ÉPILOGUE
actes un peu excentriques ou singuliers, comme les neurologistes essaient actuellement de le réaliser.
La pédérastie même n'est pas toujours, à beaucoup près, une inversion organique d'après les laits. On a vu comment certains éphèbes timides, délicats, nerveux et surtout tendres et aimants, y sont facilement entraînés. La masturbation à deux suffit. Leur distinction est de ne pas avoir d'aversion et encore moins de répulsion pour les femmes. Une occasion suffit à les guérir ou à les perdre. Malgré leur attraction vers leurs semblables, ils luttent avec courage et résistent énergiquement contre cette obsession jusqu'à un âge avancé, en sollicitant avec instance d'en être débarrassés. Qui peut dire si d'aucuns n'en font pas le sacrifice à Dieu par le célibat religieux?... V Observation 219 montre qu'en se laissant aller au sentiment de l'amour d'une fiancée ou d'une amante, ceux-là mêmes peuvent triompher. Ces pédérastes sont supérieurs par là aux anaphrodites taxés de psychopatbie sexuelle. Les Exemples 162 et 165 en font preuve. Ils se confondent souvent ensemble et rien n'est plus facile à chacun de s'éclairer en secret par ses propres sentiments. Le pédéraste est attiré vers l'homme, indifférent à l'anaphrodite ; tandis que celui-ci, aimant et recherchant la femme, reste insensible et impuissant à ses caresses et à son contact. 11 leur parle néanmoins et entre volontiers dans les maisons publiques pour s'essayer et s'exciter, lan« 1 is que le pédéraste ne le fait que contraint et forcé pour dissimuler ses instincts contre nature. Distinction infaillible entre ces deux graves anomalies.
53/i ANOMALIES SEXUELLES.
On ne saurait davantage taxer d'inversion les pédérastes et sodomistes, actifs ou passifs, le devenant à la suite de rapports sexuels, d'abus vénériens, par dégoût, satiété, jalousie, vice, chantage ou prostitution. L'abjection, la débauche, l'ignominie et le crime en paraissent bien plus souvent les mobiles et les étapes successives. Les nombreux examens faits par Tardieu — notamment les quatre exemples de violences sodomiques par des maris sur leurs femmes, comme {'Observation 150 — sont des plus concluants. Entre la prostitution féminine autorisée et la prostitution masculine occulte, il y a unité d'action, dit M. Carlier, et les Observations 225, 226 le confirment positivement.
Il reste donc très peu de cas où cette localisation inverse du centre génital soit probable. Elle n'a été ainsi admise que d'après deux faits observés par ses auteurs. Ce n'est pas que, dans maint exemple de ces perversions sexuelles, le cerveau ne paraisse troublé fonctionnellement, sinon altéré histologiquement. La dépravation morale coïncide parfois avec ces aberrations génésiques, aussi bien entre les deux sexes qu'entre un seul. On est frappé de voir combien souvent, très souvent même, l'esprit, l'intelligence et la raison sont affaiblis, perturbés, oblitérés sur l'objet spécial de leur passion. Comme les maniaques, les hypocondriaques, ces personnes ne peuvent saisir l'insanité ni la monstruosité de leurs actes; en les apercevant même, elles sont sans volonté ni résolution pour les combattre et y renonce]-. Sur tout le reste, elles raisonnent justement