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néreux serment, que les cavaliers du roi Moundhir, poursuivant Chéioub et l’ayant vu de loin se réfugier dans la caverne, arrivèrent et sommèrent le berger de leur livreison hôte, que les mœurs du pays interdi-
saient de tuer au foyer de son protecteur.
« Fais-le sortir, ou nous te tuons toimème, dirent les cavaliers au pasteur.
— Nobles Arabes, leur répondit le berger, ne violez pas la foi que j’ai jurée à ce fugitif; éloignez-vous de la porte de la caverne de quarante pas, afin que je sois en droit de lui retirer ma protection, ])uis vous ferez ce que vous voudrez !
— Qu’il soit fait ainsi! » répondirent les guerriers; et ils s’éloignèrent de quarante jias de la caverne.
« Étranger, dit le berger à Chéioub en rentrant alors dans la caverne, tu as tout entendu, rien ne peut racheter ta vie que la mienne; mais j’aime mieux sacrifier ma vie que de manquer à l’hospitalité que je t’ai jurée. Ote tes habits, prends les miens, sors, et dis aux cavaliers : « L’étranger n’a pas voulu quitter son asile; faites de lui ce que vous voudrez, je- vous l’abandonne. » Puis, (piand lu les \ei ras desceiulre de leurs clu'-
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vaux pour pénétrer dans la caverne, fuis à toutes jambes entre ces rochers, et laisse-les se venger sur moi de ta fuite! Voici mes aliments et mon sac, prends ce l)âton, et que la nuit te soit propice I »
Chéioub revêtit les habits du berger, prit le bâton dans sa main et sortit de la caverne. Les ombres de la nuit dérobaient son visage; il dit aux cavaliers ce qui avait été convenu, et, s’éloignant, il feignit de rassembler ses moutons pour les chasser devant lui, et disparut dans les rochers.
Les cavaliers de Moundhir descendirent de leurs chevaux, entrèrent dans la caverne et en firent sortir le jeune, homme. Ils l’amenèrent pour le regarder à la lueur du feu, et reconnurent avec rage que c’était le berger sous les habits de Chéioub.
« Malheur à toi! lui dirent-ils en tirant leurs sabres. Pourquoi nous as-tu trompé et t’exposes-tu à la mort pour sauver un étranger, le plus vil des Arabes?
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