LE CYGNE
Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes.
Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes',
Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil
A des neiges d'avril qui croulent au soleil;
Mais, ferme et d'un blanc mat 5, vibrant sous le zéphire.
Sa grande aile l'entraîne ainsi qu'un lent navire.
Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,
Le plonge, le promène allongé sur les eaux,
Le courbe gracieux comme un profil d'acanthe^.
Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.
1. Voici la contre-partie de cette pièce. M. Sully Prudhonimc célèbre ainsi les privilèges de l'oiseau :
Monte:^, monte^, oiseaux, à lu Jtiiige rebelles,
Du poids fatal les seuls vainqueurs !
A vous le jour sans ombre, et l'air ! à vous les ailes Oui fout planer les yeux aussi haut que les cœurs!
Des plus parfaits vivants qu'ait formés la nature, Lequel plus aisément plane sur les forets. Voit mieux se dérouler leurs vagues de verdure, Suit mieux des quatre vents la céleste aventure, lit regarde sans peur le soleil d'aussi prés?
Vous donne\ eu jouant des frissons aux charmilles ; Vos chantres sont des bois le délice et l'honneur ; Vous êtes, au printemps, bénis dans les familles. Vous y prene{ le pain sur les lèvres des filles ; Car vous x'enc^ du ciel cl vous porle^ bonheur.
2. Se dit des oiseaux dont les doigts sont unis par une membrane.
j. Qui n'a pas de luisant, ni d'éclat (de l'allemand inaii, faible, terne).