‹ Anormaux Constitutionnels et Défense SocialeChapitre 31 sur 51 · PR NES · texte numérisé non relu

PR NES

Il buvait autrefois beaucoup d’absinthe, actuellement ïl absorbe beaucoup de vin.

11 à fait deux tentatives de suicide sans motif sérieux.

Le 2 janvier 1911 ïl était, d’après eux, ivre avant de quitter Puteaux.

D’après sa femme, B.. aurait eu plusieurs crises de folie. Il serait somnambule. Enfin, il buvait beaucoup.

L'examen de l’inculpé a montré un homme incontestablement intoxiqué par l’alcool, probablement aussi par l’éther, cependant lucide, exempt de délire et d’hallucinations.

Mais B.. assure, avec persistance, qu’il n’a gardé absolument aucun souvenir des faits qui lui sont reprochés; que les circonstances ayant précédé, accompagné et suivi le meurtre de M. Régnard lui échappent complètement.

Enfin, l’expert arrive aux conclusions suivantes :

1° B.. Emile, sur lequel pèse une lourde hérédité pathologique, qui est congénitalement un mal équilibré, est depuis longtemps intoxiqué par l’éther et surtout par l’alcool;

2° Le meurtre dont il est inculpé, paraît avoir été commis dans un état d'ivresse, ce qui explique qu’il puisse en avoir perdu le souvenir, ainsi qu'il l’affirme avec persistance ; :

3° L’ivresse n'étant pas une excuse légale, B.… doit être considéré comme pénalement responsable du fait eriminel qui lui est reproché ; 5

4° Toutefois, on peut dire que B.., en raison de ses prédispositions familiales et personnelles neuro-psychiques, était au temps de l’acte, dans un de ces états d’ivresse qu’en médecine mentale on qualifie de pathologique, et que par suite,‘ sa responsabilité doit être considérée comme atténuée.. s

Paris, le 12 mai 1911.

En Cour d'’assises, le 3 août, le jury rend un verdict négatif et B... est acquitté, remis en liberté, sans aucun contrôle; il peut recommencer ce qu'il a fait, sans qu’on l’ait mis dans l’impossibilité de nuire.

Cette observation nous montre en même temps l'influence néfaste des toxiques et en particulier de l’aleool sur les anormaux et l'impuissance absolue où se trouve la société actuelle de se protéger contre ce danger sans cesse menaçant. |

RE Os

Le nombre de ces déséquilibrés en liberté est considérable, et vhaque jour; sur les grands quotidiens, on peut lire leurs crimes et leurs méfaits; on pourrait ainsi citer de multiples exemples, semblables à celui que nous lisons dans les Annales Médico-psychologiques de janvier 1914, sous le titre de « Tragiques exploits d'un déséquilibré ».

Tragiques exploits d’un déséquilibré

On lit dans le Journal de l’ Ain (numéro du samedi 1” décembre 1913);

Un drame, dont les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves, a soulevé une indicible émotion samedi soir, dans la petite cité de Saint-André-de-Bâgé et principalement à Reéplonges. s!

Celui qui en fut le triste héros, est un nommé Joanny L.., âgé de 25 ans, originaire de Replonges. Bien qu'’encore jeune, L... a eu une existence mouvementée.

L..., dès son jeune âge, s’adonna à la lecture de romans divers; plus ed il dirigea ses études vers la psychologie et la politique ; avec sa culture rudimentaire, il ne put digérer les auteurs dont il se nourrissait. Il devint un farouche, haïssant la société, mécontent de tous, autant que de lui-même.

En 1909, appelé à rejoindre son régiment, le 133°, à Belley, il partit de Replonges la veille de son incorporation. Arrivé à la Madeleine, il scie des arbres d’agrément plantés vers la gare; il détruit également des poteaux télégraphiques. Il se fait arrêter à Vonnas, après avoir brisé les vitres à la gare du P.-L.-M. Remis en liberté, il part à Villefranche, s’inonde le visage de vitriol et se fait soigner à l’hôpital de ceîte ville. Il rejoint néanmoins, quelque temps après, son régiment, où 1 est réformé le 16 novembre.

Revenu à Replonges, il y mène une vie de sauvage; il ne sort de son habitation que la nuit, tant son visage inspire l’horreur.

Les rares personnes qui l’ont vu, en font un portrait terrifianf. Les yeux n’ont pas été atteints par le liquide corrosif, mais les paupières n'existent plus. Le front et les joues, mais particuliè-

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