‹ Anormaux Constitutionnels et Défense SocialeChapitre 36 sur 51 · MOT NES · texte numérisé non relu

MOT NES

tout dit clairement en lui l’anomalie mentale poussée au plus haut point. Il le démontra bien, du reste: il se suicida trois jours après sa sortie de l’hôpital, en se jetant par la fenêtre d’un troisième étage de sa caserne.

Un délit militaire que l’on rencontre aussi fréquemment

‘dans le passé de nos malades, est la fugue; soit qu’elle se J

manifeste par une simple absence illégale, le soldat regagnant sa caserne un jour ou deux en retard, soit, au contraire, que ce soit une véritable désertion; cela s’explique très bien par l'instabilité et le manque de volonté de ces sujets.

Pour d’autres, c’est une histoire passionnelle qui est la raison de leur départ; que de troupiers font une absence illégale pour retrouver une femme aimée, sans se soucier des conséquences de leur acte.

C’est encore’sous l’influence de l’alcool qu’ils commettent les fugues, ou bien par une habitude de vagabondage qu'ils ont contractée et qu’ils ne peuvent plus perdre, ce sont des être revenus à l’état primitif, des inadaptables que la société ne peut absorber et fondre avec les autres.

On retrouve, en somme, les déséquilibrés au régiment avec leurs signes habituels, mais qui ici, par suite même de la discipline, peuvent présenter quelques différences.

Malheureusement, ces déséquilibrés vivent en contact permanent avec des camarades quelques. fois débiles, et exercent sur eux la plus mauvais influence, ils sont généralement assez débrouillards, parlent beaucoup, si bien que ces pauvres d'esprit venant de leurs campagnes, les prennent pour des êtres supérieurs, se laissent prendre à leurs conversations antimilitaristes et antisociales, et sont

entraînés à la révolte.

Toujours en tête quand il s’agit de faire le mal, ils font

des misères à ieurs camarades, exercent des brimades.

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