‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 115 sur 444 · Le ramage vient des oiseaux, le bruit du rouet · texte numérisé non relu

Le ramage vient des oiseaux, le bruit du rouet

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POÉSIES DOMESTIQUES î Of

Comme elle fuit, rapide, obéissante !

Et quel plaisir de voir, en même temps, Diminuer l'ëtoupe éblouissante ', Croître le fil sous les doigts palpitants! Mais, tout à coup, le voilà qui s'embrouille... « C'est lui ! c'est lui, c'est ce maudit garçon Qui veut toujours toucher à la quenouille ! Allez-vous-en, monsieur le polisson ! »

Mais ces grands courroux de grand'mère Na tardaient pas à s'apaiser :

« Pardon ! » lui disais-je, et la guerre Ramenait un nouveau baiser!

Dès le matin, quand venait le dimanche. Ce vieux rouet, qu'il faisait bon le voir Hnveloppé de sa chemise blanche ', Près du fauteuil, endormi ^ jusqu'au soir] La grande Bible aux naïves images S'ouvrait alors, et le temps s'oubliait A regarder Job, David, les rois mages.

L'enfant Jésus ! — Et l'aïeule priait !

Et de l'antique cathédrale.

Tandis que nous lisions, parfois Nous entendions, par intervalle, L*orgue élever sa grande voix.

Plus tard, un soir : « Ecoute, me dit-elle. Tu vois ce fil, enfant, tels sont nos jours: Sur la quenouille une main immortelle, La main de Dieu, les file longs ou courts '.

1. l.'e7t>M/v est la fil.isse qui entoure la quenouille, et provient des lil.iments tirés de l'écorce du chanvre ou du lin.

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