ASSISTANCE AUX ENFANTS ANGORMAUX
En présence d’une telle situation, on ne doit pas rester inactif, 1l faut s’efforcer de combattre ce mal vraiment par trop menaçant.
On remarquera tout d’abord que la plupart de ces déséquilibrés commencent, dès leur enfance, à avoir des réactions antisociales, et cela du fait de leur constitution psychique, c’est évident, mais bien souvent aussi, du fait d’une mauvaise éducation et des mauvais exemples qu'ils ont sous les yeux. Il semble done que la première idée qui vient à l’esprit, soit de s’en occuper dès leur enfance, d’essayer de les corriger dès leur jeune âge, et de les remettre : dans le droit chemin : on fera ainsi la véritable prophylaxie du erime et de l’insociabihté. |
L’indifférence de la société à l’égard des enfants anormaux psychiques, leur permet de devenir un véritable fléau social; en effet, ceux qui ont commis un délit sont ou enfermés dans des maisons de correction jusqu’à leur majorité, ou mis à l’asile d’aliénés; mais 1l est toute une catégorie d’enfants prédisposés, ayant recu une mauvaise éducation et de mauvais exemples, qui présentent une perversité précoce, sont incapables de bons sentiments, et ont en eux le besoin de faire le mal; la société s’en désintéresse et
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n’a aucun moyen de se garantir contre eux. Quand un individu s’est rendu coupable d’un délit on le punit, mais on ne fait rien pour l’empêcher de le commettre; il serait pourtant beaucoup plus logique et plus juste de faire la prophylaxie de la criminalité que sa correction. Ce ne sera qu'après avoir épuisé toutes les ressources de la science. sur les individus anormaux et dévoyés, que nous aurons raisonnablement et en conscience le droit de nous protéger par des mesures de répression.
Une grande proportion de criminels, d’ivrognes invétérés et de prostituées sont des imbéciles de naissance, qui seraient parfaitement éducables ; mais jusqu’à présent, au lieu de faire des sacrifices pour les éduquer dans l’enfance, la société décuple les mêmes sacrifices, pour les interner dans les asiles et les prisons, alors qu'ils sont devenus incurables. Cependant, en 1875, Bourneville donne une poussée d’activité à cette idée et parvient à la création, dans le département de la Seine, des services d’enfants de Bicêtre, de Vaucluse et°de la fondation Wallée. Ces services sont surtout organisés pour recevoir les enfants arriérés, les idiots à qui il est donné une instruction adaptée à leur valeur intellectuelle ; mais, pour les arriérés moyens et légers, pour les arriérés d’école comme les appelle Abadie, on n’a rien fait; pas plus, du reste, que pour les anormaux vicieux arriérés ou non.
Depuis quelques années cépendant on s’oceupe de cette question, et nombreux sont les médecins et les hommes de loi qui l’ont étudiée. “
Bourneville, au Congrès national d’assistance publique, qui se tenait à Lyon, en juin 1894, constate que, sur environ 60.000 enfants anormaux, 1.800 seulement sont secon: rus. Il demande la création d’asiles-écoles avec des insti-
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tuteurs ayant fait un stage d Liane des classes annexes dans les écoles.
Mouret, de. Lyon, demande la suppression des maisons de correction au-dessous de 16 ans, il voudrait que les jeunes vagabonds soient dirigés sur les placements famihaux, envoyés à l’école de préservation, ou à l’école clinique dirigée par un médecin, enfin pour ceux entre 16 et 20 ans, la transformation des prisons en commun, en cellules ou asile permanent sans fixer la durée du séjour. il insiste aussi sur le rôle bienfaisant des patronages.
Une loi du 15 avril 1909 spécifie que: « Sur la demande des communes et des départements peuvent être créés, pour les enfants anormaux (arriérés et instables) des deux sexes: 1° des classes de perfectionnement annexées aux écoles élémentaires publiques ; 2° des écoles autonomes de perfectionnement qui pourront comprendre un demi-pensionnat et un internat.
À la Conférence de Lyon, sur la question de l’enfance anormale, de nombreux médecins, qui se sont particulièrement occupés de cette question, exposent leur manière de voir, et apportent des preuves à l’appui de leur opinion.
M. Granjux, à l’Œuvre Grancher, constate que le placement familial médical à la campagne, rend les enfants anormaux adaptables à ce mieu dans une RIDpÉE RER considérable surprenante même, 1l n’y à eu que 0,2 0/0 de pupilles non adaptés à ce milieu, ce qui est et peu. Cela prouve d’abord que la plupart des anormaux scolaires ne sont pas associaux, et qu’on peut les adapter en les enlevant à leur milieu fanuhal. M. Roubinovitch, à l’Œuvre des enfants moralement abandonnés, a obtenu
aussi de bons résultats du placément familial et 4,6 0/0.
seulement, n’ont pu s’adapter malgré le mauvais recrute-
ment de ses pupilles où les tares dégénératives doivent | 6 v