‹ Anormaux Constitutionnels et Défense SocialeChapitre 12 sur 51 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Personnelle. — Service de M. le docteur Ewofï) Déséquilibration physique. — Tentatives de suicide. — Vols. — Crises convulsives. — Perversions instinctives. — Excitation par intervalles,

C.…. Yvonne-Marguerite. PE Entre à l’asile le 1* novembre 1912; elle est âgée de 17 ans, exerce la profession d’aide-comptable, vient de la maison de Fresnes où elle était détenue sous l’inculpation de vol et où elle a été l’objet d’une ordonnance de non lieu, à la suite d’une expertise du docteur Vigouroux.

A l’infirmerie spéciale, nous relevons le certificat suivant: « Déséquilibration psychique, avec état actuel d’agitation, anxiété et désordre des actes; alternatives d’excitation et de calme, crises de larmes, sanglots, scènes de désespoir, grandes variations d’attitude, tentative de suicide par strangulation-ou simulation de tentative de suicide, mythomanie, hystérie, avec syndromes va-

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riés dans ses antécédents, atasie-abasie, accès de tremblements .choréiques ». +

« La malade qui est gauchère, présente des signes de débilité motrice. Inculpée de vol, transférée de Fresnes, ete. »

A l’asile, les certificats constatent les mêmes troubles mentaux, ainsi que de la, paraplégie hystérique.

C... raconte qu’à l’âge de 15 ans, elle a consulté une cartomancienne, qui lui a prédit qu’elle deviendrait folle, et depuis, elle a des crises convulsives.

Elle à déjà été traitée volontairement à l’asile Sainte-Anne, pendant deux mois pour chorée et est allée, à deux reprises, au Vésinet, en convalescence.

Elle est fille d’un père inconnu et d’une mère nerveuse et exaltée. Un frère de sa mère, âgé de 15 ans, est à la prison de la Petite Roquette, pour vol. Son enfance est exempte de maladie grave; elle se rappelle cependant qu’elle a uriné au lit jusqu’à l’âge de) sept ans.

A l’école, où elle est restée de 6 à 13 ans, elle apprenait assez

bien; elle a pu passer son certificat d’études; mais elle était dissipée et était souvent renvoyée de sa classe pour ce motif.

Au Vésinet, elle a essayé plusieurs fois de s'échapper dans les bois; elle taquinait ses camarades, leur mettait du poivre dans les aliments, des bourgeons de sapin dans le lit, faisait leur lit en portefeuille et leur faisait d’autres méchancetés.

Cette malade, réticente et menteuse, est confuse. Quand on hé rappelle le motif de son internement, elle pleure et nous raconte que ce n’est qu’entraînée par une autre jeune fille qu’elle a volé une fourrure aux magasins du Printemps. Mais elle nous cache volontairement qu’elle à été arrêtée une première fois, en 1910, dans une râfle et enfermée à Fresnes pendant six semaines, ce que nous apprenons par le rapport médical.

Elle allait encore à l’école, quand elle fut, d’après elle, entrainée par de petites amies dans le square des Arènes de Lutèce où « des Messieurs leur donnaïent dix sous, quand elles exhibaient devant eux leurs parties génitales ».

Au début de son séjour ici, la malade est très désagréable. Elle simule plusieurs tentatives de suicide, en disant qu’elle veut mourir. que sa mère ne l’aime pas.

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