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aliénés criminels. A cette époque quelques médecins comme Foville Falret, demandent des réformes. La Commission parlementaire, en 1871, reprend les idées de Parchappe, et la Société de législation comparée étudie, en 1872, la question des aliénés criminels.
Ce n’est qu’en 1876 qu’est ouvert le quartier d’aliénés criminels, annexé à la Maison centrale de Gaillon, par l’entrée de 75 condamnés aliénés et épileptiques.
Ce quartier est divisé en quatre sections ayant chacune un réfectoire, une salle de travail, deux dortoirs, un préau planté d’arbres avec galerie couverte et jardins individuels. Il existe 15 cellules avec préaux, une Infirmerie, un vaste vestibule avec lavabos, une chapelle, un amphithéätre. Il est placé sous l’autorité du directeur de la Maison centrale... En cas de non guérison, au moment de la libération, l’aliéné est soit confié à sa famille ou aux institutions charitables, soit mis dans un asile.
Dans la prévision d’une organisation complète du service des criminels devenus aliénés, le quartier de Gaïllon, que l’on croyait pouvoir fournir 130 places, devait être destiné à la région du nord; on devait créer un second quartier pour la région du sud, et un pour les femmes.
Le docteur Colin a eu le mérite d’organiser le travail
au quartier d’aliénés de Gaïllon, et cela malgré les crain-
tes et les résistances des personnes non initiées au caractère des aliénés. C’est par des encouragements ét des bonnes paroles qu'il est arrivé à ces résultats.
Le travail n’est pas obligatoire. Les tarifs de rémuné-
‘ration varient avec chaque ouvrage. Les malades travail-
lent 5 heures et demie l’hiver, 6 heures et demie l’été et arrivent à gagner environ 1 franc par jour, mais sur cette somme l’administration prélève la moitié pour l'Etat, comme dans toutes les maisons pénitentiaires.
Outre ces résultats pécuniaires, le travail a aussi des résultats moraux, comme l’a constaté le docteur Colin,
« Avant l’organisation du travail, dit-il, on peut dire que les rixes, les disputes, les batailles rangées, les révoltes mêmes étarent monnaie courante. Il faut noter, en effet, qu’on a affaire ici à des individus éminemment dangereux. Il y avait même une salle dite de discipline que nous avons supprimée et remplacée par un atelier. »
Pour éviter les révoltes et les complots, il faut, .dit encore le docteur Colin, diviser les malades par petits groupes, c’est en même temps le moyen de les mieux connaître et de les mieux traiter.
La question des aliénés criminels, examinée dans diverses Sociétés savantes, fut étudiée de nouveau, en 1878, au Congrès de médecine mentale.
M. Mornig, directeur de l’Assistance publique, est le premier à demander des asiles pour les anormaux. Enfin, ia Société médico-psychologique étudie de plus près la question des aliénés criminels en 1881 et 1882.
Motet publie une étude très complète sur l’Asile d’aliénés criminels de Boadmoor, qu'il venait de visiter’ En 1884, la Commission du Sénat (révision de la loi sur les aliénés), déclare partager la conviction du Gouvernement sur la nécessité d’un asile d’Etat qui soit pour la France ce que Boadmoor est pour l’Angleterre.
En 1890, au Congrès de médecine mentale de Rouen, M. Brunet fait une communication sur la nécessité d’un asile national pour les aliénés criminels.
MM. Motet, Vitault, Legrain ont bien étudié les alcooliques, et ont trouvé que, parmi eux, se trouvaient beaucoup de criminels ou de délinquants.
M. Sérieux, en 1894, demande une loi ordonnant un.
traitement suffisamment prolongé des alcoolisés eurables.
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