‹ Anomalies sexuelles apparentes et cachées [electronic resource]Chapitre 3 sur 114 · ZI · texte numérisé non relu

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l'absence de toute autre, et connue l'unique expli-

cation des troubles fonctionnels observés. De là le rang qui leur est attribué.

Conforme à l'observation, ce procédé n'est-il pas préférable à l'admission systématique d'un état particulier du cerveau, dans les anomalies de l'instinct sexuel, faite exclusivement d'après le déraisonnement des individus et l'insanité de leurs actes génitaux? Puisque l'action est réciproque entre le physique et le moral, il est logique d'en tenir également compte. L'anomalie sexuelle de naissance ne réagit-elle pas sur le cerveau? Différentes' formes d'onanisme dans l'enfance, des troubles génitaux après la puberté et lors de la nubilité paraissent en être déterminés manifestement. Cet âge critique, surtout pour le jeune garçon, exerce une influence décisive sur les organes génitaux et leurs fonctions, suivant la direction qui leur est imprimée. Or, celle-ci dépend souvent de l'état de la santé générale et l'intégrité physique, constitutionnelle et morale, n'est pas indifférente à une bonne issue. L'enfant malingre, débile, strumeux, rachitique, atteint de difformités ou d'infirmités qui le retiennent au lit ou à la chambre, l'empêchent de se livrer aux exercices, jeux ou plaisirs des camarades de son âge, contracte souvent par ce l'ait seul des habitudes solitaires. Les maîtres ou les compagnons donnes à ces enfants dans leur isolement, leur claustration, en sont même parfois les instigateurs, comme l'exemple de deux eoxalgiipies nous l'a confirmé. Ceux atteints d'incontinence nocturne d'urine, jusqu'à un âge avancé, sont menacés do troubles ana-

logues par leur développement tardif. A plus forte raison s'il s'agit d'enfants efféminés, chétifs, manifestant des préférences pour les goûts, les habitudes, les jeux et jusqu'aux occupations des lilles. Une attention spéciale et active doit être exercée par les parents ou tuteurs à ce sujet.

Patents, traditionnels et confirmés tous les jours par de nouveaux exemples, ces effets autorisent bien à admettre que des anomalies locales ou générales, des irrégularités organiques apparentes ou occultes, par excès ou défaut de développement, héréditaires ou constitutionnelles, peuvent déterminer les mêmes aberrations et perversions des sentiments. Il en est même qui s'acquièrent et se développent par le nervosisme, de mauvaises habitudes, une éducation vicieuse, certaines professions, des lectures ou des exemples obscènes, une timidité maladive, la crainte exagérée, l'imitation, le libertinage et surtout la masturbation. Loin d'en localiser toutes les causes dans le cerveau, où elles ne peuvent être vérifiées, nous les plaçons immédiatement où elles se rencontrent. Les bons effets obtenus parfois de leur disparition, le phimosis en particulier, sont la preuve de leur étroite relation.

Sens génésique.— Centre génital. — Tempérament génital. — Foyers érogènes chez les deux sexes.

La plupart des anomalies sexuelles apparentes sont appréciables à première vue, par le toucher et l'examen, en les comparant avec les organes génitaux à l'état normal, leur photographie ou leur description. Il est toujours facile par là de s'assurer, se convaincre de leur existence pour ceux qui en sont atteints. Mais il n'en est plus de même lorsqu'elles sont cachées, occultes ou latentes. Pour en faire comprendre le siège et l'action, surtout sur le moral, l'esprit et l'imagination, il est indispensable de rappeler sommairement comment la science explique leur mode de production et les voies servant à leurs manifestations.

Tels sont les foyers ou centres érogènes, c'est-àdire de l'amour, distincts et séparés chez les deux sexes et leur retentissement sur le centre génital par l'intermédiaire du système nerveux émanant de ces foyers ; celui-ci peut même à son tour inciter le sens génésique, surtout chez les personnes douées d'un tempérament génital. Ue là, l'indication et la description nécessaires de ces centres et conduits erotiques pour taire comprendre le phénomène compliqué du sentiment amoureux. Le mécanisme en est si subtil et subit que les psychologues en l'ont partir inversement l'origine du cerveau sur les sens, c'est-à-dire de l'intérieur à l'extérieur.

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C'est la doctrine ancienne, émanant surtout de l'ignorance des foyers externes et leurs ramifications nerveuses. L'action toute-puissante de la titillation de ces centres — souvent nécessaire et indispensable chez les personnes froides, indifférentes, anaphrodites, âgées, pour faire naître et développer l'organe vénérien jusqu'au spasme cynique — est la démonstration du contraire. Telle est l'origine de tous les procédés onanisliques pour déterminer ou prolonger les jouissances vénériennes. L'irritation mécanique, fonctionnelle et morbide, en fournit la confirmation irrécusable dans la blennorrhagie aiguë chez l'homme et l'allaitement chez la femme.

La découverte toute récente des paralysies périphériques par des névrites localisées à l'extérieur, avec intégrité entière des centrés nerveux, doit donc modifier, changer cette interprétation trop absolue. Si les rêves lubriques déterminent l'érection et des pollutions spontanées, involontaires, en l'absence des sens, les irritations de la peau et des organes génitaux, de la prostate, la réplétion des vésicules séminales, produisent les mêmes phénomènes physiques, sans que le cerveau ni le moral en soient impressionnés. Preuve que le contraire est également possible. Ce livre, étant basé sur ce fait positif, doit nécessairement réunir et mettre en évidence toutes les observations en sa faveur.

Sens génésique. Admis dès la plus haute antiquité, ce sixième sens, malgré ses manifestations aussi éclatantes qu'impérieuses et son rôle élevé, prédominant sur tous les autres, n'a pu encore être démontré phy-

siquement. Son indépendance, reconnue et proclamée jusque dans l'Inde, berceau de l'humanité, n'a jamais pu être fixée, délimitée ostensiblement, comme celle du tact, la vue, l'odorat, l'ouïe, la parole, le mouvement. Figuré comme eux par des organes spéciaux, formant un appareil des plus compliqués, il s'en distingue par sa conformation spéciale, opposée chez les deux sexes. C'est là son caractère exceptionnel, indispensable à l'exercice et l'accomplissement de sa fonction délicate, bien supérieure à celle des autres : il donne la vie et les autres ne font que la servir. Ils sont ses ministres pour L'aider dans son développement et le seconder dans son action procréatrice; de là, leur intime solidarité.

D'où sa différence avec le centre génital organique et le peu d'accord régnant sur sa localisation et son existence histologique. A l'opposé des cinq premiers sens, correspondant directement au cerveau par des filets nerveux spéciaux, distincts et séparés, que l'on peut suivre jusqu'à leurs extrémités les plus déliées, il est impossible de poursuivre dans la pulpe cérébrale ceux qui se distribuent aux organes génitaux et les animent. Nés de la moelle lombaire, ils s'y confondent, s'y perdent, sans que le scalpel le plus délié, aidé des plus puissants microscopes et des meilleurs réactifs, puisse en distinguer les libres jusqu'au cerveau. Leur communication avec cet organe central a donc lieu par la moelle épinière. Pour plus de précision, on dit même que les nerfs génitaux se terminent dans le cervelet.

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