la masturbation précoce, qu'il engendre et entretient souvent, s'ajoutent parfois des habitudes contre nature dont nous avons rencontré un exemple sur un très beau garçon de vingtquatre ans. (Observation 215.)
Les conseils de révision devraient donc signaler cette anomalie, à l'égal du varicocèle et des hernies notamment, en faisant comprendre aux conscrits la nécessité de se soumettre à cette petite opération. Voici la preuve qu'ils n'y font pas plus attention que les parents.
29. Un fils unique, normand, de vingt-trois ans, occupé à des travaux sédentaires de bijouterie et d'orfèvrerie, militaire depuis deux mois et demi seulement, après trois ajournements successifs pour faiblesse de constitution, malgré sa taille de lra, 78 et un tempérament lymphatico-nerveux, s'accuse de n'avoir jamais pu découvrir complètement le gland. Sans érection même, il n'en met à nu, avec la main, que quelques centimètres autour du méat.
11 s'est masturbé depuis son enfance jusqu'à vingt ans, seul et de préférence à deux: ce qui lui a permis de constater « que son pénis ne se comportait pas comme celui des autres et que le sperme était moins abondant et plus épais ». Ayant pu avoir ensuite des rapports avec une femme, étant habillé et dans des positions plus ou moins gênées, mal à l'aise et en cachette, ils ont toujours été incomplets par défaut d'érection. Il est resté impuissant depuis, et quand on lui parle de se faire opérer au régiment, il refuse. « Culte inlirrnité d'impuissance est si pénible à avouer, dit-il, que je veux avant tout que le médecin et moi seul en ayons connaissance. » Le phimosis et la masturbation sont donc les causes de cette anomalie de l'érection dans les rapports naturels.
Nous nous en sommes assurés par la vue et le
loucher, dans un cas d'allongement préputial, chez un garçon placé dans des conditions identiques et éprouvant les mêmes accidents signalés à l'Observation 42.
30. De tous nos consultants, aucun n'avait consenti à s'en laisser débarrasser, lorsqu'un garçon de dix-neuf ans nous écrivait tout récemment à ce sujet. Le gland était recouvert par le prépuce et ne pouvait être relevé par le rétrécissement de son orilice. La crainte seule de ne pouvoir accomplir le coït complet et la honte l'ont retenu jusqu'ici à l'essayer, car la compagnie des femmes l'y incite. Depuis l'âge de seize ans, il se masturbe devant un pressant besoin, soit une à deux fois par semaine, selon les occasions qui l'excitent. 11 n'en ressent aucun malaise et croit, au contraire, cela nécessaire quoique répugnant et s'en confesse la rougeur au front. Les rêves libidineux sont rares ainsi que les pertes séminales.
Désespéré de cet état qui l'empêche de se livrer aux plaisirs et aux divertissements de son âge, où il n'éprouve qu'ennui, obsédé sans cesse par la pensée de sa difformité, il demande instamment un moyen de guérison, croyant que sans cela il ne pourra jamais se marier.
En rassurant ce jeune homme sur l'exagération de ses craintes folles, je lui montre qu'un simple coup de bistouri, en débridant l'ouverture du prépuce, le débarrassera instantanément de sa malformation; que faute de s'y soumettre, les accidents signalés augmenteraient fatalement avec les dangers suivants : développement incomplet du gland emprisonné et son insensibilité, son irritation, son inflammation, les maladies vénériennes, l'onanisme à deux, etc.
Cinq jours après, ce beau jeune homme arrivait du Pas-de-Calais, pour être opéré. Ayant constaté l'absence d'adbérences , je l'envoyai à l'hôtel où. trois heures après, je levais le rétrécissement, malgré l'irritation et le bourrelet de l'orifice préputial. Le séjour préalable d'une solution de cocaïne pendant cinq à six minutes suffit à réduire la douleur et le saignement. Deux jours
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après, l'opéré partait guéri, heureux et joyeux, reprendre ses occupations et... ses amours.
Phimosis opéré.
Nota bcne. J'avais demandé si le père n'avait pas eu la même difformité. Son fils me le confirma positivement et me montra un léger strabisme de l'œil gauche avec une dent œillère supplémentaire au-dessous. Confirmation éclatante de l'hérédité et de la loi tératologique : un défaut ou vice de conformation est rarement seul; il s'agit de bien chercher pour en découvrir d'autres, s'ils ne sautent pas aux yeux.
Honteux d'exhiber leur difformité, la plupart de ces victimes tardent ainsi à se livrer au coït et s'en tiennent à la masturbation. Ils déclinent môme les occasions et les avances qui leur sont faites et beaucoup restent ainsi novices jusqu'à leur mariage,
sans se douter des difficultés qu'ils rencontreront et du divorce pouvant résulter contre eux de leur impuissance. Exemple des malheurs auxquels ils s'exposent :
31. Un jeune homme venait de se marier avec un phimosis qui le gênait beaucoup dans l'accomplissement de ses devoirs conjugaux. Ayant résolu de se faire circoncire, il s'adressa en Allemagne à un médecin qui, sans doute, se fit chirurgien pour la circonstance, et négligea de laisser assez de peau au prépuce. Ce malheureux se trouva avoir un fourreau si petit qu'en entrant en érection, il éprouvait une vive douleur qui l'obligeait de se retirer aussitôt. C'était donc là une injure grave pour sa femme, pouvant donner lieu au divorce, malgré la bonne volonté évidente d'améliorer son appareil. Heureusement, le tribunal ne vit là qu'une infirmité déplorable, pour les deux époux, mais non injurieuse. (Brouardel, Questions médico-légales.)
En se mariant avec cette difformité, quelques-uns préfèrent môme s'en tenir à une sorte d'onanisme à deux, comme dans les observations suivantes, malgré la stérilité de leur union, plutôt que de se l'aire opérer. 11 leur est si pénible d'avouer et montrer leur impuissance qu'ils s'en tiennent là.
32. Un Hispano-Américain, de quarante ans environ, marié, sans enfants, est venu de l'Amérique du Sud pour me demander s'il n'y avait pas de pommade ou d'instrument pour dilater l'ouverture, car, depuis quelque temps, sa virilité diminuait sensiblement. Le méat se découvrait seulement sur une surface d'une pièce de cinquante centimes environ. Sur mon avis que l'occlusion du gland était la cause de sa faiblesse croissante et qu'un débridement était indispensable, il refusa en disant que cela ne le gênait nullement. Son extrême pusillanimité l'empêchait de comprendre que le défaut de volupté était la cause de son impuissance.
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La douleur, la maladie et les accidents nerveux provoqués par le phimosis, l'impuissance surtout devant un mariage projeté, peuvent décider les plus timides et pusillanimes à demander avis et accepter l'opération. Un jeune homme qui me l'avait refusée en santé, ayant contracté un chancre sous-préputial à vingt-quatre ans, l'ut obligé de la subir dans les plus mauvaises conditions. Il en guérit heureusement et est aujourd'hui chef d'une nombreuse famille.
33. Un représentant de commerce, en Bretagne, Agé de vingt-sept ans, dont cinq passés sous les drapeaux, écrit, à la veille de contracter mariage : « J'ai la verge relativement petite et très rentrée, quoique d'une assez bonne santé et d'une forte corpulence. Je ne puis et il m'est impossible de provoquer son développement et sa raideur en me trouvant en contact avec une femme, éprouvant cependant les mêmes désirs que tout autre. Si, étendu sur le dos, le sommeil ou une circonstance quelconque produit une légère érection, elle disparaît complètement en me retournant sur le venlre.
De douze à treize ans, un abcès de l'abdomen, près de l'aine gauche, m'a été ouvert assez profondément, puis des panaris et des maux blancs y ont fait suite. Malgré les années, il m'est resté un engourdissement du haut de la cuisse gauche.
De quatorze à quinze ans, n'étant pas encore formé, je m'étais plu à détacher la calotte encore adhérente en partie au gland. Depuis, les proportions de la verge sont à peu près restées telles, ne suivant point les progrès de ma constitution. Le prépuce a dû m'être coupé en partie au régiment, se trouvant très court et retenant complètement la peau à l'extrémité du gland ; ce qui me gênait beaucoup pour uriner, lorsque la verge était un peu gonflée. Aujourd'hui encore, la peau, insuffisamment ouverte pour passer librement le gland, ne me permet pas de le découvrir, excepté pendant l'érection.
Ayant maintes fois essayé de pratiquer le coït sans y parvenir jamais, quoique l'érection se produisît très facilement artificiellement, j'en suis arrivé à me satisfaire moi-même; ce qui n'est pas sans affaiblir les parties génitales. Mais n'ayant jamais osé essayer le coït au moment de l'érection artificielle, je n'ai point banni tout espoir de réussir avec ma femme.
Vous pouvez ainsi juger de mon cas et apprécier si j'ai raison de m'en inquiéter, en vous priant de m'indiquer un remède ou simplement une méthode qui puissent parer avec efficacité à l'embarras de ma situation. »
Tout en me livrant à un supplément d'enquête sur ce cas singulier et compliqué, il a été impossible d'obtenir d'autres renseignements plus précis. Ils conlr'indiquaienl évidemment le mariage par l'impuissance physique et morale accusée explicitement par cet infirme. « La vue et le toucher ne pouvant produire chez moi, dit-il, ce qu'une pensée et un désir occasionnent chez un autre, domiDé par la conviction de ma faiblesse et la crainte d'êlre bafoué, comme cela m'est arrivé, je me suis toujours retenu pour essayer ce dernier moyen. » Voilà le triste résultat d'un simple phimosis non consLalé ni opéré dans l'enfance. La circoncision, en prévenant la masturbation précoce, eut favorisé le développement normal de l'organe avec le reste du corps et empêché toutes les conséquences du défaut d'érection.
Quant à la coxalgie gauche, décelée par l'abcès et dont l'engourdissement persistant de La hanche semble la confirmation, elle parait être aussi L'effet de ce phimosis. Plusieurs chirurgiens en ont observé des exemples et la douleur avec boiterie ayant dis-
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paru par l'excision du prépuce, force est de la rattacher à celte anomalie, comme dans les cas suivants.
34. Un garçon de neuf ans, bien portant et bien conformé, vigoureux et très intelligent, est arrêté dans ses jeux par une douleur assez vive dans la hanche droite ; une boiterie continuelle en résulte. Il est amené au professeur A. Reverdin (de Genève) en mai 1880 et, après un examen scrupuleux, sans poser un diagnostic ferme de coxalgie au début, ce chirurgien conseille le repos au lit et l'extension. Six mois après, aucun changement dans la douleur locale, absence de gonflement, d'abcès, d'allongement ni de raccourcissement. Dans ce nouvel examen minutieux, le cbirurgien est frappé de la longueur et l'étroitesse du prépuce; l'enfant n'en souffrait pas et n'avait jamais présenté, dit la mère, ces inflammations si fréquentes en pareil cas. L'opéralion fut néanmoins proposée, acceptée et pratiquée le ■15 octobre. Trois jours après, toute douleur avait disparu comme par enchantement, sans récidive. Elle était donc produite et entretenue par cetle petite difformité. Avis pour y regarder.
35. Un enfant de deux ans, atteint d'incontinence d'urine, présente depuis cinq ou six mois une parésie des membres inférieurs telle qu'il ne peut se tenir debout. Aucun signe d'une affection des centres nerveux; phimosis très prononcé avec prépuce long et volumineux. Le gland est enflammé, rouge, très sensible et douloureux. M. Redard fait alors la circoncision et, peu de temps après, les mouvements redeviennent faciles et l'enfant peut marcher.
36. Chez un autre enfant de dix-huit mois, la mère s'aperçoit depuis trois à quatre mois que les mouvements des cuisses, la droite surtout, se faisaient difficilement ; les mouvements d'abduction étaient pénibles et douloureux. A l'examen, on note une contracture très nette des adducteurs, surtout marquée à droite; les muscles so
dessinent sous l'orme de cordes, lorsqu'on veut faire le mouvement d'abduction. Les articulations coxo-fémoralcs sont immobilisées, le bassin est entraîné pendant l'abduction.
Articulations absolument saines, sans aucun symptôme de coxalgie. 11 existe un phimosis très marqué, le gland est rouge et très sensible; au moindre attouchement, l'enfant crie, cherche à se soustraire et, fait important à noter, la contracture musculaire augmente. IS'e trouvant pas d'autres causes, M. Redard voit dans la balanite et le phimosis la seule explication des symptômes observés et pratique. la circoncision. Quinze jours plus tard, les mouvements d'abduction étaient devenus faciles et la contracture des adducteurs avait absolument disparu. (Journ. de méd. et chir. prat., ocLobre.)
37. Ce n'est pas tout encore. En relentissant sur le moral, la même difformité amène parfois une tristesse, une mélancolie désespérante, qui s'oppose aux progrès des éludes scolaires. Tel était un grand adolescent de dix-huit ans, lymphatique et slrumeux, n'ayant goût à rien. Il n'eut de décision qu'en se tirant un coup de pistolet pour en finir ; heureusement, il ne réussit pas par sa gaucherie. En traitant sa blessure, M. Reverdin remarqua son prépuce très long et fort étroit, et, quelques jours après, il en réséquait la portion exubérante. La plaie se cicatrisa sans suppurer. Bientôt ce garçon se mit au travail, devint gai et souriant et n'était plus le même après cette petite opération.
Des convulsions épileptiformes, chez de très jeunes entants se masturbant, en ont même été guéries, comme deux exemples en sont relatés par ce chirurgien. Au contraire, en laissant cet organe imparfait, inopéré, il amène inévitablement, avec ou sans mariage, par les troubles résultant de son fonctionnement, un état nerveux qui rend ses viclimes à la l'ois impuissantes et stériles, comme des cas en sont rapportés à Neuraslltcnie.
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L'irritation génitale, produite par cette infirmité, amènerait des complications bien plus graves, selon quelques médecins anglais et américains. Son action réflexe, en agissant sur la moelle, entraînerait des paralysies, des troubles nerveux de différentes formes. Le simple resserrement du méat urinaire serait, pour le docteur Otis, une source féconde de mélancolie, d'accès épileptiformes, par l'action réflexe sur le cerveau, qu'une opération simple aurait fait disparaître. S'il est à croire que le plus souvent il y a simple coïncidence, ces faits suffisent à montrer la plus grande urgence à regarder de ce côté, quand des troubles nerveux se manifestent chez l'homme. (Boston med. and surg. journal, p. 491, nov. 1881.)
Pourquoi cette opération si simple et hygiénique est-elle donc si redoutée? Par Tunique crainte de laisser porter l'instrument tranchant sur le pénis non douloureux. Les exemples précédents en montrent l'innocuité et, devant ses avantages, personne n'est plus excusable de la refuser, surtout avec l'absence de douleur. Elle dure seulement l'instant de le dire, comme la saignée, et moins que la vaccination. D'ailleurs, les sujets les plus nerveux et craintifs, en se faisant hypnotiser, peuvent être rendus insensibles.
La stérilité du mariage peut être causée et entretenue par cette simple infirmité, sans que les époux s'en doutent, tout étant normal et régulier dans leurs rapports. Tel le cas recueilli par nous dès 1874 et signalé en 1883 dans la Stérilité masculine, page 418, Un homme de vingt-neuf ans, bien por-
tant, marié depuis quatre ans à une jeune femme bien conformée, n'avait pu obtenir d'enfant. Un phimosis originel était la seule difformité. Le prépuce dépassait le gland d'environ trois centimètres, et son ouverture admettait à peine une bougie du numéro 12. La cavité du prépuce se gonflait tout d'abord en urinant; le jet était faible et les dernières gouttes ne s'échappaient qu'en bavant. Une incision fut pratiquée le 16 novembre 1874 et, le 25 juin suivant, la femme était enceinte de cinq mois.
Si la plus légère opération: extraction de dents, saignée, ouverture d'abcès, a parfois été suivie de complications graves, la circoncision n'en a jamais produit chez l'enfant que par les excès, les abus de cette cérémonie juive, comme le baptême catholique en détermine par le refroidissement et l'introduction du sel dans la bouche. L'incision du prépuce, contre le phimosis originel, n'en produit avant ou après la puberté que s'il est irrité, enflammé ou adhérent au glaud. Tous les accidents survenus dépendaient de ces complications aussi faciles a prévoir qu'à éviter. Opéré dans l'enfance, il laisse une trace à peine appréciable par le développement consécutif du prépuce conjointement avec le gland. Il n'en est plus de . même après la puberté, surtout s'il s'agit d'une opération de nécessité, commandée par des accidents; l'incision est alors plus étendue et laisse des traces ineffaçables.
A plus forte raison s'il est accidentel, produit par
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des maladies vénériennes, comme c'est l'ordinaire. L'opération du débridement est alors plus grave, suivant les excès ou les abus commis, les maladies existantes. L'alcoolisme, le diabète, la syphilis, doivent surtout être considérés d'après les exemples de mortification, de gangrène consécutive des organes. La mort en est ainsi résultée parfois, faute d'avoir tenu compte de ces graves complications.
En prévision de ces redoutables accidents, la dilatation de l'orifice rétréci du prépuce a été proposée et employée au lieu de l'instrument tranchant. Elle est certainement préférable, mais n'est applicable que dans le phimosis incomplet. Comment introduire la pince à dilater, quand l'orifice est si petit que l'urine sort goutte à goutte? C'est un traitement toujours long, et la récidive du rétrécissement est fréquente. Elle n'est donc praticable que dans des cas spéciaux et très exceptionnels. La dernière discussion soulevée à ce sujet à la Société de chirurgie, en mars 1882, l'a bien prouvé, en ne réunissant que trois partisans exclusifs. Voici les cas où elle est surtout applicable.
Allongement du prépuce. Cette exubérance est plus fréquente que le phimosis, sans que parents ni enfants y fassent plus attention. Le passage de l'urine sur ce prolongement de la muqueuse, chez les enfants négligents à le relever pour uriner, ne manque pas de produire de l'irritation, des gerçures môme, par le froid; d'où résulte à la longue une sorte de rétrécissement de l'orifice simulant le phb mosis. A défaut d'en laver et nettoyer l'intérieur, cet
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allongement en a tous les inconvénients par lu démangeaison et la masturbation s' ensuivant. Il peut même devenir un vrai cloaque de calculs et, par la compression sur le gland, produire l'infantilisme. (Observations 6 et 7.)
Simple et sans rétrécissement de l'ouverture, cette difformité n'empêche pas la copulation. Les deux exemples précités en sont la preuve et d'autres suivront; mais elle en est ordinairement gênée, embarrassée. L'abus de l'onanisme par frottement des cuisses dans l'enfance en est la cause principale, quand elle n'est pas originelle. En persistant manuellement jusqu'à vingt ans et au delà, par la timidité à se montrer et la crainte de rester en affront, elle s'accentue encore. Une turgescence continue du gland, caché sous son enveloppe, résulte en effet de cet abus, et à moins d'une extrême propreté et d'une grande réserve, l'inflammation de cet organe vasculaire et érectile ne manque guère d'arriver. De là son développement en massue, rencontré assez souvent avec l'allongement du prépuce. Il devient ainsi l'obstacle principal à l'intromission, quand l'érection, habituée à la main pour se soutenir, manque de force et de persistance, comme l'exprime très naïvement Y Observation 29. Des échecs successifs en sont alors la conséquence et une sorte d'onanisme vulvovaginal s'établit entre amants et mariés. A l'impuissance s'ajoute fatalement la stérilité.
Heslc à justifier ces différentes propositions par des faits.
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38. Un pensionnaire des Frères de Passy, âgé de douze ans, chétif et délicat, se livrait à la masturbation. Le père en fut informé, et, soupçonnant que cette habitude provenait du phimosis chez son fils, comme il en était atteint lui-même, il me l'amena pour l'opérer. Averti d'avance, je m'étais muni d'une solution de cocaïne pour anesthésier la partie locale et prévenir la douleur.
L'examen montra que le père avait pris un prépuce long, pendant et un peu hypertrophié, pour un phimosis. 11 suffit de l'attirer en haut pour mettre le gland parfaitement à nu. Une semonce et des précautions hygiéniques furent la seule punition de l'enfant.
Plus tard, Ja puberté approchant ainsi que la fréquence des érections et la sécrétion du smegma, l'irritation devient plus grande, si des soins de propreté ne sont pris. Autrement, l'inilammation du gland ou balanite s'ensuit au moindre excès de masturbation, surtout à deux, et un écoulement peul en résulter avec gonflement, chaleur et douleur, empêchant de relever le prépuce.
39. C'était l'état d'un élève de l'école Turgot, âgé de seize ans, fils unique de parents un peu simples, quand son père l'amena en 1882. 11 accusait une vive douleur à l'extrémité de la verge avec écoulement blanchâtre et purulent. Une balanite existait et non un phimosis, quoique le prépuce fût très long. Des bains locaux prolongés et des injections préputiales, émollicnts d'abord, puis avec des espèces aromatiques, suivis d'onctions beliadonées sur l'orifice du prépuce, suffirent à lui faire franchir le gland en quelques jours. On eût pu en réséquer une portion, comme dans l'Observation 34 ; mais, élanl; Le médecin de la famille, et ce garçon n'ayant nulle autre infirmité, je le prévins seulement
I de prendre des précautions hygiéniques pour éviter la récidive et surtout les maladies vénériennes. Heureusement, une occasion favorable se présenta aussitôt après
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son volontariat, et il devint ainsi rapidement père de deux enfants, sans aucun nouvel accident.
40. Une exubérance du prépuce exislait également chez un étudiant de vingt ans, bègue et myope, mais bien développé du reste et très brun. C'était un maslurbateur forcené ayant commencé à se frotter les cuisses à l'école, dès l'âge de six ans. Unique rejeton de vieux parents, il fut ensuite placé au collège comme interne où il continua son manège en l'augmentant avec l'âge jusqu'à quinze ans, en le renouvelant jusqu'à huitetdix fois par jour, sous l'œil même de ses maîtres, sans qu'ils s'en aperçussent. Son corps, en effet, restait immobile; la figure seule, par la rougeur et la pâleur successives, l'éclat et la fixité des yeux et l'affaissement y succédant, peuvent déceler ces pratiques sous la table chez les plus habiles.
Voulant s'essayer avec les filles, en sortant du collège à dix-huit ans, il se trouva impuissant et vint à ce sujet demander avis. A l'extrémité flasque, plisséc et ridée du prépuce, cachant entièrement le gland comme dans le phimosis', mais sans rétrécissement notable de l'ouverture, il était facile de reconnaître l'effet du frottement des cuisses, souvent exagéré et violent sur cette extrémité pour déterminer le spasme. De là son allongement effilé, l'irritation latente du gland, ce qui provoqua les détails précédents.
L'impuissance consistait en ce que l'intromission étant plus ou moins difficile et artificielle, l'érection tombait bientôt, malgré le volume du pénis au-dessus de la moyenne; l'impression du vagin ne pouvant remplacer celle de la main pour l'entretenir. Caractère spécial de l'impuissance, riiez les masturbateurs et les sodomisles, signalé page !*!).
Des bains locaux avec du vin aromatique dilué, le relèvement du prépuce fixé au-dessus du glaud turent prescrits, la fréquentation des bals, des théà-
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très cl des réunions avec le sexe féminin. Je comptais surtout sur son prochain volontariat pour le rendre à lui-même par l'exemple de ses camarades, d'après l'observation de ceux qui s'en étaient bien trouvés. La suite de cette histoire, renvoyée à Inversion sexuelle, montrera que ce moyen n'est pas lnfaillible.
Au point de vue esthétique, autant que pour éviter ce danger des balanites et des maladies vénériennes, ou prévenir leur récidive, on a préconisé l'excision de la partie exubérante du prépuce. La dilatation, quand elle est nécessaire, parait toujours préférable en pareil cas; sinon nous faisons iixer le prépuce relevé au-dessus de la couronne par une bandelette de diachylum, sans aucune striction, pour habituer le gland à l'air. Comment, d'ailleurs, pratiquer cette résection dans les proportions voulues, à moins de les fixer d'avance sur le pénis en érection ? Autrement, on s'expose à en exciser trop ou pas assez. Les réserves faites à ce sujet par Je professeur Lannelongue, à propos du phimosis, sont parfaitement applicables ici :
« Avec le bistouri, dit-il, ou bien l'on obtient une cicatrice qui se rétracte en avant du gland, ou bien un anneau qui enserre sa base et entretient une inflammation chronique ; sans compter les œdèmes de la partie inférieure delà verge qui peuvent persister deux ou trois mois. Mieux vaut la dilatation, surtout si l'on a soin de détruire au préalable, avec une sonde cannelée, les adhérences du prépuce au gland, s'il en existe. » Exception faite, bien en-
tendu, dos cas où il s'agit de faire disparaître la difformité pour guérir une anomalie ou une affection bien plus grave, entretenue par l'allongement du prépuce. Ceci ressort du phimosis.
41. Une application de ce principe m'a été offerte au mois de juin 1888, chez un grand garçon de vingt-cinq ans, blond, élancé et un peu efféminé ; il fut, pour ce fait, ajourné à deux reprises de son service militaire. 11 venait de subir une balanite aussi aiguë que dans le cas précédent, l'ayant retenu plusieurs jours au lit. Elle était survenue après une nuit passée avec sa maîtresse, à la suite d'un dîner trop bien arrosé. 11 me demandait si une opération ne pouvait le débarrasser de sa difformité.
La verge, assez turgescente et volumineuse, présentait, en effet, un prépuce encore gonflé, dépassant d'un centimètre et demi le gland. L'ouverture en était légèrement rétrécie, au point de ne pouvoir lui faire franchir le gland sans une assez vive douleur qui le lit reculer; il le releva complètement lui-même ensuite. Rougeur et gonflement persistent encore. Testicules ordinaires, pendants, le gauche étant frappé de varicocèle constaté dès son enrôlement. Excellente sanlé d'ailleurs.
Il s'agissait de savoir si une résection oblique de haut en bas et d'avant en arrière était indiquée, légitimée.
— Souffrez-vous habituellement de celle difformité?
— Nullement.
— Depuis quand vous livrez-vous au coït?
— Dix-huit ans.
— Combien de balanites ou de blennorrhagies?
— Aucune, excepté la précédente.
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— Êles-vous gêné, embarrassé de votre exubérance préputiale dans vos rapports sexuels ?
— Pas du tout.
— En faites-vous facilement la toilette ?
— Très bien; mais je sens de la cuisson, du chatouillement aussitôt que je la néglige.
— Eh bien, monsieur, il est préférable, selon moi, de conserver cette exubérance choquante et peu présentable que d'en tenter la résection, dès qu'elle est supportable. La cicatrisation de la plaie, en pareil cas, tend toujours à amener un rétrécissement nodulaire du prépuce pouvant devenir plus gênant que son exubérance. Prenez des précautions et des soins en baignant ces parties, en les lotionnant avec du vin aromatique ou une simple décocLion. Fixez de temps en Lemps le prépuce derrière la couronne du gland, après avoir malaxé et enduit l'ouverture avec une pommade belladonée, et vous n'aurez plus à en souffrir; mais, au moindre accident vénérien, adressez-vous immédiatement au médecin pour éviter des complications.
42. Au mois d'avril précédent, un cas absolument semblable s'était présenté chez un garçon du même âge, aussi grand, maigre et élancé, brun, ayant accompli aussi son service militaire après deux remises successives, et également atteint d'un varicocèle à gauche, mais compliqué d'impuissance. En m'écrivant un an environ auparavant sur ce sujet, il disait : « Jusqu'à vingt-deux ans, le prépuce recouvrait complètement le gland. Instruit par les conseils de vos ouvrages, je me suis efforcé de le découvrir, croyant que c'était la cause de mon impuissance, et j'y suis parvenu complètement. Dans l'érection, quand je le force jusque derrière la couronne, il serre un peu le gland. »
Soupçonnant cette coostriction d'empêcher la copulation par défaut d'érection, alors que celle-ci se soutenait par la masturbation, j'engageai mon correspondant à se présenter à un confrère. Aucun obstacle assez serré ne lut rencontré pour s'opposer
au fonctionnement de l'organe et, de fait, il n'en existait pas. Mais le pénis, très volumineux et turgescent, se terminait par un gland en massue résultant de la masturbation prolongée et s'opposant à l'intromission. Ce garçon continuait ainsi, depuis plusieurs années qu'il avait cessé cette pratique, seul ou à deux, de se livrer à une sorte d'onanisme vulvaire avec des filles, dans des positions gênées, assises ou debout, et toujours à la dérobée, sans avoir jamais couché avec une seule. De là l'Anomalie de l'érection signalée à l'Observation 144, suite et complément de celle-ci à une année d'intervalle.
L'impuissance est si réelle avec ce gland en massue qu'elle se manifeste dans les mariages les mieux assortis de ces maslurbateurs invétérés, dont l'érection n'est pas très soutenue sans la main, comme c'est l'habitude. A plus forte raison, s'il y a exubérance du prépuce et si ce gland ne jouit pas de toute sa sensibilité érogène. Au moindre embarras qu'il rencontre, l'érection tombe et pour peu que la femme soit étroite, ou ne sache pas guider, conduire ces novices, masturbatcurs d'ordinaire, ils ne peuvent la déflorer. Ils restent ainsi à la porte durant des semaines, des mois et jusqu'à des années, se livrant à une sorte d'onanisme vulvovaginal pour se satisfaire sans aucune pénétration. Ainsi se produit Je refoulement de l'hymen constaté dans certains cas. Une sorte d'anaphrodisie, déterminant une impuissance relative, en résulte à la
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longue chez quelques-uns, venant implorer la fécondation artificielle pour mettre leur honneur à couvert, alors qu'ils sont même incapables de fournir un sperme fécondant. Aux exemples relatés de ces divers cas, observés dans le mariage, en voici un qui se rapporte spécialement aux mauvais effets de l'éloDgation préputiale sur la virilité.
43. Un avocat espagnol de quarante ans, lymphatico-nerveux et très impressionnable, quoique d'une bonne santé, demandait, en mars 1887, si, veuf depuis dix-buit mois, il pouvait contracter une nouvelle union, d'après l'expérience de la première. « L'appareil génital n'est pas très développé au repos, mais assez en érection, le gland étant resté constamment recouvert du prépuce jusqu'à vingt et des années. Une vive irritation ou balanite le fit découvrir avec peine par le médecin. Il était très douloureux, enflammé, excorié. J'appris ainsi à relever doucement le prépuce pour le baigner et en diminuer la sensibilité, mais la compression du bord supérieur, derrière la couronne, et la brièveté du fdet empêchèrent toujours de le laisser à découvert. Tl s'irrite dès que je néglige de le nettoyer et une ulcération en est ainsi résultée, il y a deux ans, sans aucune autre cause.
Un varicocèle du testicule gauche existe depuis plus de vingt ans, sans aucune gêne, grâce au suspensoir. Mais une constipation habituelle détermine des tissures à l'anus qui le rétrécissent, l'endurcissent et provoquent même l'effusion du sang en allant à la selle.
J'ai senti de bonne heure, bien avant la puberté, les effets de mon excessive irapressionnabilité sur l'appareil génital par de fréquentes érections et des désirs vénériens, avivés par l'imagination. La crainte des conséquences de relations sexuelles me lit ainsi recourir à la masturbation, assez fréquente jusqu'à vingt ans. Je continuai ensuite à satisfaire mes désirs dans des coits imparfaits, incomplets, frustes, en me limitant
presque toujours à la lubricité, par crainte des maladies vénériennes; les émissions toujours très rapides précédaient même parfois l'intromission, ayant lieu au moindre mouvement. Des pollutions nocturnes avaient lieu dans l'intervalle et assez répétées à certaines époques pour m'affaiblir considérablement.
Marié à trente ans, j'eus d'abord une copulation fort imparfaite, l'émission étant très rapide. Elle devint plus normale par l'usage, mais une grande débilité y succéda bientôt dans la tête et les jambes, avec flaluosités de l'estomac. D'où la continence et un traitement tonique. Les fonctions génésiques se perfectionnèrent en se ralentissant, mais des songes lubriques, la plénitude de la vessie déterminaient des pollutions involontaires, même passivement, et m'affaiblissaient plus que le coït. Le fer et l'hydrotbérapie, les bains de mer, les lotions locales et des lavements à l'eau froide me firent grand bien. Un sédiment spécial, comme muqueux. existait parfois dans l'urine, laissant une couleur rouge et du gravier au fond du vase.
Mes huit années de mariage ont été complètement stériles; ma femme ayant une grande étroitesse du col de la matrice. Sa perte jeta mon système nerveux dans un grand désordre ; j'avais jusqu'à 90 à 100 pulsations sans fièvre. Les pollutions spontanées et les érections reparurent seulement quatre à cinq mois après. Accosté dans la rue, j'eus à deux reprises des pollutions sponlanées, suivies d'une grande faiblesse des jambes. Elles continuent à se produire dans la nuit sans le même effet, s'il n'y a pas constipation.
Ma première année de viduité a été sans désirs ni érections, comme j'en suis encore privé : ignorant s'il en serait de même au contact d'une femme, n'en ayant pas fait l'expérience depuis plus de deux ans. Depuis trois mois, je n'ai qu'une perte mensuelle, passive, sans m'en apercevoir. Les urines ne déposent plus et j'éprouve cependant la même faiblesse «les jambes et de la tête.»
Ma réponse fut que le mariage avec une femme d'un certain âge était, préférable au célibat pour en*
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tretenir les fonctions génitales et mettre finaux pollutions involontaires, mais sans garantir ni faire espérer des enfants. J'ai prescrit l'emploi alternatif d'une verrée d'eau froide en lavement à garder et de suppositoires d'ergotine, le soir en se couchant, dont les meilleurs effets ont souvent été obtenus contre ces pollutions passives. La masturbation prolongée, entretenue par l'exubérance du prépuce, en est certainement l'origine avec tous les accidents consécutifs.
Le para-phimosis, ou serrement du prépuce derrière le gland qu'il étrangle et gonfle, sans pouvoir être ramené dessus, est absolument le contraire du phimosis. Il est fréquemment la conséquence de la réduction forcée d'un phimosis incomplet ou même d'un simple allongement du prépuce, en le laissant en place dès la première fois. La compression exercée derrière le gland fait enfler, gonfler celui-ci aussitôt, en empêchant le retour régulier du sang; puis quand on veut l'abaisser ensuite, il est devenu si volumineux qu'il ne peut être franchi. De là le danger d'opérer soi-même, la première fois, cette réduction complète du prépuce exubérant sans le rabaisser aussitôt; il faut le relever graduellement, par l'usage simultané de bains et d'onctions avec un corps gras, pour en faciliter le glissement en haut et en bas sur le gland.
Beaucoup d'hommes ont la mauvaise habitude de tenir le prépuce refoulé derrière le gland, entièrement découvert en permanence et exposé au frottement continuel des vêtements. Elle provoque
et entretient sa sécheresse, son hypertrophie, son développement en massue, si préjudiciable à la copulation, et en émousse toujours la volupté. Par son insensibilité au toucher et aux. frottements, il détermine l'anaphrodisie. Le paraphimosis peut ainsi résulter d'excès vénériens et obliger d'appeler le médecin pour le réduire; cet étranglement du gland étant un grand danger de sa gangrène. Il est donc normal et hygiénique de le tenir recouvert, au moins en partie, dans le relâchement du pénis, si l'étroitesse de l'orifice préputial ne lui permet pas de descendre spontanément.
Le défaut ou l'absence du prépuce empêche absolument quelques hommes de satisfaire à cette condition ; la brièveté, du frein, sa déchirure ou sa destruction s'y opposent aussi. Toutes causes défavorables à une copulation parfaite; mais heureusement très rares. Un monsieur, encore viril malgré ses soixante ans, dont le prépuce court, franchissant à peine la couronne, ne pouvait rire maintenu sur le gland, se plaignait ainsi de ne pouvoir copuler au milieu de la nuit.
Un seul cas d'absence complète s'est présenté à mon observation, chez un nouveau marié ne pouvant consommer son union, autant en raison de ce vice de conformation que de sa naïveté. C'est donc une cause (L'Anomalie de la copulation dont l'exemple US témoigne. Son excision trop complète contre lf phimosis empêchait également la copulation par la douleur en résultant. (Observation 31.)
VAGINALES. 133 Les anomalies correspondantes chez la femme ne doivent pas être cherchées à l'extérieur comme ici; la forme différente des organes s'y oppose. Elles siègent exclusivement sur la vulve et dans le vagin, comme il a déjà été indiqué. L'absence de ce canal ou son défaut d'ouverture, son étroitesse, son cloisonnement sont ainsi similaires de celles du pénis, en gênant la copulation ou en l'empêchant; l'hymen imperforé et toutes ses anomalies sont l'analogue du phimosis et ses variétés.
La réunion des grandes lèvres, ou leur soudure avant la naissance, forme, il est vrai, une barrière bien plus immédiate et impénétrable, fermant absolument ces deux ouvertures. On peut croire à leur absence et douter aiûsi du sexe, comme dans le pseudo-hermaphrodisme. Leur perforation derrière cet obstacle suffit à montrer qu'elles en sont indépendantes par le sang des règles venant faire saillie et provoquant des coliques douloureuses. Une simple incision de celte membrane, en donnant issue au sang, fait disparaître les accidents et montre ainsi qu'il s'agit d'une anomalie de la menstruation et non de la copulation.
Des rétrécissements du vagin, ou des brides cloisonnant ce canal, peuvent aussi exister originellement et constituer un obstacle sérieux à la copulation. Mais chez la femme, encore moins que chez l'homme, ces anomalies sont incapables d'entraîner l'impuissance ; on les détruit facilement. Leur plus grand danger est de provoquer aussi la manuélisation et d'engendrer la frigidité, comme l'anaphrodisie, et, par suite, la stérilité.
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Vaginisim. État nerveux, de l'ouverture vaginale qui la resserre si étroitement, par la conlracture spasmodique du muscle constricteur, et en rend la sensibilité si exquise et douloureuse, que l'intromission du pénis, si délié soit-il, même comme un tuyau de plume, est absolument impossible. Cette anomalie, d'autant plus redoutable qu'elle n'offre absolument rien d'apparent, peut même être ignorée de la vierge qui en est atteinte. Le coït seul la décèle, et c'est ainsi que de nouveaux mariés et déjeunes amants ont été pris au piège. C'est la plus cruelle déception qui puisse leur arriver, sans que la femme en soit coupable. Elle est, heureusement, très rare; d'où l'utilité de la faire connaître.
Elle a sans doute existé de tout temps, mais la nature n'en a été bien fixée qu'en 1857, par l'observation d'une Américaine de quarante-cinq ans, qui n'avait pu recevoir son jnari, depuis vingt-cinq ans de mariage. C'est le supplice de Tantale chez de nouveaux époux, et leur raison y succombe bientôt, surtout pour le mari n'y comprenant rien. A l'irritation succèdent la tristesse, le chagrin, le découragement, sinon les reproches, les dissensions, le désespoir. La santé même de la jeune femme s'altère: on la voit pâlir et maigrir, en proie à des accidents nerveux et des douleurs intolérables, a chaque essai nouveau .
44. Telle était la femme qui se présenta à ma consultation, en 1880. Couturière de vingt-trois ans, mariée depuis deux à trois mois à un peintre d'une trentaine d'années qui l'avait courtisée pendant deux ans et qu'elle