‹ Anomalies sexuelles apparentes et cachées [electronic resource]Chapitre 18 sur 114 · VULVAIRES · texte numérisé non relu

VULVAIRES

pour qui veut y regarder ou est appelé à les voir. L'accoucheur est surtout à même de les constater, quoiqu'il ne s'attache guère à cette observation dans cette circonstance, la congestion des parties ne permettant pas d'en juger parfaitement. Il est cependant frappé parfois de ces anomalies choquantes chez de jeunes primipares.

Il ne saurait être question ici des déformations produites par l'âge, les accouchements, les maladies, ni les mauvaises habitudes de la manuélisation, le saphisme ou succion. Décrites in extenso dans l'Onanisme seul et à deux, celles-ci méritent cependant une attention particulière, en raison de leur origine en apparence spontanée, révélant des vices ignorés et cachés, sinon des anomalies réelles. Exemples :

64. Un mariage contracté entre jeunes gens de vingt à vingt-quatre ans étant resté absolument stérile, dix à douze ans après, sans aucune cause appréciable, j'examine la femme à cet effet. Quoique bien développée, elle est manifestement strumeuse et très froide, dit le mari. Les grandes lèvres, démesurément volumineuses, sont flasques, flétries, pendantes, plissées et inégales. La droite dépasse surtout la gauche, et malgré l'écartement des cuisses, elle doit être déplacée avec la main pour l'introduction du spéculum. Jamais nullipare ne m'avait offert pareille exubérance aussi llaccide ; ce qui imposait l'idée de la manuélisation. L'ouverture du col était punctiforme.

Quelques mois après, un gonflement dur comme un œuf de poule survint sur la lèvre droite avec exulcération de la muqueuse. La cause? demandai-je. Absolument aucune de ma part, affirma le mari. Mais la femme se tut. Ce gonflement disparut par résolution avec des topiques simples. De là ma question.

Les glandes vulvo-vaginales, siégeant dans Fépais-

seur des parois de la vulve, une de chaque côté, déterminent des tumeurs analogues par les attouchements, les frottements, les baisers lascifs ou la succion dont elles sont l'objet dans la manuélisalion et le saphisme. Destinées à sécréter le mucus filant et onctueux qui lubrifie le vagin pendant la copulation, elles peuvent, excitées directement avec la main, la langue ou la bouche, lorsqu'elles sont pleines, faire irruption par leur conduit excréteur, au point de simuler une pollution véritable. Les femmes galantes et passionnées, les lesbiennes surtout, qui ont recours à ces pratiques, déterminent l'hypertrophie de ces glandes en les surexcitant et en obtiennent ainsi un liquide plus abondant. Grosses comme une amande aplatie d'abricot à l'état normal, elles arrivent à former des tumeurs obstruant le vagin, par l'oblitération de leur ouverture et la rétention du liquide.

65. Une fille galante de trenle-cinq ans m'appela, en 1854, pour une grosseur de ce genre, du volume d'une pêche, au côlé gauche de la vulve. Une ponction, suivie d'injection iodurée, ne suffit pas même à tarir la source du liquide; elle se reforma plusieurs fois. Une fistule s'établit heureusement et la débarrassa de cette infirmité, en laissant couler le liquide, mais la vulve resta horriblement déformée.

66. La femme d'un sergcntde ville, de trente-six ans, sans enfant, offrait à la même époque une tumeur dure, grosse comme un œuf de dinde, envahissant toute la grande lèvre droite, saillante en dehors et en dedans, au point de gêner les rapports conjugaux. Elle était survenue lentement, sans douleur, et restait indolore. Une double incision ovalaire, faite à l'extérieur, me permit de l'extraire presque par énucléalion. Composée

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