‹ Anormaux Constitutionnels et Défense SocialeChapitre 9 sur 51 · TT A DO À · texte numérisé non relu

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aussi très réduites; elle ignore quelle est la capitale de la France. Elle sait qu’il y a douze mois dans l’année, mais elle n’en est pas très sûre et ne peut les nommer.

Cependant, elle serait allée à l’école « toute gosse » et y serait restée jusqu’à l’âge de 13 ans. Elle manquait souvent la classe, Sa sœur aînée l’entraînait mendier et quand elles avaient de l’argent, elles allaient « s’amuser aux foires ». Elle prenait, quand elle pouvait, des oranges ou autres fruits aux devantures des magasins. ;

À deux ans, elle est, paraît-il, tombée d’un premier étage, et à 13 ans, elle aurait eu des crises de frayeur. Jamais elle

n’a exercé de métier d’une facon suivie. À un moment donné

«elle avait travaillé dans les couvre-pieds », on ne peut lui faire préciser ce qu’elle faisait exactement, du reste, elle est restée peu de temps dans cette place, d’où elle fut renvoyée.

Ensuite, elle à vendu des cartes postales, et depuis un an environ, elle a commencé à ne pas rentrer régulièrement chez elle.

Plusieurs fois, elle est venue de Nanterre, où ses parents habitent, à Paris, derrière des voitures maraîchères, profitant de cette occasion pour s'échapper de sa maison.

À l’examen physique, nous constatons que cette petite fille est atteinte de nanisme, son corps est bien proportionné, on ne trouve

- à l’auscultation aucun signe cardiaque. Elle n’est pas réglée et

porte aux aïnes des cicatrices d’incision de bubons, probablement de nature blennorrhagique.

Dans ses antécédents héréditaires nous notons, que son père est un instable: « Nous changions souvent de pays, dit-elle, et je ne pouvais pas aller régulièrement à l’école ». Il à habité, durant ces dernières années, successivement le Havre, Evreux, Paris. C’est un buveur et rentre quelques fois chez lui en état d'ivresse : « Il n’est pas méchant alors, dit la fillette, 11 s’endort sur la table ».

La mère, marchande de légumes sur le marché, est elle-même débile et d’une morale facile.

Sur treize grossesses qu’elle à eyes, elle a fait trois fausses couches. Elle à perdu deux enfants de méningite et parmi ceux qui sont encore vivarits nous trouvons :

Un fils aîné, âgé de 20 ans, sans profession ;

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Une fille de 18 ans, qui vit maritalement avec son amant, au domicile familial ;

La petite Raymonde, sujet de notre observation ;

Enfin, un garcon de 15 ans, sans profession non plus, et deux fillettes dé 8 et 3 ans.

Ainsi, du côté de sa famille, Raymonde n’a recu que de mauvais exemples et s’est élevée en définitive au milieu du vice et de l’amoralité.

Tous ces renseignements sont confirmés par rapport médicolégal... que le docteur Riche, médecin chef à l’hospice de Bicêtre, a bien voulu nous communiquer ; nous y lisons : « Que la famille D... était mal notée, le père est redouté dans son quartier, et la petite Raymonde, qui a un penchant au vagabondage, n’a eu sous les yeux que de mauvais exemples et ne fréquentait que des camarades plus âgées et plus perverties qu’elle ».

Elle aurait été arrêtée déjà une première fois aux Halles, jai

vagabondage. à

L'expert constate que la petite Raymonde est une débile physique et intellectuelle; elle présente des perversions instinetives et de l’excitation par intervalles. Il conclut à l’irresponsabilité avec maintien à l’asile, pour qu’elle y soit surveillée, à moins qu’on ne puisse la placer dans un patronage pour y recevoir, dans la mesure du possible, une direction intellectuelle et morale en rapport avec son niveau mental.

Dès son arrivée à l’asile, elle est placée dans un quartier d’observation où les entrantes se trouvent au milieu de malades ealmes et pour la plupart lucides. Elle ne tarde pas à se montrer aussi insupportable que partout où elle a passé; elle insulte les autres malades, les menace même, leur enlève les livres pendant qu’elles lisent, prend leurs ouvrages, essaye d’y travailler, ce dont elle est absolument incapable; elle veut toucher à tout.

a prétend qu’elle a connu « la bande à Bonnot » et qu’elle est capable de tuer n’importe qui, d’un coup de couteau au cœur, si on la contrarie, soulignant par ces paroles son manque de jugement et de morale. Sa tenue est très désordonnée; elle se roule par terre, déchire ses habits, les livres qui sont à sa portée, crache partout, tient des propos obscènes, se vante « d’avoir couché avec des hommes », demande à une jeune malade si elle n’en a jamais

fait. autant; elle effraye ses compagnes par ses menaces. Toutes la fuient et la considèrent comme un sujet d’ennui et de scandale. Tous les matins, à la visite médicale, de nouvelles plaintes arrivent à son sujet, tant de la part des malades que du personnel.

Elle fait un jour une tentative d'évasion, on est alors obligé de l’aliter ; mais elle continue ses grossièretés, ne reste pas au lit, vole les provisions de ses voisines, déchire le linge, chante des chansons d’apache, \ |

En présence de cette situation, on doit la mettre au quartier des malades agitées, où elle continue à être insupportable; elle fait des gestes obscènes, dit des grossièretés, excite les malades, les traite de p., les taquine, se bat avec elles, cherche à s'évader ét met tellement de désordre, qu’on est obligé de l’aliter de nouveau pour la surveiller plus facilement et la séparer de ses camarades qui se plaignent d’elle. 7 S

Elle raconte qu'avant d’être internée, elle suivait souvent les charretiers, se livrait sur eux à des manœuvres d’onanisme pour quelques sous ; elle prétend même qu’elle rapportait une partie de cet argent à sa mère. Quand on lui reproche sa conduite, elle reconnaît que c'était mal, promet de ne plus recommencer et s'excuse en disant qu’elle le faisait pour gagner de l’argent; 3 du reste, elle ne manifeste aucun regret et sa seule préoccupation n. est de savoir si elle sortira bientôt. Un jour, elle demande du 1 papier pour écrire à sa mère et s’en sert pour faire des dessins € obseènes, tels que des organes génitaux. d’homme. É 3 Souvent, elle cherche à aller se coucher avec une autre malade, 4 qui se livre à l’onanisme, ce qui nous oblige à la changer de “4 :

dortoir.

Elle éprouve un réel plaisir à exciter une démente précoce,

sa voisine de lit et à provoquer chez elle de violentes colères, au cours desquelles cette dernière s’automutile. D’autres fois elle s'amuse à uriner et à déféquer près du lit . de ses compagnes, qu’elle fait accuser de salir le parquet. Elle gâte au lit par méchanceté, crache à terre. Quand on lui parle, elle répond grossièrement; elle demande à chaque instant à travailler, en disant qu'elle sait tout faire ; maïs elle n’a aucune aptitude et ne peut s'occuper d’une manière

suivie au même ouvrage.

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Ælle n’a aucune affectivité, aucun amour pour les siens, dont elle se désintéresse complètement. Une seule fois elle a voulu écrire à sa mère, c'était pour lui demander de venir la chercher et de lui envoyer des images, sa lettre ne contenait pas un seul mot affectueux. À

Son seul désir. est de s’en aller; elle préfère la liberté, même sans pain, à sa situation actuelle, C’est pour cela qu’elle est plus sage depuis quelques temps, comprenant que e’est la première condition pour avoir sa sortie. 3

En somme, ce qui domine chez cette malade, ce sont les troubles du caractère, l’amoralité, l’inoffensivité, l’inadaptabilité, signes essentiels des dégénérés moyens.

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