‹ Anomalies sexuelles apparentes et cachées [electronic resource]Chapitre 19 sur 114 · VULVAIRES · texte numérisé non relu

VULVAIRES

d'un tissu fibro-squirrheux, dur et compact, elle laissait exsuder un suc grisâtre à la pression. Aucune récidive en 1866, lorsque je revis l'opérée.

67. Une femme mariée, sans enfant, d'une quarantaine d'années, était dans une maison de santé pour des troubles cérébraux, lorsque le médecin découvrit, en l'examinant, une excroissance de la longueur et le volume du petit doigt, insérée sur la vulve. Il m'en informa en allant visiter ma malade.

A son retour chez elle, je demandai à voir cette excroissance. C'était tout simplement le clitoris, démesurément hypertrophié, flasque et mou, recouvrant les petites lèvres dans le décubitus et pendant dans la station verticale. La faute en était à son mari, dit-elle, lorsqu'il était son amant, et il l'avoua en riant. J'en fis l'excision avec l'écraseur, sans effusion de sang ni danger consécutif.

Sans être originelles, ces lésions produites par des abus vénériens, des pratiques manuelles et buccales, équivalent à des anomalies sexuelles par l'obstacle embarrassant qu'elles apportent à la copulation. Elles méritent d'être signalées à ce titre, puisque de véritables anomalies originelles n'ont pas d'autre importance. (Observation 156.)

6S. La persistance du canal de Nuck, formant une hydrocèle réductible et congénitale chez une fdle de dixneuf ans, lui fit ainsi refuser une demande en mariage dans l'ignorance où elle était de la nature de cette tumeur, bien que n'en souffrant pas. Elle croyait à une hernie et s'adressa à l'hôpital Bichat pour en connaître la gravité. Le chirurgien lui ayant dit qu'une petite opération pourrait l'en débarrasser, elle s'y soumit. Dix jours après, elle en était guérie et à l'abri des suites ennuyeuses qu'elle eût pu en éprouver. (Acad. deméd-, 3 janvier 1888.)

Kystes. La fréquence des kystes de l'ovaire chez

la femme, constatée par les nombreuses extractions qui en sont faites depuis un quart de siècle, a appelé l'attention sur les testicules à cet égard. D'où la découverte que cette, anomalie, par l'analogie de forme, d'organisation et de fonction de ces organes, se rencontrait aussi beaucoup plus souvent sur ceux-ci. Sur 100 cadavres, examinés à Pavie en 1865, 26 ont montré les testicules contenant des kystes rudimentaires, dont le volume variait entre un grain de millet et une petite noisette. Quoique de cause originelle, ils apparaissent tardivement et viennent ainsi s'ajouter et se confondre avec d'autres tumeurs. Outre les kystes par inclusion et les kystes spermatiques, ils peuvent compliquer des tumeurs cancéreuses, tuberculeuses et syphilitiques, de cet organe. Ils nuisent donc essentiellement à la spermatogénèse et peuvent être une cause secrète de stérilité chez l'homme, comme ils le sont souvent chez la femme.

Les anomalies atteignant le cordon spermatique dans le bassin et les autres voies séminifères cachées sont difficilement appréciables. On peut en juger seulement par les douleurs et les accidents qu'elles provoquent : rétention ou pertes séminales et les maladies en résultant, détaillées amplement à la Stérilité masculine, page 430. Ces conduits si déliés du sperme sont très prédisposés sans doute à se rétrécir, se dilater, s'obstruer même, d'après les nombreux exemples de ces anomalies constatés sur les

TESTICULAIRES.

trompes chez la femme. Tous les excès apportés à l'émission du sperme, par la continence et l'incontinence, sont autant de causes directes propres à produire ces déformations organiques et ces troubles fonctionnels. En voici l'exemple.

Sympexions. Concrétions du sperme formées par son épaississement résultant de son séjour, sa rétention dans les conduits et le défaut de son expulsion chez les continents. En s'accumulant dans les vésicules séminales — petites ampoules placées sous la vessie et qui en sont le réservoir naturel — il s'épaissit, se concrète et forme comme des cristallisations qui, en s'engageant dans les canaux éjaculateurs, les obstruent, les bouchent et arrêtent ainsi le cours du sperme et son émission. De là des douleurs locales vives, des coliques et des envies fréquentes d'uriner, surtout en s'asseyant sur un siège plat et dur.

69. La découverte en a été faite en 1874 par le docteur Reliquel, spécialiste français distingué, chez un coiffeur de trente-cinq ans, marié, qui se croyait alteint de la pierre par les vives douleurs qu'il éprouvait subitement en urinant, puis en éjaculant et au passage des garde-robes dures, douleurs allant de l'anus au périnée et jusqu'à l'extrémité de la verge. L'absence de calcul fit rechercher le corps du délit par l'anus et l'on constata ainsi un gonflement dur de la vésicule séminale gauche, douloureuse à la pression. Cet homme s'accroupit et expulsa bientôt par l'urètre l'eau injectée dans la vessie et rendue sanguinolente; quarante corps blancs, gros comme une tête d'épingle ou une petite lentille s'écrasant entre les doigts, sont rejetés successivement ensuite. C'étaient des sympexions dont l'expulsion calma tous les accidents. (Acad. de méd., septembre.)

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