‹ Anomalies sexuelles apparentes et cachées [electronic resource]Chapitre 13 sur 114 · VAGINALES · texte numérisé non relu

VAGINALES

le vagin. C'était l'hymen imperforé retenant le sang des règles dans la matrice et le vagin, formant par sa coagulation une grosse tumeur élastique faisant saillie dans l'anus.

La ponction de ceLte membrane ayant donné du sang, l'ouverture fut agrandie et un litre de matière dense couleur chocolat s'écoula. Les accidents diminuèrent aussitôt, en montrant que c'était bien là la cause du mal; mais une périlonile survint vers le cinquième jour, comme la conséquence de l'opération plutôt que d'un refroidissement, et mit les jours de la malade en" danger. (Gazelle médicale de Turin.)

Telle est la gravité de l'occlusion du vagin par l'hymen imperforé ou la réunion des grandes lèvres à l'époque de la puberté. D'où l'indication d'y regarder à la moindre douleur locale, quand aucun écoulement n'existe. On peut alors procéder à l'opération sans danger; l'accumulation du sang et de l'humeur derrière l'obstacle, en refoulant les tissus voisins et en les irritant par leur contact, en constitue la principale cause.

D'autres fois, au lieu d'une ouverture, l'hymen en a deux ou trois. Chez les filles aux tissus lâches, mous, il est ainsi repoussé, enfoncé surtout par un gland obtus, fort, en massue, sans se déchirer. Des maris se plaignent parfois de ne pas avoir rencontré cet obstacle pour ne pas l'avoir vaincu ; en réalité, leurs femmes ne sont pas déflorées. Sur 75 interrogées et examinées spécialement à ce sujet par l'accoucheur Budin, 13 étaient dans ce cas.

L'insertion en haut et en bas de cette membrane, manquant sur les côtés, peut créer une double ouverture vaginale répondant absolument à la bifidité

du pénis. (Observation 23.) Il en est de même quand elle existe seulement sur les côtés. Elle peu't même s'insérer en spirale, comme le docteur Démange l'a rencontrée cliez une fille de seize ans ayant subi une tentative de viol. L'examen médico-légal montra que les deux, extrémités du bourrelet de l'ouverture chevauchaient l'une sur l'autre, dans une étendue de quatre millimètres environ, la gauche passant sur la droite et en étant séparée par trois millimètres de distance. (Soc. de médecine de Nancy, 11 avril 1888.)

Une tumeur grosse comme une noisette occupait le centre de l'hymen chez une enfant de huit ans. L'excision, faite à l'hôpital de la Charité par M. Després avec un serre-nœud, montra qu'elle était produite par une varice de l'orifice de l'urètre. Elle eût ainsi pu déterminer une hémorragie redoutable par la défloration.

Outre ces anomalies de naissance, beaucoup d'autres sont accidentelles, résultant du toucher, de la manuélisation, de l'onanisme buccal ou mécanique avec des corps étrangers et surtout des tentatives de défloration. Le corps du délit est spécialement à considérer sous ce dernier rapport. Tout dépend du volume du pénis et surtout la forme du gland. L'hymen peut être ainsi intact, après le coït, avec une verge infantile, un gland effilé. De même, l'aspect frangé de l'ouverture, signe de défloration, peut exister de naisssance chez une vierge par un développement incomplet.

48. Le décollement circulaire de celte membrane, Constaté par le docteur A. Jteverdin sur une femme de

PÉNIENNES.

vingt-deux ans, est un exemple curieux de ces anomalies, dépendant surtout de l'homme. Au premier coït, le 15 mai 1879, douleur atroce et hémorragie traversant les matelas; accidents se reproduisant au second, quatre jours après, et diminuant ensuite. Tout se passa normalement jusqu'au 15 août 1880. Une brouille ayant mis fin aux rapports, ils recommencent avec un successeur, le 20 septembre, sans encombre; lorsque peu de temps après, au début d'un coït, une douleur subite a lieu avec hémorragie légère au point de ne pouvoir continuer. A chaque tentative nouvelle, les mêmes accidents se présentaient. Une sage-femme, n'ayant pu se rendre compte de l'état des choses, adressa la malade au chirurgien.

Au toucher, le doigt ne peut pénétrer et est arrêté de même dans une seconde tentative; mais étant recourbé en crochet pour le retirer, il amena un véritable anneau muqueux, comme une cordelette de trois à quatre millimètres d'épaisseur, retenu par un simple point d'attache d'un centimètre environ situé à la partie supérieure droite de l'urètre. Cet anneau flottant, d'une dimension de trois centimètres, était suspendu comme ceux en fil de fer devant les trous d'une souricière. La douleur intense et l'hémorragie des premiers coïts avaient été produites par le décollement de la partie inférieure de l'hymen, provoqué par un pénis volumineux, sinon un gland en massue enfonçant brutalement ce qu'il rencontrait et le refoulant ensuite devant lui. Le second suivit d'abord la voie tracée; mais, plus exigu sans doute, ne tarda pas à rencontrer l'anneau flottant et s'y engagea, comme les doigts ensuite. De là les accidents. H suffit de le détacher de son insertion pour rendre la voie libre et faire disparaître tout accident depuis.

Ouvertures irrégulières de L'urètre. Difformités analogues aux précédentes, entraînant encore plutôt la stérilité que l'impuissance. Elles devraient moins passer inaperçues de ceux, qui en sont atteints, chacun pouvant voir que le jet de l'urine n'est pas lancé

directement en avant comme à l'état normal ; il l'est toujours en haut ou en bas, sinon latéralement, d'un côté ou de l'autre, selon que l'ouverture du canal est anormalement placée.

Ces anomalies sont très rares et peu curables; la stérilité en résulte presque fatalement par la direction anormale du sperme dont le jet suit nécessairement celui de l'urine. La chirurgie a cependant tenté heureusement d'y remédier, dans ces derniers temps, comme les résultats en sont figurés par des planches.

L'étroitesse extrême du méat suffit à produire des accidents, et son occlusion complète entraîne ainsi la formation d'ouvertures artificielles sur le trajet du canal. En voici un exemple.

49. Schmit, soldat, âgé de trente-quatre ans, portait depuis son enfance une ouverture du canal de l'urètre au périnée d'où s'échappaient les urines et le sperme n'ayant pas d'autre issue au gland. Introduisant un stylet boutonné par là et le dirigeant en avant, le docteur Marestin s'assura que le canal était perméable jusqu'à l'extrémité du gland où l'instrument vint butter. Une mmibrane bouebait l'ouverture et cet obstacle avait probablement déterminé la crevasse du périnée avant la naissance. Soulevant la membrane avec le stylet, le chirurgien l'incisa et remédia complètement à cette intirmité en obturant la fistule périnéale. Tel est l'hypospadias.

La même ouverture se rcucontre parfois sur le gland ou sur le pénis. Elle est infiniment plus rare et plus grave que dessous, car c'est le pénis renverséainsi que le prépuce. Celte déformation entraîne] alalement l'impuissance et ne peut être corrigée

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que par une opération délicate et laborieuse dont les détails sont relatés dans l'Impuissance physique et morale, page 90.

Ces deux variétés se distinguent sous les noms à' hypospadias (sous) et d'épispaclias (sur.) Celui-ci constitue une difformité si visible de la verge, chez le nouveau-né, et entraîne de tels troubles de l'urination, que les parents et les enfants eux-mêmes ne manquent pas de s'en apercevoir. iN'en ayant pas observé d'exemple, nous n'y insisterons pas ici.

h'hypospadias, au contraire, existe assez fréquemment à un degré plus ou moins marqué. Il est constitué par l'ouverture du méat urinaire placée sous le gland, à la place même du filet ou frein, manquant en pareil cas. L'extrême brièveté de celui-ci, en attirant le méat en bas par le relèvement du prépuce, le produit de même, surtout dans l'érection, et peut être également une cause de stérilité. 11 existe ainsi avec un pénis normalement conformé, sauf l'ouverture. Par cette raison, beaucoup de jeunes gens en sont atteints sans s'en douter. Il leur suffit de soulever la verge en urinant pour que le jet soit dirigé en avant. De là leur ignorance, quand cette difformité est légère; mais la direction du sperme dans le coït ne pouvant avoir lieu à volonté, la stérilité en résulte souvent.

Son hérédité, constatée du côté du père et de la mère, démontre que cette stérilité n'est pas absolue. Deux frères hypospades se sont présentés à l'hôpital de Philadelphie, en 1880, avec leur père qui l'était également. Deux autres garçons, offrant ce vice

de conformation, comptaient plusieurs hypospades dans la famille de leur mère, tandis que le père en était exempt. L'illustre oclogénaire, docteur Ricord, l'a constaté chez l'aïeul, le fils et le petit-fils. La paternité légitime de deux frères hypospades, observés en Savoie par le docteur Dousseau, se justifiait par la même difformité chez leurs fils. P. Frank a connu un hypospade père de trois enfants, et hien d'autres exemples analogues ont été cités. En pareil cas, il n'y a donc pas à s'en occuper.

A ces exemples positifs, il est difficile d'opposer les faits négatifs; on ne les puhlie guère. Les unions stériles par cette cause ne s'en vantent pas et beaucoup même l'ignorent. En voici un exemple.

50. Un orphelin paternel, très hien constitué et hcau garçon, se livre, dès l'âge de dïx-sept ans, à Lous les divertissements sexuels de la jeunesse. Une blcnnorfhagic aiguë en résulte bientôt et je constate un hypospadias, dont il ne se doutait pas. Trois à quatre blcnnorrhagies se succèdent jusqu'il \in:,rl ;ms. sans orchite. Sa difformité l'y prédisposait évidemment, à l'égal du phimosis et l'exubérance du prépuce.

Prévenu de celle prédisposition, il s'attache à une maîtresse qu'il garde trois à qualre ans et l'épouse ensuite. Jamais cette femme n'eut le moindre retard dans ses époques, sans qu'aucune précaution ait jamais été prise contre la génération. Au contraire, elle désirait beaucoup un enfant pour s'attacher un homme si coureur. Averti que sa difformité était la cause de la stérilité de son ménage, il essaya del'éprouver avec différentes femmes, jusqu'à quarante ans environ, sans mieux réussir qu'avec la sienne. 11 la quitta même un moment pour une qui lui promettait de le rendre père... en le trompant. 11 s'en aperçut et la laissa pour revenir à son ménage, en abandonnant toute espérance d'avoir un héritier.

Avis à ceux qui se marient avec cette difformité. Plus elle est marquée et l'ouverture moins en rapport avec le siège et la disposition du col utérin, plus la stérilité est à craindre. Le médecin seul est apte à en juger par un examen réciproque des parties.

51. Le 31 janvier 1882, un paysan de trente-six ans, marié depuis plusieurs années sans enfant, me demandait avis à ce sujet. Atteint d'un hypospadias simple à la racine du frein, il avait vainement tente diverses positions pour effectuer la fécondation, et réclamait un supplément d'information à cet égard.

— L'examen de votre femme est indispensable pour connaître la disposition du col de l'utérus et vous préciser la voie à suivre. Toute autre donnée serait sans valeur. Tel hypospade, stérile dans son ménage, peut ainsi devenir fécond dans des rapports de contrebande, soit par une meilleure disposition des parties, soit par une plus grande ardeur dans les mouvements.

— Alors je n'aurai jamais d'héritier, s'écria-t-il, car •ma femme ne veut s'y soumettre à aucun prix.

Limité à ce siège ordinaire, l'obstacle peut être surmonté par des positions spéciales ou des moyens artificiels qui facilitent la fécondation. L'adresse, l'habileté ou l'ardeur des conjoints triomphent souvent de cet obstacle par un mouvement favorable lors du spasme cynique, rapprochant les deux ouvertures et les mettant en contact lors de i'éjaculalion.

('.tille ouverture sous le gland peut même êlr.; double pur l'existence d'une bride membraneuse divisant le méat en deux. D'où la division du jet de l'urine et du sperme en deux parties latérales. Elle a été constatée récemment par le docteur Cris-

liani (de Genève) sur un homme de trente-six ans qui lui attribuait Ja stérilité de son mariage. Jl suffit de la saisir entre les mors d'une pince pour la diviser d'un coup de ciseau et rétablir l'unicité du jet. {Revue méd. de la Suisse, 20 mai 1889, n" o. | Quand le frein trop court attire l'ouverture du méat en arrière, un coup de ciseau par le médecin suffit à le diviser, comme on coupe le filet de la langue à l'entant pour Je faire mieux parler. On prévient ainsi les pertes séminales pouvant résulter de cette anomalie, comme un exemple en est cité à ce mot.

La stérilité est fatale quand l'ouverture siège sous les bourses. (Observation 49.) A ce degré extrême, il s'y joint ordinairement d'autres anomalies. Chez le douzième enfant d'une famille anglaise, tous sains et bien conformés, le docteur Morgan trouva un pénis rudimentaire avec un gland et un pénis normaux. Une dépression existait à la place du méat urinaire. Mais l'ouverture réelle de l'urètre était à la base du pénis près des bourses. Ce scrotum naturel contenait un testicule avec hernie à srauche, sans rien à droite, dont la bourse était rétrécie*

Les mêmes anomalies existaient chez un autre hypospade d'un an. L'ouverture de l'urètre était à la base du frein et le testicule gauche était accompagné d'une hydrocèie, sans rien dans la bourse droite. Ces hypospades étaient dune inonorchides, à l'exemple de ce qui se rencontre parfois chez fie pseudo-hermaphrodites. Une opération seule peut

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rétablie le cours normal de l'urine et du sperme, en pratiquant un méat artificiel et en fermant la listule périnéale. L'ouverture anormale de l'épispadias, placée sur la verge, derrière le gland, peut être également rétablie à sa place ordinaire et, quoique plus laborieuse, cette restauration a été faite aussi avec succès.

Ces opérations minutieuses sont délicates sans doute et, pour réussir, doivent être pratiquées sur de jeunes enfants avant la puberté. Pius tard, le développement complet des organes génitaux est un obstacle pour corriger des difformités de naissance et la réparation n'en est jamais aussi parfaite. Pour le surplus des détails de ces autoplasties, les intéressés les trouveront à la Stérilité par obstacles; les planches ci-après 'suffiront à en l'aire apprécier les résultats.

Quand tous ces moyens ont échoué, il en reste encore un contre la stérilité persistante : la fécondation artificielle, si le sperme contient les éléments voulus pour être viable et fécondant. C'est l'ultima ratio qu'il est bon de ne pas trop tarder à employer, Ce moyen extrême a été introduit dans la science et conseillé pour la première fois dans un cas de ce genre.

Les anomalies correspondantes de là femme sont infiniment plus fréquentes, non à l'état originel, mais accidentel, par suite de son rôle actif et prépondérant dans la gestation. L'ouverture du col de

A N o M A L I ES SEX U ELLES

EPISPADIAS

Avant l'opération, à 13 an?.

EPISPADIAS

Après l'opération, à 18 ans.

la matrice est parfois étroite comme un trou d'aiguille, obstruée et môme nulle, sinon double, triple. Elles entraînent rarement la stérilité, dès que l'écoulement mensuel du sang a lieu. Ses rétrécissements, comme ses déviations et ses déplacements, sont ordinairement consécutifs à la grossesse et l'accouchement, sinon aux maladies de cet organe. Des polypes, des calculs, le cancer notamment, l'oblitèrent souvent, tandis qu'ils sont exceptionnels chez l'homme. La similitude n'existe donc pas, par les différences de cet organe et de son rôle.

Rétrécissements. Originels ou acquis chez les deux sexes, ces rétrécissements des voies et canaux d'émission ou de réception des liquides fécondants entraînent essentiellement la stérilité et non l'impuissance. Les plus appréciables, comme ceux du canal de l'urètre, du vagin et du col de la matrice, sont heureusement curables par la dilatation. Il y a donc lieu de les distinguer.

Le rétrécissement originel du méat urinaire, comme son ouverture vicieuse, peut être assez serré pour nuire essentiellement à l'éjaculalion, en empêchant le jaillissement et le lancement direct de l'urine et du sperme, comme le font les rétrécissements acquis du canal de l'urètre. Oh le reconnaît à l'écoulement lent de l'urine, son jet fin et court. Un petit coup de ciseau suffit ordinairement à élargir cette ouverture du méat, avec cautérisation et dilatation consécutives. Autrement, des accidents nerveux réflexes graves peuvent en être la conséquence, comme dans le phimosis très serré, page 106.

Une extrême étroitesse originelle du col de la matrice peut réclamer ]a môme intervention, en empêchant le sperme de pénétrer à l'intérieur. Ici la dilatation mécanique est préférable à l'instrument tranchant.

Son atrésic ou impcrforalion exige absolument l'instrument tranchant pour créer ou rétablir l'ouverture. Sur quarante et une opérées, trente-huit guérirent et deux succombèrent, et sur quatorze atrésies accidentelles, il y eut treize guérisons et un décès. De là sa gravité.

Le rétrécissement du bassin de la femme est une anomalie bien plus grave en mettant obstacle à l'accouchement naturel et à terme. Il se rencontre surtout chez les filles racbitiques, difformes, contrefaites, bossues, boiteuses, atteintes ordinairement d'une déformation du bassin, ou barrées comme on dit vulgairement. Au-dessous de trois pouces de diamètre antéro-postérieur , la tête du fœtus à terme ne peut le franchir et, dans l'impossibilité d'agrandir l'un ni rétrécir l'autre, il faut broyer celle-ci: ce qui est la mort fatale dë l'enfant et souvent celle de la mère. Provoquer l'accouchement à sept mois et même avant est la seule ressource, pour avoir chance de conserver la vie de l'un et l'autre. D'où l'urgence de consulter le médecin en pareil cas, sinon avant le. mariage, du moins dans les premiers mois de la grossesse.

Des rétrécissements analogues peuvent exister plus haut sur les canaux éjaculaleurs chez l'homme et les trompes chez la femme ; mais ces conduits

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déliés et cachés étant doubles, symétriques, il y a toujours chance que l'un des deux, soit libre. Ils n'ont pas ainsi la même gravité que les précédents siégeant sur des organes uniques, impairs et sans voie collatérale pour les remplacer.

Anomalies testiculaires et ovariennes.

Le caractère essentiel et appréciable de ces anomalies est d'atteindre et frapper exclusivement les deux sexes dans leur fécondité, sans que leurs rapports en soient gênés, altérés ni empêchés, comme avec les précédentes. À leur degré extrême, les premières peuvent entraîner l'impuissance et celles-ci la stérilité. A ce signe différentiel, chacun peut les reconnaître et les distinguer.

Au lieu d'être dans le siège et le volume de l'organe ou ses dépendances, l'anomalie ici est surtout dans la fonction : la sécrétion spermatique, sa composition et son issue au dehors; absolument comme la menstruation chez la femme. La raison en est toute simple. L'organe atteint est unique dans celleslà, double dans celles-ci. L'un étant nul ou malade peut être suppléé par l'autre et la fonction continue, sans que l'anomalie soit soupçonnée ni découverte. Elles sont ainsi moins graves et apparentes que les autres, en existant dans les testicules et le sperme chez l'homme, comme dans les ovaires et les règles chez la femme.

C'est une grande erreur, en effet, d'attribuer la stérilité, résultant de ces anomalies, exclusivement à la femme, comme on l'a fait trop longtemps. Les

m ANOMALIES SEXUELLES

organes dont elle dépond n'étant pas visibles ni appréciables chez elle, il était tout simple et commode de mettre empiriquement cette agénésie sur son compte, dès que ceux de l'homme paraissaient normaux et fonctionner régulièrement. L'ignorance fut ainsi le passeport de celte erreur, explicitement démontrée dans la Stérilité humaine. Un document récent suffira à mettre en évidence ici que la stérilité des ménages est plus souvent du côté du mari qu'on ne le croit généralement.

L'examen du sperme dans 96 cas a montré au docteur Rehrer les diverses anomalies suivantes. Trois fois la copulation était incomplète par l'influence de la masturbation, déterminant dos pollutions fréquentes ou une éjaculalion prématurée avant l'intromission complète. (Observation 4 17.) L'absence de spermatozoaires se rencontra dans 30 cas avec antécédents de blennorrhagic et d'orchite, occlusion des canaux éjaculateurs à la suite de prostatite blennorrhagique, et parfois sans maladie antérieure ni rien d'anormal en apparence. Enfin la rareté et le peu de vitalité de ces spermatozoaires se rencontraient dans 11 cas avec antécédents de blennorrbagie, orchite, syphilis et souvent l'habitude de la masturbation.

Toutes ces causes de stérilité masculine étaient inconnues, il y a moins d'un demi-siècle, et c'est en les découvrant que la stérilité féminine a diminué d'autant. Tout homme capable d'éjaculer n'est donc pas fécond, comme on le croyait. Sur 192 cas d'examen du sperme, collectés par Duncao et éma-

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nant de gynécologistes distingués, il y avait absence de spermatozoaires dans 31 et de sperme dans 2. Noeggerath et Kehrer, en Amérique, sur 54 examens en ont trouvé 22 frustes, tandis que Pajot, en France, sur 80 observations, n'en a rencontré que 7 et Manningham, en Angleterre, un seul sur 30 examens .

Ces anomalies étant ainsi plus ostensibles et faciles à constater chez l'homme, nous les signalerons les premières, comme exemples de ce qu'elles sont chez la femme.

Anorchidie ou absence absolue des testicules. Elle n'est pas démontrée et devient au contraire un mytbe, à la lumière des lois de l'organogénie et à son but le plus élevé : la reproduction. Les éléments qui doivent distinguer le sexe aussitôt après la conception, en se développant simultanément, peuvent bien se confondre, mais n'en existent pas moins. Ils ne peuvent s'atrophier ensemble et l'un se développe toujours au détriment de l'autre. Un spermiducte ou un oviducte, c'est-à-dire un garçon ou une fille, en résultera infailliblement. L'absence de ces deux éléments essentiels serait une monstruosité impossible.

Toutes les histoires anciennes de celte absence ne doivent donc s'entendre que de la place ordinaire de ces organes dans le scrotum. On sait qu'ils y descendent seulement au septième mois de la vie de l'enfant dans le sein de sa mère, par l'action d'un ligament spécial. L'un ou l'autre peuvent donc ne pas s'y trouver et même tous les deux à la fois, lors

de la naissance et de la puberté, sans manquer pour cela. S'ils ne sont pas dans les bourses, ils sont ailleurs : atténués, diminués, altérés ou dégénérés, mais ils existent. Leur présence dans lés bourses, sous une forme rudimentaire, minuscule, chez des individus absolument privés de sperme, est une preuve évidente de cette affirmation, démontrée par des observations à Aspermatisme. Ils ne disparaissent entièrement que par la maladie ou la castration.

Il en est de môme des ovaires chez la femme, organes similaires aux testicules, mais profondément cachés sur les parties latérales de la matrice. Si l'autopsie en a montré l'absence complète, c'est une anomalie si rare qu'il n'y a pas lieu d'en tenir compte. Même chez les femmes non réglées et stériles, comme le meilleur signe de leur absence, ils manifestent encore leur influence par des malaises ou des accidents périodiques mensuels : migraines, fluxions, érysipèles, angines, épistaxis. La présence de la matrice, en pareil cas, semble démentir cette absence, puisque cet organe, dont ils sont les annexes, n'a ni but, ni fonction possible; il ne sert à rien. N'est-elie pas un témoin de leur existence latente, rudimentaire. minuscule, soit qu'ils aient été arrêtés dans leur développement par leur déplacement ou leur hernie, soit qu'ils aient été frappes d'atrophie ou de dégénérescence avant la puberté ?

52. Consulté, en 1807, pour le mariage d'une couturière de vingt et un ans, assez bien développée, n'ayant jamais eu ses règles, quoique tourmentée mensuellement par des maux de tête insupportables, dos (luxions, des angines,

OVARIENNES.

des érysipèles et tous les signes d'un molimen menstruel, je reconnus par le toucher le col de la matrice sans corps appréciable. Il était sans doute imparfaitement développé, comme chez les petites filles. Je déclarai qu'elle ne pouvait devenir mère dans ces conditions.

Le mariage eut lieu, néanmoins, avec un cousin germain, malgré cet avertissement. Cette femme a continué d'être tourmentée et malade irrégulièrement, mais les rapports conjugaux ont manifestement amendé ces accidents périodiques, en faisant préjuger ainsi l'existence d'ovaires rudimentaires comme la matrice; cependant toutes les excitations et les voluptés du rapprochement sexuel n'ont pas amené l'apparition des règles. Il y eut bien parfois une légère tache de sang au linge suffisant à entretenir l'espérance de la maternité. L'embonpoint, survenu à trente-six ans, a fait disparaître les malaises et les indispositions. ,

En pareil cas, des hémorragies utérines ont môme été observées accidentellement, sans jamais s'établir régulièrement.

Quelle est l'influence de cette absence des testicules et des ovaires sur l'appétit sexuel, chez les deux sexes? La réponse semble devoir différer, selon que cette anomalie est originelle ou accidentelle, et varier chez l'homme et la femme. Dans le cas précédent, tout s'est toujours passé dans les rapports conjugaux comme si les ovaires existaient. La femme, très nerveuse, est même devenue hystérique et plus amoureuse en avançant en âge.

53. Une fille de vingt et un ans, sachant qu'elle ne pouvait avoir d'enfant, n'étant pas réglée, se livrait aux garçons passionnément, au point de les amener jusque dans son lit, placé à cùté de celui de ses parents.

L'absence originelle des ovaires n'éteint donc pas les désirs vénériens, d'après ces deux exemples types*

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Leur extirpation artificielle, pour maladies, et l'excision des trompes qui les réunissent à la matrice sont assez communément pratiquées partout pour savoir bien authentiquement des opérateurs que la plupart des opérées continuent leurs rapports sexuels après comme avant la castration. La question, posée publiquement dans les Sociétés médicales américaines, eu 1887, a été résolue affirmativement, d'après la déclaration suivante du docteur Brown à cet égard :

a Plusieurs médecins conservateurs prétendent que cette opération, en asexuant la femme, change sa voix douce en un ton dur et masculin, fait pousser la barbe, la moustache et anéantit l'appétit sexuel. Toutes ces accusations sont, en général, sans fondement. Nous avons lieu de croire que les désirs sexuels ne cessent qu'après quatre ans au moins de cette opération dans la plupart des cas. La faculté de concevoir disparaît seule et c'est là ce que recherchent bien des femmes dans Cette opération. Les avocats pour ou contre la castration féminine sont donc coupables d'exagération. Il est vrai que beaucoup de jeunes chirurgiens américains sont capables d'aller à ces extrêmes. Le chirurgien ne doit être encourage ni arrêté par cet ancien dogme d'asexuer la femme, car le sexe n'est pas plus dans l'ovaire que dans le testicule, il est surtout dans le carveau : ii is in the brain /» (Dictionn. annuel des p/-orjrès des se. méd.. Paris 1887. page 362.)

Soulevée en Angleterre, celte question a été îésolue de même par le professeur Tait, spécialiste

TESTIÇULAIRES. 157 distingué. H a connu trois jeunes femmes, privées de l'utérus et de ses annexes, les trompes et les ovaires, et qui remplissaient parfaitement leurs devoirs d'épouses — xolio had subsequently reported favordbly on the matrimonial condition. Si quelques femmes anglaises ont réclamé judiciairement des dommages-intérêts à l'opérateur pour n'avoir plus de sexe, c'est une très rare exception. (British gynec. society, 188".)

Castration masculine. Un homme adulte dont les deux testicules avaient été enlevés, dit le même auteur, après une période de dépression, a senti revenir ses désirs et le pouvoir de copuler dans sa plénitude. Ce fait n'a rien d'extraordinaire. Le professeur Richet, ayant enlevé successivement les deux testicules à un commis de nouveautés, marié, pour des fistules suppurantes, cet homme, devenu obèse plus de vingt ans après, assurait avoir toujours rempli exactement et avec efficacité tous ses devoirs conjugaux. Tous les castrés ayant exercé le coït avant l'opération, en évoquant et se rappelant la volupté qu'ils en ont éprouvée, ont provoqué efficacement l'érection. Les eunuques d'Orient, préposés à la garde des odalisques du sérail, étaient ainsi assaillis de désirs au milieu de ces femmes; ce qui obligea de les priver entièrement de leurs organes sexuels.

Théoriquement, la perte des deux testicules par castration paraît une défense irréfutable contre la charge de viol ou de bâtardise ; pratiquement, au contraire, elle est susceptible de quelques réserves,

selon le temps écoulé entre la mutilation et le crime. L'homme paraît capable d'exercer un coït fécondant durant un certain temps après la castration, sans que cette période ait été fixée ni précisée. Quelques expériences faites à ce sujet par Obolonsky sur les cbiens, publiées en 1888, lui ont montré des zoospermes vivants et actifs sept jours après la castration, dans un cas, et un mois après, clans un autre. 11 admet ainsi que, pendant un mois après l'excision des testicules, les spermatozoaires peuvent rester vivants dans les vésicules séminales et être êjaculés dans une condition fécondante.

Tant que l'érection est possible, avons-nous dit, les appétits vénériens persistent chez ceux qui en ont joui. Il y a même le priapisme des castrés, analogue à celui des aspérmatiques, provoqué par la prolongation du coït, sans émission possible. (Stérilité absolue de l'homme, page 353.) Les châtrés russes par religion, ou skoptzy, n'en sont pas moins assaillis de désirs, comme les religieux catholiques qui se faisaient émasculer autrefois en vain pour éteindre plus sûrement les désirs de la chair et n'avoir plus à lutter contre eux. Un riche skopetz ou châtré, de Saint-Pétersbourg, se faisait ainsi envoyer des filles de Kœnigsberg, qui ne pouvaient rester plus d'un an avec lui tant il les fatiguait. Enervées ou malades, elles s'en allaient avec de riches récompenses.

En est-il de même chez les castrés dans l'enfance, comme autrefois les chanteurs italiens avant la puberté, ou ceux dont les testicules n'ont jamais sé-

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crété de sperme? Dans le premier cas, beaucoup de ces castrés s'efféminent et deviennent pédérastes, en portant le cachet ou stigmate de leur infirmité sur' toute leur personne. Les castrés faisaient pourtant les délices des belles nymphomanes romaines, au rapport de Juvénal. Elles se les disputaient pour se livrer sans crainte et mieux satisfaire, assouvir l'ardeur de leur passion. Or, comment les eussent-elles connus, distingués, si ce n'eût été par la fraîcheur de leur voix? On en jugera par ceux qui sont privés de sperme, malgré la présence de leurs testicules, d'après les exemples relatés à Aspermatisme.

Crxjftorchidie. C'est la rétention des testicules dans le ventre, qu'il ne faut pas confondre avec l'absence de ces organes; ils manquent à leur place, et voilà tout. D'où le nom d'eclopie testiculaire. On la reconnaît au défaut de développement du scrotum ou sa rétraction. Ceux-ci n'étant pas descendus, les bourses n'ont pas à se développer par leur propre poids pour les loger. Leur existence occulte ou cachée se décèle lors de la puberté par le développement des caractères extérieurs de la masculinité, plus ou moins accentuée, des désirs vénériens et surtout l'émission spermatique. La réalité de cette anomalie, si rare soit-clle, est démontrée par la fécondité authentique d'hommes ayant le scrotum absolument vide, petit, ratatiné, uni. sans poils, ni le raphé qui le divise en deux bourses égales par une saillie accentuée. De là le nom de cette génération, à la manière des plantes cryptogames : sans fleurs, ni fruits, ni graines.

En général, ces organes cachés sonl nuls et ne fonctionnent que par exception. Serrés, comprimés au milieu des tissus, ils restent mous, fondent, s'atrophient ou dégénèrent en simulant parfois une hernie. De là les douleurs, les accidents variés et les maladies en résultant. Toutes les fois que des convulsions ou d'autres accidents nerveux, épileptiformes ou hystériques, se déclarent sans cause lors de la puberté, il faut s'assurer si les testicules sont à leur place. Leur rétention suffit à les produire, comme toute autre anomalie des organes génitaux. D'où l'indication de corriger ou faire disparaître ces anomalies. C'est le plus sûr moyen de guérison.

54. Un garçon de vingt-sept ans portait, depuis sa naissance, une hernie inguinale gauche qu'il contenait facilement avec un bandage, en évitant de comprimer le testicule retenu à l'anneau de ce côté. Mais, après la puberté, elle devint plus grosse, douloureuse et rentrait moins facilement, lorsqu'enfîn elle s'étrangla tout à fait, le 19 août 1888. Le chirurgien Richelot est appelé. Il trouve un scrotum à peu près nul par l'absence de teslicules. Le droit, peu développé, est retenu au-dessous de Panneau inguinal; à gauche existe une tumeur comme un œuf de poule, douloureuse au toucher, formée du testicule placé plus haut que le droit et d'une masse molle qui n'était pas l'intestin, car le malade avait des selles abondantes.

L'opération consista, dès lors, à exciser la portion d'épiploon formant la tumeur molle, à abaisser le testicule, puis à fermer l'ouverture du ventre. Plus tôt, soi I de douze à quinze ans, il eût sufli de faire rentrer 1 epiploon hernié dans le ventre et d'abaisser le testicule pour obtenir une guérison radicale et sans danger ni difficulté, tandis que celle-ci n'en était pas exemple. Elle se réalisa néanmoins. (Union inéd., -27 janvier.)

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Ce fait doit servir de leçon aux jeunes gens dont les hernies coïncident avec l'absence des testicules dans les bourses : c'est de se faire opérer, dès qu'ils s'aperçoivent de cette anomalie.

Les anciens admettaient, d'après l'opinion d'Aristote et d'autres, que les animaux privés des testicules apparents sont les plus lascifs et qu'il en était de même pour l'homme. «Si l'homme, dit un ancien philosophe, avait les testicules cachés dans le ventre, il n'y aurait pas. entre les animaux, d'animal plus lascif que lui. »

Lé regretté Ernest Godard a fait justice de cette erreur en constatant, par ses recherches, que les cryptorchides, tout en se livrant à des rapports sexuels complèts, sont stériles. «Quand les testicules n'existent pas dans l'abdomen, dit-il. et font défaut des deux côtés, n'étant représentés que par les canaux déférents, l'individu entre en érection sans éjaculer, comme s'ils n'existaient pas. » Ce fait a été récemment confirmé par divers chirurgiens.

Tout est exagéré jusqu'au ridicule clans cette prétention des anciens. Les cryptorchides ont une puissance assez moyenne, malgré leur stérilité. Polinière en a pourtant observé un qui, à douze ans, se livrait à l'abus le plus immodéré des jouissances vénériennes. La mort seule mit fin à ses excès. N'estce pas en confondant les pseudo-hermaphrodites hommes, n'ayant pas ordinairement de testicules apparents, qu'ils l'ont émise? Ceux-ci partageant les

goûts et les passions des deux sexes se livrent à tous les excès, comme Badré et bien d'autres signalés à Pseudo-hermaph l 'odisrne .

La gravité de la rétention ou de ce déplacement testiculaire varie suivant l'âge de l'individu et surtout la gêne, la compression de l'organe, accusée par la douleur et les accidents en provenant. Après des recherches minutieuses et comparatives sur des testicules ectopiés chez l'homme et les animaux , des observateurs également habiles et sincères variaient d'avis. Suivant les uns, les testicules ectopiés présentaient des spermatozoaires et les cryptorchides conservaient leur fécondité. D'autres, au contraire, ayant trouvé ces animalcules absents ou imparfaits, concluaient à la stérilité absolue de ces infirmes.

Ktonnés de ce dissentiment fondé sur la même observation, deux jeunes explorateurs, les docteurs Ch. Monod et G. Arthaud, en ont trouvé la raison en expérimentant sur des testicules ectopiés provenant d'hommes de différents âges. Sur un garçon de vingt ans, dont un testicule ectopié avait été enlevé à l'occasion d'une hernie étranglée, il y avait des spermatozoaires parfaitement constitués et vivants à l'examen, quoique ce testicule fût beaucoup moins volumineux que l'autre. Les mêmes testicules, chez des hommes de quarante, ans environ , en étaient totalement privés par l'induration fibreuse du corps d'iligmore, empêchant l'issue du produit de sécrétion.

La stérilité est donc fatale dans ce cas el dépend essentiellement des lésions de l'organe, par un effet

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