‹ Anomalies sexuelles apparentes et cachées [electronic resource]Chapitre 9 sur 114 · GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

GÉNÉRAUX

Toutes les fois que les organes de la génération n'ont pas à la naissance, dans leur apparence extérieure, la place, la l'orme, le volume et la direction voulus, c'est un vice de conformation par défaut, arrêt ou excès de développement. Ils préexistent toujours à la naissance, tout en n'étant rendus évidents parfois que longtemps après par le défaut d'accroissement des organes. OEuvres de la nature, de l'organogénie, ces malformations ou difformités sont toujours primitives et constituent parfois de véritables monstruosités. Mais il y a aussi des difformités secondaires succédant aux premières pour les corriger, les diminuer ou qui résultent, après la naissance, de blessures, maladies ou opérations. De mauvaises habitudes peuvent même les produire. Il s'agit donc de ne pas les confondre par cette différence capitale.

Les anomalies de naissance sont essentiellement héréditaires; les autres ne le sont pas. C'est donc aux parents qui en sont atteints à y regarder chez leurs enfants, surtout pour les premières, qui apparaissent avec le développement des organes. Toutefois, il n'y a pas à s'en inquiéter, quand leurs usages naturels n'en sont pas gênés, entravés, abolis. A ce point •le vue seul, il faut y faire attention.

Une comparaison en fera saisir la gravité. Comme les vices de conformation du cœur et ses altéra-

lions organiques menacent directement la vie dans sa source en troublant la circulation du sang, ceux des organes génitaux, en altérant leur fonctionnement, ont les mêmes conséquences sur la vie génitale par la perversion de l'instinct sexuel et de la génération.

Le défaut de développement complet de ces organes, en diminuant ou retardant les désirs vénériens, est une cause fréquente d'auaphrodisie, comme on s'en convaincra à ce mot. Ne se sentant pas attirés vivement vers l'autre sexe, les jeunes gens s'en désintéressent et s'adonnent à l'onanisme qui peut ainsi les entraîner à des goûts contre nature.

En s'opposant à un rapprochement normal ou par l'irritation qu'elles font naître dans les organes, ces difformités prédisposent ceux qui en sont atteints aux incitations anormales ou perverses. Leurs désirs, leurs passions, leur lubricité en sont augmentés et d'autant plus violents qu'ils ne peuvent les satisfaire naturellement. Un pénis rudimentaire ou une hernie inguinale suffisent à retenir les jeunes garçons timides qui en sont affectés. La honte ou la crainte de les montrer, les découvrir et les affronts subis par ceux qui s'y risquent, sont dos causes locales qui leur font préférer la masturbation solitaire; des exemples en sont relatés à VOnani.smc. page 131.

Toutes ces malformations antérieures à la naissance ou y succédant, ayant été décrites en détail dans ['Impuissance et la Stérilité, n'ont pas à être reproduites; il n'y a à s'occuper ici que des cas où elles

ont nui à l'œuvre de la génération ou l'ont empêchée, d'après notre observation personnelle. Au lieu de les détailler, elles seront réunies sous les titres à' Anomalies péniennes et testiculaires. Celles-ci, infiniment mieux connues et appréciables que leurs similaires chez la femme, serviront utilement, en les signalant, à en éclairer l'interprétation, en démon-, trer l'existence. A défaut d'observations, il suffira d'en montrer l'analogie, la correspondance et les rapports pour les faire mieux comprendre et en tirer l'enseignement.

Des caractères généraux, un aspect spécial révélant parfois à première vue ces difformités occultes, cachées, il est nécessaire de les indiquer préalablement.

Féminisme. Opposant la robuste vigueur des enfants élevés en plein air, à la faiblesse physique et morale de ceux qu'on renferme à l'âge du développement dans les internats des grandes villes, le professeur Brouardel en fait une cause très fréquente d'arrêt de développement physique et intellectuel qui les expose tout spécialement à ressentir les effets dangereux et parfois mortels du surmenage pendant leurs études. (Acad. de méd., 21 juin.) Beaucoup de ces adolescents sont prédisposés par la même raison à grandir démesurément, tout à coup, et à revêtir dès lors toutes les apparences du féminisme à l'époque de la puberté.

Cette anomalie sexuelle est la plus évidente à tous les regards, chez les garçons adultes dont l'apparence extérieure : taille mince, svelle, élancée,

membres grêles et allongés, formes délicates, peau fine, blanche et glabre, barbe nulle, a une grande ressemblance avec la femme. De là, leur surnom d'efféminés. C'est un cachet ineffaçable. Beaucoup, il est vrai, en ont les goûts et les sentiments sans en avoir fapparence; mais dans son ensemble, cet aspect, enté sur une constitution faible, délicate, un tempérament nervoso-lymphatique, n'en est pas moins une tare presque infaillible d'autres anomalies génitales cachées, chez ceux qui le présentent de vingt à vingt-cinq ans et au delà.

2. Ma constitution est plutôt grêle, me répond un masturbateur, très nerveux et délicat, âgé de vingt ans. Les jeunes gens de mon âge sont en général plus forts.

C'est la règle parmi les efféminés adonnés aux perversions génitales ; la force et le développement normal sont l'exception, d'après mon expérience. La plupart sont d'origine rachitique, strumeuse, lymphatique ou scrofulcuse, sinon névropathique. Leur puberté est lente, peu accentuée, et se confond avec la nubilité, quand la masturbation précoce n'en atténue pas la manifestation. Ledain, complice à seize ans de l'attentat de Castex, commis sur un enfant de trois ans,, portait ainsi des stigmates de scrofule, d'après Tardieu. Deux de ces efféminés, dans les observations suivantes, étaient les derniers nés ou Benjamins de familles de neuf et de onze enfants. Les plus gâtés à ce titre, ils étaient aussi frappés de dégénérescence morale. Ce sont, dans la vie ordinaire, les petits crevés qui, par le fait de cette

apparence extérieure, sont très exposés aux échecs, aux faillites dans leurs amours de passage et qui se croient aussitôt impuissants. Leur faiblesse originelle explique ces mauvais effets de leurs excès vénériens, passant inaperçus chez les autres.

L'absence de barbe, sa rareté et son aspect grêle est le principal indice de leur infécondité. Naturà glabrum infecundum, a dit Morgagni. Elle manquait neuf fois sur cinq pédérastes et quatre masturbateurs ayant tous les caractères extérieurs précités. Des premiers, l'un, âgé de vingt-huit ans, avait une moustache blonde à peine perceptible, comme un autre de vingt et un ans. Elle était brune et naissante, comme à seize, chez ceux de vingt-deux et de vingtquatre. Le dernier de dix-sept en était complètement privé, comme un masturbateur de vingt-quatre. Les deux autres de dix-neuf ans étaient encore imberbes et l'un d'eux, faisant son volontariat, déclare être sans moustache, quoique s'étant rasé très souvent ; ce qui le désole beaucoup. C'était un onaniste précoce, signalé sous le numéro 136. L'histoire du neuvième est relatée ci-dessous.

Considérée sans importance, cette anomalie en a autant pour ces efféminés que l'absence de seins chez la femme. Elle les rend timides, honteux, et ils croient déceler par là leur vice caché, leur impuissance et n'osent ainsi s'adresser aux filles. « Laid et sans barbe comme je suis, m'objectait un avocat stagiaire de vingt-quatre ans, encore novice, comment voulez-vous que j'ose parler d'amour h une femme ? elle me rirait au nez. » ( Observa-

lion '167.) Ainsi se prolongent leur célibat et l'ana-

phrodisie par le simple défaut d'une moustache bien

venante.

On se le figure aisément par le peu d'attrait, sinon le dégoût, qu'inspirent à l'homme en général les viragos, aux formes masculines, à la voix grave portant moustaches ou ayant barbe au menton, désignées sous le nom d'hommasses. Celte difformité est encore plus repoussante que les femmes plaies : il est toujours facile d'ajouler aux formes plastiques et l'on ne peut en rien retrancher.

Le défaut de barbe ne constitue pas seul l'anomalie, sans doute, puisque certaines races d'hommes en sont privés comme dans quelques familles par hérédité; ces hommes étant irréprochables autrement, c'est l'ensemble qui s'atlache à ce défaut masculin et forme le féminisme, d'après l'exemple suivant.

3. Un instituteur belge, de vingtet un a-ns et demi, trace ainsi son portrait le 21 avril 18S7 : « Stature grêle, voix moyenne, corps sans muscles bien saillants, ni prédominance du tissu graisseux, cheveux châtains, clairsemés, barbe insignifiante, verge minuscule, absence de testicules dans les bourses. Mes deux frères aînés, soumis au travail des champs, sont plus robustes et plus masculins. Pendant mes sept années d'études, ma nourriture n'a pas toujours élé très convenable. Amateur de musique cL de danse ; éloignement complet des femmes, jamais je n'en ai ta té une seule, bien que l'idée m'en soit venue souvent. Désir ardent de satisfaire le besoin sexuel; expériences faites sur moi, avec préméditation depuis L'âge de dix-sept ans, elles n'ont amené aucun sperme, malgré ma continence. »

Il était donc aspermatique.

Une voix aiguë, ilùtée, criarde, est un autre trait distinctif de féminisme. On l'appelle même eunuchoide en coïncidant d'ordinaire avec des organes génitaux imparfaits, exigus ou frappés de quelque anomalie. En s'alliant à un teint pâle, un œil triste et morne, la nonchalance, l'indifférence et l'insensibilité, comme les anciens Scythes d'Hérodote et d'Hippocrate, on a le type de ces efféminés choisissant de préférence des professions peu actives, celles des femmes en particulier : couturiers, domestiques et valets de chambre. Les plus instruits se font employés ou commis, instituteurs parfois. Leur aptitude à les remplir et leur célibat en sont une autre distinction, d'après les observations ultérieures.

La timidité est une caractéristique spéciale des anaphrodites, surtout dans leurs rapports avec les femmes. En manquant de l'appétit sexuel et de l'intensité du désir vénérien qui rend l'homme si hardi et si entreprenant javec les femmes, ils restent froids, insensibles même aux avances qu'ils en reçoivent, comme on le verra à Anaphrodisie .

Le développement des seins est l'attribut de ceux qui ont de l'embonpoint, aux tissus mous et muscles flasques. Sous ce rapport, la gracilité est un symptôme de féminisme. Le garçon de quinze ans, accusé d'actes de pédérastie avec violence sur un enfant de huit ans, était ainsi robuste et musculeux. Mais, chose remarquable, dit Tardieu, il n'avait ni barbe, ni voix mâle, ni poils sur le pubis, ni testicules dans le scrotum, comme le montre l'Observation 72. Le développement ultérieur des seins était

donc probable (A ttentais aux mœurs, observation 47, Paris, 1818.) C'était donc un efféminé frappé d'anaphrodisie sexuelle et méritant comme tel des circonstances atténuantes.

Si les plus grêles et maigres sont privés de seins apparents, leur sensibilité érotique n'en est que plus vive chez les pédérastes . D'après eux, c'est la partie la plusérogène de tout le corps, lorsqu'ils se caressent à poil, selon leur expression consacrée. Ce fait m'a été confirmé par un grand garçon, type d'efféminé, me consultant sur son prochain mariage. Le contact à nu de la femmeet le froissement de sa main sur ses propres mamelons — à peine perceptibles — étaient indispensables pour le mettre en érection. (Observation loi.

4. Les garçons efféminés sont souvent des pseudohermaphrodites à l'examen. Un exemple frappant en a été observé, en 1884., par le docteur Gaffé (cle Nantes), chez un garçon de vingt-quatre ans, que sa cousine, du môme âge, élevée avec lui, voulait épouser à toute force, •pour ne pas avoir d'enfants. Il avait tout l'extérieur féminin : voix, traits fins, peau délicate, blanche et glabre; formes arrondies, pieds et mains comme à quinze ans ; avec deux seins parfaitement dessinés, mamelon rose, gros et érectile, cartilage thyroïde (pomme d'Adam) sans saillie, coïncidant avec tout l'extérieur du bassin et des parties génitales de la femme. C'était cependant un homme atteint dliypospadias avec rétention des testicules, comme celui observé par nous à peu près simultanément. (Voyez Pseudo-hermaphrodisme, Observation 79.)

Les organes génitaux des efféminés sont en général en rapport avec leurs traits extérieurs, c'està-dire peu ou mal développés et présentant des

anomalies. A moins qu'une masturbation précoce ou des habitudes actives de pédérastie en aient augmenté ou changé la forme, le pénis est ordinairement exigu, sinon démesurément long et pendant, et les testicules très petits ou mous. Us étaient absolument nuls, dans deux cas relatés à Aspermaiisme. Ces caractères spéciaux forment surtout l'Infantilisme décrit plus loin.

En se rencontrant chez les castrés dans l'enfance, comme chez les eunuques d'Orient, ces caractères extérieurs du féminisme permettent de soupçonner des anomalies analogues du côté des organes génitaux et de prévoir de mauvaises habitudes ou des perversions sexuelles consécutives. Les castrats italiens ont, en effet, été recherchés pour leur voix, et les skoptzy russes sont reconnus par leur féminisation croissante : les épaules se rétrécissent, le bassin s'élargit, les poils manquent à la face, aux aisselles, aux parties génitales. Tous ces individus, à face blême, ridée et imberbe, n'ont jamais qu'une faible intelligence, un moral perverti et mal équilibré. Mais, en dépendant des anomalies internes, cachées, ce n'est pas ici le lieu d'en parler ; le surplus des développements sur le féminisme se trouve dans V Impuissance physique et morale, pages 125 et suivantes.

La masturbation essentielle, c'est-à-dire contractée spontanément dès la première enfance et persistant ensuite, semble être une cause puissante de cette anomalie de l'évolution organique en l'activant avant l'âge. Des observations probanles en sont rela-

tées à Onanisme; mais il y en a aussi où elle paraît avoir plutôt entravé, arrêté la croissance. Il est donc difficile de conclure absolument, à moins de connaître l'hérédité de ces efféminés.

En tout cas, il faut toujours craindre que les enfants, offrant de bonne heure ces apparences, ne puissent résister aux propositions obscènes qu'elles tendent à provoquer, lorsqu'ils sont élevés ou placés dans certaines conditions, comme les internats, par le contact intime en résultant. L'oisiveté ou la paresse y aident aussi puissamment. Il faudrait envoyer ces garçons élancés à la campagne, livrés aux travaux des champs, pour favoriser leur développement physique, plutôt que de les destiner aux professions libérales et artistiques.

5. Un jeune tapissier, blond, très élancé et aux traits fins de sa mère, nous a confié avoir reçu, à seize ans, la proposition d'un sodomiste de l'entretenir luxueusement dans un entresol du boulevard des Italiens, sans rien faire. 11 s'est marié à vingt-cinq ans et est mort phtisique à trente-deux.

Un certain nombre de pédérastes semblent s'être livrés ou plutôt abandonnés inconsciemment à celte incitation avant d'avoir pu raisonner leurs sentiments. C'est en se sentant portés, entraînés même à ces propensions contre nature que ceux qui en raisonnent peuvent y résister et demandent à en guérir; plusieurs exemples en sont relatés à Inversion sexuelle. C'est une cause fréquente et secrète de la persistance du célibat.

MASCULISME. 69

Masculisme. Des caractères opposés, chez la jeune fille, constituent précisément le masculisme féminin, si l'on peut appeler ainsi l'anomalie correspondante de la femme. A l'aspect extérieur, on distingue des jeunes filles nommasses comme les garçons efféminés. En se développant par la puberté et s'accen tuant lors de la nubilité, ces caractères physiques, opposés au vrai sexe, contrastent surtout avec l'habit de celles qui les présentent. Il en est même qui en changent pour ne pas se faire remarquer. J'ai connu autrefois deux amants vivant ensemble comme deux camarades, dont la femme était déguisée pour ce motif. Deux exemples types, par l'abondance de la barbe et des poils sur tout le corps, avec un clitoris simulant la verge, sont relatés à Y Impuissance, page 372. Sans être une négation absolue du sexe féminin, ces anomalies apparentes sont toujours un indice d'autres anomalies cachées dans les organes génitaux ou leurs fonctions. Une fille de huit ans, ayant la peau recouverte d'un duvet noir et abondant, et qui promettait ainsi de devenir une véritable femme à barbe, fut trouvée sans vagin à l'examen.

Ces caractères de masculisme méritent donc de fixer l'atLention dès l'enfance chez les filles. Plus tard, ils n'ont pas autant de valeur et passent inaperçus en se confondant avec les changements produits par l'âge.

Une fille forte des membres et de la taille, aux traits accentués, la voix grave ou rauque, le système pileux très développé avec moustache naissante, couleur rubiconde, au regard décidé, la démarche hardie

forme le tableau du masculisme, surtout quand le développement peu apparent des seins contraste avec le reste de l'embonpoint et de la musculature. 11 y a toujours lieu de craindre alors que des anomalies n'existent dans l'appareil génital et c'est en s'assurant du fonctionnement régulier de la menstruation, preuve évidente de l'existence des organes essentiels à la génération, que l'on pourra permettre le mariage. L'absence des règles en serait, au contraire, une contre-indication formelle, si Ton ne veut encourir les résultats les plus décevants et désastreux. Avec l'aspect du masculisme, les filles sont aussi inaptes à être fécondées, par l'état rudimentaire de leurs organes générateurs, que les hommes atteints de féminisme à les féconder.

Des exemples multiples de ce masculisme fémi^ nin sont relatés à Impuissance féminine, sans en offrir toujours les perversions. Le plus récent en est le type. Fille de vingt-quatre ans, aux traits communs et un peu virils, saillies musculaires, voix grave, cheveux bruns rares, offrant ainsi l'aspect d'un adolescent. Les seins étaient rudimentaires, le bassin étroit, les hanches peu développées avec des poils noirs abondants comme chez l'homme. La vulve en était si exactement recouverte que l'on ne voyait, en la découvrant, qu'une verge volumineuse comme chez l'adulte. C'était le clitoris dont le volume énorme cachait ainsi l'ouverture du vagin. 11 entrait en érection en se courbant en avant. (Observation 82.)

Celte apparence masculine cachait cependant une Bile, réglée à l'âge ordinaire et continuant de l'être

INFANTILISME. 71

régulièrement. Elle avait un utérus dont le col était petit, rudimentaire, comme chez une enfant de quatorze ans. Incapable de remplir le rôle d'homme par la courbure du clitoris, elle était livrée à une sorte de prostitution sans pouvoir être fécondée.

Tout en se rapprochant en apparence du pseudohermaphrodisme, ces monstruosités, par défaut ou par excès de développement des organes naturels, ne doivent pas être confondues avec cet état particulier, décrit plus loin.

Infantilisme. Rien n'est assurément plus variable que le volume et le développement des organes génitaux externes chez les deux sexes, l'homme surtout. Aucune règle absolue n'existe à cet égard. La forme esthétique en est presque méconnaissable entre ses limites extrêmes, chez les individus du même âge. Comme les diverses parties du corps, les membres en particulier, ils sont grêles, minuscules, lilliputiens chez les uns, monstrueux chez d'autres ; toutes les différences de formes, fines et proportionnées, existant entre le nain et le géant, le cheval de race, de course et celui de labour ou le limonier se rencontrent.

Ces formes microscopiques chez des adultes anaphroditcs, aspermatiques, stériles, coïncident parfois avec d'autres traits du féminisme. Cette constatation nous a amenés à en faire une anomalie distincte, car elle se rencontre quelquefois chez des hommes très bien bâtis et parfaitement bien conformés du reste. D'après l'importance que tout homme attache à ses organes, extérieurs du moins, il nous a paru utile

d'établir cette distinction quand, après la nubilité, ils restent absolument semblablesà ceux de l'enfant. De là ce nom.

Un garçon n'ayant pas une conformation normale ou un fonctionnement régulier, est toujours porté à douter de sa virilité, avant de l'essayer et d'en avoir la preuve. De ce fait seul, et par la crainte de rester en échec ou la honte de subir un affront, il est entraîné à l'onanisme manuel et s'il n'en obtient rien, comme dans Y Observation 3, vrai type d'infantilisme, «il ne conserve plus aucun espoir, traîne une vie malheureuse, pleine de chagrins secrets, plongé dans ce doute terrible et sombre. » comme l'exprimait mon correspondant belge. L'Observation 28 en est un autre exemple résultant spécialement du phimosis.

6. Le fait observé par Roubaud en 185:2, chez un étudiant brésilien, mérite d'être rappelé ici par sa réunion de l'infantilisme au féminisme. Agé de dix-neuf à vingt ans, il joignait à une stature grêle, sans muscles dessinés ni prédominance du tissu graisseux, une voix féminine. Cheveux châtain pâle et clairsemés , sans barbe ni poils sur la poitrine, ceux du pubis étant rares, fins, courts et sans frisure : caractères du féminisme dans toute sa laideur.

11 avait cependant des désirs vénériens et des érections fréquentes, avec éjaculation voluptueuse par la masturbation, sans pouvoir l'obtenir par la copulation. L'examen en rendit compte. Verge imperceptible ayant en érection la grosseur d'une plume de deux pouces do long à peine; le gland était caché par un prépuce long et peu ouvert qui formait un cloaque infect de matière sébacée et caiculeuse. Testicules du volume d'une aveline. Aulant de conditions s'opposanl à une copulal mu normale.

INFANTILISME.

Le prépuce ayant été nettoyé et rendu mobile, un cylindre en caoutchouc, de la forme et du volume d'un pénis ordinaire, fut adapté sur la verge en érection et lixé au pubis par une lanière passée sur les lombes. L'élasticité de ce cylindre, imité du congesteur de Mondât contre le défaut 'd'érection, en transmettant ses mouvements au pénis emprisonné à l'intérieur, donna un succès complet, conjointement avec un régime tonique, des exercices corporels, l'escrime et les bains de mer. Longtemps après, la verge s'étant accrue, il put se livrer naturellement au coït.

Originel, héréditaire ou constitutionnel — ce qu'il est toujours difficile de vérifier — cet arrêt de développement paraît surtout influencé par l'onanisme manuel, contracté dans l'enfance. En présence de plusieurs cas diamétralement opposés et contradictoires, cette action ne peut être affirmée. Mais elle est rendue si probable dans le t'ait suivant, par l'atrophie simultanée des testicules, qui en est un résultat certain, que je le consigne ici.

7. Un garçon de vingt ans, bien portant et n'ayant jamais été malade, quoique soumis longtemps à l'usage de l'huile de foie de morue, s'est livré à celte habitude de dix à dix- huit ans inclus. Il lui attribue l'atrophie de ses organes qu'il décrit ainsi : « La verge est grêle, petite; le gland est ridé et petit; les testicules petits, mous, flasques et pendants. Je puis coïter cependant, mais d'une manière imparfaite, incomplète, et j'ai aussi de fréquentes pertes séminales nocturnes, toujours dans un rêve. Ce qui m'ennuie surtout, c'est la timidité : un rien me fait rougir de suite, comme l'éclair. »

Si cette coïncidence n'est pas une preuve positive, elle est au moins une probabilité. Cette fatale habitude atteignant la constitution même, comment les

organes qui en sont l'objet en seraient-ils exempts? Leur développement se produit, surtout la verge et le gland, en commençant lors de la puberté et en persistant ensuite, comme je l'ai constaté dans beaucoup de cas, d'accord avec Tardieu.

Cette anomalie génitale conduit donc ses victimes, le plus souvent, à l'onanisme sous ses différentes formes et parfois même les condamne à n'en obtenir aucun résultat. Ils ont des désirs sans organes poulies satisfaire normalement. De là leur entraînement, dans un accès d'érolisme, à essayer de toutes les aberrations sexuelles jusqu'à la sodomie passive. Ces cas, absolument sans issue naturelle, sont heureusement très exceptionnels. Dès que le pénis existe, si rudimentaire soit-il, le coït est possible, même sans éjaculation, comme plusieurs exemples authentiques en sont rapportés à Aspcrma Usine. Le fait est surtout rendu palpable, évident, chez les pseudo-hermaphrodites. Les garçons frappés d'infantilisme, avéc testicules absents ou rudimenlaires et privés de sperme, ne doivent donc pas désespérer; si des désirs vénériens se manifestent, ils peuvent essayer de les satisfaire naturellement, d'après les observations qui vont suivre.

L'acte en lui-même est fatalement imparfait et incomplet, l'émission restant fruste. La génération est impossible et c'est pourquoi nous avions fait de ces cas autant de contre-indications absolues au mariage. Une lille l'ayant réclamé avec un pseudohermaphrodite pour uc pas avoir d'enfants (Observations 't et 79), et des maris pouvant vivre, sans se

INFANTILISME.

plaindre, avec des femmes aussi mal conformées, cette proposition doit être amendée en laissant à chacun la liberté de faire en pareil cas ce qui lui convient. (Voy. Pseudo-hermaphrodisme.)

Une condition est pourtant indispensable pour en obtenir les meilleurs effets possibles : contracter cette union après l'âge de la nubilité réciproque. .Dès que la conformation externe est imparfaite, le développement des organes incomplet, il faut attendre au moins à vingt-cinq ans, pour l'homme, afin qu'il ait acquis toute sa virilité et que le choix de la femme ait lieu en conséquence. Autrement, la stérilité est fatale, comme dans l'exemple suiv ant:

8. Union stérile depuis douze ans de mariage, entre une orpheline de seize ans, réglée à treize et grandissant encore jusqu'à dix-huit, avec un garçon de vingt et un ans, dont les convulsions, à sept ans, ont paralysé, atrophié et déformé l'avant-bras gauche. Il est grêle, délicat, voix aiguë, mais vif, actif et intelligent dans sa profession libérale. Ses parties génitales ont un aspect infantile : verge aiguë, gland petit et mou, recouvert d'un long prépuce qui le cache absolument ; il ne le franchit jamais spontanément; dans la plus complète érection, la main est toujours indispensable pour le relever. Remarque particulière de la femme, beaucoup plus forte, délurée et gaillarde que son mari. Testicules comme de petites avelines, sperme peu abondant, mais normal.

Mieux développée, la femme est très régulièrement réglée, mais peu abondamment pendant trente-six heures, sans exiger de linges. Les seins normaux sont absolument insensibles à l'époque menstruelle et le mari n'y touche jamais. Le col, bien ouvert, est dirigé à gauche el eu bas, malgré une constipation habituelle dont Feffet devrait être de le redresser.

Des rapports hebdomadaires suffisent a ces jeun.es

époux qui, en s'accordantbicn et travaillant ensemble, ne paraissent pas plus ardents l'un que l'autre, tout en désirant vivement un enfant. D'où la cause probable de la stérilité dans ce cas d'infantilisme relativement favorable. Us veulent encore essayer avant de tenter la fécondation artificielle.

Au lieu d'être complet, l'infantilisme est le plus souvent partiel et limité à l'un ou l'autre des organes sexuels. C'est une exception assez commun».' cbez les deux sexes.

Un infantilisme analogue se rencontre chez la femme, même mariée. Il se traduit à l'extérieur par des caractères visibles dès l'époque de la puberté. Les naines et les crétines y sont spécialement prédisposées, comme toutes celles qui s'en rapprochent. Le bassin ne s'élargit pas et les seins ne se développent guère. La vulve, très étroite, reste disposée comme chez les enfants, plus ouverte en haut qu'en bas. Le vagin est rétréci avec des nymphes rudimentaires, sinon absentes, et des grandes lèvres souvent difformes.

Le clitoris, réduit à un tubercule imperceptible et insensible, est surmonté d'un pubis et d'un mont de Vénus peu marqués. L'absence ou la rareté des poils, mal venants, comme chez les petites filles, en est le signe le pins remarquable, d'après les exemples signalés à la Stérilité humaine, page lu'O.

L'apparition tardive et irrégulière des règles, la rareté du sang et sa pâleur, sa fluidité, les pâles couleurs ou chlorose et l'anémie persistante décèlent le faible développement des ovaires cachés et leur

GLABRI'jITÉ. 77

vitalité imparfaite. Si l'on touche avec le doigt le col de la matrice et son ouverture, ils sont à peine appréciables. Toutes ces anomalies indiquent l'inhabileté de la femme à procréer. Sa stérilité ne s'explique souvent pas autrement. L'homme peut en préjuger à ces signes, malgré tout l'amour et la volupté qu'elle peut ressentir et manifester dans leurs relations. Parfois même, les organes et les éléments essentiels à la fécondité font défaut.

C'était le cas de cette dame dont l'élroitesse du pubis et clu vagin ne permit au mari, aussi mal conformé en sens contraire, de réaliser l'intromission complète que la quatorzième année de leur mariage. (Observation /()/.)

9. Un type de celte anomalie a été observé par Roubaud, chez une femme de vingt-trois ans, non réglée, dont le physique, ne laissant rien à désirer, ne pouvait indiquer ce vice de conformation.

La matrice avait à peine le volume qu'elle offre à l"àge de dix ans. Bien que des rapprochements sexuels eussent eu lieu, le vagin était étroit et les lèvres à peine saillantes ; les poils du pubis, sans force, étaient clairsemés et non frisés; les seins, d'une petitesse extrême, avaient des mamelons sans érectili té aux attouchements ni aux titillations.

Glabréité. L'absence de barbe chez l'homme, en confondant les deux sexes en apparence, constitue une véritable difformité sexuelle. A plus forte raison, quand la surface des parties génitales, le pénil ou mont de Vénus en particulier, est privée de poils. Si rares qu'en soient les exemples dans nos climats, il en existe comme nous l'avons mon I ré

dans l'Impuissance, page 308. L'absence originelle de cheveux ou alopécie se rencontre bien chez des personnes d'une santé parfaite, sans aucune maladie locale ni générale, même du cuir chevelu. L'albinisme constitue une anomalie analogue dans les pays tempérés et qui se transmet par hérédité comme les précédentes .

Cet état glabre de la peau ne change évidemment rien au sexe. Mais l'abondance des poils à la surface du corps, une chevelure et une barbe touffues étant regardées vulgairement comme un indice de force et de virilité — bien qu'en étant héréditaire, elles coïncident parfois avec une faiblesse native et des vices constitutionnels — il est rationnel d'attribuer le contraire au signe opposé. L'absence de barbe est ainsi un caractère do féminisme et d'une faible virilité. C1est la distinction des pédérastes et la honte des masturbateurs par la crainte que l'on ne devine leur vice caché à ce stigmate.

La glabréité des parties sexuelles, en caractérisant essentiellement l'infantilisme, ne peut être considérée comme un caractère de vigueur génitale. Elle indiquerait plutôt l'anaphrodisie.

Suivant Martincau, qui en a observé un exemple a l'hôpital de Lourcine, en 1878. chez une femme de trente ans, l'état glabre de la vulve et surtout du mont de Vénus serait un signe apparent d'une conformation vicieuse ou de l'absence des organes internes de la génération. Ces poils étaient rares et disséminés chez des femmes stériles et ils manquaient totalement chez d'autres privées de matrice

Page 1