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Un second cas en a été rencontré à l'autopsie

A iN 0 Al A L I E S S E X I ELLES

d'un supplicié de vingt-cinq ans, exécuté dix heures auparavant. Les vésicules étaient distendues, dures, raides, comme dans l'érection.

Le signe spécifique des douleurs ou coliques spermatiques est l'émission brusque d'un liquide ressemblant au sperme. Chez un homme de cinquantetrois ans, que l'on croyait atteint de tubercules de la prostate, la pression du doigt sur une bosselure très sensible au lobe dr^it de cette glande fit sourdre par l'urètre une masse grisâtre comme du vermicelle. L'examen la montra composée de spermalozoaires altérés et de mucus. On comprend que les continents, les chastes, soient particulièrement menacés de cette anomalie très rare.

La difficulté d'explorer par l'anus ces organes cachés en rend les anomalies encore moins appréciables chez l'homme que leurs similaires ou analogues chez la femme. Ici, l'exploration avec la main sur le basventre suffit à les percevoir. D'où l'indication de l'examen direct du sperme et du sang des règles pour s'en assurer.

Déviations de l'urètre. Partie essentielle des Anomalies péniennes, où elles sont décrites, ces difformités,doivent être rappelées ici pour mémoire, en entraînant surtout la stérilité par l'émission imparfaite du sperme. Hypospadias et épispadias correspondent ainsi directement aux déviations du col de la mat rue en arrière, en avant ou latéralement. Elles se rencontrent bien plus souvent chez la femme, moins comme anomalie originelle qu'accidentelle, par L'effet de son rôle dans la gestation et la reproduction. Lors-

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que ces deux ouvertures de l'émission et la réception du fluide séminal ne correspondent pas ensemble, on comprend que la fécondation soit impossible. Il suffit même que l'une d'elles soit déviée ou déplacée pour que le parallélisme avec l'autre étant détruit, elle ne puisse avoir lieu. Dans ce dernier cas pourtant, la stérilité n'est pas si fatale, le parallélisme pouvant se rétablir dans le spasme cynique par un mouvement, une convulsion favorable. (Ouvertures irrégulières de l'urètre, page 141.)

Quant aux anomalies des voies séminales: canaux déférents, vésicules séminales et conduits éjaculateurs chez l'homme, trompes de Fallope faisant communiquer les ovaires à la matrice chez la femme, elles seront décrites plus loin. Invisibles et profondément cachés, ces organes sont difficilement tangibles et appréciables. On en connaît seulement les maladies et les lésions par l'autopsie et il n'y a pas à s'en occuper ici. Leurs anomalies : atonie, déviations, imperméabilité, obstruction, rétrécissement ou dilatation passent ordinairement inaperçues; la symétrie de ces canaux, en permettant à l'un de suppléer l'autre, empêche de s'en apercevoir, dès qu'elles n'existent pas des ueux côtés. Dans ces divers cas, elles constituent des infirmités du ressort spécial de la chirurgie qui s'est surtout exercée chez la femme dans ces dernières années.

Rien de plus précis à dire à ce sujet ; on ne peut soupçonner ces altérations et les distinguer que d'après le défaut de lonctionnement de l'organe ou ses lésions, toujours plus ou moins tangibles etappré-

ciables. La spermatosc de l'homme comme la menstruation chez la femme sont susceptibles d'examen en quantité et en qualité. Malgré la variabilité de ces deux fonctions connexes à l'état physiologique, chez les divers individus, il y a des limites et des degrés où elles sont incompatibles avec la normale : c'est la démarcation précise avec la santé. Il serait prématuré de les signaler ici; elles seront mieux placées aux Anomalies de l'éjaculation et de l'ovulation.

De toutes les anomalies physiques, celle-ci est la plus grave par ses complications ordinaires. Elle résume et réunit parfois toutes les précédentes sur la même personne et constitue ainsi une véritable monstruosité, en cachant le sexe réel et en l'annihilant par les obstacles insurmontables qu'elle met au fonctionnement des organes génitaux internes et externes. Loin d'être séparément une cause d'impuissance ou de stérilité comme les précédentes, elle les entraîne ordinairement toutes les deux à la fois. C'est pourquoi elle doit être décrite séparément, car elle est la négation même de la génération et une contre-indication formelle du mariage, comme nous l'avons indiqué au Célibat.

L'histoire anatomo-liistologique en étant faite à la Stérilité humaine, dont elle forme le type, il est superdu d'y revenir; mais il est nécessaire de montrer qu'il ne s'agit pas ici du véritable hermaphrodisme réunissant les deux sexes à la l'ois chez le même indi-

vidu. C'est un mythe dans l'espèce humaine. On dit que l'embryon est hermaphrodite durant les six premières semaines de la vie intra-utérine, parce qu'il ne présente alors aucun caractère sexuel distinct. C'est un abus de langage ; il est sans sexe apparent jusque-là, au lieu de les présenter tous les deux.

Mais le sexe se dessine bientôt au microscope par deux corps différents: le corps de Wolff chez le mâle et le conduit de Muller chez la femelle ; tout le reste est similaire et se développe uniformément. La formation coïncidente et parallèle de ces deux organes internes sexuels représente le testicule chez l'homme, l'ovaire chez la femme. Mais si d'un côté l'un se développe au détriment de l'autre, en l'atrophiant, et qu'il en soit inversement du côlé opposé, les organes masculin et féminin peuvent être réunis sur le même individu, c'est-à-dire former le véritable hermaphrodisme. Et comme la malformation de ces organes doubles est toujours rudimentaire, on ne les distingue pas à la naissance. Mais ils ont été constatés simultanément à l'autopsie de quelques sujets, dont on explique ainsi les goûts et les instincts des deux sexes à la fois ou alternativement.

C'est le contraire des organes externes. 11 est extrêmement difficile de distinguer le sexe d'après eux chez le fœtus pendant les deux à trois premiers mois. On ne perçoit qu'une saillie rudimentaire qui peut être aussi bien destinée à devenir un pénis qu'un clitoris. Une fente longitudinale se trouve au milieu dessous, marquant la place du scrotum. En restant fermée, elle constitue les bourses ; en se divisant,

il en résulte la vulve et le vagin. Il est difficile d'en juger alors, mais on comprend qu'une réunion et une séparation de cette partie ne peuvent se rencontrer simultanément, ni qu'il existe à la fois, chez la même personne, un scrotum et une grande lèvre. L'hermaphrodisme complet est donc impossible sur ces parties externes, il ne peut s'y trouver que des malformations ou anomalies capables de faire douter du vrai sexe à la naissance. Tel est le pseudo-hermaphrodisme.

Il consiste essentiellement en un arrêt de développement chez le garçon, par le défaut de réunion du scrotum, l'imperforation du canal de l'urètre et la rétention des testicules. Au contraire, c'est par un excès de développement qu'il se constate chez la fille: l'oblitération delà vulve par la réunion des grandes lèvres et l'hypertrophie du clitoris. Tous ces vices de conformation sont décrits aux anomalies physiques des deux sexes, mais il ne faut pas les confondre, lorsque l'un ou l'autre existe isolément, avec ceux qui constituent le pseudo-hermaphrodisme où ils sont ordinairement réunis. D'où l'urgence de les différencier sous ces deux états, afin d'en bien faire connaître le danger principal.

Aucun de ces cas n'est évidemment l'hermaphrodisme vrai, comme il se rencontre dans toute l'acception du mot parmi le règne si brillant et parfumé des llcurs. Il ne saurait exister à ce titre dans l'espèce humaine, type de la sexualité distincte, séparée au physique et au moral. L'individu réunissant partiellement des organes des deux sexes à l'intérieur

ne jouit ordinairement d'aucun. Au lieu d'être à la fois homme et femme, il n'est ni l'un ni l'autre; c'est un neutre, ou plutôt un monstre, comme il s'en est rencontré de très rares exemples au physique, décrits au Pseudo-hermaphrodisme neutre.

A celui-ci surtout s'applique le mode de formation de ces anomalies organiques, atteignant l'être humain à sa naissance, au point de ne pouvoir souvent lui attribuer un sexe en participant également des deux à la fois. Ces lois organiques, quoique déjà signalées au début, doivent être rappelées ici pour être mieux comprises. Elles varient, en effet, suivant les causes qui les déterminent et l'époque à laquelle elles agissent sur l'embryon dans le sein de sa mère. D'où l'extrême variété de ces monstruosités. Ici, c'est un excès de production, là, un défaut et parfois un arrangement tout nouveau et insolite.

Un refroidissement temporaire des œufs par Panum, des courants électriques par Lombardini et leur échauffement partiel ou inégal par M. Dareste ont suffi à produire expérimentalement ces vices de conformation sur les animaux en provenant. L'action de ces causes externes est ainsi démontrée et plusieurs peuvent agir de même sur l'embryon ou le fce^s dans le sein de sa mère et par l'intermédiaire de celle-ci.

Les chutes ou blessures pendant la grossesse, et la perturbation apportée dans la température de la matrice par la maladie, sont parmi les premières. L'hérédité de la syphilis surtout, les hydropisies partielles de l'embryon, celles qui se produisent spécia-

bernent dans les centres nerveux, sont susceptibles d'agir dans le même sens. Aucui;e de ces causes internes n'est pourtant démontrée aussi positivement que les premières, dit M. Lannelongue. (Archiv. de méd., avril et mai 1883.)

71. L'hérédité de ces anomalies résulterait d'un fait nouveau, observé récemment par M. Pozzi. Un garçon de dix-huit ans, d'apparence extérieure féminine, avec un développement notable des seins et un pénis infantile nettement masculin, offrait une crête partant du frein, s'étendant sur toute la partie inférieure du pénis, à la place du raphé normal. Cette double végétation foliacée ressemblait aux nymphes de la femme. Il n'avait qu'un testicule à droite. Des neuf enfants de sa famille, deux autres offraient, d'après la mère, des malformations génitales. (Soc. de biologie, 31 janvier.)

D'où la confusion des deux sexes, par l'aspect irrégulier qu'elles donnent aux parties génitales externes lors de la naissance. L'article 57 du Code ciprescrivant d'une manière formelle et absolue, en déclarant celle-ci dans les trois jours qui la suivent, de dire le sexe du nouveau-né, sans restriction ni suspension, il faut se prononcer catégoriquement. Jes filles sont ainsi déclarées et enregistrées comme garçons et réciproquement des garçons comme filles. Le législateur n'a pas tenu compte de ces anomalies, susceptibles d'entraîner le doute, la méprise et l'erreur sur le vrai sexe, et la confusion s'est établie ainsi légalement dans de nombreux cas, sans qu'aucune réclamation ni amendement à la loi aient été proposés à ce sujet.

Une fois déclarés faussement, ces pseudo-hermaphrodites sont destinés, condamnés fatalement, sauf

de très rares exceptions, à vivre et mourir sous le faux sexe qui leur a été imposé. Comme la justice, la loi n'avoue ni n'admet ses erreurs. Elevés, habillés, instruits et appris à travailler contrairement à leur vrai sexe, ils sont hésitants, incertains le plus souvent pour se reconnaître. Leurs sentiments, leurs instincts, leurs désirs, faussés et altérés, sont si vacillants qu'en présence de leurs organes rudimentaires et l'imperfection de leurs fonctions, ils n'osent se prononcer. Des femmes ont été ainsi assujetties à l'état militaire et des hommes en sont au contraire injustement restés exempts à leur place.

Plus de vingt observations de ce genre, relatées dans les annales de la science, ont été citées par nous dans Y Hermajjhrodisme en '1883 et dix autres, publiées depuis en Frauceet à l'étranger, pourraient être rapportées ici pour en montrer la fréquence. L'exhibition publique de l'un de ces cas à la Société de chirurgie de Paris, le 8 juin 188J, a suffi pour en faire découvrir plusieurs analogues. Quatre jeunes chirurgiens, des plus doctes et célèbres, ont aussitôt levé la main pour signaler de prétendues filles enregistrées et élevées comme telles jusqu'à dix à douze ans, et reconnues ensuite, par hasard, pour de vrais garçons.

La présentation des pièces anatomiques d'un cas semblable à la Société pathologique de Londres, le 21 avril 1885, a fait dénoncer cinq autres exemples analogues par les membres présents. Le fils d'un employé de l'État français, âgé de dix-sept ans, avait également été enregistré comme fille. Ces faits sont

donc communs et constituent un danger réel pour les vrais garçons en quête d'une compagne.

Ce danger est d'autant plus grand que ces anomalies physiques entraînent fatalement celles des fonctions. L'onanisme manuel est ainsi très fréquenl chez les mal sexués et en étant l'initiateur de tous les autres modes, comme il est démontré page 503 de l'Onanisme sous toutes ses formes, les pseudo-hermaphrodites sont prédisposés à toutes les aherrations antisexuelles. L'exemple observé et relaté par Tardieu en est la preuve.

72. Un garçon de quatorze ans et demi était accusé d'actes de sodomie sur un enfant de huit ans, niant énergiquement le fait. 11 était robuste et musculeux, mais n'avait, ni barbe, ni voix mâle, ni poils sur le pubis, bien que cet organe eùl les dimensions ordinaires de son âge. Les testicules, petits, n'étaient pas descendus dans les bourses, mais retenus à l'anneau abdominal. L"accusé avait eu de temps en temps des érections ; il fut condamné.

En raison de sa conformation imparfaite, ce garçon ne pouvait sentir comme les autres, étant constitué différemment. ïardieu eût probablement acquis, l'assurance, s'il eût poussé ses investigations de ce eût'1, que ces deux enfants s'étaient tout simplement masturbés ensemble. Les anomalies sexuelles de l'ai né étaient une atténuation à sa responsabilité morale, comme elles devraient l'être légalement pour tous les mal sexués. On serait ainsi peu fondé à rendre les pseudo-hermaphrodites responsables de toutes les infractions sexuelles, même les plus abominables, auxquelles un grand nombre sont entraînés.

PSEUDO-HERMAPHRODISM E,

C'est à la loi de prévenir ces outrages à la morale et aux bonnes mœurs, en obligeant ces infirmes à reconnaître leur véritable sexe et à corriger leurs difformités; elle pourra ensuite sévir contre eux.

73. L'exemple exhibé devant la Société de chirurgie, sous le nom et les habits de femme veuve, était en effet un homme de quarante ans, en offrant tous les attributs extérieurs : barbe fournie, pénis érectile avec gland et méat urinaire. La division seule des bourses ou scrotum, simulant une fent^ avec deux lèvres latérales, l'avait fait prendre pour une fille. Déclaré et enregistré comme telle, il fut élevé de même, sous le nom d'Ernestine Guériot, avec les fillettes du village en en portant l'habit. Elle devint ainsi amoureuse d'un villageois et fut mariée civilement à un autre à dix-sepL ans et demi. Mais les rapprochements furent difficiles et incomplets, la fente simulée étant toute superficielle et c'est en la creusant par ses efforts répétés de coït que le mari en forma un eul-de-sac de cinq à six centimètres de profondeur constatée à l'examen. La bourse gauche, plus volumineuse, contenait un testicule avec son épididyme, l'autre n'était pas descendu à droite.

Malgré certains caractères féminins de la voix et des seins, cette prétendue femme, qui en portait encore le nom et l'habit, était donc bien un homme marié à un autre homme, en vertu même de la loi consacrant cette énorme monstruosité. Aussi, devenue veuve, pritelle spontanément son vrai sexe en se passionnant pour d'autres femmes et en ayant des rapports sexuels avec elles, comme elle en avait eus déjà pendant son mariage. Le volume du pénis équivalait à celui d'un enfant de douze ans, il est vrai, et était presque dépourvu de prépuce ; en érection, il restait courbé comme le clitoris, mais son ouverture, donnant lieu à une éjaculation réelle, le distinguait parfaitement. L'erreur de sexe était donc flagrante.

Méconnues ou tenues secrètes, ces erreurs étaient très rares autrefois. Le hasard seul les révélait. Tel

fut le moine d'Issoirc qui, au rapport de Montaigne, accoucha dans sa cellule et le soldat hongrois mettant un enfant au monde en plein champ. Elles étaient mises ainsi facilement en doute. La mort seule pouvait les rendre authentiques par l'autopsie, et la connaissance de ces cas restait limitée aux hommes de science. Ceux de la fameuse Dorothée Périer, de Marie-Madeleine Lefort et quelques autres — ayant vécu longtemps comme femmes et reconnues scientifiquement hommes à leur mort — ont été ainsi les premiers à éclairer ce sujet de tératologie et à l'établir sur des bases certaines, réunies en un corps de doctrine par Geoffroi Saint-Hilaire au commencement de ce siècle.

Ces exemples sont devenus si communs qu'ils ne se comptent plus; on en trouve partout, l'on peut même dire qu'ils courent les rues des grandes villes. Celui observé par nous était un commissionnaire faisant la place de Paris, que son extrait de naissance condamnait à porter les habits de femme depuis plus de trente-six ans, comme un Parisien courait les rues de Londres en 1881. (Observation 75.) Connus forcément, ceux-là indiquent qu'un bien plus grand nombre restent ignorés, cachés, par la honte même inspirée aux victimes de ces vices de conformation.

Frappé de leur grand nombre en les citant dans la Stérilité humaine, et des conséquences déplorables en résultant, nous avons proposé un amendement à l'article 57 du Code civil pour y mettre fin. Etant démontré que le sexe est absolument impossible

à préciser dans les trois jours accordés pour la déclaration de naissance, nous avons demandé, le premier peut-être, qu'il fût inscrit comme douteux ou indéterminé lorsqu'il y avait lieu. Un délai pourrait être fixé pour sa régularisation ou laissé à la diligence des intéressés, sur le certificat d'un médecin de l'état civil. La loi mise ainsi d'accord avec la science, toute conséquence fâcheuse serait dès lors prévenue et la morale sauvegardée.

Si le plus grand respect est dû à notre immuable Code, il l'est également à la science dont le caractère essentiel est de changer et se modifier sans cesse en progressant. La loi s'y rapportant doit donc être perfectible comme elle, sous peine de consacrer et d'entretenir de grossières erreurs à un siècle d'intervalle. Telle est la connaissance du sexe lors de la naissance, contredite absolument aujourd'hui par des faits nombreux et irrécusables.

L'exemple récent de Joséphine Badré, enregistrée et élevée comme fille, reconnue scientifiquement homme à vingt-neuf ans, sous le nom de Joseph, suffirait à justifier cette modification à la déclaration de naissance, quand il y a doute reconnu, avéré sur le sexe. Une année ou deux suffirait à le vérifier et, avec cette mention inscrite en marge de l'acte, on ne verrait plus tant de garçons habillés et élevés en filles, ni de filles portant culotte et élevées comme des garçons.

Que l'une ou l'autre de ces personnes mal sexuées légalement entre dans les ordres religieux ou enseï gnants et la morale est gravement compromise.

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ces fun homme-femme admis au séminaire, que deviendront les jeunes lévites à sou contact, comme dans toute congrégation ou monastère d'hommes? Ce sera bien plus dangereux si c'est une femmehomme, comme Badré et Guériot, ayant les instincts sexuels de l'homme et de la femme au début; le feu sera au couvent consumant toutes les nonnes ! Ce sera pis encore, si c'est à l'école. Et que serait-ce à. la caserne, si l'examen préalable du recrutement n'y mettait actuellement bon ordre et prévenait heureusement une semblable méprise ? Un a vu ce qu'il en arrivait scandaleusement autrefois.

Devant cette question complexe de l'hermaphrodisme, la jurisprudence étrangère comprend diverses solutions. Le Code prussien a édicté que si un enfant n'a pas de sexe déterminé en naissant, ses parents décident auquel il appartiendra. Sans rédicter explicitement, il est évident que c'est trop souvent ce qui a lieu en France ! Mais le Code prussien a soin d'ajouter qu'à dix-huit ans, chacun a droit de choisir son sexe lui-même. Si abusive que soit celte faculté personnelle, elle offre du moins un utile recours contre l'erreur, négligé par le Code français. Il suffirait d'exiger à l'appui un certificat d'un ou de deux médecins pour la rendre parfaite.

C'est ce qu'a prévu la législation allemande, en raison des privilèges de la naissance, pour garantir les droits d'un tiers, dépendant de ce sexe. Un frère cadet, par exemple, peut réclamer un examen d'expert à cet effet et le rapport de celui-ci décide contre le choix des parents et celui de l'hermaphrodite

même. Le changement de l'état civil en France exige bien d'autres formalités signalées plus loin.

74. Si bizarres et étonnantes que soient ces anomalies sexuelles, elles le sont moins encore que le déplacement même des organes les plus essentiels à la vie, comme le cœur à droite et le foie à gauche du corps. Une transposition totale et eomplèle de tous les organes internes a été rencontrée par le docteur Gannet, à l'autopsie d'un Italien de vingt-cinq ans, mort d'une méningite cérébro-spinale, à l'hôpital de Boston, douze heures après son entrée. L'aspect extérieur n'en décelait d'autre trace que les testicules, dont le droit pendait plus bas que le gauche, contrairement à l'état normal. Le cœur était renversé à droite avec ses vaisseaux afférents et efférents, ainsi que lès poumons dont le droit n'avait que deux lobes et le gauche trois. Le foie était aussi renversé à droite et la rate à gauche. De même de l'estomac, dont le cardia était à droite avec la grande courbure et le pylore à gauche. De ce côlé aussi se trouvait le duodénum avec la lête du pancréas, tandis que sa queue était à droite en contact avec la rate. Le caecum siégeait dans la fosse iliaque gauche avec le colon ascendant, le descendant avec la valvule sygmoïde à droite. C'était donc littéralement la peinture de l'état normal vu dans une glace.

On ne put s'assurer si l'individu était gaucher, ni vérifier si le siège de la parole étaii adroite dans le cerveau. Ce fait rare et curieux a été soumis à la Société médicale de perfectionnement de Boston, le 14 janvier 1889, avec les pièces anatomiques à l'appui.

Le pseudo-hermaphrodisme masculin, par la division des bourses, est de beaucoup le plus fréquent. Les exemples cités en sont la preuve et la raison en est due au rôle actif de l'homme dans la génération et ses incitations sexuelles plus vives. Comment un garçon élevé avec des lilles, vivant et couchant avec elles, ne ressentirait-il pas les premiers aiguillons de

son vrai sexe par les libertés qu'elles prennent ensemble? La plupart ont ainsi montré une grande lasciveté précoce, comme Badré qui en est resté le type.

La principale cause de l'erreur est surtout quand l'urine ne s'écoule pas par la verge. Dès que cette issue est naturelle, en effet, il ne peut y avoir doute sur le sexe masculin ; le clitoris, dont le volume exubérant peut la simuler chez les filles, étant toujours imperforé. L'erreur est ainsi très commune quand le pénis est également imperméable. Dans les deux cas, l'urine s'écoule par une ouverture souvent imperceptible située au-dessous de l'éminence pénienne.

La situation de cette ouverture urinai re, sur le trajet de la fente longitudinale qui se trouve sous cette éminence, peut suffire à distinguer le sexe. Chez les garçons hypospades, elle est ordinairement placée très bas près de l'anus, comme il est indiqué aux Ouvertures anormales de l'urètre, page 141. Ils sont ainsi obligés de s'accroupir pour uriner ; au contraire, elle se trouve presque immédiatement placée sous le clitoris chez les filles.

75. Un Parisien de vingt ans en offrait un exemple frappant à Londres, en 1881. Déclaré fille et élevé comme telle, il fut mis dans une pension de demoiselles jusqu'à seize ans et n'a pas cessé depuis de s'habiller en femme, sans que sa figure douce et imberbe, sa voix, ni une chevelure luxuriante, des seins bien marqués, un cou sans saillie aient pu éveiller les soupçons. A l'examen, au contraire, le pubis garni de poils abondants jusqu'à l'ombilic, avec un pénis de deux pouces de long, muni d'un prépuce, indiquaient le contraire. Néanmoins, il y a une simple fossette à la place du méat urinaire

et l'urine s'écoule par une ouverture située à la racine des bourses, séparées par une fente large et béante admettant le petit doigt et simulant le vagin. Mais cette ouverture conduisait directement dans la vessie et la présence d'un testicule normal, avec épididyme et cordon d'une activité fonctionnelle évidente dans chaque bourse latérale, montrait qu'il s'agissait bien d'un garçon avec hypospadias scrotal. Ses amourettes étaient néanmoins pour l'un et l'autre sexes indifféremment comme dans l'Observation 73.

76. En prenant connaissance de ces faits dans la Stérilité humaine, une fille de trente-sept ans, dans cette situation perplexe d'une profonde et vive passion amoureuse pour une autre fille de son entourage, reconnut son véritable sexe et s'adressa à nous, le 9 avril 1885, pour le constater. Elle est grande, brune et bien développée, quoique mince pour son âge, avec toute l'allure, la désinvolture de l'homme par le regard, le geste et la marche, de manière à ne pouvoir s'y tromper. Une légère moustache noire ombrage la lèvre supérieure, sans barbe au menton. La voix est assez grave ; absence de seins.

A l'examen, pénis bien conformé et de volume moyen dans le relâchement avec un gland bien formé et muni de son prépuce. Etalé au milieu d'un scrotum très petit, divisé en deux parties égales par une fente cutanée lisse et plate, sans muqueuse ni cul- de-sac appréciables, il se relève peu, étant retenu, fixé par une bride très serrée et plissée du raphé urétral. Un méat parfaitement marqué existe à la place ordinaire du gland, mais il est imperforé et l'urine s'écoule par une ouverture fisluleuse, située à quatre centimètres au-dessous sur le raphé. Incolore, cette ouverture se décèle seulement par l'écoulement de l'urine pouvant être conservée à volonté pendant trois heures et expulsée de même en s'accroupissant pour ne pas se salir. Le défaut de saillie et de dépression de cette ouverture montre qu'elle n'a pas subi la moindre tentative de pénétration. Absence de testicules dans les deux bourses latérales; mais leur rétention dans le ventre est indiquée par la sécrétion du

sperme que des érections spontanées et des pollutions involontaires décèlent depuis longtemps. C'était donc bien un homme bypospade et cryptorchide, c'est-à-dire avec les deux anomalies sexuelles physiques décrites sous ces noms.

Voici comment ce garçon est resté si longtemps dans cet état: Né dans un village de Seine-et-Oise près Paris, enregistré et élevé comme fille, il ne put être éclairé par sa mère lors de la puberté en l'ayant perdue de très bonne heure. Dès cette époque, il éprouva un vil' sentiment d'amour pour ses compagnes et l'absence de menstruation lui fit concevoir des doutes sur son vrai sexe, en constatant l'augmentation graduelle de volume et de saillie du pénis, des érections et des pollutions spontanées ensuite. Vivant seul avec son père, sans famille, il resta ainsi indécis, tout eu refusant à plusieurs reprises les garçons qui se présentèrent pour l'épouser. Instruit de son véritable sexe par la lecture de nos divers ouvrages sur la Génération, il essaya résolument le coït et réussit, malgré les difficultés inhérentes à sa difformité, l'éjaculation ayant lieu avec une volupté affaiblie et mêlée de douleur locale. Le sperme examiné aurait même montré des spermalozoaires. 11 réclamait ainsi avec instance un certificat pour obtenir de changer de sexe et d'habit.

— A votre âge et dans voire situation, est-ce bien nécessaire et raisonnable ? Vous rencontrerez de grandes difficultés pour changer de sexe; de longues démarches seront indispensables et les obstacles peut-être insurmontables. Réfléchissez.

— Mon parti est pris, monsieur, c'est par vos ouvrages que j'ai appris à connaître mon sexe et je vous

I ' S E U D 0 - H E tt M A P II H 0 D I S M F, .

prie instamment de m'aider à pouvoir le porter publiquement. Sinon, je suis décidé à me faire savter le caisson, plutôt que de continuer à vivre clans ma fausse situation.

— Y pensez-vous ? Laisser votre vieux père sans secours serait indigne! Une résolution aussi coupable et désespérée ne se comprendrait que devant une grande passion amoureuse engendrant la folie et le désespoir.

— C'est précisément ce qui existe et m'amène. J'aime une femme distinguée qui m'aime aussi. Connaissant ma position, elle exige que j'obtienne mon véritable sexe pour l'épouser. Une solution m'est donc indispensable. Je vous prie instamment de m'aider dans celte circonstance décisive, en m'indiquant la voie à suivre pour atteindre ce but.

Ne pas déférer à cette demande eût été déserter le rôle du médecin. Au contraire, je saisis avec empressement cette occasion favorable de poursuivre la révision de l'article 57 du Code civil sur la déclaration du sexe à la naissance. Toute erreur de l'état civil étant imprescriptible, la rectilication doit toujours pouvoir s'en opérer pour un cas aussi clair et évident, conformément aux articles 99, 100 et 101 du chapitre VI. Mais il fallait savoir comment la personne pouvait récupérer son vrai sexe en vue du mariage à contracter. Sur l'avis de mon ami Gallaid, fondateur et secrétaire de la Société de médecine légale, séant au Palais de justice, je rédigeai un mémoire sur ce fait intéressant, pour lui donner plus de retentissement et de crédit, en provoquant une discussion publique et en en faisant approuver les conclusions par cette Société stvante. La lecture en fut faite dans la séance d'avril et un rapport eut lieu, le 8 juin suivant, par le docteur

Leblond appuyant ma proposition de réviser la déclaration en ce qui concerne les sexes douteux. Sept nouveaux cas furent rappelés pour justifier ces erreurs et les unions monstrueuses en résultant. D'où le vœu qu'elles formassent dans la loi à venir des cas de nullité des mariages contractés dans ces conditions contre nature ; conclusion qui a été envoyée au Sénat, sur la proposition du savant jurisconsulte Horteloup, vice-président de cette Société. (Ami. d'hygiène publique et de médecine légale, n° 3, 1885.)

Fort de cet assentiment médico-légal sur son véritable sexe constaté par nous, et confirmé par le certificat conforme du professeur Brouardel et un troisième du docteur Polaillon, cet individu adressa au tribunal civil de l'arrondissement de sa demeure une demande de rectification de son état civil avec ces pièces à l'appui. L'instance ne fut pas longue, en raison de la moralité et l'honorabilité notoires de l'impétrant. Dès le 25 septembre 1885, il écrivait:

« J'ai l'honneur de vous informer qu'en vertu d'un jugement rendu le 23 courant à l'audience des vacations du tribunal civil de. ... je suis autorisé à porter le costume masculin et à substituer les prénoms de Léon Ernest à ceux de Léonie Ernestine B. . . qui m'avaient été donnés dans mon acte de naissance. »

Ce fait, rapporté exprès en détail, pourra servir d'exemple aux filles et garçons indûment sexués. Tous non sont pas capables dans leur prime jeunesse. Entraînés par leurs instincts hermaphrodites, dépen-

dant sans doute de l'état mâle et femelle de leurs organes internes, ils sont également impressionnés dans leurs rapports avec les deux, sexes, bien que n'en ayant qu'un seul, d'après l'apparence de leurs organes externes, si imparfaits soient-ils. Plusieurs ont été ainsi alternativement femme et homme et l'on comprend que, mariés légalement sous l'un de ces titres, ils ne puissent ensuite prendre l'autre. Ils vivent ainsi dans l'immoralité. D'où le danger du mariage précoce de ces mal sexués, ne pouvant parfois reconnaître ce qu'ils sont réellement que par l'exercice et l'usage de leurs organes et l'expérience de leurs impressions sexuelles.

Ces mariages monstrueux, par erreur de sexe, entre deux hommes ou deux femmes, sont nuls sans doute. Le droit canonique l'admet par l'impossibilité des rapports sexuels et de la procréation. La même raison a été invoquée par différentes Cours françaises et étrangères, mais la solution véritablement juridique, c'est l'identité du sexe. Ainsi l'a jugé récemment la Cour de Riom, en établissant qu'il y avait erreur sur la personne, suivant l'article 180 du Code civil.

Le mieux serait donc d'empêcher ces unions monstrueuses, en signalant l'incertitude du sexe réel dans la déclaration de naissance. Une mention expresse, explicite, y mettrait obstacle comme à tout autre acte de la vie civile, militaire ou religieuse de l'individu, exigeant son identité par l'acte de naissance. Après l'avoir proposée en 1883, nous en avons fait le point essentiel de notre mémoire sur le pseudohermaphrodisme en 1885, en invoquant tous les faits

et les raisons propres à la juslilier, comme nous les répétons de nouveau ici.

Ce point capital est passé complètement inaperçu, ou plutôt la Société de médecine légale n'a pas voulu l'examiner par la difficulté même d'amender ou modifier cet article du Code civil. Elle a préféré s'attacher à la nullité du mariage de ces mal sexués, mise en question depuis longtemps pour cause d'im puissance ou de stérilité et résolue contra Notoirement suivant les cas. Mieux vaut empêcher, prévoir le mal que le guérir, et c'est en le constatant légalement, à la naissance, que l'ou en préviendra les conséquences. Si quelques-uns veulent les encourir, ce sera en connaissance de cause, et ils seront dès lors mal fondés à s'en plaindre.

Contester le fondement et l'urgence de cette modification à l'acte de naissance, par la rareté des cas où elle serait nécessaire, n'est pas recevable devant leur nombre. Beaucoup sont inconnus, ignorés, par l'imprudence même de la loi et son silence. Objecter que l'examen des enfants nouveau-nés, fait actuellement dans les grandes villes, mettra fin à ces erreurs déplorables, n'a pas plus de valeur. Il est absolument impossible parfois de reconnaître et affirmer le sexe à la naissance. Mis en présence, à l'hôpital Trousseau, de deux jeunes enfants déclarés comme filles, le professeur Lannelongue n'a pu se prononcer. Après une année seulement, la descente d'un testicule dans l'une des grandes lèvres apparentes leva tous les doutes. Le second restait encore en observation en juillet 1881. Qui donc pourrait s'élever au-dessus de

la réserve d'un chirurgien aussi éclairé? D'ailleurs, il y a les campagnes où ces cas, bitn plus nombreux qu'en ville, pourront toujours passer inaperçus.

Cette solution médico-légale s'impose donc pour mettre lin à ces erreurs de sexe et aux suites déplorables qu'elles entraînent. L'opinion émise à ce sujet par M. Lacassagne, professeur de médecine légale à Lyon, dans son récent ouvrage sur les actes de l'état civil: Naissance, mariage et mort, en est la démonstration éclatante.

« Le sexe est facilement méconnu, dit-il, en cas de vices de conformation des organes génitaux, si la déclaration est faite par les parents, sans examen médical; d'où l'urgence de celui-ci. Les probabilités, en cas de doute, sont ordinairement en faveur du sexe masculin. 11 admet la possibilité d'un sexe neutre ou l'absence complète d'un sexe déterminé, méconnu par la loi française. Aussi les garanties existant à cet égard à l'étranger lui semblent-elles nécessaires dès qu'il y a doute. Un examen médical contradictoire est la première, au moment de la déclaration. L'acte de naissance ne mentionnerait ce sexe que dans les cas de certitude absolue. La détermination dans les trois jours ne serait plus obligatoire et il y serait sursis au besoin jusqu'à la puberté par sa manifestation physiologique. Un jugement sur rapport d'experts résoudrait alors la question. Jusque-là, l'acte de naissance porterait la mention de sexe douteux. »

Sans examiner la question de priorité, cette proposition, on le voit, est absolument semblable à la

nôtre. Elle ne saurait varier que pour ceux ayant fait acte à la l'ois d'homme et de femme ou en présentant les signes. Ils seraient déclarés neutres avec défense du mariage, afin de ne pas outrager la morale ni la loi, malgré leurs habits, leurs goûts et leurs habitudes. Ainsi seraient prévenues ces inculpations de rapports contre nature, d'outrages aux mœurs et à la morale publique, pouvant être encourues par ces personnes mal sexuées s'attaquant indifféremment et successivement aux deux sexes à la fois. Maris et épouses ne risqueraient plus d'être trompés sur le vrai sexe de leur conjoint, sous la garantie même de la loi.

Comment une réforme si légitime et urgente ne peut-elle être obtenue quand, par une circulaire du 20 janvier 1882, le préfet de la Seine a prescrit la déclaration et l'inhumation des embryons de moins de quatre mois ? Il a suffi de signaler un danger local pour y porter remède, tandis que l'intérêt général de la France entière est sacrifié. Combien de médecins législateurs connaissent cette lacune de la loi, sans qu'un seul s'occupe delà combler! Qu'une voix autorisée s'élève à ce sujet et, avec les documents à l'appui, elle devrait être aussitôt entendue et appuyée. C'est le seul vœu à faire ici.

Le traitement chirurgical à appliquer dans certains cas en serait même efficacement prévu et assuré contre l'épispadiascl l'hypospadias formant les deux

principales causes de ces erreurs. La seule ressource d'une opération délicate, à pratiquer dans ces cas serait indiquée plus tôt aux intéressés et employée ainsi dans les meilleures conditions avec plus de succès. En corrigeant leurs difformités sexuelles, on en rendrait du moins quelques-uns aptes au mariage et peut-être à la génération ; on peut s'en convaincre, par les résultats obtenus, figurés page 148.

La caslralion, plus simple et facile, a même été proposée au chirurgien par la mère d'un jeune enfant atteint d'un hypospadias scrotal avec division des bourses qui l'avaient fait enregistrer comme fille. Mais les deux grandes lèvres fausses étaient pourvues de leurs testicules avec un pénis rudimentaire et imperforé au-dessus . « Il ne sera jamais ni homme ni femme, dit-elle, et pourra avoir les passions de l'homme sans être capable de les satisfaire. En le châtrant, il ne pensera à rien plus tard et la privation des testicules empêchant la barbe et les moustaches de pousser, l'enfant pourrait être élevé comme fille, sans que personne puisse se douter de sa difformité. Il en sera autrement, si je l'élève en garçon; obligé de s'accroupir pour uriner, tous ses camarades, en s'en apercevant, ne manqueront pas de remarquer qu'il lui manque quelque chose et l'appelleront hermaphrodite à son grand chagrin. » {Gazette hebdomadaire, n° 17, 1883.)

liéelle ou imaginée, cette proposition est trop radicale et en négligeant les progrès acquis de la chirurgie, elle ne mérite guère d'être prise en considération. En l'émasculant, ce serait disposer de l'avenir

d'un garçon qui aurait le droit de le reprocher amèrement plus t rd.

Le pseudo-hermaphrodisme féminin est l'opposé du précédent, tout en résultant d'une erreur analogue. L'apparence externe des organes génitaux fait prendre et enregistrer comme garçons de véritables filles ayant les organes imparfaits de leur sexe et souvent aussi de leurs fonctions. En ne provoquant presque jamais les éclatantes démonstrations ou aberrations génitales qui sont l'expression ordinaire de l'hermaphrodisme masculin, en raison de la pudeur innée de la femme, les exemples en sont aussi rares que les premiers sont fréquents. Ce n'est pas à dire qu'ils le soient moins en réalité, seulement ses victimes restent filles sans bruit, sous le nom d'homme qui leur a été imposé par mégarde à la naissance, et passent leur vie sous cette fausse apparence dans le célibat ou la chasteté. La plupart des cas restent ainsi ignorés et Terreur ne peut se découvrir qu'en se soumettant à la fécondation, comme le moine d'Issoire et le soldat hongrois précités. Encore est-ce l'exception, par la difficulté même de la fécondation chez ces filles mal conformées et peu ou pas réglées. L'exemple découvert récemment en Italie en est la démonstration.

77. Un homme de soixante-huit ans, petit, trapu, ro buste, barbe grise assez épaisse, entre à l'hôpital de Lodi, le 12 août 1878, sous le nom de Pagetti. Pris subitement de j,rra\ es accidents, il succombe dès le lendemain. A l'autopsie, les docteurs Arigo et Piorani constatèrent qu'au lieu d'un i,nmmc c'était une femme, saut >on aspect viril. Le pénis apparent, place très haut, était, malgré son

volume, un simple clitoris imperforé, sans canal de l'urètre ni méat urinaire. Une ouverture vaginale existait au-des-ous, avec l'urètre, et conduisait dans un utérus vierge parfaitement conformé avec ses dépendances, mais sans traces d'ovules ni de menstruation. C'était une vraie femme à barbe, n'ayant jamais été réglée et privée de mamelles. Comment aurait-elle pu reconnaître son sexe sans ses attributs et exercer le rôle de l'homme avec avantage?...

78. Ces organes, encore plus imparfaits à la naissance, sont la cause des méprises. Un enfant de quatre mois, proclamé du sexe masculin sans restriction en naissant et baptisé comme tel, est apporté au Lazaret pour un catarrhe enlérique. Le docteur Guttmann, en l'examinant, constate que le gland est prive de méat urinaire et que l'urine s'écoule par une ouverture placée sous la racine du frein: les bourses, divisées en deux par une fente, ne contenaient pas de testicules. L'enfant étant morl, l'autopsie montra que c'était une fille, malgré l'apparence masculine des parties sexuelles externes. L'existence du vagin, des nymphes et du clitoris ne laissait aucun doute sur la certitude du sexe. (Giorn. internationale.)

79. En persistant après la puberté, ces signes sexuels mixtes peuvent même entraîner le doute sur ie sexe réel. Le féminisme très marqué du garçon, enregistré et élevé comme tel, signalé à l'Observation 4, le fit ainsi considérer fille et garçon alternativement. A dix-huit ans. il entrait comme jardinier chez des religieuses cloîtrées, où il vivait en toute liberté, chantant les offices avec elles à cause de sa belle voix. A vingt et un ans, il tirait au sort et (Hait réformé. A l'examen, le docteur Gaffé le considéra comme fille, d'après son apparence.

De taille moyenne, ce garçon de vingt-cinq ans était imberbe et d'un extérieur féminin complet: voix aiguë, traits fins, peau délicate, blanche et glabre, formes arrondies, pieds et mains comme à quinze ans; poitrine sa s trace de poils avec deux i-eins , arfaitement dessinés. Mamelon rose, gros et érectile; absence de saillie au-devant du cou coïncidant avec tout l'extérieur du

bassin et des parties génitules de la femme. 11 formait ainsi le type du féminisme décrit à ce mot. Les poils, parfaitement disposés, garnissaient un mont de Vénus arrondi et élastique. Au dessous, deux grandes lèvres brunâtres, de volume ordinaire, couvertes de poils extérieurement et rosées à la face interne, sans aucun corps solide à l'intérieur. Les deux nymphes, à peine marquées, existaient, mais leur réunion en baut recouvrait, en apparence, un clitoris gros comme le petit doigt ajant trois centimètres et demi de longueur en érection. Réellement, c'est un pénis minuscule pourvu d'un prépuce incomplet, en raison de l'ouverture très petite du méat urinaire, arrondi et rayonné, placée sous le gland comme dans l'hypospadias.

Sous ce rapport, c'était donc bien un homme hypospade ; mais il existait également tous les caractères extérieurs généraux et locaux de la femme, à l'exception du vagin , dont l'infundibulum n'avait qu'un centimètre et demi de profondeur, sans communication avec aucun autre organe interne appréciable : ni matrice, ni ovaires. D'où l'absence absolue de menstruation.

Extérieurement, ce sujet avait donc également les attributs des deux sexes : masculin et féminin ; intérieurement, au contraire, il paraissait privé de l'un et de l'autre, testicules et ovaires étant aussi inappréciables. L'ouverture du ventre, faite par Porro en Italie pour vérifier la présence de ces organes, n'étant pas encore admise en France, le sexe ne peut être iixe que seîon les signes extérieurs. Or, l'érection était manifeste d'après les vifs désirs du sujet, excités également par les deux sexes. Il n'a eu que des rapports féminins et l'intromission a été complète en éprouvant le spasme vénérien, sans éja-

culation. 11 est asperinatique . Mais son nom et soi. habit ne l'ont-ils pas plus conduit vers les femmes que ses désirs ? Avec la fourchette très accusée de son infundibulum vaginal, il eût pu coïter de môme avec certains hommes comme lui, malgré le peu de sensibilité de ce vagin. L'ampleur des seins et tout l'extérieur féminin pourraient bien compenser le désavantage de ce défaut de profondeur. Il était donc permis de conclure à son sexe féminin, comme l'expert l'a jugé.

80. Dans un cas analogue d'une fdle de vingt ans, le clitoris, très érectile, gros comme le petit doigt, avait quatre à cinq centimètres de long et le méat urinaire, placé sous le gland, donnait mensuellement issue au sang. Le professeur Le Fort pratiqua très habilement un vagin artificiel en 1859, à l'hôpital, pour lui rendre son vrai sexe en permettant à cette fille d'en remplir les fondions.

81. Cette opération eût également rendu le vrai sexe à cette fille de seize ans, Marie-Madeleine Lelbrt, ayant une barbe brune naissante d'adolescent, qui se présenta à Béclard en 1815, pour qu'on lui agrandit l'ouverture par laquelle elle était réglée depuis huit ans. Elle portait un clitoris de sept centimètres de long et très érectile, simulant parfaitement un pénis par les poils très longs et abondants, bruns et rudes, qui l'entouraient comme sur les membres inférieurs. Terminé par un gland sans ouverture et recouvert d'un prépuce mobile, ce pénis apparent était percé de cinq trous filiformes placés régulièrement dessous, à la place de l'urètre, 'comme chez les hypospades, par lesquels s'écoulaient l'urine et le sang menstruel.

L'opération lui ayant été refusée, elle se fit saltimbanque et mourut à l'Hôtel-Dieu en 1864, portant une barbe grise de trente-cinq centimètres de long, lui donnant toute l'apparence de l'homme. Au contraire,

A N 0 M ALIES S E X L' E L I, E S .

l'autopsie montra un vagin normal de six centimètres de long, derrière le> ouvertures filiformes et conduisant à une matrice très dével ppée avec col virginal.

La menstruation, dans ces deux cas, est sans doute un signe décisif du sexe féminin qui n'existait pas dans le précédent. Tout l'extérieur féminin de ce prétendu garçon aspermatique, en 1 absence de ce caractère dislinctif, n'étan donc pas à prendre en considération. Hien n'en justifie mieux que l'appareil m sculin on^taLé au contraire dans le cas suivant.

82. Fille de vingt-quatre ans, aux traits communs et un peu virils. Des saillies musculaires, sa voix grave, des cheveux rares eL bruns, étaient bien d'un jeune adolescent, si e'ie en eût porté l'habit. Ses seins rudimentaires, un bassin étroit, des hanches peu développées avec des poils sur les cuisses complétaient son apparence masculine. Le mont de Vénus était garni de poils noirs si abondants que l'on n'apercevait, en la découvrant, qu'une verge aussi volumineuse que chez l'homme adulte. C'était un clitoris én rme, occupant sa place avec un gland découvert, sans aucune ouverture, et muni d'un prépuce plissé ne pouvant le couvrir en entier.

En le soulevant , la vulve apparaissait seulement dessous avec deux grandes lèvres, moins saillantes et épaisses qu'à l'ordinaire et aussi plus écartées, par cet énorme clitoris les séparant. 11 entrait en érection par les excitations génésiques en se recourbant, retenu pai l'insertion des petites lèvres.

Réglée mensuellement depuis l'âge ordinaire, celte fdle avait un col de la matrice régulier, mais très petit, rudimenlairc. Peu apte ainsi à la fécondation, elle n'avait et ne pouvait avoir que des rapports avec les hommes, mais comluen de femmes s'en fussent mieux arrangées que de l'homme placé dans le couvent des religieuses cloîtrées !

La prostituée de Parent-Duchâtelet avait également un clitoris de huit centimètres de long, gros comme l'index. Un gland bien formé, recouvert d'un prépuce sécrétant de la matière sébacée, lui donnait, à s'y méprendre, l'apparence de la verge d'un garçon de douze à quatorze ans, à la veille de la puberté. Celte fille, de vingt-trois ans, n'avait jamais été réglée et était privée de mamelles. La compagnie et les rapports sexuels des hommes lui étaient aussi indifférents que ceux, des femmes; elle ne s'était livr ;e à la prostitution que par excès de misère. Le vajriu était son unique organe féminin, comme certains hommes n'ont que la verge.

Le développement exagéré du clitoris, en simulant la ver^e, est donc le principal sujet d'erreur du pseudo-hermaphrodisme féminin, comme la division des bourses l'est du pseudo-hermaphrodisme masculin. Il suffit de s'assurer que l'organe ne donne pas issue à l'urine pour le distinguer. Le fait est facile à constater en démaillotant le nouveau-né devant un bon feu flambant et en pressant légèrement avec la main au-dessus. Par cette compression de la vessie, l'urine ne manque pas d'être lancée, si c'est un pénis véritable; elle sort toiqours dessous en bavant, si c'est une fille. Lorsqu'elle s'écoule près de l'anus', c'est un garçon hypospade. Quant à la fente qui peut exister au-dessus, c'est au médecin vérificateur des naissances, ou à tout autre, de vérifier si elle appartient à une fille ou un garçon.

La hernie des ovaires, par la saillie qu'ils forment dans les aines, en coïncidant avec les précéden-

tes difformités, suffit à les faire prendre pour les testicules et entraîner cette méprise. La douleur produite par la pression des doigts est le meilleur signe pour les distinguer. Mais l'examen direct, en les découvrant par une opération sanglante, est encore plus sûr et conforme au positivisme moderne ; le hardi et habile gynécologiste italien Porro n'a pas craint de le tenter pour la première fois en 1883 dans un cas de ce genre.

83. Il s'agissait d'une femme ayant des mamelles, le bassin et tous les caractères féminins, avec absence de barbe. Elle avait un utérus double et des ovaires hernies. Pas de prostate. Abandonnant les tentatives lubriques, instituées par quelques hommes de l'art pour décider du sexe dans les cas douteux, le célèbre chirurgien prit résolument le parti d'examiner directement les corps inguinaux pour savoir si c'étaient des ovaires ou des testicules.

Cette prétendue femme étant désireuse de changer ses habits pour ceux de l'homme se soumit volontiers à l'opération. Le pli génito-crural droit fut dès lors ouvert avec toutes les précautions antiseptiques et l'on découvrit un testicule muni de son épididyme peu prononcé. L'innocuité de ce procédé rationnel fut démontrée par le succès de l'opération. (Italia med.)

Cette épreuve sanglante suffit-elle à mettre hors de doute le vrai sexe de l'individu? En présence des signes féminins extérieurs, de l'absence de la prostate et les exemples d'hermaphrodisme latéral avec ovaire d'un côté et testicule de l'autre, une double incision s'imposait pour l'affirmation du sexe masculin.

Pseudo-hermaphrodisme neutre. Les difformités apparentes des organes génitaux externes, simulant l'hermaphrodisme chez les deux sexes, si prononcées soient-elles, en laissent ordinairement prédominer

un. Le doule et l'erreur ne viennent souvent que du défaut d'attention ; mais en coïncidant avec d'autres anomalies internes, cachées, ce sexe peut être rendu neutre ou nul. Des organes mâle et femelle internes existent parfois simultanément sur le même individu. Au lieu du développement régulier et symétrique ordinaire de l'un des éléments d'où dépend le sexe au début de la vie, le corps de Wolffse développe séparément d'un côté et le conduit de Muller de l'autre, d'où la conséquence de l'hermaphrodisme latéral. Ainsi apparaissent simultanément l'ovaire ici et le testicule là, à droite ou à gauche indistinctement avec leurs dépendances , c'est-à-dire les organes séminifères des deux sexes sur la même personne; tandis que les organes externes, apparaissant isolément plus tard, peuvent se développer normalement, mâle ou femelle, et présenter un sexe unique. D'où sa neutralité absolue.

L'organe externe mâle ou femelle ne peut, en effet, correspondre avec l'organe séminifère interne de même nature pour remplir normalement sa fonction : soit le pénis avec le testicule, soit l'ovaire rendu manifeste par la menstruation avec la vulve. L'organe intermédiaire entre eux : la prostate chez l'homme, la matric chez la femme, étant unique, s'y oppose absolument. Son développement étant lié, subordonné à celui des organes internes, participe toujours plus ou moins à leur malformation. L'un ou l'autre manque, n'existe qu'à l'état rudimentaire et se trouve oblitéré. Toute correspondance ou communication de l'intérieur à l'extérieur est ainsi

218 ANOMALIES SEXÇELËES

rendue impossible. D'où la neutralité des organes,

des désirs et des sentiments entre eux.

Telle est la théorie de l'hermaphrodisme réel, absolu et de la neutralité en résultant. Il a été bien vérifié par l'autopsie que ces malformations internes existaient chez quelques sujets, mais l'usage de leurs organes externes pendant la vie, aussi bien que leurs désirs et leurs sentiments, sont toujours restés plus ou moins incertains. 11 y a, sans aucun doute, de véritables hermaphrodites servant à la l'ois d'hommes et de femmes et pouvant en remplir le rôle plus ou moins imparfaitement. Badré, Gdériot et d'autres en sont des exemples authentiques, et cependant ils avaient un sexe distinct, constaté scientifiquement ; leur extrême salacité et les conditions spéciales où ils se trouvaient dans leur jeunesse ont donc favorisé, plus que leurs organes, leurs rapports alternatifs avec les deux sexes.

Comment d'ailleurs préjuger et vérifier cel hermaphrodisme interne sur le vivant"? Il n'est à soupçonner que par des anomalies des organes externes participant des deux sexes, un fonctionnement nul ou irrégulier, des désirs mixtes, sinon des rapports contre nature, comme deux exemples récemment publiés en font foi.

84. Une infirmière des hôpitaux de Paris, enregistrée du sexe féminin, avait deux testicules internes, malgré ses seins volumineux el l'absence de barbe. Au Contraire, il va un petit pénis bien formé, de trois centimètres de long, mais im perfore avec une bride hypospadiaque aboutissant à une ouverture au-dessous donnant issue h. l'urine. Plus bas, existe un vagin de huit centi-

PSEU'DO-llKR MAiMinODISME.

mètres de profondeur, précédé du vestibule, termine par un cul-de-sac, sans trace de col ni de matrice. Absence absolue des règles. (Pozzi, Soc. de biologie.)

Les attributs sexuels opposés montrent qu'ils peuvent évoluer indépendamment et à l'inverse l'un de l'autre, à l'extérieur comme ù l'intérieur, sans qu'il soit possible de se prononcer. Toutefois, les testicules étant restés dans le ventre, il est permis d'élever des doutes sur leur nature. Us peuvent se confondre avec les ovaires, et l'on a vu précédemment que l'erreur a élé seulement découverte en les mettant à nu par une opération permettant de les examiner directement.

35. Une tille de vingt-cinq ans, n'ayant jamais été n glee, demande au docteur Polaillon si elle peut se marier. Elle a toutes les allures et les apparences féminines: seins développés, peau fine, bassin large. Deux grosseurs ressemblant à des hernies se trouvent juste au niveau des anneaux inguinaux : à droite, c'est un e.irps" mou, gros comme un œuf de poule, présentant une partie dure comme l'épididyme et d'une sensibilité spéciale à la pression ; à gauche, co'rps ovoïde plus petit que le précédent, mais paraissant de même nature.

La conformation extérieure de la vulve est absolument normale, mais l'ouverture du vagin est toute petite et sans hymen. Elle conduit dans un cul-de-sac de trois à quatre centimètres de longueur. L'exploration directe et indirecte ne fait découvrir aucune trace d'utérus. Les tumeurs inguinales n'ayant subi aucune Gongestiou menstruelle paraissent plutôt îles testicules que des ovaires. Le sexe restait donc indécis. Néanmoins le mariage fut permis, à condition de prévenir le futur. (Soc. de médecine légale, 1887.)

Ces deux prétendues femmes présentaient donc extérieurement les caractères des deux sexes et pou-

vaient aussi bien, soumises à l'opération de Porro,être reconnues hommes. Leur examen pour Je mariage montrait cependant, qu'elles n'étaient pas privées de désirs sexuels. Établi authenliquement et sans contestation possible, ce fait contredit la théorie, n'en fournissant aucun exemple aussi positif, de la neutralité absolue des vrais hermaphrodites. Un organe sexuel, si imparfait soit-il, n'existe guère sans que l'on cherche à s'en servir d'une manière quelconque, souvent même à l'opposé de sa destination. Les mieux sexués en abusent bien en les soumettant à des usages immondes.

Le sentiment érolique, l'amour charnel existe donc chez ces disgraciés de la nature comme chez les plus parfaits. Tous les organes sexuels réagissent sur le cerveau et celui-ci à son tour sur eux. Dans la réalisation imparfaite de leurs désirs, par les affronts qu'ils subissent et leur impuissance même, ces infortunés sont atteints dans leurs facultés intellectuelles. L'homme surtout, frappé dans son orgueil, se trouve dégradé, son intelligence, son moral s'altèrent et des perversions génésiaques les plus inattendues peuvent s'observer. Le pseudo-hermaphrodisme se relie étroitement ainsi kl'lnversion sexuelle en pervertissant les sentiments. Au point de vue fonctionnel, celle-ci est souvent la suite et la conséquence de celui-là. Le pseudo-hermaphrodisme physique est la révélation des mêmes anomalies dans les désirs et les appétits sexuels avec des organes normaux. 11 les explique et en est souvent la démonstration.

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