‹ Anormaux Constitutionnels et Défense SocialeChapitre 50 sur 51 · AT · texte numérisé non relu

AT

ils sont assurés de quelques mois d’hivernage, qu’ils feront cesser quand il leur plaira; ils savent bien que la loi de 1838 est incomplète à ce sujet, et qu’on n’a plus le droit de les garder le jour où, ne présentant plus de troubles délirants, ils demandent leur sortie.

Aussi ces individus ont-ils des internements et sorties multiples, et cela au préjudice des deniers de la société; car chaque fois qu’ils sortent on leur donne un secours en espèces, des vêtements et souvent même des instruments pour un travail éventuel qu’ils ne font jamais.

En outre de cet avantage matériel considérable d’écarter les paresseux des asiles, le travail de ces déséquilibrés est encore d’un certain rapport pour l'établissement, les «uiffres fournis par M. Colin à ce sujet le prouvent nettement. | . D'autre part, c’est par le travail que ces anormaux perdront leurs manvaises habitudes et s’amenderont, certains même pourront, dans ces ateliers. apprendre un métier qui leur servira plus tard.

Le placement dans l’asile de sûreté ne devrait avoir lieu qu’en vertu d’un arrêt de l’autorité judiciaire, éclairée par une expertise médicale. De même, la sortie en liberté ne devrait avoir lieu, comme le demande M. Magnan, qu'après une expertise approfondie médicale ou médico-judiciaire, et seulement lorsque le sujet aurait donné des preuves suffisantes qu’il est capable de se conduire régulièrement au dehors et qu’il ne commettra pas

NS

d’actes de nature à compromettre la sécurité, la décence la tranquillité publiques.

Des sorties conditionnelles pourraient être proposées par le médecin traitant, pendant lesquelles un contrôle effectif serait exercé sur le malade, qui serait soumis à de fréquentes visites, comme cela se passe en Angleterre.

Ainsi comprise, l’assistance de ces déséquilibrés POULE rait donner de bons résultats, et tout en permettant leur amélioration, ‘elle mettrait la société à l’abri d’un péril sans cesse menaçant et toujours croissant.

Page 1