DÉC
Les perversions sexuelles sont fréquentes à la caserne; on rencontre de jeunes débiles qui se livrent à la masturbation; on peut y voir: des pédérastes souvent déséquihibrés qui se livrent à ces pratiques même dans un milieu où ie sexe féminin ne fait pas défaut, comme c’est le cas dans les villes de garnison. |
Haury rapporte à ce sujet l’observation d’un jeune engagé qui recherchait toutes les occasions de jouer à la femme coquette, dont il avait tout le manège compliqué et toute la perfidie. Il montrait à tous, toutes les lettres qu'il recevait et cherchait toutes les occasions de se faire remarquer.
Il avait débauché son brigadier, auquel il faisait des scènes de jalousie, mais vis-à-vis duquel il se montrait d’une psychologie étrange et vraiment perverse, cherchant à avoir une lettre signée de son nom, pour pouvoir le faire prendre quand il voudrait, disant qu'il le poignarderait. Ce jeune homme avait un long passé de pédérastie passive. En Algérie il avait commencé tôt dans ce rôle
qu’il paraît avoir rempli par perversion de sentiments plutôt que d’instincts. Il était féminin de nature et de goûts, ne désirant que des cadeaux de femme (fourrures, mou-
. choirs, gants, souliers à rubans, etc.) ; il se faisait appeler, en Algérie, la grande Gabrielle, et au régiment, la Joconde. Il avait eu des amants riches avec lesquels il avait fait des fugues. Il n’a jamais eu de rapports sexuels féminins, il les a en horreur.
Il eut une vie aventureuse, a essayé plusieurs métiers, théâtre, ete. Ce déséquilibré, qui porte toujours du poison sur lui, a fumé de l’opium, bu de l’éther.
Le désordre de ses facultés est évident; son défaut de jugement, son goût de la paresse, sa mobilité de senti: ments et d'idées, ses passions vives, sa perversion sexuelle,