‹ Anormaux Constitutionnels et Défense SocialeChapitre 34 sur 51 · D FE · texte numérisé non relu

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semble, au premier abord, que ces enfants soient même intelligents; en réalité, ils ont de grosses lacunes, leur manque de jugement et de rectitude d’esprit apparaît fréquemment et 1ls finissent toujours par faire des ratés et des dévoyés.

Enfin, ce sont surtout ceux qui sont atteints de troubles du caractère qui attirent l’attention des professeurs, et si on leur parle d’enfants anormaux, ce sont immédiatement ceux-là qu'ils citent. Il serait difficile qu'ils passent inaperçus, leur indiscipline et leur instabilité les distinguent tout de suite.

Ils n’ont aucune suite dans leurs idées, ne font attention à rien, à peine ont-ils- commencé à lire, qu'ils veulent écrire ou compter ; ils ont toujours besoin de remuer, sont insolents envers leurs maîtres, violents, jaloux, menteurs, simulateurs, pour un rien ils se mettent dans de violentes colères, se battent avec leurs camarades qu'ils frappent brutalement, sont vindicatifs, méchants, prenant plaisir à faire souffrir les animaux; ils ont même, parfois, des impulsions, qui les rendent dangereux; on les connaît sous le surnom « du fou ».

Chez d’autres, c’est le vice qui domine, ils prêchent la révolte, volent les poches de leurs camraades, se livrent à la pédérastie, font commerce de leurs faveurs; Jude cite à ce propos, deux enfants de 14 ans, souteneurs de deux fillettes un peu plus âgées, « qui faisaient les vieux ».

Ils manquent fréquemment l’école et entraînent avec eux des camarades, à qui ils apprennent leurs vices. Ils sont, en général, assez vite éliminés de l’école d’où on les renvoie, mais souvent encore ils reviennent attendre leurs anciens camarades à la sortie de la classe et continuent à les dévoyer.

Les anomalies mentales ne sont pas une affection défi-

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nie comme la rougeole ou la scarlatine, mais bien des manifestations symptomatiques de causes pathologiques variables, que le médecin doit s’efforcer de découvrir. On trouve même, dans certains cas, des causes occasionnelles qui peuvent être supprimées, telles que: mauvaise hygiène, alimentation défectueuse, habitude des boissons alcooliques, et, à ce propos, ils ne faut pas oublier que bon nombre de ces enfants recoivent de leur ambiance et, en particulier, de leurs parents, les plus mauvais exemples, et que, enlevés à leur famille, ils peuvent revenir dans le droit chemin.

Renvoyés de l’école, ces enfants vont vagabonder et donner libre cours à leurs mauvais penchants, aussi ne tarderont-ils pas à avoir affaire à la justice, et, comme on le voit dans nos observations, ils auront de bonne heure à répondre devant les tribunaux de vols ou autres délits du même genre. Quelques-uns seront conduits en prison ou à Pasile pendant que les autres iront dans les maisons de correction terminer leur éducation criminelle, ou grossir les rangs des apaches.

Il est intéressant de noter aussi que nombre de ces petits anormaux ont déjà un tel mépris de la vie, qu'ils se suicident par jalousie, par orgueil. On trouve à ce sujet, dans l’article &« L’Education et Suicides d'Enfants », de M. L. Proal, conseiller à la Cour d'appel, des exemples très instructifs, qui montrent avec quelle prudence et quelle sagesse ces petits êtres doivent être éduqués et traités.

Sortis de l’école, ils vont continuer leur vie irrégulière, se montrant partout des insociables et, après de nombreux apprentissages, sans résultat, et souvent même une vie déréglée qui, quelques fois, les aura conduits devant les tribunaux, nous les retrouvons au régiment dans, un milieu

un peu spécial. | #

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IT. — Les anormaux au régiment

Là, pas plus qu'ailleurs, ils ne passent inaperçus; bientôt ils se feront remarquer par des fautes contre la disci-

-pline. Leur caractère se présente ici sous un jour un peu

différent, du fait qu'ils sont placés dans un milieu tout à fait particulier et qu’ils sont astreints à des règles spéciales. Le docteur Haury, dans son livre sur « Les anormaux et les malades mentaux au régiment », a bien étudié cette classe d'individus, et montré, par de nombreuses observations qu’à l’armée ils ne sont pas à leur place. Tous les anormaux sont sujets à la désobéissance, qui, dans certains cas, peut aller jusqu’au refus d’obéissanee qualifié avec lecture du Code, faute très grave au point de

vue militaire.

L'esprit du déséquilibré est grossier, son éducation généralement peu soignée; aussi fréquemment a-t-l des réponses grossièrés à l'égard de ses chefs: «tel ce cavalier de la Part-Dieu, de Lyon, dont les réponses grossières faites à des brigadiers, soit même à des sous-officiers, avaient entraîné d'innombrables punitions (229 jours de salle de police et 179 jours de prison).

Le déséquihibré est souvent impulsif ; avec l’instabilité et l’inadaptabilité, ee sont là les trois plus importantes caractéristiques.

Leurs colères sont d’une violence extrême, menaçant de tuer ceux qui veulent les maîtriser, cassant tout ce qu’il tombe sous leur main; ils ont une sensibilité spéciale à l’alcool et ne font pas leur ivresse comme tout le monde. Tantôt ils ont une ivresse agressive et violente; tantôt excito-motrice, ils gesticulent, hurlent; tantôt, enfin, présentent les caractères d’un vrai délire.

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