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tomber l'érection et arrêter ou empêcher ie coït. Une simple influence de l'imagination, un trouble de l'esprit produisent et entretiennent de même l'anaphrodisie sexuelle ; l'habitude semble aussi jouer un certain rôle. C'est l'opposé des castrés, tourmentés de désirs vénériens comme les hommes privés de testicules ou frappés d'aspermatisme. On ne saurait donc la méconnaître, malgré son essence immatérielle, et c'est en la démontrant par des exemples chez les deux sexes séparément que nous essayerons de la caractériser sous ses divers aspects.
Chez l'homme.
La réalité de cette névrose génitale est surtout appréciable chez l'homme par son rôle actif et se démontre par les divers degrés de son intensité et de sa durée. Les sujets nerveux, impressionnables, timides, surtout s'ils sont faibles, délicats, lymphatiques, sont les plus exposés à en ressentir les effets. Il est peu d'hommes nerveux qui n'aient ainsi éprouvé des faillites amoureuses dans certaines conditions. Un repas copieux, des liqueurs, le thé, le café, une impression vive, à la danse ou au théâtre, ont la plus grande influence, surtout si la masturbation s'y joint avec perles séminales involontaires.
Sir J. Paget en attribue le plus grand nombre des cas aux troubles nerveux ou à une altération mentale. L'imagination et le système nerveux spinal devant agir simultanément pour un coït normal, il suffit (pie l'imagination soit absorbée ou absente pour que l'érection manque on tombe par le défaut
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de réaction réflexe sur la moelle pour l'entretenir.
(Christian.)
Ces lésions ou altérations microscopiques des centres nerveux étant admises, sans pouvoir les constater, comme la source de cette névrose, il faut reconnaître qu'elles siègent principalement dans le cerveau, d'après les troubles psychiques de l'imagination ou de la pensée que présentent un grand nombre d'anaphrodites sur la fonction même de la génération. Le quart au moins des consultants pour des aberrations génésiques, après la puberté, sont faibles d'esprit, mal équilibrés ou détraqués; sans résolution pour résister à leurs mauvais instincts, ni volonté pour corriger, réprimer leurs habitudes, ni courage pour suivre les indications qui leur sont données. En coïncidant chez la plupart avec tous les caractères physiques d'un féminisme prononcé, leur faiblesse d'esprit semble être à l'unisson de leur corps. Cette névrose participe ainsi du physique et du moral pour mieux eu établir la réalité. Et si ces parties essentielles des centres nerveux manquent à l'origine de la vie — commeles anomalies physiques qui font de l'homme une femme et réciproquement — comment la sexualité n'en serait-elle pas profondément altérée, pervertie, annihilée? L'anaphrodisie chez l'homme et la frigidité qui y correspond chez la femme en sont ainsi le résultat.
En voici deux exemples d'aulant plus convaincants que l'auteur ne croyait pas à cette anaphrodisie morale et les cite comme des cas d'impuissance physique par simple défaut d'innervation. « Un
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malade à qui j'ai donné des soins, dit Koubaud, pour ne pas perdre le fruit de son érection, m'avoua que, sous prétexte d'attouchements préparatoires au coït, il se faisait masturber par sa maîtresse et obtenait ainsi une éjaculation impossible pendant l'accouplement. » Pour oser en venir à des ressources aussi ignobles, tous les excès, les abus antérieurs sont à prévoir, et ils étaient probablement la cause de cette perversion toute morale qui empêchait l'érection de se souteuir. L'impuissance physique n'existait pas, au vrai sens du mot, puisque la masturbation suffisait à l'entretenir dans l'état naturel; les excitants moraux seuls faisaient défaut. Avec les plus violents désirs au contraire, dans l'impuissance physique, la masturbation personnelle ou étrangère, à deux même, est absolument incapable de provoquer l'éjaculation.
La défaillance dans le coït n'est donc pas un signe décisif d'impuissance physique, malgré cet autre fait du même auteur. « Un jeune homme, dont le succès dans l'onanisme faisait le supplice, était absolument privé de la volupté du coït. » 11 confirme le premier et montre péremptoirement que c'est là de l'anaphrodisie, comme dans nos observations personnelles plus détaillées. La plupart des masturbateurs, entretenus dans cette fatale habitude, en pourraient dire autaut, soit qu'elle résulte de leur anaphrodisie même, soit qu'en émoussant la sensibilité locJc, elle ait troublé et perverti le sens moral. Ils sont impuissants par l'esprit et non par les organes.
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Quand un garçon de vingt à vingt-deux ans, normalement conformé et bien portant, reste sans désirs sexuels sous le poids de sa virginité, malgré ses érections spontanées ou provoquées avec la main, le frottement, il lui manque certainement quelque chose. Il est menacé fatalement d'asexualité, d'aspermatisme et l'anaphrodisie est surtout à craindre, s'il ne recherche pas la compagnie des femmes et n'est pas entraîné à leur faire la cour. Une grande timidité, des travaux absorbants d'esprit ou du corps, l'isolement peuvent sans doute laisser le sentiment erotique assoupi jusque-là, chez les jeunes gens apathiques, lourds, froids, indifférents ; mais il suffit qu'ils se trouvent alors dans des conditions favorables à l'épreuve de leur virilité pour qu'elle se manifeste subitement. Sinon, ils sont jugés, surtout si leur impuissance persiste au delà de vingt-cinq ans . Ils sont à peu près inaptes au mariage et ne feront jamais de vigoureux maris, du l'ait même de leur frigidité native, augmentée par l'habitude delà masturbation. Pour peu que la femme partage ces dispositions, leur* union restera stérile par ce défaut physique ou moral.
Un étudiant américain, atteint de nervosisme, a pu rester absolument vierge jusqu'à vingt-trois ans, quoique grand et fort. Il est alors pris de priapisme et l'examen décèle plusieurs anomalies physiques : pliimosis incomplet par rétrécissement du prépuce serrant le gland, lorsqu'il est relevé, avec inllexion marquée à droile de la verge en érection. Testicules pendants. Tendances pédérastiques au collège.
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Un garçon de trente et un ans, venant du Nord, est de même resté vierge par dégoût des prostituées et la crainte des maladies vénériennes. Il est évidemment très nerveux et mal équilibré, car il débute avec une contrebandière dans l'ivresse, abandonnée par son camarade. Il resta ainsi impuissant dans deux tentatives. De même avec une maîtresse qui lui est donnée ensuite, malgré tous les stratagèmes anormaux et immoraux qui lui sont suggérés par son imbécillité.
Beaucoup de ces jeunes anapbrodites confondent leur désir de la femme avec l'appétit vénérien. Elle leur plaît et ils l'admirent... platoniquement, y pensent, en parlent avec chaleur et enthousiasme, en rêvent même, sans que leurs sens en soient impressionnés. Froids, torpides, inauimés, ce sont des crotomanes par imagination, sans que le désir vénérien soit pour rien dans leur recherche; ils restent ainsi absolument impuissants en entrant dans les maisons publiques où tout est fait exprès pour les exciter.
157. Un employé à la banque de France, de vingtquatre à vingt-cinq ans, assez bien développé, se plaint d'être resté plusieurs fois en affront avec des tilles galantes qu'il rencontrait et lui plaisaient. 11 avait abusé de la masturbation et était opéré d'un phimosis l'ayant peut-être provoquée. Son plus grand désir était d'avoir une maîtresse comme ses camarades pour aller se promener ensemble le dimanche, c Je pense toujours aux femmes, disait-il: quand je suis seul, leur idée m'excite à la masturbation et, quand je suis avec elles, ma pensée est ailleurs. >< Il n'avait pas la hardiesse de leur parler sans qu'elles l'attaquent. C'était un anaphiodile sans
incitation à rechercher la femme m" à lui plaire; son contact le refroidissait, le glaçail.
Loin d'être absolument décisive, cette épreuve est souvent contraire à ces esprits timorés, instables et qu'un rien effare. Au lieu du bruit, l'éclat et la lumière, le silence, le secret et le mystère de la nuit sont généralement préférables. Une réserve habile, la pudeur feinte, simulée, les excite souvent plus favorablement que le déshabillé de ces faux charmes. Il faut essayer alternativement de l'une et l'autre pour se prononcer définitivement.
Cette anaphrodisie est ordinairement constitutionnelle cl se rencontre surtout chez les persounes lymphatiques, apathiques, indifférentes, aux tissus mous et pâles, sans grande réaction ni ressort. Timides et craintives, sans ardeur, elles se laissent distraire de leurs désirs fugaces, passagers, par la moindre influence étrangère, physique ou morale. 11 faut des machines pour les faire agir, a dit Yenette, et peu de chose pour les en empêcher. Un amour déçu ou trompé, un échec, le chagrin, un refus suffisent à les plonger dans le désespoir et la mélancolie. Celles qui ont contracté l'habitude de la masturbation solitaire, à laquelle elles sont le plus exposées, y persistent en n'ayant besoin d'aucun auxiliaire à l'appel de leurs désirs vagues et légers. En surexcitant la sensibilité génitale et en troublant le cerveau par la congestion répétée qu'elle détermine — l'individu isolé étant réduit à se créer des images fantastiques pour arriver au spasme cynique — les désirs el l'imagination en sont d'autant plus affaiblis, troublés et démoralisés.
Elle est rarement complète, dès que ces individus mal équilibrés ont la chance de rencontrer dans leur jeunesse une maîtresse qui les fixe ou mieux encore un mariage; leurs sens, leurs désirs, normalement excités, peuvent ainsi faire trêve à l'anaphrodisie latente qui les menace. Mais ils sont si peu entreprenants, irrésolus, par la faiblesse môme de leurs désirs, que la masturbation aidant et les pollutions involontaires s'ensuivant, ils persistent le plus souvent dans le célibat. Ils ne manquent jamais de raisons pour y rester, jusqu'à un âge avancé, par leur facilité même à se passer de femme. Il n'est pas de parti plus néfaste et dangereux pour ces garçons-là ; en les faisant persévérer dans leur mauvaise habitude et tn éteignant graduellement par là l'étincelle amoureuse qui brûle encore chez eux. Leur anaphrodisie s'accentue ainsi par la faiblesse croissante des idées, des désirs érotiques; ils s'en aperçoivent par les intervalles éloignés de leur visite à la prostitution, sinon aux échecs qu'ils y éprouvent. Qu'une aventure se présente ou un mariage tardif et ils constatent alors leur impuissance qu'ils annoncent avec assurance.
Cette anaphrodisie sexuelle devient ainsi absolue et incurable, comme dans l'impuissance par faiblesse nerveuse. Les deux infirmités se confondent si bien qu'elles n'en forment plus qu'une, d'autant plus grave qu'il est impossible parfois de résoudre lequel des deux facteurs joue Je principal rôle, tant ces anaplirodites hésitent à connaître et à affirmer leurs propres sensations.
Une verge molle, fiasque, décolorée, sans batte-
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ments bien perceptibles; un gland pâle et ridé; le scrotum distendu et pendant, insensible au l'roid comme aux attouchements érotiques, seraient les signes physiques résultant de l'impuissance par faiblesse nerveuse, selon les auteurs. L'anaphrodisie complète n'en a pas d'autres, quand le coït n'a jamais été pratiqué, comme dans les Observa/ions 162
et m.
Ils ne sont même pas toujours aussi marqués, dès que la masturbation est habituelle et que l'érection a lieu. Aucune différence ne s'observe alors, sinon le développement parfois considérable de la veine dorsale de la verge, signalée à Y Observation tS3.
Le défaut d'érection près des femmes, malgré des attouchements prolongés de toute sorte, alors qu'elle s'opère par la masturbation solitaire, est le meilleur signe distinctif de cette anaphrodisie. Sans être complète dans la faiblesse nerveuse, elle se produit parfois. Autrement, il est impossible de différencier l'impuissance essentielle, idiopathique, de l'anaphrodisie. Leurs rapports étroits permettent de croire qu'elles se confondent assez souvent.
D'après Roubaud, le défaut d'excitabilité physique serait le caractère différentiel de l'impuissance et le manque d'excitabilité morale constituerait l'anaphrodisie. D'accord; mais comment distinguer celle qui est initiale, primitive, quand toutes deux se manifestent et agissent simultanément, en vertu même de l'action réciproque du physique sur le moral ?
De là, les contradictions choquantes de cette distinction. L'impuissance provoquée par l'indigestion,
l'ivresse accidentelle, un refroidissement, est assimilée à l'anaphrodisie toute morale causée par l'émotion, le chagrin. Faute de pouvoir analyser minutieusement ces faits, il faut s'en tenir à la cause qui les produit, pour les classer méthodiquement et leur appliquer un traitement rationnel. Tel est le procédé suivi par nous dans les cas suivants.
158. Le 12 décembre 1887, un homme de quarantesept ans, artisan parisien, dont la profession sédentaire, assise, exige un travail continu des bras plutôt que des jambes, me demande s'il n'est pas menacé d'impuissance précoce en raison de ses antécédents. Sans avoir été adonné à l'onanisme dans l'enfance, ni tourmenté par les érections, ni gêné par les pollutions nocturnes involontaires, les pertes séminales durant sa jeunesse, il n'a jamais souffert, depuis la puberté, de sa continence, ni éprouvé le besoin pressant de l'union sexuelle, quoique bien constitué et de taille ordinaire. Partagé entre son travail et sa vieille mère, il ne commit aucun excès et ne recourut aux femmes libres, à intervalles éloignés, que pour essayer sa virilité d'abord et ensuite pour l'entretenir et la conserver, croyant que la continence absolue était une cause d'impuissance.
Marié à vingt-sept ans avec une veuve sans enfants, il s'acquitta normalement de ses devoirs conjugaux, sans en obtenir d'enfant. Devenu veuf dix ans après, il n'éprorva ensuite, pas plus qu'avant, le prurit vénérien. Ne pensant pas se remarier, il prit un jeune orphelin comme apprenti, pour travailler avec lui, en faire sa compagnie, le but de sa vie et son héritier. Il vécut ainsi sept à huit ans dans le veuvage, sans être plus tourmenté sexuellement que dans le célibat, lorsqu'il rencontra une femme qu'il avait connue autrefois.
Libres tous deux, ils résolurent de se marier : mais une maladie spéciale empêchait cette dame de réaliser immédiatement ce projet et l'obligeait même de s'éloigner pour sa guérison.
En attendant, il se contentait, non par besoin, mais
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par crainte d'impuissance, de fréquenter d'anciennes et vieilles connaissances pauvres, tombées dans la misère et le dénuemeul, plutôt par compassion pour les secourir que par amour, et surtout pour conserver sa virilité, en attendant sa future.
Cette anaphrodisie essentielle, par sa coïncidence avec la raréfaction de la spermatose, est surtout remarquable par sa persistance, dix ans après le mariage, chez un homme bien constitué et normalement conformé .
Si l'organe fait la fonction, l'exercice régulier de celle-ci l'augmente d'ordinaire. En montrant un rapport étroit entre ces deux anomalies, cet exemple rend difficile la distinction de la cause à l'effet. La prédominance du système nerveux sur les sécrétions semble devoir résoudre le problème, suivant la place accordée à ce fait. Un second s'est offert le lendemain à l'appui de cette interprétation.
159. Garçon de trente ans, brun, grand et fort, un peu lourd, épais, à l'aspect froid et calme. Fils unique, il vit dans l'aisance, avec ses parents qu'il n'a jamais quittés, dans une petite ville du Nord, occupé avec son père à une profession sédentaire. Sans être absolument exempt d'onanisme solitaire, il ne s'y est jamais livré par babitude ou passionnellement : il cédait à des excitations passagères, n'ayant pas été tourmenté par le prurit ni les désirs vénériens, les idées, les rêves lubriques, les érections ni les pollutions involontaires. Par sa vie solitaire, uniforme, en famille, il s'est rarement trouvé exposé à ces excitations, à intervalles longs et irréguliers. Il a résisté ainsi facilement à l'idée d'aller voir les filles ou d'avoir une maîtresse par la crainte des conséquences, de l'opinion publique et le souci du qu'en-dira-t-on. Après avoir employé lejourà travailler, il s'occupe lu soir à lire, à jouer et ne sort guère.
Toute sa jeunesse s'est ainsi passée sans grande intimité avec personne.
Venu à Paris avec son père à l'Age de vingt-quatre à vingt-cinq ans, pour affaires professionnelles, il essaya sa virilité une seule fois et réussit parfaitement. Plus rapproché, il y serait revenu assurément à bref délai; mais pour cela il fallait un motif plausible qu*il ne trouva pas plus que pour aller dans les grandes villes voisines où il ne connaissait personne. Sa répugnance de la prostitution, le danger des maladies vénériennes, ses idées religieuses, sa moralité, etc., le retenaient et, ne souffrant pas trop de sa continence, il s'abstint absolument sans grands inconvénients.
— Et vous n'avez jamais souffert de cette vie de cénobite castré par de violentes révoltes du centre génital ?
— Pas trop !
A cette réponse nette et sans ambages, le diagnostic d'anaphrodisie essentielle s'imposait. On l'explique vulgairement par le manque de tempérament. L'absence ou le défaut du sens génésique peut seul en rendre compte.
Ce jeune homme s'aperçut néanmoins, de vingt-huit à trente ans, d'une diminution progressive de fréquence t d'intensité des érections spontanées, des idées éroliques et des pollutions nocturnes. Ses parents lui ayant alors parlé sérieusement d'une union avec une cousine, dont il était vaguement question depuis longtemps, il éluda d'abord cette proposition ferme en doutant de luimême. Ses organes génitaux n'étaient nullement impressionnés par la vue, la compagnie de cette cousine et devenaient de plus en plus paresseux, insensibles. Mi? en demeure de se prononcer, il imagina une nécessité professionnelle pour venir de nouveau à Paris avec son père, dans l'intention secrète de s'assurer do son état.
Il se présente ainsi comme impuissant.
— Quelles preuves en avez-vous?
— Hier soir, j'ai rencontré une jeune fille qui me plaisait beaucoup et qui m'a entraîné chez elle. Malgré toutes ses agaceries, ses excitations pendant deux heures, je n'ai pu accomplir le coït par défaut d'érection, bien (pie je fusse très excité.
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— Y a-t-il eu perte séminale?
— Non, mais Ja femme, avant de sortir, m'a... taillé une plume, en réassurant que je serais pius heureux en revenant la voir.
— En voilà une au moins qui connaît son métier!
L'examen des organes génitaux n'ayant décelé aucune difformité, j'obtins les détails précédents. Le coït signalé était unique. D'où ma prescription du seul remède convenant à son état, produit par la continence prolongée : la femme.
— A vous de la choisir dans les meilleures conditions pour n'en pas être intimidé; en passant la nuit ensemble, vous devez réussir. Celle d'hier ne vous convenait peutêtre pas.
— Au contraire, monsieur, elle me plaisait beaucoup; j'étais libre avec elle, sans émotion ni inquiétude.
— Eh bien, retournez la voir, il n'y a pas d'échec possible pour vous dans ces conditions. Je vous en donne l'assurance en attendant la réponse.
Deux jours après, il venait me remercier chaudement de l'avoir rassuré, en m'annonçant un double succès. Il partait très joyeux pour épouser sa cousine.
La continence prolongée entraîne ainsi l 'ana phrodisie. Beaucoup d'hommes, ai-je déjà dit, après une continence prolongée et en proie aux plus ardents désirs, se sont trouvés subitement impuissants au moment de les satisfaire. (Impuissance physique et morale, page SOS.) Le trouble ou la perturbation du cerveau en est ordinairement la cause; mais le défaut de sécrétion spermatique ou sa rétention peuvent y contribuer aussi parfois. C'est la sauvegarde des observateurs du célibat religieux et ecclésiastique, leur véritable providence, bien plus que la grâce conférée par l'ordination. L'exemple doit s'en
3r.G ANOMALIES SEXUELLES
trouver ainsi fréquemment parmi eux, mais il est difficile, impossible même à vérifier. En voici un qui m'a été décelé par son auteur.
160. Un fermier de cinquante- trois ans, exploitant une ferme isolée avec sa mère et une sœur devenue veuve, est resté célibataire pour ne pas les abandonner. « Jeune, il a recherché les femmes; il a eu des maitresses et en a aimé ardemment plusieurs ; mais ne pouvant les voir qu'à intervalles éloignés, l'épuisement n'a pu s'ensuivre. Jamais il n'a été malade; àquaranlchuit ans, une pleurésie avec épanchement l'a réduit, durant plus de six mois, à un état anémique avec palpitations très passagères.
Il s'est très bien rétabli par un traitement tonique et ferrugineux, mais l'atonie de l'organe génital persiste, malgré des lotions et des frictions stimulantes. S'il y a quelques érections matinales, elles cessent aussitôt le réveil ; l'approche d'une femme ni la masturbation ne peuvent les produire. Il attribue cet état à une trop longue continence et, dans cette fâcheuse situation, il ne peut être entreprenant avec la certitude de ne pas réussir. »
D'après cette relation, l'anaphrodisie des célibataires, avec faiblesse nerveuse, m'a paru évidente. Aux excitants aphrodisiaques généraux et locaux, j'ai ajouté surtout la compagnie d'une jeune servante, aimable et complaisante comme Babet; c'est le meilleur stimulant et le plus efficace. Je crus lire entre les lignes de mon correspondant qu'il avait précisément ce spécifique sous la main. 11 me demandait en effet, comme les vieillards usés et libidineux devant une occasion propice, si l'emploi do la cantharide, à très légère dose, était dangereux. Ma réponse affirmative ne lui laissait pas le choix et
son silence depuis quatre ans, malgré ma demande, rend le résultat douteux.
Beaucoup d'hommes ayant eu, dès le premier feu de la jeunesse, des relations sexuelles normales — soit dans la prostitution , soit dans des rencontres ou des occasions favorables — perdent ainsi rapidement leur virilité par la continence forcée du célibat. Plusieurs cas d'impuissance précoce se sont présentés à nous,' sans autre cause appréciable qu'une anapbrodisie toute morale, par l'absence même de l'excitation sexuelle. J'en citerai seulement deux, les plus récents et concluants.
161. Un brigadier de gendarmerie, grand, fort et un peu obèse pour son âge : trente-sept ans, s'est amusé comme les camarades pendant son congé, sans avoir jamais été un coureur, tout en aimant beaucoup les femmes. Obligé à plus de réserve, en entrant dans la gendarmerie, il a été soumis à une continence forcée, presque imposée dans les campagnes, surtout avec son caractère peu entreprenant. Son grade lui a fait plus tard une obligation de montrer le bon exemple, et en même temps que les pertes involontaires augmentaient, les désirs et les érections ont diminué, de manière à le laisser en affront dans une occasion récente. Il se croit donc impuissant.
À l'examen, le 5 novembre 1886, état normal des organes génitaux peu développés. Une double hernie inguinale l'oblige à porter un bandage double dont la compression sur les cordons peut avoir une certaine action sur la sécrétion et la circulation spermatique. De plus, cet homme éprouve de la honte à se montrer avec cet attirail à une iemme. Sa préoccupation est de savoir s'il peut se marier comme il le désire.
— Sans doute, brigadier. Si vous l'aviez fait plus tôt, à l'exemple, de vos camarades, vous ne seriez pas impuissant. Vous en avez l'apparence, à défaut d'avoir
exercé régulièrement la copulation. Le seul remède est de vous y préparer sérieusement par un traitement topique et des rapports sexuels réguliers. Je Jui eusse prescrit une épreuve le soir même, comme dans le cas précédent, numt'-ro 439, s'il n'eût été obligé de repartir immédiatement.
La justesse de ce diagnostic est confirmée parl'Oôservation 89. Il a suffi de démontrer à cet instituteur libre que ses anciennes habitudes, son noviciat après la puberté, son isolement actuel avec des enfants, éloigné de tout centre de population, l'avaient privé de l'excitation sexuelle par le contact des femmes depuis trois années consécutives, pour le convaincre qu'avec sa liberté d'en voir, son impuissance prétendue disparaîtrait. Dans son empressement de le vérifier, il put s'en assurer le soir même. De là, mon conseil du mariage, après un régime tonique et stimulant.
Que d'anaphrodites, se croyant impuissants, se livrent ainsi aux charlatans qui les exploitent avec leurs remèdes inopportuns et incendiaires, qu'une femme à leur gré remplacerait avantageusement ! Dès qu'un homme croit cire impuissant, son système nerveux cérébro-spinal, c'est-à-dire moral et physique, se trouve tellement déprimé, perturbé, qu'il le devient réellement en évitant toute occasion de s'assurer du contraire. En réagissant avec résolution, énergie et courage contre celte idée déprimante, et en cherchant les occasions favorables de s'essayer, il peut retrouver sa virilité assoupie, à défaut de stimulants pour la réveiller.