ÉPILOGUE
et font ainsi exception avec les véritables aliénés. Une analyse minutieuse de ces divers symptômes, possible exclusivement à l'hôpital, dans des cas marqués et bien étudiés, permet seule de distinguer ces syndromes épisodiques.
L'impossibilité ordinaire de pouvoir discerner sûrement si la perturbation morale a précédé ou suivi l'aberration génésique empêche de séparer nettement l'effet de la cause. Toutes les deux pouvant être également l'un et l'autre, il est difficile de rien affirmer à cet égard. L'admission au service militaire, avec la constatation de certaines anomalies physiques et fonctionnelles, permet seule de se prononcer dans quelques cas. De là notre adoption de la synthèse d'Esquirol et la dénomination de cérébraux.
La publication de ce livre, réagissant contre les doctrines régnantes , est d'autant plus opportune qu'une nouvelle jurisprudence semble devoir s'établir en laveur des victimes de ces irrégularités de l'appareil sexuel ou plutôt de la déviation des sentiments et des sensations qu'ils en éprouvent: c'est l'irresponsabilité. Assimilés aux aliénés, aux alcooliques, épileptiques, hystériques et autres névropathes — pris subitement d'incitations criminelles, sous l'influence d'idées délirantes, d'impulsions irrésistibles et inconscientes — plusieurs de ces malformés ou dégénérés ont été déclarés judiciairement non responsables de leurs actes publics d'onanisme, de saphisme, de pédérastie et de sodomie, même avec violence, qu'ils sont fatalement entraînés à
commettre, comme d'autres se livrent au viol suides enfants.
Si les délits, les crimes de l'asexualité, sans anomalies ni difformités appréciables, comme dans l'inversion sexuelle, par exemple, sont passibles de la doctrine de l'irresponsabilité, ceux qui en offrent des stigmates évidents, visibles, doivent à bien plus forte raison en profiter.
Cette question judiciaire, médico-légale, n'a pas encore été soulevée. Dans les cas même où des infirmités, des maladies ont été invoquées comme excuse ou atténuation des crimes et des délits commis, les tribunaux ont passé outre et condamné, malgré des vices de conformation physique et des signes évidents de perversion morale dont les exemples sont relatés dans Y Onanisme. Tardieu a fait ainsi condamner tous ceux qu'il a examinés, sans tenir compte de ces vices de conformation.
Des femmes, les jeunes lillcs en particulier, prévenues d'outrages publics à la pudeur, sont considérées comme irresponsables sur la constatation médicale qu'elles sont atteintes de nymphomanie. Tardieu en rapporte un exemple, page 6 de son ouvrage. D'autre .part, les pseudo-hermaphrodites, irresponsables des malformations de leurs organes génitaux, ne sauraient être responsables des anomalies instinctives auxquelles elles donnent lieu par rapport à leur vrai sexe. Ici éclate surtout le défaut de la loi pour l'établir sûrement après la naissance. Maladie ou infirmité, c'est-à-dire anomalie, le cas est donc le même cl la loi également applicable.