VAGINALES
aimait tendr ement. Elle éprouva des douleurs si atrosce la nuit de ses noces, que l'union fut impossible. Elles augmentèrent graduellement ensuite, malgré le repos et les bains, au point d'arracher des cris, des larmes de douleur, sans que le mari, y regardant, vît rien d'appréciable. Le mal fut mis d'abord sur une exagération de volume du pénis, mais n'arrivant à rien par la douceur, et la continence ne pouvant se prolonger, le mari s'aigrit, se fâcha, découcha et cette union, contractée dans les meilleures conditions, allait tourner au tragique quand je vis cette dame.
On parlait réciproquement de séparation et l'amour platonique qui avait persisté, en augmentant pendant deux années consécutives, menaçait de s'éteindre complètement pour avoir été si cruellement frustré.
Le sommeil anesthésique, chez la dame américaine, avait pu seul vaincre la résistance locale momentanément; ce moyen dangereux ne pouvant être réitéré à loisir, j'ordonnai des topiques émollients et des lotions opiacées, avec le conseil d'effectuer hardiment l'intromission au moment propice, sans réticence de part ni d'autre, après une onction préalable avec la pommade belladonée. Le succès s'ensuivit et la confiance réciproque en résultant, toute douleur disparut après deux ou trois rapprochements espacés de plusieurs jours. Ainsi, se rétablit la paix dans l'heureux ménage.
Inutile de rappeler ici l'aventure semblable arrivée à deux jeunes amants, consignée dans Y Impuissance féminine, page 461. Plus instructif est le fait suivant, dû au professeur Pajot.
45. Un jeune couple vint se plaindre, après plusieurs mois de mariage, que la jeune femme, déflorée dans
les premiers jours, ne pouvait plus supporter les rapports sexuels. Aucune lésion à l'examen, mais l'interrogatoire apprit que le mari, jeune et vigoureux, très épris et fort impétueux, procédait d'ordinaire avec la douceur d'un boulet de canon. Le médecin appliqua dès lors, en sa présence, un petit spéculum avec une grande lenteur, en s'arrêlant, dès que le spasme se produisait, mais en le maintenant. Et devant le succès de l'instrument, il dit au mari de procéder de même.
La découverte de la cocaïne, produisant une anestlîésie locale, permet aujourd'hui de triompher sûrement de cette anomalie, sans aucun danger. Inutile d'attendre, mais se présenter aussitôt au médecin.
46. Une dame française de trente-deux ans, résidant en Egypte, m'écrivaiten 1886 : «Je suis mariée depuis quatre ans et demi et j'éprouve toujours de la douleur dans les rapprochements sexuels, après avoir eu beaucoup de difficultés dans les commencements. Ne pouvant même pas pénétrer complètement, mon mari me (il visiter. Le spéculum a été introduit avec grande douleur, et docteur et sage-femme se sont accordés à trouver les parties bien conformées, sans me donner rien qui me soulage. L'introduction est complète depuis, mais l'entrée est toujours un peu difficile.
Cet état m'attaque le moral et me désespère. Mon mari peut consommer l'acte entièrement, sans qu'une goutte de sang ait jamais paru, mais je n'éprouve que d& la souffrance sans aucune sensation de plaisir, tandis qu'en rêve, au moins une fois par mois, j'éprouve cette sensation. Jesuis bien réglée etd'une bonne santé, sauf cet état qui m'énerve et m'occasionne des migraines. Aujourd'hui même, l'introduction serait très difficile sans onction préalable et je suis toujours obligée de me rehausser avec un coussin. Un second rapprochement est plus facile et moins douloureux.
Les attouchements sur les petites lèvres et la vulve me contrarient et m'énervent. L'entrée de la canule pour les injections me cause une sensation désagréable
V Ali IN A LES.
et L'angoisse est indéfinissable quand il faut recourir au spéculum. Malgré les plus grands soins de propreté, un prurit très violent s'est montré l'entrée delà vulve, depuis trois à quatre mois. »
Une hyperesthésie vulvaire ou une contracture du sphincter semblait manifeste, d'après ces détails; d'autant plus que cette dame est probablement névropathique, sinon hystérique, d'après les points douloureux ressentis dans les côtés du ventre, surtout à droite, à l'approche des règles et lors de ses rêves erotiques. Je lui conseillai donc des badigeonnages avec une solution de cocaïne sur les parties douloureuses avant le coït. Mais ell°, fut bientôt obligée de les cesser, par les démangeaisons et les cuissons locales consécutives. Son médecin trouva les parties rouges et enflammées, probablement eu raison d'une mauvaise préparation ou d'applications mal faites. En effet, après deux à trois mois de continence, les démangeaisons avaient complètement disparu et les rapports étaient moins douloureux, surtout sur un divan dur plutôt qu'au lit ou tout autre siège élastique.
D'après l'examen du médecin traitant, cette douleur locale serait toute mécanique et produite par une proéminence anormale et congénitale de l'os pubis. Le refoulement et la contusion de la muqueuse vaginale par le pénis, d'un volume au-dessus de la moyenne, provoqueraient la difficulté douloureuse de l'introduction et l'entretiendraient par le frottement pendant la copulation. Ce serait donc une nouvelle cause de vaginisme résultant de l'étroilessc
irréductible de l'ouverture. Mais comment la stérilité en résulle-t-elle chez une femme bien réglée et bien conformée du reste?...
L'hymen est susceptible de présenter bien d'autres anomalies par son extrême fragilité. Simple membrane muqueuse insérée autour de l'ouverture du vagin et s'étendant au-devant comme une mousseline pour en défendre l'entrée, cette barrière virginale peut se trouver épaissie, indurée et résistante, surtout par l'âge, au point de s'opposer à la copulation et l'empêcher ; c'est un danger chez les vieilles filles dont plusieurs exemples sont relatés à l'Impuissance féminine. Cet obstacle se rencontre également chez de très jeunes filles comme vice originel de conformation. Sa petite ouverture centrale manque parfois et cette imperforation amène la rétention des règles comme par l'union des grandes lèvres, mais avec des signes différents, d'après le curieux fait suivant :
47. Une fille de quinze ans, non réglée, éprouvait de la pesanteur et de la douleur dans le ventre à époques régulières; elle était pâle et essouflée à la moindre fatigue et ne mangeait plus. Si à ces signes, une femme: mère, sœur, tante, ou sage-femme, eût regardé l'état des parties génitales, elle se fût convaincue qu'une anomalie existait dans leur conformation. Le docteur Mérici ne les examina même pas et se borna à proscrire un régime et du 1er, sans la Loucher.
Les accidents locaux, au lieu de diminuer, augmentèrent de jour en jour. La malade ne pouvait plus uriner et les coliques étaient si douloureuses que la défécation en était rendue difficile. Le ventre était gonllé, douloureux au toucher et le médecin constata alors qu'une membrane dure, résistante, fermait entièrement