‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 114 sur 444 · Jardinet rustique · texte numérisé non relu

Jardinet rustique

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(. De l'italien oi,crli\ dont l'abord est gracieux, avetunt. S- Le rouet est une machine à roue qui sert k Hier.

Si VOUS saviez la douce rêverie Qui, près de lui, si souvent m'a bercé! Si vous saviez à mon âme attendrie Tout ce que dit ce témoin du passé !

C'est le rouet de la grand'mère ; Il me semble encore la voir, Malgré l'âge, active ouvrière, Filant du matin jusqu'au soir.

Oui, je la vois, c'est elle, c'est bien elle ' !

Sa robe sombre aux larges plis tombants,

Sa coiffe antique et sa tête si belle,

Si belle encor sous ses doux cheveux blancs !

Ici, près d'elle, une cage est posée;

Là, le vieux chat dort devant les tisons.

Et le soleil, à travers la croisée,

Comme aujourd'hui, darde ses chauds rayons!

Quelle fête pour la grand'mère, Quand les oiseaux, dans les beaux jours. Chantaient leur chanson printanière.

Le vieux rouet tournant toujours !

Je vois l'école au sortir de laquelle,

Avec bonheur grimpant notre escalier,

De loin, déjà, m'arrivaient pêle-mêle

Ce gai ramage et ce bruit familier-.

J'entrais. « Eh bien ! disait la bonne vieille,

A-t-on point ri? S'est-on point ' fait chasser?

Dois-je embrasser, ou bien tirer l'oreille?...

— Non, grand'maman, vous pouvez m'embrasser. »

Je le sens encor sur ma joue.

Ce tendre et long et doux baiser !

Et bientôt la petite roue De recommencer à jaser !

1. C'est une vision évoquée par la mémoire du cœur. Voilà pourquoi tous ces verbes sont au présent.

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