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une mort certaine en nous jetant dans cette entreprise.
» — N’importe ! repartit Antar, serre la sangle d’Abjer, et couvre-moi de mon armure de mailles de fer. »
Il apparut alors, dit le poëte, monté sur son coursier, semblable à une forte tour.
C’était l’heure où les esclaves ramenaient les troupeaux au pâturage dans la vallée.
Chaque troupeau de mille chamelles était surveillé par dix esclaves. Ces esclaves, en passant, regardent à peine Antar et son frère, accoutumés qu’ils sont à voir sans crainte des étrangers dans une terre où jamais un ravisseur n’avait impunément pénétré. Mais Antar, tirant son sabre du fourreau, et lançant son cheval Abjer, comme le nuage lance
ANÏÂR.
la foudre, sur le groupe de ces bergers confiants, les disperse, saisis d’étonnement et d’épouvante, choisit mille chamelles açéfyr, l’élite des dix mille chamelles du roi, et ordonne à dix esclaves couchés à terre de se relever et de conduire cette dépouille devant lui.
Le chef de ces esclaves, ayant rallié une centaine de ces gardiens revenus de leur terreur, ose défendre les troupeaux du roi et s’avance à la tète de ses compagnons sur le ravisseur; Antar le frappe du tranchant de son sabre sur la nuque, et la lame ressort par la gorge. « Honte à ta mère et à celle de ton roi Moundhir! » lui crie le héros furieux. Antar et Chéioub font un long carnage de ces esclaves fidèles, et poussent devant eux le troupeau vers le désert.
Cependant le (ils du roi Moundhir, Honian, guerrier intrépide, averti par les cris ties bergeis, rallie mille cavaliers cl s’élance à la poursuite et à la vengeance.
Antar se retourne et s’arrête au bruit du galop de leurs chevaux derrière lui, et, « sc balançant lièrcmcnt sur son cheval, dit le pocmc, le sourire de l’orgueil et du défi sur les lèvres, il les attend comme la (erre altérée attend la première pluie.
Le cri terrible qu’il pousse épouvante les cavaliers et arrête les coursiers sur leurs jarrets.
« Eh quoi! s’écrie Homan indigné, en reprochant leur hésitation à ses cavaliers, vous trembleriez devant un misérable esclave noir? »
Un combat acharné s’engage et dure jusqu’à l’heure des ténèbres. Antar, épuisé d’une lutte sans cesse renaissante, jonche en vain autour de lui la terre de cadavres d’hommes et de chevaux. Son bras se fatigue.
Abjer ploie sous son maitre et s’abat; puis, se relevant et se faisant jour à travers les ennemis, s’enfuit dans le désert et laisse son maitre renversé dans le sang.
Chéioub, qui contemplait à distance cette lutte, voyant tomber son frère Antar, s’élance